Archive | 12 octobre 2007

Jean-Michel Lemetayer précise sa position

Par la voix de son président, Jean-Michel Lemetayer, qui s’exprimait jeudi dans les colonnes du journal économique La Tribune, la FNSEA, jusqu’alors farouchement opposée à l’idée d’un gel de la commercialisation des semences OGM, modifiait sa position.

« Je suis prêt [à accepter] le principe d’un gel des OGM jusqu’au vote d’une loi permettant de clarifier leur statut et les conditions de leur exploitation en France », déclarait le président de la FNSEA. Il ajoutait que ce « compromis » n’était que provisoire, qu’il accepterait le gel, mais « à condition que le texte prenne effet avant les prochains semis du printemps ».

Aujourd’hui, Jean-Michel Lemetayer, sur le site de la FNSEA, a tenu à mettre les points sur les i:

« L’article paru aujourd’hui dans le quotidien La Tribune est exact mais puisque les mots ont un sens, il faut préciser les choses. Il manque en effet un aspect essentiel que j’avais évoqué dans cette même conversation journalistique lorsque j’ai expliqué que j’étais prêt à accepter le principe d’un gel sur les cultures OGM. En effet, j’avais ajouté… « à la condition qu’une loi soit votée et ses effets applicables avant les prochains semis du printemps 2008. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités. C’est lui qui a la maîtrise du calendrier parlementaire et il est impératif que la loi soit débattue immédiatement ».

A vrai dire, la nuance entre la teneur de l’article et cette mise au point ne saute pas aux yeux. Quoiqu’il en soit, le président de la FNSEA a fait savoir qu’il souhaitait que l’on enterre la hache de guerre à propos des OGM, tout en pourfendant l’attitude des « faucheurs volontaires »:

« Au-delà, il me paraît urgent d’en finir avec la polémique permanente des OGM. Tout le monde peut avoir un avis, une sensibilité et une opinion sur le sujet. Je respecte ceux qui sont pour comme ceux qui sont contre. Mais la loi s’applique à tous. Nous sommes un pays de droit et j’attends beaucoup de la future loi pour en finir avec des « guerres » qui n’ont plus lieu d’être. Les scientifiques doivent vraiment nous éclairer et les politiques doivent vraiment décider… Par ailleurs, et il me paraît nécessaire de l’indiquer là, croyez-vous que c’était facile pour la FNSEA d’aller au Grenelle de l’Environnement ? A l’évidence non. Et pourtant, nous y sommes allés, non comme on va à Canossa, mais avec convictions et propositions. Faut-il le dire sans ambages, les paysans sont et resteront les premiers écologistes du pays.

Ils aiment trop la terre et la nature pour ne pas avoir l’instinct et l’envie de la préserver. A bon entendeur. L’agriculteur peut beaucoup pour la préservation de l’environnement, les énergies vertes sont à développer et nos pratiques sont à améliorer mais de grâce reconnaissons les efforts consentis, le travail réalisé et les résultats déjà obtenus en ce sens pour qu’il n’y ait pas de boucs émissaires mais seulement des gens de bonne volonté. Peut-on dire la même chose, alors, des faucheurs volontaires ? Ils ne respectent ni la propriété, ni les moyens de production, ni la loi ! Sous la sympathie apparente, il y a des durs et des spécialistes de l’agitation. On ne débat pas en détruisant. On ne fait pas réfléchir en fauchant. On n’impose pas ses idées en obligeant et en pratiquant la désobéissance civique. »

C’est à la suite des travaux du Grenelle de l’environnement, que le ministre de l’écologie, Jean-Louis Borloo, dans un entretien au journal Le Monde, fin septembre, avait laissé entendre que l’on se dirigeait vers un gel de la commercialisation des semences OGM pour l’année 2008 . La FNSEA, alors opposée à une telle idée, avait menacé de se retirer définitivement du Grenelle de l’environnement. Jean-Louis Borloo a promis une loi sur les OGM avant la fin de l’année. Il ne lui reste plus que 74 jours.

Source: FNSEA

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Le service de remplacement du Vercors

L’INSEE notait récemment, dans une enquête, que les agriculteurs font de plus en plus souvent appel à des prestataires extérieurs, autant pour la gestion de leur exploitation que pour leurs activités agricoles. Ce constat se vérifie dans le Vercors où un service de remplacement a été mis en place dès 1974 à l’initiative de l’APAP, association pour la promotion des agriculteurs du Parc du Vercors, avec l’appui du Parc naturel régional du Vercors et du FDSR Isère et Drôme.

Un service bien rôdé, performant, qui accroît régulièrement le nombre de ses adhérents. En 2006, ils étaient 123, soit une centaine d’exploitations situées dans tous les territoires du Vercors: 49 des Quatre Montagnes, 23 du Trièves, 20 du Vercors Drôme, 15 du Royans Isère, 13 du Royans Drôme, 3 du Diois/Gervanne.

Les objectifs du service de remplacement sont les suivants:

- améliorer les conditions de vie des agriculteurs : congés-loisirs, maternité, paternité
- contribuer à la sécurité des exploitations : maladie, accident

- développer la formation professionnelle : formation, voyage d’étude,
- encourager la prise de responsabilité professionnelle : les mandats

Bref, un service apprécié qui permet aux exploitants de souffler quand le besoin s’en fait sentir, de partir quelques jours en congé, mais aussi de passer le relais en cas de nécessité, lorsqu’un pépin de santé se manifeste, lorsqu’une hospitalisation s’impose.

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Dans le Vercors, on peut estimer le nombre d’exploitations agricoles aux environs de 700
La surface agricole utilisée (SAU) est d’environ 32 000 ha, située entre 200 et 1 300 m d’altitude, auxquels il faut ajouter les 24 000 ha d’alpage, tout ceci sur un territoire de 180 000 ha

Catherine Chaix, chargée de mission, répond à nos questions:

Ce service de remplacement, qui a plus de 30 ans d’existence, semble donner satisfaction. Est-ce le cas?

« Il faudrait poser la question aux agriculteurs eux-mêmes. Mais ce que l’on constate, c’est que le nombre d’adhérents a été multiplié par 3 en dix ans – il est passé d’une quarantaine dans les années 90 à 130 aujourd’hui. C’est sans doute un signe de satisfaction… »

Ce n’est pourtant pas si facile pour un agriculteur de confier les rênes de son exploitation à une personne qu’il ne connaît pas?

« Oui, mais le fait que l’on ait de bons salariés, compétents, a beaucoup joué dans la notoriété du service. Le bouche à oreille a fonctionné. Et la confiance a suivi. Et puis, il faut bien voir que souvent, sur les exploitations, les parents, trop âgés, ne peuvent plus prendre la relève, ne serait-ce qu’un week-end. Le service de remplacement est alors une réponse au problème ».

De combien de salariés se compose le service de remplacement?

« Nous avons six salariés permanents, pas tous à temps plein. Deux d’entre eux sont absents trois mois d’hiver pour damer les pistes de ski. Ces salariés ont entre 27 et 40 ans et sont, pour la plupart, du Vercors, de l’Isère ou de la Drôme. Ils occupent ce poste depuis 5 ans au moins. Nous avons embauché deux salariés en 2006, dont un vient de la Meuse. »

Combien de temps peut durer leur mission?

« Ca varie énormément. Ca peut être très long, de l’ordre de quatre à cinq mois, en cas de maladie ou d’accident, mais on peut dire qu’en moyenne, le remplacement est de l’ordre de 4 à 5 jours ».

Le rapport 2006 d’activité du Parc mentionne que le service de remplacement a fourni 1680 journées se décomposant ainsi:

- Congés-loisirs : 919
- Maladie/accident : 417
- Mandat : 91
- Formation : 19
- Paternité : 44
- Maternité: 137
- Complément main d’oeuvre : 53

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Les JA du Vaucluse organisent un forum

Deux jours de rencontres entre acteurs locaux impliqués dans le développement durable du territoire du Parc naturel régional du Luberon, associations, collectivités territoriales, institutions, agriculteurs et population locale, sont proposés par les Jeunes Agriculteurs du Vaucluse et le Parc naturel régional du Luberon, les vendredi 19 et samedi 20 octobre, au Château de l’Environnement à Buoux (Vaucluse).

L’objectif de cette manifestation est d’interpeller chaque habitant, chaque acteur, chaque visiteur, chaque élu, sur les rôles déterminants et méconnus que tiennent les agriculteurs dans leurs vies respectives, quotidienne, professionnelle ou de loisir. Puis, à partir des constats qui seront établis, de proposer des idées et élaborer un panel d’initiatives.

Ce forum est le fruit du travail mené par le collectif  » Jeunes Agriculteurs-Parc « , mis en route à l’occasion de la révision de la charte du Parc. Un moment pour donner la parole à des agriculteurs déterminés à faire valoir le rôle qu’ils tiennent dans la vie de tous les acteurs de ce territoire. L’objet n’est pas de parler au nom de la « grande agriculture », de toute la profession : c’est une vision de jeunes agriculteurs, avec leurs constats, leurs espoirs, quant à leur métier, ce qu’il représente, ce qu’ils en font, et ce qu’il induit. C’est aussi pouvoir mettre à terre tous les clichés, les idées préconçues d’une agriculture qui ressemble à celle des années 20 !!!

Pouvoir actualiser ou donner une information réelle, vraie, d’aujourd’hui, ce qui permettra d’avancer, de sensibiliser et surtout d’envisager l’avenir, rural, local avec l’ensemble des acteurs concernés. Seront abordées les questions d’environnement, de patrimoine au sens large, de gestion des ressources en eau, de pollution, de reconquête pastorale, d’énergies renouvelables, de répartition foncière, de lecture de paysages, des produits de terroir avec une marque parc, d’interventions pédagogiques scolaires. C’est aussi le lieu qui permettra de mettre en valeur beaucoup de projets mis en oeuvre dans d’autres Parcs et qui ont fonctionné, avec l’appui d’organismes, d’associations et de communes ou communauté de communes.

Cette opération bénéficie de l’appui de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, du Département de Vaucluse et de l’Union Européenne (Leader+).

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