Archive | 28 octobre 2007

La Côte-Saint-André: une fermeture incomprise

La décision semble irrévocable, l’abattoir de La Côte-Saint-André va fermer ses portes début mai 2008. Pour beaucoup cette décision a été prise à tort, de façon trop hâtive, avec une concertation tronquée. Elle va pénaliser bon nombre d’agriculteurs, de bouchers… Rencontre avec Raymond Roux, vice-président de la communauté de communes du Pays de Bièvre Liers.

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Quel est l’avenir de l’abattoir de La Côte-Saint-André?
« Une réunion s’est tenue le 19 juillet de cette année à la préfecture pour débattre de l’avenir de notre abattoir. Cette rencontre faisait suite à une délibération du conseil général qui avait conclu que l’abattoir de La Côte-Saint-André devait fermer et que l’on devait pérenniser celui de Grenoble. La raison : l’abattoir de La Côte doit réaliser une mise aux normes avant juin 2008. Sans le soutien financier des pouvoirs publics cette dernière ne peut se faire. La décision de fermer l’abattoir semble irrévocable. Un calendrier de fermeture, établi en partenariat avec les différentes structures concernées, doit être mis en place dans les mois qui viennent. »

Vous dites bien décision irrévocable

« Tout à fait, seule l’arrivée d’un mécène ou un miracle peuvent sauver notre abattoir. La décision du conseil général de ne soutenir qu’un seul abattoir public départemental, à Grenoble, fait qu’on n’a plus aucun espoir.»

N’est-ce pas une décision à contre courant?

« En ce qui me concerne, je déplore la fermeture de La Côte et je suis persuadé que de conserver uniquement l’abattoir de Grenoble est une très mauvaise décision. Nous avons 1200 clients dont 90 % viennent du nord du département, les autres de chartreuse, du Vercors et même de Grenoble. 75 clients sont mensualisés, ceux-ci viennent également en grande majorité de la partie nord de l’Isère. Notre abattoir peut être qualifié d’artisanal, il faut se demander comment les agriculteurs, les bouchers vont s’organiser pour amener leurs bêtes à Grenoble.

Chacun sait que l’entrée sur Grenoble est saturée en quasi permanence; à l’heure du Grenelle de l’environnement, je trouve ridicule de l’engorger davantage»

Peut-on déjà analyser le préjudice?

« Celui-ci va être très important et j’espère que chacun prendra ses responsabilités, tiendra ses promesses. Le préjudice sera financier, c’est certain, mais on ne doit surtout pas oublier les 16 salariés qui travaillent à l’abattoir.

Comme tout salarié, ceux qui travaillent à La Côte-St-André ont une famille, une maison et ne souhaitent pas aller travailler sur Grenoble ou ailleurs, loin de leur domicile, il faut les comprendre. Les abattoirs de Grenoble seraient susceptibles d’embaucher un ou deux salariés, mais c’est loin d’être fait.

Quant aux bâtiments, on se demande bien ce qu’ils vont devenir et ce qu’on pourra en faire.»

La Côte-Saint-André ne paie-t-elle pas une mauvaise politique liée aux abattoirs?

« Non, je ne le pense pas. Ces abattoirs qui datent d’une quarantaine d’années ont été gérés avec des situations exactes. À La Côte-Saint-André, on a eu un grossiste fidèle mais qui a eu ses exigences, en particulier financières, cela a freiné, qu’on le veuille ou pas, les investissements que l’on aurait pu faire. On a laissé vieillir l’outil sans le remettre aux normes.

La politique que nous avons menée au sein de la communauté de communes était de dire que les finances de l’abattoir devaient être équilibrées, ceci afin de ne pas pénaliser les contribuables. Doit-on nous le reprocher?»

L’abattoir pourrait-il être viable?

« Oui. À condition que l’on reparte sur un abattoir public réservé essentiellement aux particuliers , bouchers, profession agricole et éventuellement à quelques grossistes. A condition que les volumes amenés par ces derniers ne dépassent pas 25% de l’activité. Cela signifie d’avoir un outil repensé qui pourrait traiter entre deux à deux mille cinq cents tonnes annuellement. »

Un nouveau site a été évoqué…

« Tout à fait, il y avait trois possibilités, mise en conformité de La Côte-St-André, celle de Grenoble ou la création d’un nouveau site sur la région d’Aprieu Colombe. La décision s’est portée sur la fermeture unique de notre abattoir. En ce qui nous concerne, nous maintenons que la solution choisie n’est pas la bonne. Il aurait été plus judicieux de créer un nouvel abattoir, moderne, fonctionnel, facile d’accès, dans la région de Colombe. Une proposition qui n’a pas eu le soutien du conseil général. Ce dernier ayant eu une attitude que beaucoup n’ont pas saisi. Il disait ne pas avoir la compétence d’abattage en Isère, et, revirement de situation, au cours d’une réunion avec la FDSEA à Tullins, le président André Vallini a annoncé lui-même la fermeture de l’abattoir de La Côte-Saint-André et le maintien du Fontanil…Comprenne qui pourra!

Certains ont évoqué qu’en cas de construction d’un nouvel abattoir, il fallait également construire une station d’épuration, c’est là aussi un faux débat. »

Le monde agricole sera très touché?

« Tout à fait, ce sont les agriculteurs qui seront les premiers pénalisés. Bon nombre d’entre eux se rendaient à La Côte-Saint-André avec leur petite bétaillère voire leurs tracteurs, ils ne pourront se rendre à Grenoble. Le conseil général a promis de se pencher sur ce problème afin d’aider ceux qui veulent faire abattre à Grenoble, stucture pas facile à mettre en place.

Plusieurs éleveurs font de la vente direct, à la ferme. La fermeture de La Côte va les pénaliser. Certains d’entre eux ont même dit qu’ils seraient obligés d’arrêter cette activité.

A propos du monde agricole, nous ne comprenons pas pourquoi la Chambre d’agriculture et les responsables professionnels ont accepté cette décision résignés, sans tenter une négociation, sans mener d’actions. Ils savent pourtant que la fermeture de La Côte, sans solutions de proximité va à l’encontre des intérêts des agriculteurs.

On pénalise fortement la profession agicole mais pérennise t-on pour autant l’abattoir de Grenoble? Qu’en sera t-il de l’avenir de cet abattoir si quelques chevillards décidaient d’aller ailleurs? De plus, sans polémique aucune, selon nos informations, d’importants travaux seront également à réaliser à Grenoble, en particulier au niveau du « paquet hygiène ». Ce cahier des charges décidé au niveau européen doit être bouclé dans l’ensemble des abattoirs agréés avant 2010. En ce qui nous concerne nous avions pris les devants, deux salariés ont même suivi une formation pour mettre en place ce cahier des charges. Cela a été fait avant l’annonce de la fermeture de notre abattoir. Grenoble ne pourra pas échapper à cette mise aux normes et devra engager des travaux qui seront lourds financièrement.

Sans faire de politique, à l’heure où l’on parle de solidarité avec le monde rural, je suis persuadé, et je ne suis pas le seul, que cette décision est politique: certains élus ont préféré sacrifier La Côte plutôt que de payer au prix fort la fermeture de Grenoble….»

L’abattoir La Côte-Saint-André est un abattoir multi espèces traitant annuellement entre 2700 et 2800 t de viande. Raymond Roux, mais également Jean-Marc Vallet, directeur, présent lors de cette discussion n’en démordent pas:

« La solution la plus intelligente aurait été la création d’un pôle viande, allant de l’activité abattage jusqu’à la formation de bouchers, installé dans une zone située entre centr’Alpes à Moirans et Colombe.»

Est-ce trop tard?

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Quaix-en-Chartreuse fête la pomme

La commune de Quaix-en-Chartreuse, aux portes de l’agglomération grenobloise, organisait aujourd’hui sa 10e fête de la pomme. C’est l’association des vergers et le Sou des écoles qui ont mis sur pied cette manifestation qui fait partie des rendez-vous d’automne de la vie rurale que le PNR de Chartreuse encourage. Une vie rurale qui demeure, même si la commune ne compte plus que deux agriculteurs à temps plein sur son territoire.

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Le pressoir, prêté par un Queylard pour l’occasion, a fonctionné à bon régime

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Cette fête de la pomme, à laquelle se sont joints un pépiniériste et un négociant en vins, est l’occasion de fédérer les bonnes volontés du village et de solliciter la générosité des habitants: les organisateurs ont récolté 1,5t de pommes chez les particuliers et l’un d’eux a prêté un pressoir. Celui-ci a fonctionné à bon régime, à l’huile de coude, bien sûr, grâce au concours de quelques solides Queylards qui ont produit un jus de pomme fort apprécié, immédiatement mis en bouteille et en vente. Du producteur au consommateur. Outre la vente de jus de pomme, les organisateurs ont préparé et servi 180 repas à la salle des fêtes de Quaix.

Avec environ 1000 exploitations agricoles sur la Chartreuse, la filière agricole, bien qu’en perte de vitesse, reste essentielle tant par son côté économique que par son rôle de gestion de l’espace. Pour le PNR de Chartreuse, bien que la production laitière, d’élevage et viticole reste un axe fort, la diversité de l’agriculture cartusienne est un atout qu’il convient de promouvoir. En partenariat avec les chambres d’agriculture de l’Isère et de la Savoie et au travers de l’association Avenir de l’Agriculture en Chartreuse, un ensemble d’actions en faveur du développement agricole et de la création d’une offre de produits locaux de qualité ont été soutenues par le Parc, qui a également fait porter son effort sur la promotion de ces productions.

Préserver l’agriculture, promouvoir le tourisme. Deux objectifs essentiels du PNR Chartreuse. Eliane Giraud, conseillère régionale déléguée à l’agriculture et au développement rural et aux parcs naturels régionaux, a présidé, à l’occasion de cette 10e fête de la pomme, à l’inauguration des sentiers du balcon sud. Un beau domaine de randonnée à découvrir entre les villages de Quaix, Sarcenas (Col de Porte), Proveyzieux et Mont Saint Martin, le Sappey.

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Quaix-en-Chartreuse, au pied du Néron, en ce jour de passage à l’heure d’hiver

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