Archive | 20 décembre 2007

Pour la défense des moutonnniers

La Confédération paysanne attire à nouveau l’attention du ministre de l’Agriculture sur la situation des éleveurs de moutons. « Au mois de septembre, M. Barnier annonçait une aide de 15 euros par brebis. En pratique, cette aide d’urgence atteint de 3 à 5 euros par brebis ! Alors que le revenu des éleveurs ovins sera négatif en 2007. Le compte n’y est pas! »

« Le ministre de l’Agriculture explique que dans une future réforme de la PAC, il faudra relever les aides des producteurs de moutons. Cela est essentiel mais ne règle en rien les difficultés actuelles où l’on voit, chaque semaine, de nombreux producteurs, arrêter ou rentrer dans les systèmes d’agriculteurs en difficulté. Depuis des années, et plus encore depuis quelques mois, avec la flambée des coûts des concentrés, il manque plusieurs euros à chaque kilo d’agneau vendu. Ceci est inadmissible. Le gouvernement, de part sa grande indifférence, organise un enterrement de première classe aux paysans et à la production ovine.
Cette absence coupable de réaction est incompréhensible de la part du ministre de l’Agriculture qui prétend défendre les productions de qualité et les zones difficiles qui regroupent la majorité des productions ovines.

La Confédération paysanne demande :
-une aide d’urgence de 20 euros par brebis, plafonnée à 300 brebis par actif,
-une limitation des importations, l’interdiction de la vente à perte des denrées agricoles et la limitation des marges des distributeurs
-un rééquilibrage des aides PAC en faveur des moutonniers dès 2008,
-une véritable rémunération des externalités environnementales et territoriales de l’élevage ovin,
-des mesures sociales d’urgence pour les agriculteurs en difficulté.

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les éleveurs de l’Isère en assemblée générale

L’assemblée générale de l’association des éleveurs de l’Isère s’est déroulée ce matin à La Frette. Une rencontre qui a mobilisé bon nombre d’éleveurs, toutes races confondues, et parmi ceux-ci une majorité de jeunes.

Une grande partie de la matinée a été consacrée au concours départemental d’élevage qui s’est déroulé à Le Passage les 18 et 19 août derniers. Chacun a pu s’exprimer et donner son avis sur cette manifestation qui a connu le succès que l’on sait. Mais c’est du passé, l’avenir est le prochain concours et nul ne sait aujourd’hui où il aura lieu et en quelle période. Le site de Beaucroissant est évoqué mais peu pensent que ce soit la bonne solution.

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Lors du concours départemental de Le Passage (archives sillon38)

Certains éleveurs se demandent si un retour du concours départemental à Grenoble Alpexpo ne serait pas la solution idéale, à condition d’en maîtriser le coût.

« On toucherait entre 25 et 30000 personnes, des citadins, des enfants, cela donnerait un sacré coup de fouet à notre élevage départemental », lance un éleveur.
En attendant, aucun site n’a été choisi, ce sera la mission du nouveau bureau. Jean-Luc Guillaud, président sortant, suite à des divergences de vues avec l’équipe en place, a profité de cette assemblée générale pour démissionner.

Dans les jours qui viennent, le conseil d’administration élira donc un nouveau président.

On en reparlera en temps voulu.

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La Côte-Saint-André: la réaction de Christian Nucci

Interrogé par sillon38 sur les réactions sucitées par la fermeture annoncée de l’abattoir de La Côte-Saint-André, Christian Nucci, vice-président du Conseil général à l’Agriculture et au Développement rural, a fait cette réponse:

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« Ce n’est pas le Département qui ferme l’abattoir de La Côte-Saint-André, c’est l’Etat. L’Etat qui a fait le constat qu’en Isère, il y avait une surcapacité d’abattage et que l’abattoir de La Côte n’était pas aux normes. Cinq millions d’euros seraient nécessaires pour le remettre en état, ce qui revient à plus que doubler la taxe d’abattage. D’où le choix de Grenoble qui doit, lui aussi, c’est vrai, faire l’objet de travaux ».

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Bruxelles suspend les droits de douane

L’Union européenne a convenu aujourd’hui à l’unanimité de suspendre les droits à l’importation applicables à toutes les céréales excepté l’avoine, le sarrasin et le millet pour la campagne de commercialisation en cours, qui s’achèvera le 30 juin 2008. Cette décision, qui fait suite à une proposition formulée le mois dernier par la Commission européenne, intervient en réaction à la situation exceptionnellement tendue qui prévaut sur les marchés mondiaux et communautaire des céréales et aux prix record atteints. Même si les niveaux actuels de la protection aux frontières pour les céréales sont relativement bas, des droits à l’importation s’appliquent toujours à certaines variétés de céréales qui sont importantes pour l’équilibre du marché de l’UE.

«Je tiens à remercier le Conseil d’avoir adopté aussi rapidement une mesure de cette importance», a déclaré Mme Mariann Fischer Boel, membre de la Commission chargé de l’Agriculture et du Développement rural. «La suspension des droits à l’importation facilitera les importations dans l’Union européenne de céréales en provenance de pays tiers et réduira les tensions sur les marchés européens des céréales. Nous avons subi en Europe deux récoltes médiocres successives, et les prix sur le marché intérieur et sur le marché mondial sont élevés.»

En juillet, au début de la campagne de commercialisation 2007/2008, le volume total des stocks (stocks privés + stocks d’intervention) était en baisse de 13,2 millions de tonnes par rapport à la même période lors de la campagne précédente. Cette situation est due aux modestes récoltes de la campagne 2006/2007 et aux prélèvements importants effectués dans les stocks d’intervention de l’UE. En 2007, de mauvaises conditions climatiques ont réduit la récolte; la production totale de l’UE est estimée à 256 millions de tonnes, soit une baisse de 10 millions de tonnes (3,5 %) par rapport à la récolte de 2006/2007, déjà considérée comme modeste. La production diminue alors que le niveau des stocks de l’UE est déjà bas. Aussi l’Union européenne devra-t-elle importer davantage en 2007/2008 qu’elle ne l’a fait en 2006/2007. Traditionnellement exportatrice nette, l’UE est devenue importatrice nette en 2007/2008.

Les marchés céréaliers européens ont enregistré une progression spectaculaire des cours depuis le début de la campagne 2007/2008.La tension porte à la fois sur les céréales à paille et sur le maïs. Une telle situation est la conséquence de disponibilités réduites en blé tendre et en maïs, de résultats qualitatifs inférieurs aux prévisions et de l’épuisement des stocks d’intervention (actuellement réduits à 0,5 million de tonnes).

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non à sa fermeture!

Très tôt ce jeudi matin, salariés et éleveurs, clients de l’abattoir de La Côte-St-André, ont bloqué tous les accès menant à l’entreprise. Il s’agissait de protester de façon spectaculaire, ferme mais sans agressivité contre la fermeture programmée de l’abattoir.

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Selon nos informations, celle-ci serait effective au 30 juin 2008. Salariés et éleveurs, ces derniers membres d’un comité de défense nouvellement créé, ne comprennent pas pourquoi on a sacrifié le site de La Côte. » Un site viable, qui a plus d’avenir que celui de Grenoble. Allez faire un tour aux abattoirs de Grenoble et vous constaterez dans quel état il est. Et que dire des finances. Vous verrez, demain on ferme La Côte et après demain, ce sera au tour de Grenoble », a-t-on entendu.

Pour la grande majorité des manifestants, la solution la plus intelligente aurait été la construction d’un outil neuf dans une région située entre Rives et Moirans. « Pourquoi ne pas remettre cette possibilité sur le tapis? »

En attendant les 14 salariés de La Côte et les agriculteurs concernés ont décidé de ne pas baisser les bras.

« On nous dit que c’est trop tard, que c’est foutu », disent de concert Chantal Gondard et Jean Michel Bouchard co-présidents du comité de défense. »On ne le pense pas, bien au contraire, surtout si la mobilisation est forte. Pour ce, on est en train de faire signer une pétition, plus il y aura de signatures, mieux ce sera.

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Ensuite, on va demander à la profession agricole de se prononcer de façon claire, précise et sans équivoque; qu’il s’agisse des élus de la Chambre d’agriculture et du syndicalisme. Avoir les comptes d’exploitation et les étudier est également indispensable. Ayant tous ces atouts en mains, on pourra alerter, de façon sérieuse, les pouvoirs publics mais surtout faire des propositions alternatives à la fermeture de l’abattoir.

« Une course contre la montre est engagée mais rien n’est perdu. »

Pour en revenir enfin au cas des salariés, certains d’entre eux vont se retrouver dans une situation précaire. » On nous a promis, il y a 6 mois un plan d’accompagnement, depuis on ne voit rien venir. On a l’impression que l’on se moque de nous. Nous avons une famille, des emprunts à honorer, si on nous supprime notre outil de travail qu’allons nous devenir? On attend des réponses précises de la part de ceux qui ont pris une décision dénuée de bon sens ».

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En attendant, le blocage de l’entrée de l’abattoir se poursuit demain toute la journée.

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Pour une gestion partagée et raisonnée de la ressource

La première conférence départementale de l’Eau s’est tenue aujourd’hui à Grenoble. Elle a rassemblé des gestionnaires (syndicats mixtes, intercommunaux, maires) des usagers (des industriels notamment, comme des papetiers ou des exploitants de stations de sports d’hiver mais aussi des agriculteurs), des protecteurs des milieux (Frapna Isère, entre autres), et les responsables de l’aménagement du territoire isérois (Préfecture, Conseil général, DDAF, DDE, DIREN, etc.). Cette conférence, qui s’inscrit dans une optique de développement durable, comme l’a souligné Christian Nucci, vice-président du Conseil général à l’Agriculture, au Développement rural, à l’équipement des territoires et aux politiques de l’eau, est étayée par deux initiatives:

1/ la création d’un Observatoire de l’eau en Isère, qui se présente comme un outil de connaissance, de communication, de suivi de la gestion de l’eau et d’aide à la décision.

2/ la signature d’une charte pour une gestion partagée de l’eau, paraphée par le CGI 38, l’Association des maires de l’Isère, la Chambre d’Agriculture, les CCI de Grenoble et de Vienne, l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, l’Etat.

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Les objectifs? Parvenir à une gestion raisonnée de l’eau, apprendre à ne plus gaspiller, protéger la ressource, arriver, à l’horizon 2015, à avoir des masses d’eau en bon état.

Comment y parvenir? Collectivement.

Pour le préfet Michel Morin, « nous devons préserver cette ressource naturelle et aller vers une politique de gestion collective et durable de l’eau » .

Pour Christian Nucci: »Une mutualisation s’impose autant dans le domaine de la distribution que de celui des connaissances et de la communication. Nous devons, entre autres tâches, savoir quel est le coût de l’eau potable. On l’estime à 2,40 €/m3 en moyenne. Mais il est nécessaire de voir s’il existe des disparités et sensibiliser chaque usager afin d’éviter le gaspillage ».

Si l’eau est une ressource plutôt abondante en Isère, globalement, elle ne l’est pas partout et les épisodes de sécheresse des années 2003, 2004 ont été traversés avec plus ou moins de dégâts selon les territoires.

Quant à sa qualité, elle n’est ni meilleure ni pire qu’ailleurs. Autrement dit, plus ou moins sensiblement polluée. Le préfet Morin rappelait qu’il avait dû mettre en demeure un certain nombre de collectivités (il avançait le nombre de 13) au dernier congrès des maires de l’Isère, car l’eau qu’elles distribuaient n’était pas conforme aux normes admises. Christian Nucci, à sa suite, soulignait qu’il y avait en Isère « 15 stations d’épurations qui nécessitaient des travaux de mise en conformité, soit un budget de 100 millions d’euros ».

Les cours d’eau français transportent un grand nombre de résidus de produits polluants. De nombreuses études scientifiques l’attestent. Rappelons, pour mémoire, l’ arrêté préfectoral, daté du 13 juin 2007, interdisant la consommation ainsi que la commercialisation de poissons pêchés dans le Rhône, du barrage de Sault Brénaz dans l’Ain jusqu’aux limites administratives de la Drôme et du Vaucluse d’une part, et les limites administratives de l’Ardèche et du Gard, d’autre part. Cela, pour cause de pollution du Rhône aux PCB.

Pour sa part, la FRAPNA, qui a obtenu en 2006 la condamnation du Syndicat des eaux de la Haute Bourbre (Isère) pour avoir fourni une eau polluée par des pesticides, a mis en évidence 30 points où les stations d’épuration ne respectent pas la réglementation sur la pollution des eaux et nuisent à l’environnement. « Ce sont 20 stations d’épuration (STEP) polluantes de plus de 2000 « équivalents habitants » (EH), 2 stations de moins de 2000 EH, et pire encore 8 zones où l’absence de STEP nuit à l’environnement ».

L’association soulève, en outre, des problèmes rencontrés dans les zones touristiques de montagne où la demande en eau est bien supérieure aux capacités de traitement prévues. Ou encore celui de zones urbaines, comme l’agglomération de Trévoux dans l’Ain ou celle de La Mure dans l’Isère, où avec plus de 6000 habitants le traitement des eaux est défectueux voire inexistant.

Une mobilisation collective s’impose. En urgence. C’est le message qu’a voulu transmettre cette première Conférence départementale de l’Eau.

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