Archive | 12 novembre 2007

Demain, il sera paysan

S’installer sur la terre où il est né, à Seyssinet-Pariset, Sébastien Giorgia, y pense depuis dix ans. Et, à 34 ans, grâce à sa détermination, grâce à sa prévoyance, il est en train de voir ses voeux s’exaucer. Son projet d’installation à La Tour-sans-Venin passe en commission à la fin du mois.

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Sébastien Giorgia, 34 ans, révait de s’installer à Seyssinet-Pariset, son village natal. Il va pouvoir le faire

Pompier professionnel de son état, il endossera alors les habits de l’éleveur. Sébastien a eu l’occasion d’exposer son projet agro-touristique, la bergerie de la Tour, à l’occasion du forum départemental de l’installation, à Seyssins, devant un parterre de jeunes postulants en quête de conseils. Par les temps qui courent, un gars qui arrive à aller au bout de son projet, en zone périurbaine, ça s’écoute attentivement.

C’est tout simplement à son voisin, que Sébastien a un jour proposé de reprendre son exploitation. Ca n’a pas été si aisé que ça, raconte t-il. La négociation a été longue, et la concurrence sévère et pas tout à fait honnête. Mais, au bout du compte, il a acquis une SAU de 40ha où il envisage de faire de l’agneau, avec un atelier de transformation et un lieu de vente directe. A côté de cette activité d’éleveur, le jeune Seyssinettois projette de faire table d’hôte et chambres d’hôte (5 chambres) ainsi qu’un gîte de six personnes. Tout ça sera intégré dans une maison bioclimatique, passive, qui sera chauffée au bois-énergie. Un budget global de 600 000€. Il explique qu’il y a toujours des surprises au chapitre des dépenses, notamment le coût des travaux d’accessibilté et d’adduction jusqu’au bâtiment principal (chemin, eau, électricité).

L’exposé clair et précis de son projet, en présence des responsables de l’agriculture départementale, n’aura pas été vain. Et quand il glisse que la DJA à laquelle il pensait avoir droit, a été mise en suspens faute d’une garantie suffisante de pérennité de l’exploitation, le DDAF, Jean-Pierre Lestoille, tend l’oreille et lui promet de voir ce qu’il peut faire. Dans la foulée, Eliane Giraud, conseillère régionale déléguée à l’agriculture, au développement rural et aux parcs régionaux, l’invite à passer à l’antenne grenobloise de la Région pour voir s’il ne peut pas bénéficier d’une subvention en ce qui concerne la construction de sa maison écologique.

Preuve qu’il faut toujours entretenir l’espoir. Demain, lui, il sera paysan. C’est ce qu’on lui souhaite.

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La FNSEA solidaire des agriculteurs antillais

Dans le cadre de l’opération de solidarité menée par la FNSEA en partenariat avec la compagnie aérienne Corsairfly, un deuxième envoi de marchandises a été programmé. Le vol Corsair CRL866 a décollé d’Orly ce lundi 12 novembre à 11h10 et atterrira à Fort de France à 14h50 (heure locale).
Au total, 14 tonnes de marchandises seront transportées par Corsairfly. Cette livraison comprend 200 rouleaux de 250m de barbelés, 200 rouleaux de 250m de fils pour clôtures électriques, 1 000 piquets en PVC et 3 000m2 de bâches.
Ce matériel sera distribué aux agriculteurs au cours de la semaine. Cette deuxième livraison s’inscrit dans un objectif de reconstruction. Elle doit permettre aux agriculteurs et aux éleveurs antillais de reprendre une activité normale le plus rapidement possible.
Rappelons que le 17 août 2007, le cyclone Dean avait touché les Antilles. Cette catastrophe avait provoqué des conséquences dramatiques sur les exploitations agricoles de Martinique et de Guadeloupe.

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Confédération paysanne: pas de pénurie de lait en Europe

La Confédération paysanne affirme, dans un communiqué, qu’il n’y a pas de raison que les prix des produits laitiers à la consommation augmentent fortement. Il n’y a pas pénurie de lait en Europe : la production européenne satisfait largement la demande de consommation.
Si le prix à la production grimpe aujourd’hui, c’est parce qu’il est indexé sur les cours des produits exportés hors Union européenne qui flambent. Et pourtant, ces produits (beurre, poudre, fromage de type gouda) représentent moins de 10% du volume de lait européen! Si les industriels veulent indexer les prix à la consommation sur la hausse de 7 % du prix à la production constatée en 2007, alors par exemple, une augmentation du prix d’un camembert de 2 euros, serait de 2% en 2008.
Entre 2002 et 2006, 30 000 paysans ont cessé l’activité laitière du fait notamment des baisses consécutives du prix à la production imposée par les transformateurs avec l’appui de la FNSEA/FNPL.
Pendant cette période, le prix à la production a chuté de 69 euros/1000 litres, soit une perte de revenu annuelle équivalant à deux mois : cette baisse n’a pas été répercutée sur les consommateurs. Elle a en revanche permis à certains groupes industriels de réaliser des bénéfices considérables.
La conjoncture laitière montre toute la cohérence de nos revendications. Il faut une politique d’adéquation entre l’offre et la demande européenne, pour maintenir des prix stables pour les producteurs et pour les consommateurs.

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Demain, serai-je paysan?

Le forum départemental qui s’est tenu aujourd’hui à Seyssins, en lever de rideau de la quinzaine de l’installation en Isère, a donné un bon aperçu des obstacles que rencontre un jeune -ou moins jeune- aspirant agriculteur ayant l’intention de s’installer à la périphérie de l’agglomération grenobloise. Et l’objectif d’une installation pour deux départs fixé dans la charte départementale d’installation 2007-2012, signée à la foire de Beaucroissant, est très ambitieux dans un tel contexte.

Tous les acteurs de la politique agricole du département et les représentants des jeunes agriculteurs étaient mobilisés pour cette journée de débat consacrée à l’installation en milieu périurbain, ouverte par Catherine Brette, conseillère municipale de Seyssins et conseillère générale, en présence de Christian Nucci, conseiller général, Eliane Giraud, conseillère régionale, Jean-Pierre Destoille, directeur départemental de l’agriculture et de la forêt, Jérôme Crozat, président de l’ADASEA, Stéphane Vial, président des JA Isère, Eric Greffe Fonteymont, président du Conseil départemental d’installation.

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C’était le 14 septembre à la foire de Beaucroissant, la signature de la charte départementale d’installation 2007-2012 (archives sillon38.com)

La pression foncière n’a fait que s’accroître depuis quelques décennies, contribuant à raréfier les espaces en ZA. Et même si la SAFER joue son rôle structurel, contrôlant le foncier depuis les années 60, contrairement à d’autres pays d’Europe où le marché dicte sa loi, il arrive qu’un jeune se trouve face à des situations qui le dépassent.

Exemple: le cas de ce jeune homme, qui a témoigné lors de ce forum, porteur d’un projet agro-touristique avec production de céréales. Il trouve une offre de 9 ha sur le territoire de la commune de Seyssins. Mais quand on lui annonce le prix, 1 250 000 euros, il fait répéter son interlocuteur en pensant qu’il y a erreur sur les unités. Celui-ci lui répond que non, que le chiffre est le bon mais qu’il peut s’installer comme agriculteur et qu’il peut construire ensuite ce qu’il veut! Bref, une invitation à peine voilée à la spéculation immobilière.

Un cas qui n’a pas laissé indifférent M.Agresti, directeur de la SAFER: « La SAFER peut intervenir sur un tel dossier, utiliser son droit de préemption et demander la révision du prix. On peut souligner que, grâce à notre contrôle sur le long terme, nous arrivons à avoir des prix de 1 € à 1,20€/m2 sur la commune de Meylan ».

Autre exemple éloquent, exposé par Edwige Coissac, de l’ADASEA: celui de la colline du Mûrier, aux portes de Grenoble, sur les communes de Gières et Saint-Martin-d’Hères. Les communes concernées souhaitent, dans l’objectif d’avoir un paysage entretenu, accueillir une ou plusieurs activités agricoles. Une étude détaillée, toujours en cours, a évalué tous les éléments du dossier et élaboré quatre scénarios possibles. Mais les contraintes sont de taille: tout est en zone naturelle ce qui implique l’impossibilité de permis de construire, les parcelles sont en pente et une bonne partie du territoire se trouve en zone de risques majeurs. Un vrai casse-tête! Un jeune qui voudrait faire des cactus et autres plantes grasses sur un ha, ne pourrait même pas le faire car il a besoin de serres et pour cela, il faut un permis de construire.

Quelques réactions amères dans la salle. Thierry Blanchet, par exemple, agriculteur, ex JA, comme il le précise, puisqu’à 40 ans on n’est plus considéré comme tel et que l’on n’a plus droit à la DJA : »On a vraiment l’impression que l’on ne réserve aux jeunes agriculteurs que les terrains en pente, les coteaux, et que les terrains plats sont réservés à l’installation de grandes surfaces ».

A part ça, quelques raisons pour les JA de garder le moral: le pays voironnais, dont Thomas Borel (ADAYG) a brossé le portrait, fait figure de premier de la classe en matière de dynamisme et d’initiatives. On dénombre en effet 50 installations/an soutenues depuis 2000. Un résultat rendu possible grâce, notamment, au travail de fourmi de l’ADASEA, qui s’emploie à repérer les cédants et à les mettre en phase avec les postulants. Grâce, aussi, à la création de bâtiments relais qui permettent au jeune candidat de démarrer son activité en attendant de construire.

Pour conclure, on peut dire que malgré le soutien conséquent du Département (5 millions € consacrés à l’agriculture en 2007), malgré les outils législatifs existant pour maîtriser le territoire (SCOT, PLU, ZAP, PAEN, etc.), le poids de la pression foncière en zone périurbaine asphyxie l’agriculture et rend l’installation plus que problématique. Les candidats existent, pourtant. Ils étaient présents, en partie, à ce forum. Et, même si la moyenne d’âge des exploitants de l’Y grenoblois est de 52 ans, ils redoutent, chaque jour un peu plus, de se retrouver dans la peau de paysans sans terre.

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Pour les porteurs de projets en milieu rural

Le 16 novembre, au foyer communal de Salagnon, l’ADASEA organise son premier salon de l’installation en milieu rural.

Ce salon s’adresse à tout porteur de projet qui souhaite s’installer dans le Nord-Isère dans tout domaine d’activité : agriculture, commerce, artisanat…

Le porteur de projet y trouvera des réponses aux questions concernant :
- le territoire qui va l’accueillir
- son projet

grâce à la présence des principaux acteurs de la création et la reprise du territoire qui tiendront des stands toute la journée : Chambre des Métiers et de l’Artisanat, Chambre de Commerce et d’Industrie, ADASEA , SAFER, ADIE, avocats, notaires…

Programme de la journée :
9 h 30 Accueil

10h Présentation de la journée -Objectifs, programme

10h15 Présentation des territoires
(Boucle du Rhône en Dauphiné et Isère Porte des Alpes)

11h Présentation des principaux partenaires : leur rôle, leur mode d’intervention

11h15
Forum (sans interruption jusqu’à 16h30)
(buffet gratuit entre 12 et 14 h)
Rencontre individuelle avec les partenaires
Présentation de son projet, échanges, collecte d’informations, etc..
Conseils personnalisés sur le projet
Informations sur le territoire (emplois, services publics, offre touristique, offre foncière …)
Outils d’accueil spécifiques au département ou au territoire

16 h 30
Bilan, évaluation de la journée
Echanges avec les porteurs de projet, plan d’action

17h 00

Pot de clôture

Pour plus d’information, vous pouvez contacter Julie Ferrazzi (julie.ferrazzi@free.fr) ou Véronique Villalta (villalta.adasea@freesurf.fr) au 04 74 83 25 16.

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