Visite du Pôle bois du Haut Forez

Une équipe de la filière, guidée par le président de l’AFTBM  Patrick  Chion a visité  à Noirétable (Loire) le site du Pôle bois du Haut-Forez, en activité depuis janvier 2009. Charles Galvin, conseiller général de l’Isère en charge de la forêt et de la filière bois, faisait également partie de la délégation.

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La délégation attentive aux explications sur le fonctionnement de la plateforme de Noirétable

Une bonne odeur de bois flotte  sur Noirétable

La région bénéficie d’une ressource forestière privée de qualité importante (plus de 50% de boisement). Les sylviculteurs privés se sont associés dans un groupement qui compte déjà plus de 550 adhérents et qui ne cessent de s’accroitre.

Parmi les acteurs de la filière, on retrouve de nombreuses entreprises de travaux forestiers, plus de 10 scieries, un grand nombre d’entreprises de la seconde transformation du bois (fabricant de maisons ossature bois : Ossabois, charpentiers, menuisiers, fabricants de cercueils, négoces…).

De plus, la filière bénéficie de l’appui des collectivités territoriales et d’animateurs motivés pour le développement des territoires locaux. Le constat pour les initiateurs du projet était clair sur leur filière : en aval, elle utilise des bois homogènes, calibrés, séchés et dont la résistance mécanique est connue. Ces entreprises importaient jusqu’à la création du pôle jusqu’à 80% de leurs bois en provenance des Pays du nord de l’Europe.

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De plus les normes CE, qui restent une des motivations de la création du pôle 2 à St-Michel-les-Portes, exigeront à partir de juillet 2009 un taux d’humidité inférieur à 22 % pour les bois de charpente et une qualification mécanique de la résistance des bois. L’objectif était donc de valoriser la ressource locale forestière en favorisant le développement d’un circuit économique court : intégration de l’ensemble des acteurs locaux de la filière forestière. Le pôle bois du Haut Forez est la réponse à cette exigence : organiser la filière pour permettre à tous les acteurs de la filière de travailler ensemble autour d’un projet collectif.

Un partenariat original a donc été mis en place pour mener le projet à la réussite. D’un côté, la communauté de communes des montagnes du Haut Forez a joué un rôle de maître d’ouvrage, elle a porté les principaux investissements d’aménagement de la plate-forme. D’un autre côté, le pôle bois s’est constitué en SCIC (société coopérative d’intérêt collectif – société anonyme) pour exploité la plate-forme et dont le but et de fédérer les acteurs de la filière et bien sûr de rendre la société rentable.

Sur un plan technique, le pôle fonctionne avec une chaufferie similaire à celle installée par GEG à St-Michel-les-Portes. On retrouve des séchoirs d’une capacité totale de 15 000 m3 : 1 séchoir grande capacité basse température, 2 cellules de séchage à aire chaud climatisé et 1 cellule de séchage sous vide. L’unité de rabotage permet d’usiner 7000 m3 par an.

« Cette capacité est encore très loin des volumes de bois utilisé par les utilisateurs de la seconde transformation du bois » précise Christian De Pierrefeu, Président du Conseil d’Administration de la SCIC du Pôle bois du Haut Forez « le potentiel est donc encore très grand pour le pôle». Ces investissements représentent plus de 3,7 millions d’€. Ils sont portés en partie par la SCIC qui rassemble des investisseurs privés et publics selon le principe coopératif : une personne une voix. Toutefois, la société demeure commerciale dans son fonctionnement.

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Cette SCIC a été créée en 2007 et elle est devenue pôle d’excellence grâce à l’adhésion de tous les membres de la filière. Côté investisseurs, on retrouve plusieurs collèges : les salariés, les fondateurs, les fournisseurs, les clients, les collectivités, les chambres de la branche professionnelle.

Au total ce sont plus de 200 investisseurs qui ont participé à la constitution du capital et c’est ce qui fait la force de cette entreprise : la mobilisation de tous les acteurs de la filière à tous les niveaux. Notons notamment une forte implication des propriétaires de forêts concernés qui ont beaucoup investis eux aussi dans le projet sous l’impulsion de M. De Pierrefeu.

« Le pôle correspond très bien aux besoins du marché : les grands séchoirs donnent une flexibilité qui permet de réduire les coûts, les bois transformés sont bien valorisés et les clients sont proches ce qui réduit les frais de transport ».

Enfin les clients trouvent positif le fait de pouvoir diversifier leurs fournisseurs et notamment d’éviter de dépendre du bois importé.  Au final le projet aura mis près de 4 ans à voir le jour, le pôle fonctionne depuis janvier 2009.

Les clés de la réussite du pôle bois du  Haut Forez: il a bénéficié d’un contexte favorable  rassemblant et mobilisant tous les partenaires locaux (privés et publics) qui permet notamment de renforcer la filière bois locale et permettra de valoriser la ressource forestière.

Cet article a été écrit par:

Gilbert - qui a écrit 8384 articles sur Sillon 38 – Le journal du monde rural – (38) Isère.


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