Catégorie | filière viande, élevage

La filière broutards déstabilisée

Privés d’exportations pendant plusieurs mois, les broutards français trouvent difficilement preneurs en 2007-2008. Les prix de vente sont peu rémunérateurs. La campagne 2007- 2008 a été particulièrement difficile pour les éleveurs de broutards. La fièvre catarrhale ovine (FCO) fait son apparition en France dès l’automne 2006 et s’étend progressivement. Le bassin allaitant est touché par la maladie à l’automne 2007. Le respect des règles européennes de protection sanitaire impose une restriction des mouvements des animaux. Dans les zones concernées, ces jeunes bovins vendus habituellement maigres pour être finis dans des ateliers d’engraissement spécialisés, sont interdits d’exportation pendant plusieurs mois. La filière est déstabilisée. Chute des ventes à l’exportation, prix réduits de 20% sur les transactions qui subsistent. Un grand nombre d’animaux doivent être maintenus à la ferme et y être engraissés.

Le marché italien essentiel
Comment se passer de son principal marché? C’est le dilemme auquel ont été confrontés les éleveurs de broutards pendant la campagne 2007-2008. Le commerce des broutards est fortement dépendant de l’exportation. Sur les 1 350 000 animaux envoyés d’août 2006 à avril 2007 vers un atelier d’engraissement, plus de 840 000 l’étaient à l’étranger.Environ 730 000, soit 87% sont partis en Italie. Le marché espagnol en représentait 12%.
L’interruption des échanges pénalise également les éleveurs de la péninsule car aucune autre source d’approvisionnement n’existe en Europe. Les broutards français représentent aujourd’hui 87% des importations italiennes. Le solde est assuré pour 4% par l’Irlande, pour 2,5% par la Pologne, pour 2% par l’Autriche ainsi que par la Roumanie, la Slovaquie et la Slovénie.

Les exportations reculent d’un quart
D’août 2007 à avril 2008, les exportations françaises de broutards reculent de 191 000 têtes, soit un quart des exportations assurées pour la même période pendant la campagne de référence 2005-2006. Les pertes étaient de 6% en 2006-2007 au démarrage de l’épizootie en France. À l’automne 2007, la crise frappe les plus gros départements producteurs: Saône-et-Loire, Allier, Nièvre et Creuse. La moitié sud du Massif central bénéficie d’un sursis, mais est également gravement touchée fin décembre 2007. Plus au sud, la Haute-Garonne, le Gers, la Dordogne et les départements pyrénéens restent plus longtemps en marge de l’épizootie et profitent d’un report d’activité.

Avec l’assouplissement de la réglementation, les exportations reprennent en janvier et surtout en février 2008. Elles augmentent de 8 et 27% par rapport aux mêmes mois de l’année précédente. Les opérateurs tentent aussi d’anticiper les sorties, suite à l’annonce italienne de fermeture des frontières à compter du 3 mars 2008. De fait, l’activité des mois de mars et avril recule de 77 et 63% par rapport à mars et avril 2006.
Les animaux conservés sur les exploitations

Dans le même temps, les achats des ateliers d’engraissement français ne compensent pas les pertes d’exportations. Au contraire, les sorties d’animaux maigres de moins de deux ans à destination d’autres élevages en France chutent de 112 000 têtes entre les campagnes 2006-2007 et 2007-2008. Privés d’exportations et maintenus dans leur zone de production, les jeunes bovins restent dans les élevages. L’effectif des animaux de moins de deux ans augmente de 5% entre mai 2007 et mai 2008. La progression atteint 117 000 têtes pour les bovins mâles de moins d’un an et 86 000 têtes pour les génisses et les bovins mâles de type viande d’un à deux ans.

Source: Agreste

Cet article a été écrit par:

Christian - qui a écrit 2027 articles sur Sillon 38 – Le journal du monde rural – (38) Isère.


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