Archive | 10 janvier 2008

Ce qui plaide en faveur de la clause de sauvegarde

Le comité de préfiguration d’une Haute Autorité sur les OGM a présenté hier ses conclusions sur le maïs Mon 810, seul OGM actuellement cultivé en France. Verdict : « Un certain nombre de faits scientifiques nouveaux négatifs pour la flore et la faune ». Ceux-ci présentent des interrogations quant aux conséquences environnementales, sanitaires et économiques possibles de la culture et de la commercialisation du maïs transgénique MON 810.

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Produit par la firme américaine Monsanto, le maïs transgénique MON 810 a été cultivé l’an dernier sur 22 000 ha dans le sud-ouest de la France (0,75% de la totalité du maïs planté en France). Il est destiné à l’alimentation animale. Ce maïs est modifié pour produire une protéine qui le protège des attaques de deux chenilles.

Selon le comité, les éléments scientifiques nouveaux faisant douter de l’innocuité de ce maïs sont « la dispersion du pollen sur de grandes distances », la « résistance chez deux lépidoptères (papillons) » et les « effets possibles sur la flore et la faune » notamment sur le lombric et les micro-organismes.

Ce sont ces conclusions qui doivent fonder la décision du gouvernement.
Cet avis est conforme à l’état d’esprit du Grenelle. Des scientifiques pointus ont répondu qu’il y avait des éléments scientifiques nouveaux par rapport à ceux qui avaient permis l’autorisation du MON 810 en 1998.
Le Comité a souligné la nécessité d’études complémentaires destinées à approfondir certains points :
-caractérisation moléculaire et biochimique ;
-méthodologie des études toxicologiques et écotoxicologiques ;
-dispositif de surveillance biologique ;
-analyse économique au niveau des exploitations et des filières et prise en charge des externalités.
La clause de sauvegarde : mode d’emploi

Six pays européens ont choisi d’activer « la clause de sauvegarde » sur les OGM. Prévu dans une loi européenne de 2001, ce mécanisme permet à un gouvernement d’invoquer un risque pour la santé et l’environnement afin d’interdire à ses agriculteurs de cultiver un organisme génétiquement modifié ou aux distributeurs de le vendre. Pour pouvoir l’invoquer, un pays doit présenter un dossier et mettre en avant des risques nouveaux.
Pour en savoir plus : Avis sur la dissémination du MON810 (format PDF – 82.4 ko).

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Bac pro: ce qui change et pourquoi

La réforme du baccalauréat professionnel, qui sera préparé en 3 ans, est en cours. Michel Barnier, ministre de l’Agriculture et de la Pêche, a précisé que l’année 2008 serait consacrée à la réflexion et à la concertation. Objectif: la mise en place, à partir de la rentrée 2009 « des secondes professionnelles adaptées aux atentes et aux besoins des élèves ». A noter que le ministre a décidé de conserver le BEPA, « qui représente un bon niveau de recrutement pour les entreprises de notre secteur et permet d’éviter les sorties sans qualification ».

Quelques réponses aux questions que vous vous posez:

La rénovation de la voie professionnelle vise quels objectifs ?
Réduire sensiblement le nombre de jeunes quittant le système scolaire sans qualification.
Augmenter le nombre de bacheliers professionnels.
Améliorer la lisibilité des diplômes pour les élèves et pour les chefs d’entreprise qui les recrutent.

Quelles sont les nouveautés du baccalauréat professionnel ?
Une formation en trois ans (seconde, première et terminale professionnelle) au lieu de quatre (deux ans de B.E.P. suivis de deux ans de bac pro) avec la garantie d’un diplôme de même valeur.
La création de classes de secondes professionnelles correspondant à de grands champs professionnels.
Un diplôme intermédiaire (B.E.P., C.A.P.) inclus dans le parcours en trois ans.
Des passerelles possibles à la fin de chaque année de bac pro vers le C.A.P.

Quand le bac pro en trois ans sera-t-il mis en place ?
La phase de généralisation débutera à la rentrée 2009 après que l’ensemble des concertations nécessaires aient été menées. L’expérimentation engagée en 2001 sera étendue en 2008.

Quels sont les avantages pour les élèves d’un bac pro en trois ans ?
Valoriser le diplôme en l’alignant sur le bac général et le bac technologique qui se préparent en trois ans après la classe de troisième.
Garantir aux élèves un cursus continu jusqu’au baccalauréat au sein du même établissement.
Limiter les sorties prématurées.
Favoriser l’accès au bac.
Faciliter la poursuite d’études supérieures (B.T.S.-D.U.T.).

Le cursus en quatre ans disparaît-il totalement ?
Non, les titulaires de C.A.P. pourront rejoindre une première professionnelle : ainsi le parcours vers le bac pro en quatre ans restera possible.

Quelles seront les possibilités pour les jeunes qui ne souhaitent pas continuer jusqu’au bac pro en trois ans ?
Des passerelles seront mises en place entre les formations.
Le diplôme du B.E.P. sera accessible.
Pour ceux qui veulent entrer plus rapidement sur le marché du travail, les C.A.P. seront confortés.
Donc en aucune façon, le bac pro en trois ans ne va exclure des jeunes du système éducatif.

Toutes les filières professionnelles seront-elles concernées de la même manière par la mise en place du bac pro en trois ans ?
Non. Pour certaines filières comme l’hôtellerie-restauration ou le bâtiment qui offrent des débouchés importants au niveau V, des modalités d’organisation spécifiques seront déterminées par les commissions professionnelles consultatives.

source: education.gouv.fr

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Le frelon asiatique gagne du terrain

Vespa velutina. C’est son nom. Un frelon asiatique envahissant. Mentionnée pour la première fois en 2004, Vespa velutina est aujourd’hui largement répandue dans tout le sud-ouest du pays et menace l’Espagne. Sa présence inquiète les apiculteurs car ce frelon se nourrit principalement d’abeilles. Il ne manifeste toutefois pas d’agressivité particulière envers l’homme. L’Institut national du patrimoine naturel (INPN) qui s’emploie à cartographier l’expansion de cette espèce sollicite les particuliers depuis plus de trois ans, les invitant à signaler sa présence grâce à une fiche de signalement à télécharger sur le site de l’INPN.

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Vespa velutina. Une photo prise par Jean Haxaire, chercheur attaché au Museum national d’histoire naturelle (MNHN), spécialiste de la question, que le site Un Fontainois à Pékin avait longuement interviewé l’an dernier

Jusqu’ici, la seule espèce présente en France était le Frelon d’Europe Vespa crabro. L’arrivée de V. velutina en Aquitaine inquiète notamment les apiculteurs. Ses colonies sont en général plus populeuses que celles du Frelon d’Europe. Le Frelon asiatique construit parfois son nid sous un toit, dans un mur ou dans le sol comme V. crabro, mais il préfère nettement l’installer dans les hautes branches d’un arbre. Un gros nid rond ou ovale placé à plus de 10 m de haut dans un arbre et autour duquel volent de grosses « guêpes noires » ne peut être qu’un nid de frelon asiatique.

Aucune des deux espèces de frelons n’est agressive envers l’homme sauf si on se rapproche trop près des nids. Une piqûre est douloureuse mais pas plus dangereuse que celle d’une guêpe ou d’une abeille (attention cependant aux personnes allergiques!).

Grâce aux signalements des apiculteurs et d’autres observateurs, l’INPN a cartographié la répartition de Vespa velutina en France depuis 2004. Plus d’une centaine de nids ont été ainsi comptabilisés en 2006, entre Bordeaux, Brive et Toulouse.
Informations sur Vespa velutina (fiche descriptive et confusions à éviter), sur le site de l’INPN :
http://inpn.mnhn.fr/isb/recherche?espece=Vespa velutina

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actions en rhône Alpes

L’avis du comité de préfiguration de la Haute Autorité sur les OGM, rendu public le 9 janvier, conduira selon toute vraisemblance le président de la République à activer la clause de sauvegarde auprès de l’Union Européenne pour interdire la mise en culture du maïs MON 810, au moins pour la campagne 2008.

Pour les producteurs bio de Rhône-Alpes et les défenseurs de l’environnement, c’est une avancée importante qui donne raison à tous ceux qui se battent depuis plusieurs années pour la mise en œuvre du principe de précaution, la prise en compte des études scientifiques mettant en doute l’innocuité des OGM et démontrant l’impossible coexistence entre cultures OGM et non OGM.

Le comité chargé de réévaluer les risques et bénéfices pour l’environnement et la santé publique du MON 810 a relevé plusieurs éléments nouveaux depuis l’évaluation de 1998 : coexistence impossible entre champs OGM et non OGM à l’échelle locale en raison des pollinisations croisées, apparition de résistance sur les ravageurs cibles, effets toxiques avérés à long terme sur la faune non-cible dont les lombrics et les papillons monarques, persistance des molécules insecticides dans l’eau et le sol et présence dans la chaîne trophique, insuffisance des études épidémiologiques, insuffisance des analyses économiques au niveau de l’exploitation…
Ce rapport alarmant conforte le choix des producteurs bio qui refusent toute trace d’OGM dans leurs productions pour conserver l’excellence environnementale de leur mode de production.

Il donne raison aux consommateurs qui rejettent à 86% les OGM alors qu’ils plébiscitent l’agriculture biologique dont le marché enregistre une croissance de 9,5% depuis 8 ans !
Le report du projet de loi sur les OGM au printemps doit être propice à l’instauration d’un vrai débat permettant d’aboutir à un texte qui offre à chacun la liberté et le droit de produire et de consommer sans OGM.

Plusieurs actions sont prévues en Rhône-Alpes le samedi 12 janvier pour alerter l’opinion publique et les élus sur les lacunes du projet de loi dans sa forme actuelle : A 14h30 à Valence : Rassemblement devant la préfecture avec conférence de presse de lancement de l’association Stop OGM Drôme ; actions de sensibilisation dans le centre ville de Grenoble (toute la journée) ; mobilisation sur le marché de Bourg en Bresse (le matin) ; actions de sensibilisation dans les 3 communes de l’Ain où du maïs MON810 a été détecté ; rassemblement à 10 h devant la mairie d’Annecy-le-Vieux.

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Un séminaire sur l’avenir du secteur laitier

Mariann Fischer Boel, membre de la Commission chargé de l’Agriculture et du Développement rural, invite les acteurs du secteur laitier à participer à un séminaire qui a lieu demain, le 11 janvier. La conférence sera retransmise en direct sur le site internet de la DG Agriculture consacré au bilan de santé de la PAC.

Lors de ce séminaire d’une journée, la Commission présentera ses conceptions au sujet de l’avenir de la politique communautaire dans le secteur laitier et le rapport consacré au marché laitier publié en décembre 2007. Elle révélera également les résultats préliminaires d’une étude portant sur les incidences de l’expiration du régime communautaire des quotas laitiers sur les prix du lait, la production, les exportations et la compétitivité du secteur laitier européen.

Les parties intéressées seront invitées à exprimer leur point de vue sur tous ces aspects, notamment l’incidence de l’expiration du régime des quotas, les futures modalités possibles de soutien du marché et les différents modèles de transition jusqu’à la disparition définitive des quotas le 31 mars 2015.

«La demande de produits laitiers est en augmentation de sorte que nous avons intérêt à entamer le plus rapidement possible l’examen des mesures envisageables pour assurer un passage sans heurts à une politique laitière orientée en fonction des impératifs du marché», a déclaré Mme Fischer Boel. Et de poursuivre: «Le bilan de santé fournit une excellente occasion de procéder à cet examen. C’est la raison pour laquelle j’ai invité les parties prenantes à participer à ce séminaire et j’espère qu’une discussion plus large encore s’engagera sur mon blog».

Le 20 novembre dernier, la commissaire a lancé un débat autour du bilan de santé dans un rapport exposant ses propositions pour l’adaptation de la politique agricole communautaire aux défis qui attendent les agriculteurs européens au 21e siècle. Après avoir recueilli l’avis des agriculteurs, des consommateurs, des ONG environnementales, du Parlement européen et des ministres européens de l’agriculture, Mariann Fischer Boel présentera des propositions législatives en mai prochain.

http://ec.europa.eu/agriculture/healthcheck/index fr.htm

http://blogs.ec.europa.eu/fischer-boel

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Le sort du MON810 en suspens

Le sénateur Jean-François Legrand, président du comité de préfiguration de la Haute autorité sur les OGM, a remis hier soir les conclusions des travaux d’évaluation sur le maïs MON 810 à Jean-Louis Borloo, ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables.

Le Comité de préfiguration de la Haute autorité sur les OGM émet « des doutes sérieux sur l’usage du MON810″, a annoncé Jean-François Legrand, citant des « faits nouveaux » sur la dissémination à longue distance des pollens de ce maïs transgénique.

Jean-Louis Borloo va transmettre cet avis au président Nicolas Sarkozy. Une décision devrait être rendue dans les 24 ou les 48 heures sur l’usage de ce maïs transgénique, le seul cultivé en France à des fins commerciales. Une décision attendue car elle peut activer ou non la clause de sauvegarde. Cette clause, réclamée par les anti OGM, permet à un pays européen d’interdire un organisme génétiquement modifié autorisé par l’Union européenne à condition de  justifier cette décision par des éléments scientifiques nouveaux.

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