Archive | 08 septembre 2008

Déficit de postes dans le privé

Dans sa question écrite publiée dans le JO Sénat du 24/07/2008, Mme Odette Herviaux (Morbihan- SOC) attire l’attention de M. le ministre de l’Agriculture et de la Pêche sur les moyens humains et financiers accordés à l’enseignement agricole, notamment l’enseignement agricole privé.

Le ministère attribuera 5153 postes alors que les besoins en postes d’enseignants calculés par la DGER pour la rentrée 2008 sont de 5422 postes (CNEAP, UNREP et établissements non affiliés) soit un déficit de 269 postes. Le ministère transformera de nouveau 254 postes en heures supplémentaires année, facteur de précarisation pour les enseignants qui devront compléter leur temps de travail incomplet. Enfin, les remplacements maladie, formation, ne sont pris en charge qu’à partir du 91ème jour, ce qui engendrera un manque de 80 postes. Cette situation serait lourde de conséquences tant pour les enseignants que pour les élèves et plus globalement pour l’ensemble du secteur professionnel alors que la qualité de l’enseignement agricole est notamment consacrée par l’exceptionnel taux d’insertion professionnelle qu’il assure.

Face à ces graves incertitudes, elle souhaite connaître sa position sur la réalité des moyens humains et financiers accordés à l’enseignement agricole et notamment sur l’engagement pris en décembre 2007 de reclasser 300 enseignants de l’enseignement agricole privé.

Réponse du Ministère de l’Agriculture et de la Pêche publiée dans le JO Sénat du 04/09/2008

Le ministère de l’Agriculture et de la Pêche est attentif aux préoccupations exprimées sur les moyens en postes d’enseignants qui sont alloués à l’enseignement agricole privé. Les dotations des établissements du temps plein en postes d’enseignants ont été globalement préservées, y compris les postes de documentalistes, dans un contexte où le ministère de l’agriculture et de la pêche se doit de participer à l’effort de réduction de l’emploi public.

Pour 2008, la réduction en équivalent temps plein est de 29 postes sur 4 963 dans l’enseignement agricole privé et de 45 postes sur 7 742 dans l’enseignement agricole public. Le reclassement des enseignants de catégorie 3 concernera 300 agents pour l’année scolaire 2008-2009 comme le ministre de l’agriculture et de la pêche s’y était engagé en décembre 2007. Des crédits ont été alloués en 2007 aux établissements privés du temps plein afin de procéder au remplacement d’enseignants absents pour des congés de maladie inférieurs à 90 jours. Les crédits proposés dans le budget 2008 permettront de respecter les engagements pris par l’État à l’égard de l’enseignement agricole privé.

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Météo mitigée

Selon les premières études météo, le temps sera mitigé lors de la foire de Beaucroissant. Samedi et dimanche, quelques pluies sont au programme avec des températures s’échelonnant entre 12 et 18°. Lundi, jour du bétail, après dissipation des brumes matinales le soleil devrait être des nôtres avec les températures allant de 12 à 20°. Prévisions que l’on fera évoluer au fil des jours.

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La méthode Pochon: atout trèfle

Ceux qui étaient samedi dernier dans la salle polyvalente de l’Albenc – à l’occasion du festival organisé par Espace Nature Isère, savent tout ou presque sur la vie et l’oeuvre d’André Pochon, 77 ans, éleveur laitier des Cotes-d’Armor devenu écrivain, enseignant,  conférencier, voyageur. Le professeur Pochon -c’est nous qui lui attribuons ce titre- a donné avec la sincérité et l’enthousiasme qui lui sont propres, un petit cours magistral, mais sans cérémonie,  sur l’évolution de l’agriculture  depuis un demi-siècle. Il est bien placé pour le faire:

« J’ai été témoin et acteur en première ligne de tout le développement agricole depuis 60 ans », résume t-il en préambule.

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André Pochon né en 1932 dans la Bretagne profonde, dans un village de quatre fermes et six maisons,  évoque la vie paysanne de l’époque: « Même mon père disait que la Bretagne était une région sous-développée ». Il reprend la formule de Pierre-Jacquez Hélias pour définir la condition de la famille: »Pauvres mais pas miséreux ». Les souvenirs de l’enfance? Plutôt bons, sauf l’école où, pourtant, il fait partie des bons élèves. Il n’use pas trop longtemps ses culottes sur les bancs de l’école, suit des cours d’agriculture par correspondance, rejoint la JAC (Jeunesse agricole catholique) et s’y investit: « C’était un mouvement d’éducation populaire », dit-il. »L’objectif était de sortir les jeunes paysans de leur condition de sous-développement ».

André Pochon s’installe en 1954 avec son épouse. « C’est l’époque où ça a commencé à bouger, raconte t-il, avec l’arrivée de la nouvelle génération ». Il a 22 ans et la vocation. Il fait partie de ces jeunes paysans qui veulent travailler  autrement. Tout est à revoir: la nutrition animale, les méthodes d’élevage ( »on ne savait pas élever un veau »), le travail des sols. Volontaire comme personne, il créée le Centre d’études techniques agricoles de Mur-Corlay: « Une coopérative d’idées va se développer », dit-il.

Les CETA vont en effet constituer un formidable coup d’accélérateur en matière de vulgarisation du progrès technique en agriculture grâce, notamment, au renforcement des liens avec la recherche agronomique dont les spécialistes savaient se faire très proches des CETA sur le terrain. L’INRA apporte donc de l’eau au moulin. « Le BA-ba, c’est l’agronomie, souligne André Pochon.Les terres étaient pauvres, il fallait augmenter la fertilisation des sols. Il y a eu alors un grand chambardement, celui de la révolution fourragère herbagère. On allait faire de l’herbe! L’engrais azoté avait fait disparaître le trèfle blanc. Je me suis employé à démontrer, à l’encontre de l’INRA, que l’on n’avait pas besoin d’engrais azoté. Que la prairie à base de trèfle blanc faisait très bien l’affaire ».

Le chantre de la petite exploitation

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La méthode Pochon était née. L’as de trèfle pourrait la symboliser. Une méthode qui lui vaudra une célébrité certaine dans le monde rural, même au-delà des frontières de l’Hexagone. « J’étais devenu le chantre de la petite exploitation et j’ai prouvé que ça marchait! ». A côté de son petit élevage laitier, il développe une production porcine, sur litière, selon la méthode danoise. Cultive la féverole pour nourrir le bétail. Toutes ces initiatives donnent de bons résultats:

« En l’espace de deux ans, on a doublé nos rendements. J’avais 9 ha. Je suis devenu le plus gros éleveur de lait et de porcs », raconte t-il avec un large sourire. Les revenus suivent: »En 1960, on se paye une 2CV Citroën. Flambant neuve. Et  cinq ans plus tard, on quitte la petite ferme pour en acheter une de 40 ha à Saint-Bihy ».

Arrive alors l’ère du productivisme, le  maïs fourrage/soja, l’élevage industriel de porcs hors sol (il faut entendre André Pochon évoquer le « caillebottis intégral » inventé par les Hollandais! Il en parle comme d’un cataclysme!), la PAC, la spécialisation, la pollution des sols, etc. « La PAC a tout changé, déplore André Pochon. Jusque là, le paysan produit pour un marché. Il le fait avec une certaine prudence. C’est fini. Les prix des grandes productions sont garantis, fixés par Bruxelles. La voie est ouverte pour produire n’importe où, n’importe comment. Au total, on a perdu les 2/3 de nos fermes en 25 ans. Quant à la pollution, il suffit de voir l’étendue de l’algue verte en baie de Saint-Brieuc… »

C’est pour tenter de renverser la vapeur que l’éleveur de Saint-Bihy créée en 1982 avec d’autres exploitants, le CEDAPA, centre d’études pour un développement agricole plus autonome, qui milite en faveur d’une agriculture durable. « Nous étions 8 à l’époque,  au CEDAPA Côtes-d’Armor, explique t-il. Notre pari s’appuie sur le retour aux règles fondamentales de l’agronomie, sur l’élevage sur litière, sur la prairie à base de trèfle blanc et non sur le soja. Nous sommes 500 aujourd’hui et 3000 sur la région Ouest. Nous sommes en mesure de montrer des résultats comparatifs ».

Des résultats qui démontrent que le respect du cahier des charges élaboré par le CEDAPA -entre autres, petites surfaces, petits troupeaux, recours limité aux intrants- entraîne des rendements supérieurs à ceux de l’agriculture conventionnelle pour un investissement travail moindre, en respectant la nature. L’INRA qui a suivi à la loupe, sur 5 ans, 27 exploitations, a d’ailleurs validé le système CEDAPA. Un certificat dont n’est pas peu fier André Pochon, tout sourire, chaleureusement applaudi par le public du festival « L’avenir au naturel ».

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Manifestation à l’Albenc contre le projet de décharge

Alors que le dossier Center Parc avance, le projet de décharge sur Roybon est loin d’être enterré. La mobilisation des opposants à cette implantation à cette décharge en Chambarans est toujours aussi forte.
Lors du festival « avenir au naturel qui s’est déroulé ce week-end à L’Albenc, plusieurs manifestants se sont invités à la visite inaugurale. Celle ci avec à sa tête le président du conseil Général, André Vallini  a pu écouter les revendications des opposants à ce projet de centre de stockage de déchets ultimes. Ils souhaitent être informés sur la tenue d’une réunion interdépartementale entre l’Isère, la Savoie et l’Ain. Ceci afin de savoir si ces deux départements viendront déverser leurs déchets en Isère.

D’autre part le collectif demande à pouvoir prendre connaissance des résultats des forages des différents sols sondés sur les sites retenus et effectués en début d’année.

Les manifestants ont tenu à se faire entendre et c’est dans le calme qu’ils ont montré une fois de plus leur opposition à l’implantation de ce centre de stockage situé à quelques encablures du futur Center Parc,ce qui serait une sacrée aberration!

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Coût de l’énergie: la filière fragilisée

Dans sa question écrite publiée dans le JO Sénat du 10/07/2008 , Mme Christiane Demontès (Rhône- SOC) attire l’attention de M. le ministre de l’Agriculture et de la pêche sur les très vives inquiétudes qui se font jour chez les producteurs de fruits et légumes.
Le secteur de la production de légumes est particulièrement impacté par la hausse vertigineuse des prix de l’énergie. En 18 mois le prix du fioul lourd a augmenté de 76%, celui du fioul domestique de 47% alors que le prix du gaz a lui connu une hausse de plus de 17%. Conjointement nombre de productions connaissent des difficultés. Il en va ainsi du marché de la tomate ou du concombre dont les prix de vente de production ont reculé de près de 30%.

De la sorte, ces exploitations sont écrasées par un « effet ciseau » tenant à l’augmentation sans précédent de l’affaiblissement de leur marge de vente. Ce contexte met donc en péril nombre d’exploitations, nombre d’emplois et, par extension, de familles. En outre, il risque d’impacter sur des zones qui souffrent d’ores et déjà de désertification.
Aussi, face à cette catastrophe économique, elle lui demande quelles dispositions le Gouvernement entend prendre en urgence afin de répondre aux attentes économiques et sociales de ces concitoyens en très grandes difficultés.

Réponse du Ministère de l’agriculture et de la pêche publiée dans le JO Sénat du 04/09/2008
Le secteur de la production légumière et horticole est important pour l’agriculture française et joue un rôle déterminant dans l’économie, la structuration du territoire et l’emploi dans diverses régions. Il est confronté à la hausse du coût de l’énergie et des charges de main-d’oeuvre et aux enjeux environnementaux, dans un contexte de rapport de force avec le commerce souvent défavorable compte tenu de sa faible organisation économique.

Concernant les difficultés liées à l’accroissement important du prix des énergies, le ministère de l’agriculture et de la pêche met en oeuvre un plan serre-énergies pluriannuel, qui se décline depuis 2007 en deux volets : aide à la construction et à la rénovation des serres et investissements relatifs aux économies d’énergie dans les serres. Ces dispositifs d’aide contribuent à la mise en oeuvre, dans la filière, des évolutions nécessaires pour s’adapter au nouveau contexte énergétique. Des mesures immédiates ont été décidées pour faire face à la situation difficile des producteurs sous serres : accélération des remboursements de TVA, assurance du maintien du tarif réglementé de vente de gaz « Telnuit » et facilités de paiement accordées par Gaz de France.

Pour les serristes les plus en difficulté, une enveloppe spéciale de 1,5 million d’euros dans le cadre de la procédure « agriculteurs en difficultés » et une enveloppe spéciale de 2 millions d’euros dans le cadre du Fonds d’allégement des charges ont été accordées. En complément, une enveloppe de 2,5 millions supplémentaires, gérée par l’Office national interprofessionnel des fruits, des légumes, des vins et de l’horticulture (VINIFLHOR), a été accordée pour accompagner la reconversion énergétique et l’amélioration de l’efficacité énergétique des exploitations. Les modalités d’intervention de ce complément financier ont été arrêtées en lien avec les professionnels : priorité donnée à la reconversion des serristes au fuel, bonification des taux d’intervention publique pour les équipements d’économie d’énergie et de reconversion énergétique en faveur des énergies renouvelables.

Pour alléger les charges de main-d’oeuvre pesant sur les exploitations légumières, certaines dispositions ont été prises par le ministère de l’agriculture et de la pêche : allongement de la période d’allégement de charges sociales pour l’emploi de travailleurs occasionnels, allégement accru des charges sociales pour toute transformation d’emplois occasionnels longs en emplois permanents sous contrat à durée indéterminée, encouragements à la constitution et au développement des groupements d’employeurs et, depuis le 1er octobre 2007, réduction des cotisations sociales pour les heures supplémentaires et complémentaires effectuées par les salariés. Les mesures de défiscalisation des carburants fossiles appliquées en 2005 et 2006 ont également été reconduites en 2007 ainsi que pour le premier semestre 2008.

Par ailleurs, la cogénération à partir de biomasse et de gaz naturel, associée à la culture sous serre, présente une excellente efficacité énergétique car elle valorise la chaleur et le carbone que dégagent les chaudières. Son développement, ainsi que celui des pompes à chaleur, doit être encouragé dans les zones déficitaires en courant haute tension, pour réduire les charges d’énergie et renforcer la compétitivité du secteur. Cette mesure fait partie des propositions du comité opérationnel chargé, dans le cadre des suites du Grenelle de l’environnement, de présenter un plan sur la performance énergétique des exploitations agricoles.

De plus, un travail est en cours en lien avec le ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire pour adapter le contrat de production d’électricité issue de cogénération. Enfin, un travail est mené portant sur le développement des certificats d’économie d’énergie en agriculture. Le développement de ces opérations doit permettre de favoriser les partenariats à long terme entre fournisseurs d’énergie et serristes.

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Le CEJA à Annecy le 20 septembre

Parallèlement à la réunion informelle des ministres européens de l’Agriculture, les membres du Conseil européen des jeunes agriculteurs (CEJA) se sont donné rendez-vous à Annecy, en Haute-Savoie, du 20 au 23 septembre. Au programme : « Quelle Politique Agricole Commune (PAC) après 2013 pour assurer le renouvellement des générations en agriculture ? »

Plus de 150 jeunes agriculteurs venus des 27 Etats membres de l’Union Européenne se réuniront pendant trois jours pour formuler des propositions visant à faire évoluer la politique agricole commune dans le but de favoriser le renouvellement des générations en agriculture en Europe…
Tables-rondes en présence de personnalités politiques, ateliers et groupes de travail, rencontres bilatérales avec les ministres européens réunis à Annecy…Le programme de ce séminaire annuel marquant les 50 ans du CEJA est particulièrement riche, avec une première journée débutant par les discours de bienvenue de William Villeneuve, président de Jeunes Agriculteurs et de Giacomo Ballari, président du CEJA.

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