Archive | 13 novembre 2008

Plan d’urgence: l’analyse de la Coordination rurale

A propos de la réunion d’hier sur le revenu des agriculteurs (voir notre article), la Coordination rurale, met quelques bémols, estimant que « des chiffres peuvent en cacher d’autres ».

« La réunion sur les revenus agricoles présidée par Michel Barnier a eu au moins le mérite de mettre officiellement en lumière la situation très dégradée de l’ensemble des secteurs agricoles. Il est cependant à craindre que la chute réelle des revenus soit encore plus catastrophique que ne le laissent supposer ces prévisions, tant la dégradation des termes de l’échange va en s’accélérant.

Quant à la réalité des aides annoncées de façon très médiatique, la CR demeure très sceptique. Les millions d’euros seront distribués selon des règles encore inconnues.

Il y a fort à craindre qu’une partie des 95 millions d’aides à la trésorerie annoncées ne soit pas distribuée parce que certains agriculteurs seront jugés insuffisamment en difficulté (pour ne pas épuiser trop vite les enveloppes d’aides) tandis que d’autres seront jugés trop faibles (et donc avec des capacités de remboursement pas suffisamment crédibles pour les banques), pour se voir accorder les prêts bonifiés à la trésorerie.

Pour les 75 millions d’aides à la réduction de la facture énergétique, seules les prises en charge de la TIPP et de la TIGCN au titre du 2e semestre iront abonder la trésorerie des producteurs.

Pour le reste, ce ne sont que des perspectives « d’ici 2013 » ou des mesures d’aides à l’investissement mais pas à la trésorerie.

Il reste encore à faire passer aux agriculteurs une potion très amère : coupables d’avoir dépassé la superficie de cultures sèches cadrée par la Commission européenne, ils se voient amputer leurs aides couplées à percevoir au 1er décembre de 4,85%. Cela représente un montant approximatif de 45 millions d’euros qu’il faut logiquement déduire des 250 millions annoncés.

La réalité, au-delà des effets médiatiques, c’est que le revenu des agriculteurs ne se décide plus depuis longtemps à Paris, mais dépend de la PAC qui est en faillite totale et qu’il convient d’urgence de réformer en profondeur. C’est cela qu’attendent les agriculteurs français de leur ministre et de leur gouvernement, conformément aux promesses récentes du Président de la République ».

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Pour J.J. Queyranne, une réforme s’impose

Jean-Jack Queyranne, Président du Conseil régional Rhône-Alpes, et Eliane Giraud, Conseillère régionale déléguée à l’agriculture, au développement rural et aux parcs naturels régionaux, sont intervenus aujourd’hui, lors d’un débat en Assemblée plénière, sur l’avenir de la Politique Agricole Commune (PAC).

En présence des représentants et du président de la Chambre régionale d’Agriculture, de la Fédération Régionale des Syndicats d’Exploitants Agricoles (FRSEA), des Jeunes agriculteurs, de la Confédération paysanne, du Mouvement de défense des exploitants familiaux (MODEF) et de la Coordination rurale, ce débat a été l’occasion de constater les limites de l’actuelle PAC et de soulever la nécessité de sa réforme.

Pour Jean-Jack Queyranne, « la révision de la PAC est indispensable. Elle pénalise depuis trop longtemps la diversité des exploitations et est favorable à une agriculture intensive et non respectueuse de l’environnement».

« En Rhône-Alpes par exemple, avec 10% des exploitations françaises, la région n’a reçu ces dernières années que 5% du total des moyens financiers de la PAC et 50% des exploitations ne perçoivent aucune aide » a ajouté le Président de la Région Rhône-Alpes.

Dans le contexte actuel de crise alimentaire mondiale et compte tenu des limites de la PAC, de nouvelles orientations doivent être prises pour une agriculture de qualité, tenant compte des défis environnementaux et de la vie des territoires.
Pour cela, le Président du Conseil régional Rhône-Alpes retient trois axes prioritaires :

- une PAC plus efficace et plus équitable avec une mutualisation et une régionalisation des aides qui assurent des revenus durables aux agriculteurs,
- une PAC protectrice des effets de la mondialisation et des risques engendrés par l’abaissement des barrières douanières,
- une PAC qui tienne compte des défis liés à l’environnement.

« Cette réforme vitale devra placer les régions au cœur de la nouvelle PAC. Seule capable d’assurer les spécificités agricoles locales, la régionalisation des aides serait gage d’efficacité et d’avenir pour la Politique Agricole Commune de demain. Elle devra également favoriser une agriculture durable et compétitive » a conclu le Président Queyranne.

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Au menu du CG38: le bio dans les cantines

Mobilisation générale aujourd’hui au Conseil général de l’Isère sur le thème « Manger bio en restauration collective ». Catherine Brette, conseillère générale déléguée à l’Agenda 21, présidait une rencontre interdépartementale à laquelle participaient des représentants des conseils généraux du Gard, de Haute-Savoie, de la Savoie, de la Drôme, de l’Ardèche,  de l’Hérault, des Bouches-du-Rhône, du Var, et des Conseils régionaux de Rhône-Alpes, PACA et Languedoc-Roussillon. Des agriculteurs bio et des associations – Corabio, Adabio, Un plus bio- étaient également présents à cette journée de travail et de réflexion.

L’objectif de cette journée était triple:

- mettre en commun les expériences des différents Conseils régionaux

- constituer un réseau de référents élus et agents de collectivités sur cette thématique

- accompagner les départements qui souhaitent s’impliquer dans la valorisation de produits biologiques en restauration collective en promouvant les initiatives prises, notamment par l’Isère et le Gard, en pointe dans ce domaine

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Ce film de Jean-Paul Jaud, qui souligne l’urgence de changer l’alimentation de nos enfants, a reçu le soutien du Conseil général du Gard ainsi que de l’association  Un plus bio (qui animait cette journée) et des CIVAM (Centres d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Milieu rural) du Gard. La Ville de Barjac (Gard), dont les enfants mangent bio à l’école depuis 2006, est le théâtre de l’action.
Catherine Brette qui a rappelé que le Grenelle de l’Environnement préconise d’introduire 15 à 20% de produits biologiques dans la restauration collective publique, a présenté la démarche iséroise, inscrite dans l’Agenda 21,  tandis que Gérard Garossino, vice-président du Conseil général du Gard délégué à l’Agriculture et Josée Fauquet, chef du service Education, exposaient la démarche gardoise. Accroître sensiblement la part du bio dans la restauration collective est une entreprise de longue haleine, qui nécessite non seulement une volonté politique mais un important travail de terrain. Les progrès, néanmoins, sont appréciables:

En Isère, le nombre de collèges impliqués dans l’opération « Manger bio en Isère » initiée par le Conseil général, a été multiplié par 2 en trois ans depuis 2005: on en compte 27 . Le nombre de repas totalement ou partiellement biologiques a été multiplié par 10 en 3 ans: on en compte 195 000 dont 88 000 pour les collèges, fournis par 45 producteurs isérois (produits laitiers et viande).

Dans la perspective du développement du bio dans la restauration collective, les démarches impliquent une conjonction des politiques touchant à l’agriculture, à l’éducation et à la formation. La recherche de synergies, indispensable à la réussite de l’entreprise, est lourde à mettre en oeuvre autant que l’adaptation de l’offre à la demande. Les enjeux principaux d’ores et déjà relevés sont:

- la structuration et l’adaptation de la production: installation et conversion en agriculture biologique (seulement 2,7% des exploitations iséroises sont bio)

-  implication pérenne de l’acheteur privé ou public qui tienne compte de la saisonnalité et des bassins de production

- travail juridique de rédaction de la commande publique et technique d’un cahier des charges des produits

- structuration de la mise en marché selon le niveau de la commande: de la  structuration associative à la problématique de la plateforme agro-alimentairede distribution

- le développement d’équipements spécifiques: un projet de légumerie, par exemple, est en gestation à Grenoble

Tous ces thèmes ont été au centre des débats dans quatre ateliers thématiques.

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Les salariés de la Chambre: “Gérard, c’est la crise!”

La crise frappe tout le secteur d’activité agricole, production et services, et les manifestations se succèdent à Paris et dans les régions. Les salariés des organisations professionnelles agricoles n’échappent pas à cette situation. Plus de 250 salariés des Chambres d’agriculture étaient à Paris le 24 septembre dernier, pour le dire haut et fort. Ils sont revenus à la charge aujourd’hui à l’occasion d’une action organisée dans toute la France, à l’appel de la FGA-CFDT qui avait déposé un préavis de grève pour cette journée.

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Situation de crise, certes, mais chaude ambiance sur le parking avec « la soupe aux points cassés » de la FGA-CFDT

A Grenoble, les salariés de la Chambre d’Agriculture de l’Isère, réunis sur le parking de la Maison des agriculteurs, avaient choisi de servir une « soupe aux points cassés », préparée par leurs soins (nous sommes en possession de la recette, pour ceux que ça intéresse). Un breuvage très apprécié, compte tenu des conditions météo, par la cinquantaine de participants à cette chaleureuse manifestation . Jean-Claude Darlet, vice-président de la Chambre, Philippe Guérin, directeur, Yves François, président de la commission Environnement, ont pu écouter les revendications des salariés, en présence de Dominique Laloy, secrétaire général de l’UD-CFDT. Ils ont également pu écouter une chanson intitulée « Gérard, c’est la crise » , dont la composition mérite d’être retravaillée (nous sommes en possession des paroles, pour ceux que ça intéresse).

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Plus sérieusement, il s’agissait pour les salariés de la Chambre de défendre leur pouvoir d’achat, leurs conditions de rémunération et leur conception des services à l’agriculture.

Parole de délégué syndical »Nous sommes demandeurs d’un dialogue intelligent avec notre employeur. Si nous ne faisons pas entendre notre voix aujourd’hui et dans les mois qui viennent, nos conditions de rémunération continueront de se dégrader, l’évolution des Chambres d’Agriculture (régionalisation) se fera à notre détriment. Il faut que nos revendications remontent à l’association permanente des chambres d’agriculture (APCA) dont le président de la Chambre, Gérard Seigle-Vatte, est membre. Nous comptons donc sur lui pour le faire. La CNP doit se réunir le 26 novembre. Nous serons donc vite fixés sur une éventuelle revalorisation du point Chambre que la CFDT a demandé à inscrire à l’ordre du jour ».

Le noeud du problème: alors que l’inflation est supérieure à 3 %, la revalorisation de la valeur du point au 1er juillet 2008 de seulement 1,6 % est d’autant plus insuffisante qu’elle fait suite à une maigre revalorisation de 1,3 % en 2007 pour une inflation de 2,6 %. Dans les Chambres d’agriculture, le salaire est constitué d’un nombre de points multiplié par la valeur du point.  La valeur du point se négocie pour les salariés de toutes les Chambres au sein d’une instance appelée CNP pour « Commission Nationale Paritaire ».

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Pour information, la valeur du point concerne les 7500 salariés des Chambres d’agriculture qui sont répartis sur 116 établissements (94 départementaux et 21 régionaux) et les 5000 salariés de différentes organisations professionnelles agricoles.

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