Archive | 10 novembre 2008

Gilles Convert: “Ne pas se contenter des prix de l’année dernière”

En trois ans, les initiateurs du pôle agriculture de la foire de la St Martin ont réussi le pari de créer un espace « où il se passe toujours quelque chose ». On peut également parler de tribune où l’on rencontre différents responsables de filières, élus… avec qui on peut discuter à bâtons rompus. On a ainsi dialogué avec Max Josserand ( voir par ailleurs) négociant en bestiaux et éleveur à St Cassien et Gilles Convert, nuciculteur avec l’ensemble de sa famille à l’Albenc.

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Gilles Convert, à droite en grande discussion avec Pierre Gallin Martel, président de Coopénoix.

Avec Gilles, pas de lézard, il parle avec franchise et appelle « une noix une noix ».  » La récolte a été bonne et par chance L’Albenc et Vinay sont passées à travers les intempéries. On a eu quelques frayeurs mais on a été épargné. On a donc une très bonne récolte, +45% par rapport à l’année passée, elle est de bonne qualité. Hélas, certains de nos amis n’ont fait que 20% par rapport à la campagne précédente: ça fait mal pour leur trésorerie et leur moral. Je me rappelle de la sécheresse 2003-2004 et j’imagine leur désarroi. Franchement, cette année on a eu de la chance. »

Gilles Convert est également satisfait par le fait que » la récolte s’écoule sans problème. On ressent un certain engouement pour la noix et j’ai même été surpris de vendre une bonne quantité de noix cet été. Cela est dû également au fait que les noix sont de très bonne qualité, celle ci correspond à ce qu’attendent les consommateurs ». Il note aussi un attrait certain pour l’huile de noix. « Par contre les alcools partent moins bien. »

A la question sur les produits transformés fabriqués par la maman: « On n’arrive pas à en tenir ». Il faut dire qu’ils sont d’une qualité inégalée. Faites confiance à un connaisseur!

Tout n’est cependant pas rose. » Tu connais bien le problème, les noix partent mais on ne sait rien au niveau des prix. On nous donne des tendances mais ce n’est pas suffisant, surtout que nos charges ont fortement augmenté. Un exemple: le gaz a pris 200 euros la tonne: ça fait mal!

Ceci pour dire que l’on ne pourra pas se contenter de prix identiques à ceux de l’année dernière. »

A propos des 70 ans de l’AOC, Gilles Convert regrette que » certaines animations se soient déroulées en pleine période de récolte » ainsi qu’une certaine fébrilité. » Nous sommes allés à Thônes pour les 50 ans de l’AOC du Reblochon. La filière a fait faire des milliers de  timbres postaux avec comme image un reblochon surmonté d’une… noix. J’ai trouvé l’idée géniale. C’est vraiment une opération grand public. Je pense que l’on doit davantage et mieux communiquer, faire encore plus au niveau de la promo de notre AOC. On nous rétorque que tout va bien mais c’est justement à ce moment là qu’il faut préparer l’avenir! »

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La noix honore ses défenseurs

Au cours de la première journée de la foire de la St Martin, à Voiron, la noix a été à l’honneur et celle-ci a honoré ses défenseurs.

Il faut dire que l’AOC fête ses 70 ans! C’est donc tout naturellement que l’on a rencontré, au pôle agricole de la foire de nombreux acteurs de la filière, producteurs, négociants, élus de tous bords sans oublier la confrérie de la noix de Grenoble.

Celle-ci a, pour l’occasion, ouvert un chapitre  avec son grand maître, Bruno De Montal comme chef d’orchestre. Il a rappelé que la confrérie de la noix de Grenoble a comme vocation première la défense et la promotion de la noix de Grenoble. « Elle a une réputation mondiale, même les Américains envient ses qualités ».

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Avec beaucoup d’humour, André Vallini, président du Conseil général et membre de la confrérie -il s’est pour l’occasion vêtu de l’habit d’apparat- a rappelé « qu’en 1923, les responsables de l’époque se demandaient si on allait appeler notre déjà célèbre noix: noix de Tullins ou noix de Grenoble. La ville centre a eu la priorité… »

Qui dit Chapitre dit intronisation

Pour l’occasion, deux défenseurs de la noix de Grenoble ont eu les honneurs. Pierre Gallin Martel, président de la coopérative Coopénoix a eu la lourde mais « sympathique » tâche d’accueillir le maire de Voiron: Roland Revil.

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Celui-ci est un défenseur infatigable de notre agriculture, il croit en son avenir. » Elle  est source d’emplois non délocalisables! Plus de 1000 dans le Voironnais. L’agriculture est un pilier de l’animation rurale, elle est le premier maillon de la chaîne alimentaire. Nous devons l’aider et surtout appuyer les initiatives qui mettent en avant les produits locaux. »Le maire de Voiron y croit tellement qu’il est co-président de l’Adayg. Il a juré fidélité à la noix de Grenoble et on peut lui faire confiance.
Deuxième personne à entrer par la grande porte dans la maison noix de Grenoble: Thierry Blanchet.
Qui ne connaît pas Thierry. Fils de René… Il a son exploitation à La Murette, chemin du paysan: ça ne s’invente pas…

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Thierry est un agriculteur des temps modernes, précurseur. Il a très vite compris que produire ne suffit plus. Il s’est lancé dans l’accueil à la ferme, à tous les niveaux, convivial, aimant les voyages, homme de dialogue mais qui n’hésite pas à dire ce qu’il pense, il a tout naturellement accédé à la présidence départementale des gîtes de France. Un rôle taillé sur mesures pour lui. Il a également participé, avec d’autres, à la relance de la foire agricole de la St-Martin à Voiron. Si celle ci aujourd’hui fait référence, c’est grâce à eux.

Son parrain, Bruno De Montal n’a pu passer sous silence une actualité qui perturbe notre homme. « Il aime le foot et supporte les verts. » Des verts qui vivent des moments difficiles car au moment ou Thierry jurait fidélité à la noix de Grenoble, l’entraîneur stéphanois, Laurent Roussey, se faisait virer..
Pas le temps de trop discuter, et trinquer avec Thierry, son pote Michel lui demande des cuillers pour servir la vercouline, Martin lui confie la mission de régler un problème de stand…

Ainsi va la vie sur l’espace agricole de la St Martin.

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Quand la forêt de Chartreuse fait sa promo!

Présence nouvelle et remarquée à la foire de la St Martin à Voiron, celle des sylviculteurs de la Chartreuse.

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En effet le groupement des sylviculteurs de Chartreuse, avec à sa tête le président Pierre Basso a décidé de tenir un stand à la foire. « Nous souhaitons valoriser nos forêts de Chartreuse qui sont faites de plusieurs essences dont plusieurs sont des feuillus. On distribue des plaquettes explicatives. Un jeu est organisé. Il s’agit de reconnaître les arbres de Chartreuse à travers leurs feuilles sculptées dans du bois local. On en profite également pour faire la promo de la truffe de Chartreuse. »

Certes, le stand était difficile à trouver, « on essaiera de faire mieux l’année prochaine » mais on sent une nouvelle dynamique. L’avancement du dossier AOC bois de Chartreuse y est sans doute pour quelque chose. « On ne sait pas si notre dossier va aboutir mais il est certain que tous ceux qui ont travaillé dessus sont récompensés par le fait que la demande a été officialisée, elle  est inscrite au journal officiel ». Toute la filière croise les doigts pour que le projet aboutisse…

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Incinérateurs d’ordures: quels effets sur la santé?

Dans sa question écrite publiée dans le JO Sénat du 17/04/2008, M. Christian Cambon (Val-de-Marne, UMP) appelle l’attention de M. le ministre d’État, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire sur les risques des incinérateurs d’ordures ménagères sur la santé.

Il est aujourd’hui avéré, grâce à une étude de l’Institut de veille sanitaire, que les populations ayant vécu dans les années 1980 à proximité d’incinérateurs d’ordures ménagères ont bien plus de risques d’être atteintes d’un cancer que la moyenne des Français.

Certes l’ensemble du parc des incinérateurs a été mis aux normes et les cheminées des usines ont toutes été rénovées entre 2002 et 2005. Alors qu’en 1990, on évaluait les émissions de dioxines à 1 kilo par an sur l’ensemble du territoire français, il est tombé en 2006 à 8 grammes. Les systèmes installés dans les cheminées assurent, semble-t-il, parfaitement le filtrage et le panache qui s’échappe des cheminées est principalement composé de vapeur d’eau.

Toutefois, la Coordination nationale médicale Santé et Environnement, composée de plus de trois mille médecins, toutes spécialités confondues, dont de nombreux cancérologues, craint l’impact sur la santé du « cocktail » de polluants qui émane encore des cheminées des usines du fait de l’incinération de mélange de substances très potentiellement dangereuses.

Ce « cocktail », qui s’échappe des cheminées, serait constitué de deux mille composés organiques volatiles, dont la plupart n’a pas été testée sur la santé humaine. Cette combustion crée de nouvelles molécules susceptibles d’entraîner des modifications génétiques, cancérigènes et mutagènes, et serait particulièrement dangereuse puisqu’on y retrouve des furanes, des métaux lourds (plomb, chrome, mercure) du chlore, du brome, notamment.

Si les incinérateurs ont effectivement été mis aux normes, personne ne peut aujourd’hui affirmer qu’il n’y a pas plus de risques. Pour ne surtout pas refaire l’erreur de l’amiante, le principe de précaution voudrait que l’on suspende la construction de nouveaux incinérateurs en attendant d’apporter la preuve de leur innocuité.

En conséquence, il lui demande quelles réponses il peut apporter à l’inquiétude du corps médical qui à l’automne dernier, à l’issue du Grenelle de l’environnement, réclamait à la fois un moratoire sur les nouvelles constructions d’incinérateurs et le recours aux méthodes alternatives de destruction des déchets. Il souhaiterait savoir si dans ce même temps, il envisage de faire procéder à de nouvelles études.

Réponse du Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire publiée dans le JO Sénat du 06/11/2008

Lors du Grenelle de l’environnement, qui a réuni des représentants de l’État et de la société civile afin de définir une feuille de route en faveur de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire, un moratoire sur la construction de nouveaux incinérateurs d’ordures ménagères a été réclamé par certains participants.

Cette demande de moratoire n’a pas été retenue lors de la table ronde finale du Grenelle dédiée aux déchets, qui s’est tenue le 20 décembre 2007. En effet, les incinérateurs, soumis à des normes strictes d’épuration de leurs rejets constituent l’un des outils de traitement adaptés et reconnus pour cette fonction.

Il a cependant été décidé de réduire la quantité globale de déchets stockés ou incinérés, d’accroître les obligations d’information et de transparence du suivi des usines d’incinération et de subordonner tout nouveau projet de traitement thermique à un dimensionnement global des capacités de traitement d’au plus 50 à 60 % des déchets produits sur le territoire desservi et à l’optimisation des transports associés. Ce dernier point permet de s’assurer que les nouveaux outils mis en place ne rentreront pas en conflit avec les objectifs de tri et recyclage.

Parallèlement, les conclusions du Grenelle de l’environnement ont réaffirmé la nécessité de politiques volontaristes avec des priorités hiérarchisées : la réduction à la source sera fortement incitée, la réutilisation et le recyclage facilités et la responsabilité des producteurs sur les déchets issus de leurs produits étendue.

Les moyens pour la mise en oeuvre du plan de compostage domestique et le développement de la collecte sélective des déchets organiques, notamment dans les agglomérations, seront renforcés. Un cadre de cohérence sera défini à l’échelle nationale pour assurer la qualité sanitaire et environnementale des composts et assurer leur traçabilité. La méthanisation sera favorisée par des soutiens et une réglementation adaptée. L’ensemble de ces mesures a été intégré au projet de loi de programme relatif à la mise en oeuvre du Grenelle de l’environnement.

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Agriculteurs en difficulté et préretraite

Dans sa question écrite publiée dans le JO Sénat du 11/09/2008, M. Roland Courteau (Aude-SOC) rappelle à M. le ministre de l’Agriculture et de la Pêche que le décret n° 2007-1516 en date du 22 octobre 2007 concerne la mise en œuvre d’une mesure de préretraite pour les agriculteurs en difficulté.

Il lui indique que dans le cas présent, la préretraite est une mesure sociale justifiée par la difficulté de nature économique ou liée à la maladie ou au handicap du demandeur. Il s’agit également d’une mesure permettant d’orienter la cession du foncier, en priorité vers des jeunes agriculteurs. Il lui précise enfin que selon les informations qui leur parviennent, cette mesure serait désormais supprimée.

Il lui demande donc de lui apporter toutes précisions sur les raisons qui l’auraient amené à prendre une telle décision.

Réponse du Ministère de l’agriculture et de la pêche publiée dans le JO Sénat du 06/11/2008

Les exploitants agricoles bénéficiaient depuis 1992 de la possibilité de solliciter une préretraite, selon des modalités qui ont été réorientées en 1998 sur les agriculteurs en difficulté économique ou de santé. Le dernier dispositif régissant la préretraite est entré en vigueur il y a quelques mois (décret n° 2007-1516 du 22 octobre 2007).

Dans le cadre de la réforme de l’Etat, chaque ministère a été tenu de passer en revue les politiques publiques de sa compétence, c’est-à-dire d’examiner leur adaptation aux attentes des citoyens et des entreprises, puis d’identifier les réformes qui permettent d’optimiser l’action de l’État.

Pour le ministère de l’agriculture et de la pêche, le troisième conseil de la modernisation des politiques publiques tenu, le 11 juin 2008, a prévu que « les aides à la cessation d’activité seront rationalisées en supprimant le congé formation, de la compétence des régions, et le dispositif de préretraite des agriculteurs, en cohérence avec la politique du Gouvernement en matière d’emploi des seniors ».

Il s’agit donc d’aligner les exploitants agricoles sur les autres catégories socioprofessionnelles, pour lesquelles les dispositifs de préretraite sont en voie de suppression. La préretraite ayant permis, dans le passé, de résoudre des situations de grande précarité, les agriculteurs en difficulté économique ou de santé dont les demandes ne seront plus recevables bénéficieront, au plan local, dans le cadre des autres dispositifs existants, d’un accompagnement social adapté à leur situation.

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