Catégorie | nature

Faune sauvage: 152 espèces menacées

C’est une liste rouge recensant 152 espèces de vertébrés (oiseaux nicheurs, mammifères, amphibiens, reptiles) menacées en Isère. Une liste qu’ont présentée de concert, ce matin, Serge Revel, vice-président du Conseil général de l’Isère, en charge du développement durable et de l’environnement, Jean-François Noblet, naturaliste et conseiller technique Environnement au Conseil général, Jacques Prévost, président de la LPO Isère et Gilbert Magnat, membre de la Fédération des chasseurs de l’Isère,  responsable de la commission Environnement.

Ce document fait partie des outils d’alerte, de diagnostic et d’évaluation mis en place pour sensibiliser le public et les décideurs. Etabli par la LPO, avec le concours de nombreuses associations de naturalistes, il a bénéficié d’une meilleure connaissance des espèces, en particulier grâce au financement d’une nouvelle base de données.

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Le moineau friquet: classé vulnérable dans la liste rouge. C’est l’exemple type des oiseaux des zones agricoles qui disparait suite à l’intensification de l’agriculture et aux pesticides (photo Jean-François Noblet)

L’Isère,  Serge Revel l’a souligné, est le premier département français à publier une telle liste. Les principaux enseignements de ce document:

- forte augmentation du nombre d’oiseaux et mammifères menacés. Parmi celles-ci, le râle d’eau, la rousserolle turloïde, le tarier des prés, la chouette de Tengmalm, le lagopède alpin

- légère diminution du nombre de reptiles et d’amphibiens menacés mais avec une aggravation de la situation des espèces restantes: crapaud calamite, rainette verte, sonneur à ventre jaune, lézard ocellé

- la disparition de 11 espèces ou qui ne se reproduisent plus régulièrement en Isère depuis ces quinze dernières années. Au nombre des victimes, le butor étoilé, la marouette ponctuée, le pic cendré, le rhinolphe euryale, le campagnol amphibie

- par rapport à la première liste rouge du CORA, publiée en 1995 par le Département, on note une augmentation du nombre des espèces menacées, qui passe de 117 à 152. Ce sont surtout les oiseaux qui « laissent des plumes », passant de 69 en 1995 à 95 en 2007.

Comment s’explique ce  bilan alarmant concernant la faune sauvage? Serge Revel apporte des éléments de réponse:

« La perte globale de la biodiversité explique beaucoup de choses. Vous savez, quand il n’y a aura plus que du maïs ou des sapinières, il n’y aura plus ni oiseaux, ni fleurs. Cette perte, c’est le résultat de la disparition des zones humides et des forêts alluviales, la réduction des zones agricoles, la pollution de l’eau et de l’air, l’usage des pesticides et des herbicides, la fragmentation de l’espace, où se multiplient les barrières. Le responsable est celui qui est en bout de chaîne: l’homme ».

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Sur la liste des victimes: le Grand Tétras. Espèce disparue en Isère comme dans toutes les Alpes françaises. Une réintroduction dans les années 80 a échoué (photo Jean-François Noblet)

Il y a donc urgence. L’Isère, qui n’est pas en reste sur le plan de la protection de la nature et du développement durable, ne peut que constater, à travers cette nouvelle liste rouge, que les actions engagées ne suffisent pas, que la destruction des milieux naturels s’accélère, que la biodiversité est en danger. Un programme de conservation de la faune a été établi en collaboration avec l’Etat, le Parc national des Ecrins, les PNR du Vercors et de Chartreuse, les associations de protection de la nature, les Conservatoires, l’Office national de la chasse et de la faune sauvage, la Fédération départementale des chasseurs de l’Isère, les universités, le museum d’histoire naturelle de Grenoble. Bref, une mobilisation générale et des actions qui représentent en moyenne 200 millions €/an.

Lorsque chacun aura compris que la biodiversité n’a pas de prix,  que l’abeille et le butor étoilé nous sont indispensables, alors les vertébrés pourront dormir tranquilles. Et les bipèdes que nous sommes aussi. Même si le crapaud sonneur à ventre jaune s’amuse à perturber notre sommeil.

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Le crapaud sonneur à ventre jaune: espèce classée en danger en Isère. Un plan d’action est animé par le Conseil général pour sauver les dernières stations iséroises (photo Jean-François Noblet)

contacts: www.isere.fr et www.isere.lpo.fr

Cet article a été écrit par:

Christian - qui a écrit 2027 articles sur Sillon 38 – Le journal du monde rural – (38) Isère.


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3 Commentaires pour “Faune sauvage: 152 espèces menacées”

  1. papyden dit :

    ulpa-Printemps 1961 j’abats froidement UN BOUVREUIL mâle dans toute sa splendeur … au lance-pierres (mea culpa- quel imbécile non responsable étais-je ! )- Je n’en ai jamais revu depuis ce jour – pourtant très observateur de la nature- qu’en est-il de l’espèce -soit à l’échelon Nord/Isère soit à l’échelle planétaire ? ? Merci

  2. Christian dit :

    D’après le site du CORA, cora38.free.fr, le bouvreuil pivoine (pyrrhula pyrrhula) ne fait pas partie des oiseaux nicheurs menacés. Le Cora en a observé dans 194 communes de l’Isère. Il y en a dans le Nord-Isère mais en moins grand nombre qu’au sud du département. Le nombre d’observations record (32), a été fait à Proveyzieux (canton de St-Egrève). Vous devriez contacter le CORA pour de plus amples renseignements.

  3. Aude Wenes dit :

    Le CORA Isère s’est mué en LPO Isère en 2006. Pour consulter, notamment, la base de données d’observation de la faune sauvage de l’Isère, il faut maintenant cliquer sur http://www.isere.lpo.fr. N’hésitez pas à contacter la LPO Isère pour toute information sur la faune sauvage de notre département, tél 04 76 51 78 03. Cordialement.

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