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Gîtes de France: un concept de tourisme rural

logo-gites60×60n.jpgLe potentiel touristique départemental des gîtes de France représente 1200 structures d’hébergement, 7000 lits touristiques. « Cela nous place au niveau d’une station de moyenne importance, Villard-de-Lans par exemple ». Bruno Bernabé, directeur des Gîtes de France: « Notre grande force est d’être présent sur l’ensemble du département. Sur 500 communes que compte l’Isère, 200 ont un hébergement estampillé Gîtes de France. Si on prend le cas du Nord Isère, il s’est développé plus tardivement mais a largement rattrapé son retard avec de très bons résultats.»

L’Isère est-il un département touristique dans sa globalité?
« Dans son ensemble, l’Isère est un département touristique mais il est certain que certaines zones le sont davantage. On peut citer les massifs : Belledonne, Vercors, Oisans, Chartreuse qui ont une forte entité touristique, au contraire du voironnais, du Nord Isère. Ne pas avoir d’entité touristique ne nuit pas aux résultats, être situé proche d’une zone d’achalandise comme Lyon est un atout considérable.»

Quel serait le portrait type d’un client des Gîtes en Isère?

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« Un portrait type serait trop restrictif. Nous avons tout d’abord le gîte rural ou la clientèle de référence serait de type familial avec de jeunes enfants scolarisés.

Au niveau des chambres d’hôtes, on part davantage sur des couples relativement aisés financièrement.

En ce qui concerne notre troisième produit-phare, le gîte de groupe, comme son nom l’indique, il accueille des groupes d’amis qui se retrouvent pour passer quelques jours ensemble. Cela peut être également le cas de familles dispersées sur l’ensemble du territoire et qui profitent des gîtes de groupe pour se réunir en un endroit bien précis. Ils choisissent l’Isère car notre département offre une multitude d’activités. »

L’Isère est-il un département touristique d’été ou d’hiver?
« Pas évident de répondre à cette question. Mon sentiment est que l’Isère est un département touristique d’hiver avec une saison d’été qui se développe. Cette année nous avons fait une bonne saison printanière avec un excellent mois d’avril. En un mot les gens se déplacent parce qu’il fait beau. Pour en revenir à l’hiver il faut savoir que seulement 10 % des Français partent à la neige. Nous ne pouvons pas miser notre réussite sur cette clientèle. Nous sommes donc peu ou mal positionnés sur les stations de haute montagne.

Par contre en moyenne montagne, sur le Vercors par exemple, nous offrons un hébergement large et de qualité. Une preuve : la commune qui a le plus de gîtes sur notre département est Autrans. »

Comment gérer le manque de neige?gites-n1.jpg
« Aujourd’hui, si on est capable de proposer un hébergement de qualité, ce n’est pas le manque de neige qui va mettre en péril nos structures. Notre clientèle n’est pas une grande consommatrice des grands champs de neige, des pistes noires … Il faut partir du principe que lorsqu’il fait beau les vacances sont à moitié réussies. Reste aux communes de moyenne montagne à proposer des activités sympathiques, novatrices propre à l’hiver. Elles sont nombreuses à le faire.

Nul ne doute que les propriétaires réservent quant à eux le meilleur accueil à leurs clients. Chacun sait que la qualité de la prestation est un atout énorme. »

Ce sont les agriculteurs qui ont créé des gîtes. Qu’en est-il aujourd’hui?
« Hélas, les agriculteurs sont de moins en moins nombreux. S’il est vrai qu’il y a quelques années encore la très grande majorité des gîtes appartenait aux agriculteurs, ce n’est plus le cas aujourd’hui. On est passé d’un concept de tourisme agricole au concept de tourisme rural.

Aujourd’hui à peine 20 % de nos adhérents sont des agriculteurs.

Par chance, notre président départemental Thierry Blanchet, est un agriculteur, c’est une bonne chose. »

Peut-on encore créer des gîtes en Isère?
« En termes de marché touristique il y a de la place, par contre ont subi comme beaucoup la pression foncière. Trouver du terrain dans une zone intéressante n’est pas évident du tout. Prenons le cas de l’Oisans, Vercors, Chartreuse, il n’y a plus 1 m2 constructible, le développement touristique à travers l’ouverture de nouveaux gîtes paraît donc compromis. »

Au niveau fréquentation?
« Comme l’ensemble du tourisme montagnard, on perd des nuitées depuis 2003. Cela est dû à une situation concurrentielle qui s’est développée à vitesse grand V. Notre premier concurrent va en étonner plus d’un, ce sont les grandes surfaces de bricolage. On a réussi à démontrer aux particuliers que de bricoler chez eux, était un loisir. De plus le maximum a été fait pour que ceux-ci créent autour de chez eux un environnement de vacances : maisons individuelles, jardin, piscine…

A cela on peut rajouter les destinations moyen-courrier, par exemple les pays du Maghreb qui connaissent une embellie sans précédent. Ils jouent la carte des bas prix et attirent un tourisme de masse.

Je ne ferai pas de catastrophisme, en ce qui concerne les gîtes, les produits de qualité situés en zones attractives ont des résultats excellents. On profite également que l’Isère est un département très dynamique, grâce en particulier au conseil général, pour attirer une clientèle tout au long de l’année, que l’on peut appeler le tourisme d’entreprise voire d’affaires. »

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Et le tourisme de week-end?
« Il s’est développé mais moins qu’on ne pourrait l’imaginer. Je dirai que c’est davantage le tourisme à la carte qui a progressé. Cela est dû à mon avis aux 35 heures, et au fait que les retraités sont de plus en plus nombreux. Cela impose aux propriétaires une souplesse et une organisation sans faille. »

Vous parlez des retraités
« Un monde que l’on essaie de capter. Comme on l’a dit, ils sont plus nombreux, en meilleure santé et voyagent beaucoup. Au niveau des nuitées on ne progresse plus pendant les périodes de haute saison par contre, en intersaison la progression est importante grâce justement à la venue des retraités dans nos structures. »

La clientèle, d’où vient-elle?
« On a une grosse clientèle intra-régionale, 30 % d’entre elle vient de Rhône-Alpes. Ensuite nous dirons qu’ elle est classique : Île-de-France, Nord et région PACA. Les étrangers: au niveau de la centrale de réservation c’est moins de 10 % . Nous avons de gros efforts à faire afin de sensibiliser et fidéliser cette clientèle.»

Que doivent rester les gîtes?

«Des lieux ou l’accueil se fait par l’habitant pour l’habitant. Les gîtes doivent être des acteurs à part entière du monde rural, des garants du respect de notre territoire et de notre patrimoine.»

Contact: gites-de-france-isere.com

Cet article a été écrit par:

Gilbert - qui a écrit 8512 articles sur Sillon 38 – Le journal du monde rural – (38) Isère.


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