Catégorie | eau

Pour une gestion partagée et raisonnée de la ressource

La première conférence départementale de l’Eau s’est tenue aujourd’hui à Grenoble. Elle a rassemblé des gestionnaires (syndicats mixtes, intercommunaux, maires) des usagers (des industriels notamment, comme des papetiers ou des exploitants de stations de sports d’hiver mais aussi des agriculteurs), des protecteurs des milieux (Frapna Isère, entre autres), et les responsables de l’aménagement du territoire isérois (Préfecture, Conseil général, DDAF, DDE, DIREN, etc.). Cette conférence, qui s’inscrit dans une optique de développement durable, comme l’a souligné Christian Nucci, vice-président du Conseil général à l’Agriculture, au Développement rural, à l’équipement des territoires et aux politiques de l’eau, est étayée par deux initiatives:

1/ la création d’un Observatoire de l’eau en Isère, qui se présente comme un outil de connaissance, de communication, de suivi de la gestion de l’eau et d’aide à la décision.

2/ la signature d’une charte pour une gestion partagée de l’eau, paraphée par le CGI 38, l’Association des maires de l’Isère, la Chambre d’Agriculture, les CCI de Grenoble et de Vienne, l’Agence de l’Eau Rhône Méditerranée Corse, l’Etat.

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Les objectifs? Parvenir à une gestion raisonnée de l’eau, apprendre à ne plus gaspiller, protéger la ressource, arriver, à l’horizon 2015, à avoir des masses d’eau en bon état.

Comment y parvenir? Collectivement.

Pour le préfet Michel Morin, « nous devons préserver cette ressource naturelle et aller vers une politique de gestion collective et durable de l’eau » .

Pour Christian Nucci: »Une mutualisation s’impose autant dans le domaine de la distribution que de celui des connaissances et de la communication. Nous devons, entre autres tâches, savoir quel est le coût de l’eau potable. On l’estime à 2,40 €/m3 en moyenne. Mais il est nécessaire de voir s’il existe des disparités et sensibiliser chaque usager afin d’éviter le gaspillage ».

Si l’eau est une ressource plutôt abondante en Isère, globalement, elle ne l’est pas partout et les épisodes de sécheresse des années 2003, 2004 ont été traversés avec plus ou moins de dégâts selon les territoires.

Quant à sa qualité, elle n’est ni meilleure ni pire qu’ailleurs. Autrement dit, plus ou moins sensiblement polluée. Le préfet Morin rappelait qu’il avait dû mettre en demeure un certain nombre de collectivités (il avançait le nombre de 13) au dernier congrès des maires de l’Isère, car l’eau qu’elles distribuaient n’était pas conforme aux normes admises. Christian Nucci, à sa suite, soulignait qu’il y avait en Isère « 15 stations d’épurations qui nécessitaient des travaux de mise en conformité, soit un budget de 100 millions d’euros ».

Les cours d’eau français transportent un grand nombre de résidus de produits polluants. De nombreuses études scientifiques l’attestent. Rappelons, pour mémoire, l’ arrêté préfectoral, daté du 13 juin 2007, interdisant la consommation ainsi que la commercialisation de poissons pêchés dans le Rhône, du barrage de Sault Brénaz dans l’Ain jusqu’aux limites administratives de la Drôme et du Vaucluse d’une part, et les limites administratives de l’Ardèche et du Gard, d’autre part. Cela, pour cause de pollution du Rhône aux PCB.

Pour sa part, la FRAPNA, qui a obtenu en 2006 la condamnation du Syndicat des eaux de la Haute Bourbre (Isère) pour avoir fourni une eau polluée par des pesticides, a mis en évidence 30 points où les stations d’épuration ne respectent pas la réglementation sur la pollution des eaux et nuisent à l’environnement. « Ce sont 20 stations d’épuration (STEP) polluantes de plus de 2000 « équivalents habitants » (EH), 2 stations de moins de 2000 EH, et pire encore 8 zones où l’absence de STEP nuit à l’environnement ».

L’association soulève, en outre, des problèmes rencontrés dans les zones touristiques de montagne où la demande en eau est bien supérieure aux capacités de traitement prévues. Ou encore celui de zones urbaines, comme l’agglomération de Trévoux dans l’Ain ou celle de La Mure dans l’Isère, où avec plus de 6000 habitants le traitement des eaux est défectueux voire inexistant.

Une mobilisation collective s’impose. En urgence. C’est le message qu’a voulu transmettre cette première Conférence départementale de l’Eau.

Cet article a été écrit par:

Christian - qui a écrit 2027 articles sur Sillon 38 – Le journal du monde rural – (38) Isère.


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