Archive | 22 août 2007

Ce qu’attendent les éleveurs

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Dans un contexte de pénurie et d’envolée des prix, l’Union européenne a donc décidé d’augmenter de 0,5% les quotas laitiers qui limitent la production depuis 1984. Une décision qui, en France, devrait être effective dès la fin du mois de septembre, si la filière lait y trouve son compte…

Le bilan de la campagne 2006 le faisait clairement apparaître. Et Agreste Isère, dans son flash de janvier 2007 signalait que « la France s’achemine vers un déficit record de la collecte laitière: à fin novembre, le retard de collecte cumulée et corrigée de la matière grasse vis-à-vis de la référence nationale est estimé à 520 000 tonnes ». On n’avait pas vu un niveau de collecte si bas depuis quinze ans.

La révision à la hausse des quotas annoncée par Bruxelles vise à freiner l’envolée des prix des produits laitiers, résultat conjugué de la baisse de la collecte en France et de la forte hausse de la demande mondiale. Certains spécialistes de la filière, sans parler d’ébullition, prévoient une augmentation de 4 à 5% du prix des produits laitiers (outre le lait, les yaourts, les fromages, les crèmes), toujours très appréciés des consommateurs européens, avant la fin de l’année.

Mais la France aura t-elle les moyens de produire tout son quota? La fédération nationale des producteurs de lait (FNPL) saisit l’occasion pour rappeler que les producteurs laitiers disparaissent à un rythme inquiétant en France: « Entre 2004 et 2006, on a perdu plus de mille producteurs de lait au niveau national », soulignait dernièrement la fédération. Elle ajoutait que « ceux qui restent se trouvaient souvent en grande difficulté…Et ce n’est pas une augmentation de 0,01€ par litre qui va renverser la tendance ». Il faut dire qu’outre les difficultés propres à cette activité, les producteurs laitiers voient depuis quelque temps leurs revenus grévés par le prix galopant des céréales, matière première de l’alimentation du bétail.

Pour mémoire, le recensement agricole 2000 pour l’Isère, indiquait qu’en raison des quotas (dont Bruxelles envisage la disparition totale en 2015), le troupeau de vaches laitières avait chuté de 30% au profit des vaches nourrices (60% de plus en 12 ans).

En 2006, on recensait 1060 exploitations laitières en Isère, pour une production voisine de 200 millions de litres. Le lait représente 15% de la valeur de la production agricole départementale. L’Isère est le quatrième département laitier rhônalpin, derrière la Loire, l’Ain et la Haute-Savoie.

Jean Robin-Brosse, éleveur isérois, président de la section laitière de la FDSEA et membre du conseil d’administration de la FNPL, souligne le fait que les éleveurs de l’Isère n’auront pas tous nécessairement les moyens de produire plus: »Le facteur limitant, c’est le nombre de vaches. La sécheresse de 2003, suivie de trois années difficiles pour les éleveurs en zone de montagne, ont contribué à réduire les troupeaux. Certes, les éleveurs ont eu les informations en juillet et ça leur donne, dans certains cas, la possibilité de compter sur des vélages de leurs génisses ».

A côté de cela, Jean Robin-Brosse insiste sur la nécessité d’un prix du lait qui soit à la hauteur des attentes des éleveurs : « Ce qui compte, c’est aussi que les entreprises s’efforcent de mieux rémunérer le lait aux producteurs. Il faut savoir que la moitié des éleveurs gagnent à peine le smic. On veut produire plus à condition que ce prix soit rémunérateur. La mise aux normes européennes des bâtiments d’élevage a coûté cher. Les éleveurs attendent donc un effort de la part des entreprises de collecte. Sur le fond, ce que l’on plaide, c’est que l’on reste dans un régime de maîtrise de la production. On ne souhaite pas voir des prix qui flambent ».

Personne, finalement, n’a intérêt à ce que le lait bouille.

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Traitement des effluents d’élevage

Le Cemagref nous informe de la parution d’un petit guide technique (44 pages), intitulé « Traitement des effluents d’élevage des petites et moyennes exploitations », édité chez Quae.

Son objectif est de founir aux agriculteurs et à leurs structures de conseil des informations sur la gestion des déjections animales des petites et moyennes exploitations dont la production annuelle ne dépasse pas 1000 tonnes de solides ou 5000 tonnes de lisier.

En s’appuyant sur l’état des connaissances actuelles, les solutions proposées présentent des performances technico-économiques compatibles avec les réglements en vigueur et la pérennité de ces exploitations. Trois exemples de petites ou moyennes fermes sont présentés avec des suggestions quant à la façon de gérer les effluents en excès sur les exploitations.

Contact www.quae.com

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