Archive | 11 octobre 2007

Réflexion collective pour une politique renouvelée

Dernièrement, à l’initiative de la Région Rhône-Alpes, la profession agricole, dans sa diversité, et les représentants des collectivités locales, se sont réunis au siège du Conseil régional pour une journée d’échanges et de débats sur l’installation et la transmission en agriculture.

Le constat est aujourd’hui alarmant : entre 2000 et 2013, près du tiers des exploitations agricoles auront disparu et près de 10 000 hectares de terres agricoles sont consommés pour d’autres usages en Rhône-Alpes chaque année.

Parce que l’évaluation et le bilan de la charte à l’installation en agriculture 2000-2006 ont mis en évidence les limites et les lacunes de la politique actuelle, Eliane Giraud, Conseillère régionale déléguée à l’agriculture, au développement rural et aux Parcs Naturels Régionaux, a souhaité engager une réflexion collective pour bâtir une perspective commune et partagée.

L’agriculture devra relever un double défi : d’une part, offrir à nos concitoyens une alimentation de qualité en quantité suffisante et d’autre part, faire face aux nouveaux besoins non alimentaires dans le domaine des agro énergies, de la santé, des débouchés industriels.

Quatre groupes de travail technique se sont réunis pendant l’été et ont formulé de nombreuses propositions autour du foncier agricole et rural, sur la question de la transmission des exploitations, des nouveaux profils des candidats à l’installation, de l’accompagnement des cédants et des nouveaux installés.

Ces propositions ont été longuement débattues et, face aux enjeux évoqués, se dessinent les priorités suivantes :

- proposer des modalités d’accompagnement plus lisibles et répondant mieux à la diversité des parcours et des acteurs,
- mettre en place des outils s’appuyant sur la diversité des territoires en particulier sur la
question foncière et le logement,
- renforcer le fonctionnement en réseaux des acteurs de l’installation-transmission et la
mise en commun des compétences et des moyens,

En conclusion, rendez-vous est pris pour un débat à la session du 30 novembre de l’Assemblée régionale pour l’adoption d’une nouvelle politique régionale.

Eliane Giraud:« Avec ses productions de qualité, et une part importante d’agriculture paysanne à proximité des bassins de consommation, la profession agricole dispose en Rhône Alpes des atouts nécessaires pour faire face au renouvellement des générations et offrir des débouchés économiquement rentables, dans un système productif respectueux de l’environnement. Séduire les jeunes, mais aussi permettre à tous ceux qui ont un projet de vie de le mettre en œuvre en étant accompagné, passe par une meilleure maîtrise du foncier face à la pression péri urbaine, et par une mobilisation plus efficace des acteurs publics et professionnels ».

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« Si une hirondelle ne fait pas le printemps, elle est un signe d’espoir pour un avenir meilleur », a conclu Eliane Giraud, faisant allusion au film produit grâce au soutien de Rhône Alpes cinéma et qui décrit toutes les difficultés mais aussi toute l’ambition d’une installation en agriculture dans les montagnes autour de Grenoble.

Rappelons qu’en Isère, une charte départementale installation a été signée lors de la foire de Beaucroissant. Objectif avoué: une installation pour deux départs. Voir rubrique installation.

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manifeste “pour le maintien de la biodiversité en zone d’élevage”

Les présidents de la FNSEA, des JA, de l’APCA, de la FNO (ovins) et de la FNEC (caprins) ont signé un manifeste  » pour le maintien de la biodiversité en zone d’élevage exigeant l’arrêt de la réintroduction de l’ours, le retrait des loups en zone d’élevage et la régulation des populations de vautours et de lynx. »
« L’installation durable des prédateurs est incompatible avec l’activité agricole, elle menace la biodiversité des zones d’élevage. Aux contraintes liées à la présence des prédateurs viennent s’ajouter les difficultés de revenus rencontrées dans l’élevage, dissuadant l’installation des jeunes.

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Les cheptels bovins (photo) et équins sont aussi touchés par des attaques de prédateurs, qui n’opèrent plus seulement en zone pastorale. Les systèmes de protection classiques présentent de nombreuses limites et ne peuvent constituer une solution durable. »

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plan de modernisation

Michel Barnier a réuni les représentants de la filière viticole pour ouvrir le chantier d’un « plan de modernisation » sur cinq ans de la viticulture française, et faire un point d’étape sur la négociation en cours de la réforme de l’Organisation Commune de Marché.

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Ce plan permettra de redonner à la viticulture française une meilleure compétitivité sur un marché mondial en expansion, dans le contexte de la mise en œuvre de la nouvelle organisation commune de marché (OCM), en renforçant l’innovation, en accompagnant les stratégies commerciales de positionnement de nos vins sur les marchés extérieurs, et en encourageant l’organisation interprofessionnelle et la lisibilité de l’offre viticole française.

Les travaux seront organisés autour de plusieurs thèmes, chacun sous le pilotage d’un responsable professionnel :
-La recherche-développement et le transfert de connaissance

-La compétitivité des exploitations viticoles et des entreprises d’aval
-La gouvernance de la filière viticole
Les premières propositions d’évolutions et de mesures concrètes devraient être faites avant la fin de l’année. L’ensemble du travail étant finalisé au mois de mars 2008, dans le cadre de la nouvelle organisation commune de marché.

Cette séance de travail a permis de faire un point sur l’avancement des négociations européennes en cours pour la réforme de l’OCM. Michel Barnier a rappelé toute sa détermination pour que la nouvelle OCM constitue un cadre ambitieux pour un développement maîtrisé des viticultures française et européenne, tourné vers un objectif offensif de reconquête du marché mondial. Confiant dans la possibilité d’un accord pour la fin de l’année, le ministre a rappelé qu’il ne transigerait en aucune manière sur plusieurs sujets essentiels, comme l’encadrement des plantations ou la mise en place d’outils efficaces de gestion de crise.

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RéFORME DES RELATIONS COMMERCIALES

Alors que le Gouvernement consulte sur la réforme des relations commerciales, la CGPME (confédération générale des petites et moyennes entreprises), la FNSEA, l’UPA (union professionnelle artisanale) et la CGAD (confédération générale de l’alimentation de détail) souhaitent clairement prendre position en faveur d’un cadre assurant un véritable équilibre entre les producteurs et les fournisseurs, les distributeurs et les détaillants et ce dans l’intérêt des consommateurs.

« Oui, le pouvoir d’achat et le niveau des prix sont pour nous une préoccupation. La qualité et la liberté de choix ne doivent cependant pas être sacrifiées au profit de la seule grande distribution.
Oui, nous sommes tous partisans de la liberté. Mais la liberté souhaitée par la grande distribution ne doit pas conduire à la soustraire au respect de la loi. C’est à la grande distribution de prouver la réalité des services qu’elle se fait rémunérer.

Oui à la concurrence. Mais la concurrence exige une transparence qui passe par la vérité des prix. Le contrat doit donc permettre de connaître avec précision les services facturés par le distributeur et les contreparties rémunérées par des réductions de prix.

Oui au maintien de l’interdiction de revente à perte qui revient à préserver une barrière de sécurité indispensable à la survie du commerce de proximité. La supprimer serait désastreux en terme d’emplois et catastrophique pour la vitalité de notre territoire.

Non, les PME ne doivent plus servir de banquiers à la grande distribution. Tout versement d’acompte lié aux services facturés par le distributeur doit être prohibé tant que les produits sur lesquels portent ces services n’ont pas été payés au fournisseur. »

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Rhône: LA FRAPNA RéaGIT

Face à une catastrophe écologique majeure et suite à la mise en place du Comité de Pilotage du Plan de Recherche Pollution du Rhône par les PCB, France Nature Environnement et la FRAPNA rappellent d’ores et déjà les acquis et réaffirment leurs attentes.

La FRAPNA et FNE ont obtenu depuis début 2007 :
- la prise en compte de cette pollution à sa juste mesure par les services de l’Etat, après avoir bataillé pendant plusieurs mois pour faire sauter la chape de plomb qui pesait sur ce dossier,
- le quasi arrêt des rejets directs des PCB dans le Rhône par l’usine Trédi Séché de Saint-Vulbas (Ain),
- le déploiement des investigations (sédiments, poissons, coquillages, végétaux…) sur l’ensemble du bassin du Rhône, de l’Ain à la Camargue,
- la création d’un plan de recherche 2008-2010 par Mme Nelly Olin sur cette contamination,
- la multiplication des plaintes après celles des pêcheurs professionnels, de la FRAPNA et de FNE, notamment celles des villes,
- plus récemment, l’engagement du ministère de l’écologie et du développement durable à :
- publier la carte nationale de pollution par les PCB,
- la mise en place d’un observatoire national des données relatives à la pollution par les PCB et les pollutions sédimentaires,
-la saisine de l’AFSSA pour préciser les impacts sanitaires liés à la consommation des poissons,
- la relance de l’inventaire national des transformateurs contenant du pyralène devant être décontaminés d’ici 2010.

Mobilisées depuis plus de trente ans sur ce dossier, la FRAPNA et FNE attendent :
- la mise en place de moyens financiers nécessaires au plan de recherche et à la poursuite des investigations,
- l’élaboration d’un plan de gestion détaillé avec :
- la cartographie exacte de la pollution du bassin du Rhône et de ses affluents (Saône, Isère, Durance, rivages de la méditerranée, y compris la Camargue),
- l’étude des impacts sanitaires sur les travailleurs du PCB, les consommateurs de la pêche professionnelle et les pêcheurs de loisirs sur les zones les plus contaminées,
- l’indemnisation urgente des pêcheurs professionnels,
- l’identification de l’ensemble des responsables des émissions de PCB,
- l’étude des impacts sur les différents usages du Rhône (irrigation, potabilisation…),
- l’étude de la faisabilité de dépollution sur des zones particulièrement polluées,
-l’étude des transferts de la pollution des sédiments contaminés aux poissons, ainsi que de leur déplacement de l’amont vers l’aval.

De plus, à la veille des phases finales du Grenelle de l’environnement, la FRAPNA et FNE demandent que l’on tire sur le plan politique toutes les leçons de cette dramatique situation.

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il est urgent de savoir qui décide en Europe

La coordination rurale réagit aux propos de Mme Fischer Boel concernant la réforme de la PAC.

« Nullement découragée par un bilan déplorable en matière de politique agricole, la Commission Européenne persiste et signe. Au lieu de profiter du bilan de santé prévu en 2008 pour réorienter la PAC et l’adapter à la situation inédite de l’agriculture mondiale (stocks historiquement bas et flambée des prix), Mme Fischer Boel, la Commissaire européenne à l’agriculture, se contente de proposer des ajustements dans le sens de la dérégulation.

La capacité de l’agriculture à nourrir l’humanité dans un contexte de pénurie semble être le cadet des soucis de la Commissaire qui « suggère de poursuivre dans la voie empruntée depuis quinze ans et d’accentuer le découplage entre le montant des aides perçues par les agriculteurs et le niveau de la production » (Le Monde, 9 octobre 2007).

Alors que la France propose de refonder la PAC sur le principe de la préférence communautaire, la Commissaire entend au contraire continuer à ouvrir l’Europe aux marchés mondiaux et à achever le démantèlement des outils de régulation de la production.

Devant ces déclarations inquiétantes, la Coordination Rurale demande au gouvernement français d’être ferme sur ce sujet vital qu’est la PAC face à la Commission européenne qui occupe un pouvoir trop souvent laissé vacant par les Etats membres. La Commission n’a pas à faire la loi et à l’imposer aux peuples : elle doit appliquer les décisions de l’exécutif européen.

Il devient donc urgent que le Conseil européen s’exprime sur l’avenir de la politique agricole afin de dissiper le profond malaise créé par ces déclarations intempestives. Il doit montrer que seuls les représentants démocratiquement élus par les peuples ont le pouvoir de décision. C’est à cette condition que l’Europe pourra retrouver du crédit auprès des citoyens. »

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Arbres fruitiers: vers la création de variétés résistant à la sharka

La sharka est une maladie virale qui atteint les arbres fruitiers à noyaux du genre Prunus : pêchers, abricotiers, pruniers, dans plusieurs régions du monde (Europe, Amérique du Nord et du Sud, Asie, Egypte). Il n’existe pas, à ce jour, de moyen de lutte chimique ou biologique.

Les chercheurs de l’INRA de Bordeaux s’orientent vers la recherche de gènes de résistance chez les arbres, en passant par la plante modèle Arabidopsis, plus facile à manipuler et dont le génome est connu. Les travaux récents de l’équipe valident l’utilisation d’Arabidopsis comme modèle et laissent entrevoir l’existence de plusieurs mécanismes possibles de résistance au virus de la sharka.

La sharka se transmet d’arbre en arbre, via les pucerons ou par la diffusion de plants et de porte-greffes1 déjà infectés. Outre les feuilles, les fruits infectés sont eux aussi source de virus pour les pucerons et c’est, avec la perte de qualité gustative, la principale raison pour laquelle leur commercialisation est interdite. Sans incidence sur la santé humaine, la sharka met en danger la qualité et la pérennité des productions fruitières et des pépinières, particulièrement dans le sud de la France.
En l’absence de moyen de traitement chimique ou biologique, les deux fers de lance de la lutte sont actuellement l’utilisation de plants certifiés indemnes de maladie et la surveillance régulière des vergers avec l’arrachage immédiat de tout arbre contaminé. L’application de ces consignes repose sur l’engagement volontaire de chacun.

Nouvelles alternatives : le développement de variétés résistantes

Les travaux conjoints de l’INRA de Bordeaux et d’Avignon visent à créer des variétés résistantes en utilisant des méthodes autres que la transgénèse. Il s’agit de rechercher des gènes de résistance existant naturellement chez les Prunus, en explorant la diversité génétique de l’espèce. Cependant il est difficile de conduire de telles recherches chez les arbres hôtes, car l’identification et l’isolement des gènes candidats requiert de larges populations couvrant plusieurs générations de croisements. De plus, les tests de sensibilité au virus chez un arbre fruitier demandent au moins 4 ans de suivi. C’est pourquoi les chercheurs ont choisi d’utiliser Arabidopsis thaliana, une plante modèle à cycle court (4 à 5 semaines), sur laquelle il est facile d’expérimenter et dont on connaît le génome. Après avoir identifié les gènes de résistance ou de sensibilité chez Arabidopsis, les chercheurs pourront rechercher leurs équivalents chez les Prunus, ce qui permettra d’accélérer l’ensemble du processus.

Source INRA

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