Catégorie | Forêt de Chartreuse

Desserte forestière: la dynamique est lancée

Il n’y a pas si longtemps que cela, un schéma départemental évaluait pour la forêt publique de Chartreuse un besoin de 140km de routes forestières et de 300km de pistes! La situation est encore plus préoccupante en ce qui concerne la forêt privée où le morcellement et le manque de concertation entre propriétaires (on en recense 11 500!) constituent des freins à la création de ces infrastructures.

La Chartreuse, qui a plus que jamais besoin de mobiliser ses bois,  rattrape lentement son retard: 30km de desserte supplémentaires créés en 8 ans. C’est toujours une entreprise de longue haleine, compte tenu du morcellement, compte tenu des précautions environnementales à prendre, d’ouvrir une route (circulation de grumiers de 40 à 50t) ou une piste (tracteurs forestiers). Réflexion et concertation sont de rigueur.

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Sylvain Ougier et Charles Galvin lors d’une visite d’une route forestière fraîchement ouverte

« On recense 11 500 propriétaires en Chartreuse, disposant en moyenne 5 à 6 ha pour 5 à 6 parcelles, explique Sylvain Ougier, technicien CRPF et animateur pôle bois du PNR Chartreuse. Il arrive que pour un projet de desserte, nous ayons 72 propriétaires à contacter. Il suffit qu’un d’entre eux s’oppose au tracé pour faire capoter le projet ».

C’est ce qui a décidé le PNR a créer un poste d’animateur spécialement chargé de la desserte. Un poste stratégique qui s’imposait pour le PNR et les forestiers de Chartreuse, freinés dans leur activité d’exploitation .

Les projets collectifs de desserte peuvent être financés à près de 80% par des subventions. Ceux qui s’accompagnent de la création d’une association syndicale autorisée (Asa) sont prioritaires pour l’accès aux financements publics. C’est le cas en Chartreuse où la création d’une Asa et la rédaction d’une charte forestière ont  permis d’aller de l’avant. En forgeant leurs propres outils de développement, les forestiers ont  pris en main leur destinée.

« Nous ne pouvons pas tout attendre de l’administration, il faut qu’une volonté émane de la base des forestiers, » note Michel Roche, propriétaire de 5 ha sur Proveyzieux.

Président de l’Asa « forêt de Chartreuse », il a oeuvré pour la construction de la route forestière des Marcellières, longue de 5 km et pouvant desservir plus de 60 propriétaires sur la commune de Proveyzieux. Une route qui a été inaugurée cet été, le 18 juillet.

C’est à cette occasion qu’a été signée, par tous les partenaires (Etat, Conseils généraux, interprofessions du bois) une charte forestière de territoire qui fixe pour les prochaines années les orientations pour le développement de la forêt et de la filière bois à travers ses différents aspects (économiques, environnementaux et sociaux). Cette charte forestière de territoire de Chartreuse est une déclinaison locale de la Charte Forestière de Territoire du Département de l’Isère.

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Une route forestière qui pourrait faire une belle piste de ski de fond!

La constitution de l’Asa a poussé les acteurs de la forêt à s’organiser. Le Parc de Chartreuse et le CRPF ont apportés un soutien logistique avec leur technicien forestier, Sylvain Ougier, omniprésent. La commune de Proveyzieux, partie prenante, a adhéré à l’Asa. La coopérative Cofalp a travaillé sur la commercialisation des bois. Une dynamique a vu le jour.

« Une autre route a été lancée par une section de l’Asa sur St-Pierre-d’Entremont en partenariat avec l’ONF. Tout le monde travaille ensemble », souligne Michel Roche.

L’Asa « forêt de Chartreuse » regroupe actuellement 110 adhérents sur les 2 sections. Elle peut être mise à contribution pour réaliser de nouvelles dessertes sur l’ensemble des cantons du massif, un périmètre plus grand que le Parc.

Mais les objectifs d’exploitation des forestiers ne réduisent pas pour autant à néant la dimension écologique, notamment celle qui concerne la protection des paysages.

« La forêt en Chartreuse, c’est d’abord la beauté du site. Avec l’aide du Parc, un bureau d’étude a épaulé l’Asa sur l’aspect paysager » remarque Michel Roche, bien conscient de la difficulté de l’exercice. « Il n’est pas possible de faire uniquement du maintien de paysage et laisser dépérir la forêt. Elle a besoin de rajeunir pour vivre. Les spécialistes de l’environnement et ceux qui connaissent l’intérêt de la forêt peuvent trouver leur compte dans un juste équilibre. »

Cet article a été écrit par:

Christian - qui a écrit 2027 articles sur Sillon 38 – Le journal du monde rural – (38) Isère.


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