Archive | 23 avril 2009

Tchernobyl était contaminé avant la catastrophe

Le Professeur Youri Bandajevsky, médecin et anatomopathologiste, Recteur de l’Institut Gomel (Bélarus) de 1990 à 1999, était hier à Grenoble (1) pour exposer, 23 ans après la catastrophe (2), les résultats de ses travaux épidémiologiques et faire le point sur la situation actuelle. Pendant ces neuf années, dans cette zone très touchée par les retombées de Tchernobyl, le Professeur et son épouse, pédiatre et cardiologue,ont recueilli une quantité importante de données, « le plus objectivement possible » afin d’étudier de près les conséquences sanitaires de cette catastrophe.

Le Pr Youri Bandajevsky et son interprète, hier à Grenoble, en conférence de presse
« Je suis arrivé à Gomel en 1990 tant qu’organisateur du système de santé. Après la catastrophe, de nombreux médecins ont quitté la région. Il fallait former le personnel et les étudiants, adapter nos pratiques, créer nos propres instruments pour le traitement des malades, organiser les études. En 9 ans, près de 1000 personnes sont sorties de l’université avec un diplôme en poche ».
C’est au moins une réelle satisfaction pour le Professeur, au même titre que  la mise au jour d’une relation quantifiable entre la dose de radioactivité mesurée dans l’organisme et la gravité des symptômes.
Le constat qu’il fait aujourd’hui est plus qu’inquiétant :
« L’augmentation constante des pathologies a conduit à une situation proche de la catastrophe démographique : le taux de mortalité est presque le double du taux de natalité. Il existe des statistqiues officielles qui vont dans le sens d’une disparition du peuple bélarus d’ici une dizaine d’années. Voilà pourquoi je me bats. Pour renverser cette situation. Pour que vive le peuple bélarus ».

Le Pr Bandajevsky montrant les tableaux et cartes du livre faisant le bilan de la sitiuation sanitaire dans les années 60 en Ukraine: la contamination radioactive était déjà à l’oeuvre

Depuis les années 60

Un peuple dont la santé est mise à mal depuis plus longtemps qu’on ne le suppose. On apprend en effet à l’écoute du Pr Bandajevsky cette information rarement voire jamais reprise, à savoir que la contamination radioactive existait déjà dans la région de Tchernobyl plus de 20 ans avant la catastrophe : « Des doses de Cesium 137 ont été absorbées à partir de 1964 et au moins jusqu’en 1969 », explique le Professeur. « C’est de cette époque que la courbe de natalité a commencé à chuter sensiblement. Il existe un ouvrage, mystérieusement disparu des bibliothèques -mais que l’on peut trouver en cherchant bien chez les bouquinistes- qui rend compte de l’état de la situation sanitaire dans ces années-là. Il y est notamment mentionné que des mesures immédiates s’imposent pour préserver la santé de la population ».
Cette contamination radioactive, à cette époque, serait due pas tant à la centrale qu’ aux retombées d’ essais nucléaires qui n’ont jamais été officiellement reconnus.

En 1999, au moment où beaucoup, en Ukraine et au Bélarus, aimeraient voir se tourner la page noire de Tchernobyl, le Pr Bandajevsky rend publics ses travaux. Ca jette un froid. Et lorsqu’il se permet de critiquer, en tant qu’expert, l’usage que font les autorités bélarusses des fonds internationaux destinés à venir en aide aux victimes, c’est de gel qu’il faut parler. Il est arrêté le 13 juillet 1999, jugé par un tribunal militaire et condamné à 8 ans de prison. Libéré fin 2005 – beaucoup, en France, ont milité pour sa libération (3)- il est considéré comme indésirable sur sa terre natale.

Sauver ce qui peut être sauvé

Parcourant les conférences et les symposiums aux quatre coins de l’Europe, le Professeur estime que la mesure la plus urgente est d’assurer la conformité des produits agricoles aux normes de sécurité en matière de radioactivité. La conférence de Vilnius le 9 octobre 2008, soulignait notamment l’urgence pour le gouvernement bélarusse d’ « un renforcement du contrôle de la présence de radionucléides dans les aliments  et d’une décision révisant les niveaux de radiation admis (PRLs) »

A la question de sillon38 : peut-on encore consommer des aliments sains et indemnes de toute contamination dans cette région, M.Bandajevsky répond : « On peut produire des aliments qui ne contiennent pas de radionucléides. Encore faut-il avoir la volonté de le faire. Il est plus simple d’affirmer que personne ici ne consomme de produits radioactifs. Mais quand on a bu du lait au taux autorisé de 100becquerels/l pendant 10 ans d’affilée, on peut supposer que l’on a absorbé une certaine dose de radioactivité ».
M.Bandajevski milite pour la création d’un syndicat international des liquidateurs de l’accident de la centrale de Tchernobyl ayant pour objet le renforcement de la protection légale de ces citoyens ainsi que d’une association d’ aide aux victimes de la catastrophe.
« Où ? Pas en Lituanie, souligne le professeur, où le lobby nucléaire est puissant. Je penche plutôt pour l’Ukraine. Ce serait logique. Plus de 3 millions de personnes vivent dans une zone contaminée ».
Mais là aussi, pour faire aboutir ce projet, il faudra mobiliser. Même avec le soutien du Parlement européen (déclaration du 17 avril 2008), on est encore loin de passer des paroles aux actes. Comme il le constate lui-même : « L’intérêt de la communauté internationale décline à l’égard de l’après-Tchernobyl  tandis que la santé des populations se dégrade ». On peut également appliquer cette remarque aux médias. Un seul journaliste, informé par hasard de la tenue de cette réunion, cette table ronde, pourrait-on dire, était présent à cette conférence de presse, hier à 11h.

« Rentrer chez moi : c’est mon objectif »

Cela ne décourage pas pour autant M.Bandajevsky : « J’ai pris la décision de mener le combat, de sonner l’alarme. Alors, je continue. Vous savez, moi je ne souhaite que rentrer à la maison, au Bélarus. C’est mon objectif. Il n’est pas d’autre endroit où je voudrais vivre. Mes enfants ont grandi dans cette zone, ils y vivent et y travaillent. Et c’est triste à dire, mais les conséquences de la contamination, je peux les voir en examinant la santé de mes propres enfants ».

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(1) Il était invité par les associations Enfants de Tchernobyl Belarus, ADES-Verts-Alternatifs, IndependentWho, Sortir du nucléaire. Une conférence-débat était organisée hier soir à la Maison des asssociations après la projection du film de W.Tchertkoff « Le piège atomique », tourné au Bélarus.


(2)Le 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl explose. Le nombre exact de victimes reste inconnu. Mais la liste s’allonge de jour en jour : pompiers, équipages d’hélicoptères, mineurs, liquidateurs appelés pour nettoyer le site. Plusieurs millions de personnes vivent encore sur les territoires les plus contaminés où 80% des enfants sont malades.

(3) Le 10 avril 2003, le Conseil municipal de la ville de Grenoble votait une motion de soutien demandant sa libération au président Loukachenko. 24 autres villes ou Conseils régionaux le nommeront citoyen d’honneur ou voteront des motions de soutien. Le Professeur Bandajevsky a d’ailleurs tenu à remercier hier « ses amis grenoblois »

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FCO: Barnier a réuni l’ensemble de la filière

Michel Barnier, ministre de l’agriculture et de la pêche, a présidé aujourd’hui le comité de suivi de la Fièvre catarrhale ovine (FCO) qui réunit l’ensemble des professionnels de la filière  pour faire un bilan sur cette maladie.  « La lutte  contre la FCO et les maladies émergentes ont marqué mon action au cours de ces deux ans. Des moyens importants ont été mis en place tant au niveau humain que financier. » Le ministre a tenu à remercier l’ensemble des acteurs (OPA, vétérinaires, DDSV…) qui se sont engagés dans cette lutte.

Depuis 2008, plus de 82 millions d’euros pour les aides à la vaccination, 130 millions d’euros pour les aides économiques en soutien aux filières d’élevage et 19 millions d’eurospour les autres mesures vétérinaires ont été mobilisés faire face à la crise que connaissent les éleveurs français. C’est la plus grande campagne de vaccination jamais entreprise sur le territoire français pour faire face à l’apparition d‘une nouvelle maladie.
À ce jour, aucun foyer dû à la circulation virale 2009 n’a été déclaré en France.Conformément à la réglementation communautaire, un zonage est maintenu qui comprend :
- une zone réglementée au titre des sérotypes 1 et 8 (avec circulation virale de ces 2 sérotypes en 2008)
- une zone vaccinale 1 – 8 (avec circulation virale du sérotype 8 en 2008).
La Corse réglementée au titre des sérotypes 1, 2, 4, 8 et 16.

Au 15 avril, 42% du cheptel (espèces et sérotypes confondus) étaient valablement vaccinés. De fortes disparités sont constatées selon les départements. Les préfets, qui peuvent reporter la fin de campagne, au plus tard jusqu’au 30 juin 2009, doivent désormais s’assurer que l’ensemble des opérations de vaccination obligatoire des animaux soit achevée avant cette date.

Concernant les échanges avec l’Italie, le protocole mis en place permet d’expédier les bovins de plus de 90 jours seulement 30 jours après la vaccination contre les sérotypes 1 et 8 et les bovins de moins de 90 jours s’ils sont nés de mères vaccinées. Les échanges avec l’Espagne sont autorisés pour les animaux de plus de 90 jours sans délai après la vaccination, et à la seule condition qu’ils proviennent de troupeaux vaccinés s’ils ont moins de 90 jours. Ce protocole est en cours de modification, car il prend fin au 30 avril 2009.
En conclusion de cette réunion, Michel Barnier a demandé la constitution de 3 groupes de travail qui auront pour mission de préparer l’avenir et notamment:
préparer des réponses précises en cas d’apparition de nouveaux sérotypes,
déterminer les conditions dans lesquelles les éleveurs pourront vacciner,
analyser précisément la situation d’un point de vue sanitaire pour les sérotypes 1 et 8 et choisir la solution la mieux adaptée pour la prochaine campagne.
Les groupes de travail se réuniront dès la fin du mois d’avril et devront rendre leurs conclusions d’ici la fin du mois de juin.
Les membres du comité de suivi ont insisté sur le caractère obligatoire de la vaccination et rappelé que la vaccination de masse constitue le seul moyen efficace pour lutter contre la FCO.

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Le salon européen du bois ouvre ses portes

Placé plus que jamais sous le signe de l’habitat durable et des constructions basse consommation d’énergie, le salon présentera une offre quasi exhaustive dans les domaines de la maison bois et des énergies renouvelables. De nombreux temps forts et évènements sont comme chaque année associés au salon : présentation de maisons grandeur nature, de projets et de réalisations d’architectes, conférences et ateliers, espace énergies renouvelables, 3è Assises Nationales de la Construction Passive, concours national d’architecture bois, etc.

Le salon accueillera également comme c’est le cas tous les deux ans, la 9è Biennale de la Passion du Bois.

Plus de 30 000 visiteurs, grand public et professionnels, attendus à  Grenoble

Le bois est devenu le matériau du futur par excellence. Dans le domaine de la construction traditionnelle ou de l’architecture contemporaine, il s’affirme aujourd’hui comme la réponse la plus performante à nos préoccupations en terme d’habitat durable.
S’adressant à tous ceux qui se destinent à construire ou aménager une maison en bois, quelque soit le lieu ou la configuration de l’habitat, le Salon Européen du Bois et de l’Habitat Durable rassemble à Grenoble l’offre la plus large en terme de constructeurs, architectes, prestataires et fournisseurs du marché de la maison bois : construction, aménagements, rénovation, réhabilitation, isolation, agrandissement, décoration… et en particulier ceux qui permettent d’aborder la construction et  la rénovation sous l’angle de l’habitat durable (éco matériaux, bâtiments basse consommation, maisons passives, maîtrise de l’énergie, …).
En provenance de toute la France mais également d’Allemagne, Autriche, Belgique, Finlande, Italie, Slovaquie, Suède, Suisse, Pologne, Roumanie, USA et Canada, les spécialistes présenteront grandeur nature leurs constructions : maisons à ossature bois, bois massif, madrier, constructions traditionnelles, contemporaines, bioclimatiques, habitations de loisirs ou abris de jardins ainsi que toutes les solutions d’aménagement intérieur et extérieur utilisant le bois.

Ils présenteront les différentes techniques et proposeront conseils, informations et solutions concrètes.
Le salon mettra cette année de nouveau l’accent sur le concept de maison passive – principe de construction à très faible consommation d’énergie présentant une consommation d’énergie primaire inférieure à 50 kWh/m²/an dont seulement 15 kWh/m²/an pour le chauffage.
Des architectes, des techniciens énergie et des professionnels seront présents en permanence sur un espace intégralement dédié à la construction passive. Des expositions de projets mais également des maquettes de solutions concrètes déjà mises en œuvres complèteront les informations proposées.

Pour découvrir le programme de ce salon: rendez vous sur: www.salondubois.com
par Christian

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