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Les seniors et la conduite automobile

Dans sa question écrite publiée dans le JO Sénat du 11/10/2007 , Mme Colette Mélot (Seine-et-Marne – UMP) appelle l’attention de M. le secrétaire d’État chargé des transports au sujet de la prévention et de la sécurité routières des « conducteurs seniors ».

D’après certaines statistiques, les seniors au volant ne provoquent pas plus d’accidents que la moyenne des automobilistes, restreignant peu à peu leurs déplacements.

Cette situation demeure cependant fragile, puisqu’il apparaît tout de même qu’une « zone à risque » s’amorce à partir de 75 ans. Avec l’âge, apparaissent inéluctablement des altérations de la vue et de l’ouie, dommageables pour la conduite. Au-delà de 75 ans, plusieurs études ont démontré que ces conducteurs repassent dans une catégorie à risque au même titre que les jeunes conducteurs.

Sortant peu souvent de leur environnement familier, les conducteurs seniors provoquent rarement des accidents dans des dépassements inopinés ou des excès de vitesse. Il leur arrive cependant d’en provoquer suite à une faute d’inattention, comme la non perception d’un feu tricolore, ou bien d’un véhicule arrivant à droite, situation qui aboutit inévitablement à des drames humains.

Face à la diminution des capacités physiologiques et cognitives exigées dans le cadre d’une bonne conduite, de nombreux pays comme l’Espagne, le Danemark, les Pays-Bas, la Suisse, etc…, associent au renouvellement du permis de conduire, le passage d’un examen médical à partir de 65 ou 70 ans.

Même si chaque conducteur doit avoir le réflexe de se remettre en question et adapter sa propre conduite à ses capacités, il n’existe en France aucun contrôle médical obligatoire et, malgré un succès croissant des stages auprès des professionnels de conduite, aucune remise à niveau des connaissances par rapport à une réglementation en constante évolution n’est contraignante en dehors du volontariat.

Aussi, elle souhaiterait connaître la position du Gouvernement afin qu’une réglementation effective soit prise pour que la sécurité des conducteurs seniors soit assurée ainsi que celle des autres usagers de la voie publique.

Réponse du Secrétariat d’État aux transports publiée dans le JO Sénat du 13/11/2008

La volonté du Gouvernement est de donner aux personnes âgées la possibilité de se déplacer le plus longtemps possible, car leur autonomie en dépend largement. Par ailleurs, au plan de la sécurité routière, force est de constater que les personnes âgées ne constituent pas la catégorie d’usagers la plus impliquée dans les accidents de la route.

Conscientes de la baisse de leurs capacités, les personnes âgées réduisent très souvent d’elles-mêmes leur exposition aux risques, en conduisant moins souvent, moins longtemps et moins vite.

Par ailleurs, différentes mesures ou faits de société devraient concourir à terme à mieux les protéger encore : l’adoption par nos concitoyens d’une conduite plus apaisée grâce notamment à la multiplication des contrôles ; le renforcement de l’éducation et de la formation des usagers de la route et des conducteurs tout au long de la vie visant à inculquer des valeurs de tolérance et de partage de la route ; le développement des campagnes de communication et la mobilisation des médias sur le thème de la sécurité routière ; l’augmentation des aménagements routiers conçus pour une modification des comportements routiers et une meilleure cohabitation entre tous les usagers ; l’implication de nombreux partenaires dans l’organisation de stages destinés notamment aux conducteurs seniors (assureurs, collectivités locales, caisses d’assurance maladie), avec le soutien de l’État à travers les plans départementaux de sécurité routière et le concours de bénévoles, de spécialistes de la santé et de professionnels de l’enseignement de la conduite.

Ces stages permettent aux personnes âgées de réactualiser leurs connaissances et de prendre davantage conscience de leurs limites. Ils sont l’occasion de bénéficier de nombreux conseils sur la nécessité d’avoir une bonne capacité visuelle, auditive, motrice, et d’informations concernant les effets des médicaments et de la fatigue sur la vigilance, les dangers des situations de conduite particulièrement complexes comme la traversée ou le changement de direction à une intersection les défaillances les plus fréquentes de perception ou de diagnostic.

L’évaluation médicale des conducteurs est un sujet complexe qui nécessite encore des phases de réflexion et de concertation pour mettre en place un dispositif simple et facilement accessible pour l’ensemble des usagers. En effet, l’inaptitude médicale dépend davantage de l’état de santé du conducteur que de son âge.

En tout état de cause, il s’agit d’un dossier important et délicat que le Gouvernement entend gérer avec tact et compréhension, dans l’intérêt des personnes et de la sécurité routière.

Cet article a été écrit par:

Christian - qui a écrit 2027 articles sur Sillon 38 – Le journal du monde rural – (38) Isère.


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Un commentaire pour “Les seniors et la conduite automobile”

  1. CAILLY dit :

    Merci Gilbert pour ce très bon article sur la sécurité routière.
    Les Aînés ruraux dans le cadre de la prévention ont depuis plusieurs années proposés aux clubs des révisions sur le code de la route, et à ce jour c’est plus de 3000 personnes qui en ont bénéficié, sur l’Isère,
    ça se passe dans les clubs ou inter-clubs sur un après midi, avec toujours l’ambiance conviviale connue des aînés Ruraux,
    ancien professionnel de la formation pour la conduite automobile, j’essaye de rendre ces animations aussi efficaces que possible, tout en abordant le sujet sensible de la prévention et des précautions qui sont nécessaires.
    Jean Cailly, président de la fédération départementale des aînés ruraux.

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