Archive | 18 février 2009

Rhône-Alpes montre la voie

Eliane Giraud, Conseillère régionale déléguée à l’Agriculture, au Développement rural et aux Parcs naturels régionaux, s’est rendue aujourd’hui aux Assises de l’agroalimentaire à la Préfecture de la région Rhône-Alpes. A cette occasion, elle a présenté la nouvelle politique régionale en faveur des industries agroalimentaires adoptée à l’unanimité par le Conseil régional le 29 janvier 2009.

La Région Rhône-Alpes, qui a anticipé les besoins dans les domaines agricole, forestier et alimentaire, mène une démarche de concertation avec les professionnels de ces filières depuis fin 2006, avec différents points d’étapes qui ont abouti à une politique forte. Elle porte sur les trois points suivants :
- lien entre productions agricoles et agroalimentaires
- rôle d’entreprises de ces secteurs dans la dynamique des territoires
- besoin de qualité et d’innovation

Alors qu’ont lieu les premières Assises de l’agroalimentaire sur tout le territoire français à l’initiative du ministère de l’Agriculture et de la Pêche, la Région Rhône-Alpes anticipe depuis plus de 18 mois les sujets de réflexion de l’Etat, fournissant un vivier d’initiatives exemplaires pour nourrir ses propositions et leurs modalités de mise en œuvre. Forts de ce constat, le Président de la Région Rhône-Alpes Jean-Jack Queyranne et le Préfet de Région Jean-Pierre Lacroix se sont rencontrés le 19 janvier et se sont entendus sur un partenariat étroit pour la tenue de ces Assises.

Ces Assises ont ainsi fourni l’occasion à la Région Rhône-Alpes d’interpeller l’Etat et l’Europe sur les freins au développement de ce secteur liés à des réglementations et décisions de leur seul ressort. En effet, elles arrivent à point nommé pour faire avancer les acteurs régionaux dans ce domaine: normes et réglementations (sanitaire, transport, plafonds d’intervention,…), logistique et abattoirs, formation.

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L’intérêt du co-compostage

Deux réunions étaient organisées récemment dans le Voironnais, à l’initiative de l’ADAYG, sur le co-compostage. Afin de valoriser ses déchets verts, la communauté d’agglomération du Pays Voironnais réfléchit en effet à la mise en place du co-compostage en partenariat avec les agriculteurs. Il s’agissait donc d’aborder les différents aspects technico-économiques de cette pratique, et de recueillir l’ avis des exploitants agricoles sur les conditions de faisabilité.

C’est l’occasion pour Sillon38,  d’exposer avec l’ADEME l’intérêt de cette démarche.

Le co-compostage à la ferme est un mode de gestion de proximité des déchets verts d’une collectivité, le plus souvent des déchets verts (tonte, élagage, entretien des jardins…), par un groupe d’agriculteurs éleveurs, en compostage avec leurs effluents d’élevage.

Pour l’ADEME, participer à une opération de co-compostage à la ferme peut présenter plusieurs intérêts non négligeables pour l’agriculteur:

- Un intérêt agronomique : c’est une modification des propriétés agronomiques de l’effluent d’élevage. Par rapport à l’effluent initial (fumier, fientes, lisier…), la disponibilité de l’azote dans le co-compost est moins rapide, et le carbone est plus stable. Le pouvoir d’amendement organique du compost est plus important. Un atout pour entretenir ou améliorer la structure des sols qui en profiteront.

- Un intérêt sociétal : c’est une opportunité de dialogue et de partenariat avec une collectivité territoriale. L’agriculteur réalise un acte citoyen positif, puisqu’il participe au recyclage des déchets verts de la collectivité et/ou des professionnels paysagistes concernés.

- Un intérêt financier : c’est une rémunération du travail de composteur-recycleur. L’agriculteur participe activement à l’opération de recyclage du déchet vert. A ce titre, il doit être dédommagé par la collectivité au titre du service rendu de compostage et/ou d’épandage.

- Un intérêt réglementaire: ce sont des contraintes d’épandage allégées. Un co-compost déchet vert – effluent d’élevage est un produit stabilisé, dont la charge pathogène est fortement réduite, et dont les distances d’épandage aux tiers sont plus faibles que pour l’effluent brut. De même c’est un produit possédant un C/N plus élevé que l’effluent brut, donc il bénéficie de contraintes d’épandage moins dures au titre de la Directive Nitrate.

- Un intérêt technique : c’est d’une part une maîtrise du risque d’odeurs lors de la phase de compostage, et d’autre part une simplification de la phase d’épandage. En effet, l’apport d’un co-structurant carboné à l’effluent d’élevage brut, riche en azote, permet d’optimiser le C/N du mélange total, ce qui limite le risque de dégagement d’odeurs. Le produit fini est homogène, donc plus facile épandre (répartitions longitudinale et transversale régulières).

Dans son numéro de février 2006, la lettre du Comité de Territoire du Sud Grésivaudan, cite le témoignage de Raphaël Gaillard, agriculteur à Saint-Vérand et en Gaec depuis le 1er janvier 2006. Il élève une vingtaine de vaches allaitantes ainsi que des porcs en semi- plein air et produit également des noix sur une surface totale de 35 ha. Adhérent à la CUMA départementale Isère Compost , il  a réalisé son premier co-compost (mélange fumier/déchets verts) à la fin de l’été 2005:

« Je suis venu au compostage pour diverses raisons. La principale est de pouvoir épandre une matière organiquede bonne qualité et de pouvoir l’épandre sur les cultures sans problèmes d’odeurs. Je voulais également réduire mes transports pour les épandages. L’utilisation de broyat me permet d’augmenter les tonnages de matièreorganique et de réduire mes apports d’engrais chimiques. Pour moi, une seule chose est contraignante : le transport de la plateforme de broyage jusqu’à la parcelle. Une fois le produit au champs, le travail de mise en andain et de retournement est bien organisé avec la CUMA et prend un temps minimum. Ce n’est donc pas un problème. Ce premier essai est très concluant. Je reste cependant vigilant sur la propreté du broyat et en finalité du co-compost. Le produit a été épandu sur des prairies et j’attends de voir les terrains au printemps pour valider ce que j’ai vu lors de l’épandage, c’est à dire très peu d’indésirables type plastiques ou ferrailles.»

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Tencin: le mondage passe à l’automatique

La mondée à l’ancienne avec le maillet et la tuile, a vécu. Même si, sentimentalement, dans l’histoire de l’AOC Noix de Grenoble, cette image conserve une grande valeur. Mais le cerneau de noix,  qui a une clientèle professionnelle bien identifiée (la chaîne de l’agroalimentaire), exigeait une optimisation de sa production. C’est fait. Le casse-noix automatique se fait sa place. En Isère du moins.

Avec le soutien des collectivités locales et territoriales, cette nouvelle étape dans l’automatisation du mondage permet de nourrir de nouveaux espoirs quant à la commercialisation des cerneaux. Des produits qui ont un fort potentiel de développement, en tant que tels ou comme matière première de  l’huile de noix.

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La nouvelle unité de transformation noix-cerneaux installée à Tencin: un outil à la disposition des producteurs du Grésivaudan

Christian Sommard et Dominique Cartier Million, producteurs de noix, installés dans le Grésivaudan, ont inauguré hier soir à Tencin l’unité de transformation « noix cerneaux », réalisée avec le soutien du Conseil général de l’Isère dans le cadre du contrat de développement du Grésivaudan. Les élus de la Communauté de communes du Grésivaudan, les maires du canton, l’ADAYG, l’ADABEL, étaient là pour assister à la démonstration.

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Les cerneaux arrivent entiers au terme de leur parcours dans ce casse-noix de dernière génération. Un dernier tri manuel est indispensable.

Christian Sommard et son fils Fabien, l’un des rares jeunes agriculteurs présents, ont présenté ce nouvel outil installé sur leur exploitation. Un outil sorti des ateliers d’un fabricant de Brive-la-Gaillarde (Corrèze) et dont le brevet est assez récent. Chacun a pu suivre le parcours des noix dans les méandres de ce casse-noix industriel dont Christian Sommard n’a pas révélé toute la mécanique. Il y a du secret industriel dans l’air!

Mais chacun a pu voir que les cerneaux sortaient intacts, entiers,  du dernier tuyau. Une dernière étape de tri manuel est indispensable, notamment pour évacuer les morceaux de coquille. Une petite salle est prévue à cet effet.

« Cet outil, explique Christian Sommard, servira à l’ensemble des producteurs de la vallée. Ils viendront avec leurs sacs de noix et repartiront avec leurs cerneaux et leurs coquilles. C’est en quelque sorte du travail à façon. Nous avons de la marge: la capacité de traitement de cette unité est de 120t. Il nous faut maintenant la rentabiliser. Nous avons marqué l’essai du cassage, il faut maintenant le transformer! Messieurs les élus, nous comptons sur vous pour acheter des terres. Nous vous les louerons ».

Le foncier agricole, c’est un fait, est un problème majeur en zone périurbaine. Et l’installation d’une unité de transformation comme celle-ci nécessite une production stable, voire accrue en quantité.

Cette initiative n’est pas unique en Isère. Dans le Sud-Grésivaudan, la CUMA de Notre-Dame de l’Osier exploite depuis deux ans une « chaîne de dénoisage »  fabriquée par les Ets Rousset à Beaulieu (Isère) qui donne toute satisfaction et ouvre de nouveaux débouchés pour les producteurs: cerneaux, huile, coquilles (pour le chauffage ou le paillage).

Par curiosité nous sommes allés visiter un site isérois de vente de produits régionaux: un sachet de 150g cerneaux de noix entiers  est vendu  4€.

Un autre site propose un sac de 10k de cerneaux extra pour 150€. Donc, 15€/k. Le litre d’huile de noix vierge, première pression est à 16,50€

Un sac de 125l de coquilles de noix (pour paillage ou chauffage): 10€

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