Archive | 27 avril 2009

Lichen, la Marocaine: première approche réussie mais…

Après une bonne nuit de repos, Malika Taghi, la vétérinaire qui aura en charge le suivi de Lichen récupère ses papiers et nous voilà partis à 110 kilomètres au sud d’Oujda, à la ferme d’Abderahmane Mejdoubi.

L’exploitant possède 38000 oliviers mais surtout un troupeau d’ovins, de race Benni Guil. Une race rustique réputée pour sa viande, mais très véloce. Quelques  caprins complètent le cheptel.

A l’arrivée sur l’exploitation, connaissance est faite avec différents responsables de l’ANOC. Hélas, le mauvais temps n’a pas cédé de terrain, bien au contraire. Un vent violent et une forte pluie font partie des festivités…

Malika Taghi prend possession des papiers de Lichen. Cette dernière et Abderahmane Mejdoubi continuent de faire connaissance…

Dans le courant de l’après midi, le troupeau mené par son berger entre au bercail. Il est temps pour Lichen, dirigée par son éleveur, Jean-Marie Davoine, d’entrer en action. Les brebis, surprises se laissent mener sans encombre jusqu’à leur enclos.

Pour la venue de Lichen, les hautes autorités de l’Association nationale des éleveurs ovins et caprins sont venus en nombre. Au centre, en habit traditionnel, tout sourire on reconnait Bachir Labied, président de l’union des coopératives Benni Guil et membre de l’ANOC

Lichen obéit parfaitement aux ordres de son maître. Les spectateurs d’un jour,trempés, frigorifiés apprécient.
Jean-Marie Davoine jubile: «Ca s’est très bien passé. Le premier contact a été bon, les brebis n’ont pas eu peur. De plus, le terrain où vont paître les brebis est très plat, donc très facile à travailler. Reste maintenant à Lichen et au berger à faire connaissance et à ce dernier à savoir commander Lichen. Un sacré défi d’autant plus que le berger ne parle pas un mot de français. Mais je suis confiant car il est plein de bonne volonté. La réussite d’une telle entreprise passe par la complicité entre l’homme et l’animal ».

Lichen découvre son futur univers…

Effectivement pendant un long moment l’homme et l’animal feront connaissance. Le berger apprendra les ordres essentiels : stop, amène, viens…
Une accalmie au niveau de la pluie permettra de passer aux travaux pratiques.

Première approche pour Lichen…et pour le berger.

Tout le monde était confiant mais on a vite du se rendre compte que nous travaillons avec des être vivants.  Les brebis déboussolées, le berger également, la chienne ne pourra pas dompter le troupeau qui va se réfugier …chez le voisin, quelques centaines de mètres plus loin.
« Ce n’est pas un échec », rassure Jean Marie, « l’effet de surprise passé, les brebis se sont méfiées et ont fui. Il faut à présent que tout ce petit monde apprenne à cohabiter, à vivre ensemble, cela va également demander au berger de travailler de façon  totalement différente».
Cela prouve aussi que mener un troupeau avec des chiens dressés, ne se fait pas comme ça, en claquant des doigts, c’est un vrai travail de professionnels, qui ne s’improvise pas.
Le lendemain sera un grand jour pour Lichen et le berger. En effet il est prévu que ceux-ci travaillent ensemble dans un parc fermé. Et le beau temps est annoncé !

…et le troupeau mené par le berger, Ahmed Fadra

Catégorie pastoralismes du mondeCommentaires fermés

La clé qui ouvre les fermes

Pour fêter l’arrivée des beaux jours, les agriculteurs de Rhône-Alpes ouvrent les portes de leurs fermes aux citadins, aux néo-ruraux , aux familles, aux promeneurs, aux gourmands et à tous les autres. Il s’agit de leur faire voir et goûter les fruits de leur travail, de parler avec eux de la pluie et du beau temps, de l’alimentation mais aussi du métier qui est le leur.
L’opération « Prenez la clé des champs, les fermes s’ouvrent » , organisées par les Chambres d’Agriculture de l’Isère et de la Savoie, a été créée dans cet esprit. Et les 2 et 3 mai, pour la 13e édition, 102 agriculteurs de ces deux départements  accueilleront le public en toute convivialité. Au programme, visite guidée de l’exploitation, dégustation gratuite de produits fermiers, animations diverses pour les enfants et les adultes (labyrinthe de paille pour les uns, par exemple et tonte des brebis pour les autres).
Grâce à l’initiative de la Région Rhône-Alpes qui soutient cette opération, Sillon38, en avant-première, a pris hier la clé des champs et poussé  la porte de la ferme de Namière, à Mont-Saint-Martin (Isère) accueilli par Anne Denat, éleveuse de daims d’Europe et son mari Hubert. Anne Denat est la seule exploitante agricole de cette commune périurbaine, perchée sur les contreforts de la Chartreuse, et l’une des très rares éleveuses commercialisant la viande de ce cervidé.

Un peu d’histoire

C’est dans la tête d’une trentaine de paysans drômois « un peu fous » qu’a germé cette idée originale de faire partager au public, et particulièrement aux citadins, la passion qui peut être celle d’un producteur fermier. Un homme aux multiples talents qui élève, produit, transforme, et vend lui-même les fruits de son travail. C’était en 1993. Le développement durable, le consommer et produire autrement, les circuits courts, les AMAP, le bio, étaient déjà dans l’air. Particulièrement dans la Drôme. Et le public fut au rendez-vous dès la première année.
En 2000, fort de la réussite drômoise, le réseau CIVAM (Centres d’initiatives pour valoriser l’agriculture et le milieu rural) prend le relais et donne à l’opération une envergure nationale . « La France de ferme en ferme » est lancée. Aujourd’hui, plus de 500 fermes sont impliquées dans l’opération.

Produire, transformer et vendre sur place

La ferme de Namière  fait donc partie de l’opération. Nous avons rencontré Anne et Hubert Denat qui y vivent et y travaillent.

« Il y a onze ans, explique Hubert Denat, nous nous sommes lancés dans cet élevage de cervidés après une étude faite avec le concours de la Chambre d’Agriculture de l’Isère. Cette forme d’élevage avait l’avantage d’être à l’échelle de la famille, de ne pas générer de trop lourds investissements ni de trop lourdes tâches. Nous avons quitté Chamrousse où j’étais moniteur de ski et de VTT pour Mont-Saint-Martin. Nous nous sommes heurtés dans les premières années à la force des  habitudes alimentaires. La viande de daim était méconnue et pas ou peu consommée. Mais au fil du temps, cet obstacle a disparu. Ce n’est plus un problème ».
En 2001, Hubert Denat ayant trouvé un emploi à Grenoble, son épouse Anne  prend l’exploitation à sa charge. Elle veille donc depuis 8 ans sur cette harde de 95 animaux, qui broutent dans un vaste pré proche de la ferme, avec vue sur le Vercors. Son mari, qui ne refuse pas pour autant de lui donner un coup de main, complète l’ alimentation des animaux avec du maïs et de l’orge.Un bâtiment agricole, construction bois, a été installé sur le terrain avec une aide du PNR Chartreuse.
Après avoir fait les marchés, le couple Denat vise désormais à vendre l’essentiel de la production sur place. Dans cet objectif, un petit magasin de vente a été créé où les habitants de la commune ainsi que ceux d’en bas (il n’y a jamais que 6km entre Le Fontanil et Mont-Saint-Martin, mais raides !) trouvent les produits de la ferme : viande, pâté, terrine, plats cuisinés, confitures, pâtisseries, etc.. Et en  complément, Anne Denat , qui a plusieurs cordes à son arc, propose des goûters à la ferme ainsi que des repas sur réservation.

Hubert et Anne Denat devant le magasin de vente directe de la ferme de Namière

Ci-dessus, Gérard Seigle-Vatte, Eliane Giraud, Jean-Pierre Villoud et Bernard Xuereb

Cet éventail de produits de la ferme, nous avons eu la chance de les déguster hier, en plein air, à l’entrée du parc des daims, en compagnie d’Eliane Giraud, conseillère régionale déléguée à l’Agriculture , au Développement rural et aux Parcs naturels, régionaux présidente du PNR Chartreuse, de Gérard Seigle-Vatte, président de la Chambre régionale d’Agriculture , de Bernard Xueref, président de la fédération régionale CIVAM, de Jean-Pierre Villoud, maire de Mont-Saint-Martin, convaincu de la nécessité de maintenir une activité agricole sur la commune.
Zoom sur Méaudre : un festival d’animations

Fermes ouvertes, animations, festival folklorique, Méaudre, village-station du Vercors met les bouchées doubles pour le week-end du 2 et 3 mai. La commune compte une quinzaine de grosses fermes spécialisées dans la production de fromage,  viande et charcuterie..
-Parmi les exploitations ouvertes au public, celle des trois frères Rochas – Eric, Yannis et Sébastien – qui élèvent dans leur ferme les Colibris, vaches, veaux et cochons qu’ils transforment et vendent sur place. Ces fermiers qui pratiquent l’agriculture biologique depuis 2001 militent également pour les énergies renouvelables et l’éco-construction. .
-A la ferme de la Bourrière, les 60 vaches et génisses de Jean-Charles et Laurent Didier produisent un lait savoureux, que l’on déguste aussitôt après la traite. Le Bleu du Vercors-Sassenage, le Servagnet de la famille des gruyères mais aussi la confiture de lait au goût de caramel – qui accompagne agréablement les crêpes ou le fromage blanc – sont les spécialités de cette maison.

-Enfin Marielle Coing et Ghislain Argens, propriétaires de la fromagerie de la Daouste et d’une chèvrerie forte de 150 têtes proposent de partir à la découverte de leurs fromages de chèvre et de brebis fermiers, de faisselles et de yaourts. Si vous voulez vous essayer à la tonte de brebis, c’est l’occasion ou jamais. Cela fait partie des animations prévues.
-A la Chèvrerie du Chatelard, Christophe Ansel vous accueillera toute la journée, pour déguster tommes pressées, fromage de chèvres frais et affinés…

A noter, samedi dès 16h sur la place du village, aubade gratuite de différents groupes de musiciens, Ecosais, Italiens, Bretons.
Et puis le Festival folklorique à l’occasion des 30 ans de la création du groupe folklorique du Vercors La Picouline. A 20 h, à la salle des fêtes, environ une douzaine de représentations : tarif 5 et 8 €

Pour avoir le programme complet dans les autres départements de Rhône-Alpes :
www.defermeenferme.com
www.prenezlacledeschamps.com
www.fermesouvertes.rhonalpes.fr

Catégorie agricultureCommentaires fermés

Peut-on installer librement des panneaux photovoltaïques?

M. Jean Louis Masson (Moselle-NI), dans sa question écrite du 20/11/2008, demandait à M. le ministre d’État, ministre de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire de lui préciser le régime juridique applicable à l’installation de dispositifs photovoltaïques individuels. Il souhaitait notamment savoir si un permis de construire est nécessaire. Il vient d’avoir la réponse.

Réponse du Ministère de l’écologie, de l’énergie, du développement durable et de l’aménagement du territoire publiée dans le JO Sénat du 23/04/2009 -

L’article R. 421-17 du code de l’urbanisme soumet à déclaration préalable les travaux ayant pour effet de modifier l’aspect extérieur d’un bâtiment existant. L’installation de panneaux solaires photovoltaïques sur un toit de maison entraînant une modification de l’aspect extérieur y est donc soumise. Ce régime de déclaration préalable permet d’effectuer les travaux sauf si l’administration s’y oppose. En l’absence d’opposition formelle, ils sont donc autorisés.

Néanmoins, les travaux autorisés au titre des règles d’urbanisme doivent, le cas échéant, satisfaire aux prescriptions relevant d’autres législations. Ainsi, la procédure d’instruction prévoit l’accord préalable de l’architecte des Bâtiments de France lorsque l’installation s’opère dans un périmètre de protection d’un monument historique.

Le régime juridique diffère s’il s’agit de panneaux solaires photovoltaïques installés à même le sol : ils n’emportent aucune création de surface hors oeuvre brute et, leur hauteur étant inférieure à 12 mètres, ces installations ne sont soumises à aucune formalité au titre du code de l’urbanisme, à condition qu’elles ne soient pas implantées dans un secteur sauvegardé dont le périmètre a été délimité ou un site classé (art. R. 421-2 (a) du code de l’urbanisme). Elles seront alors soumises à déclaration préalable (art. R. 421-11 de ce même code).

En l’état actuel du droit, ces installations doivent respecter les dispositions législatives et réglementaires relatives à l’utilisation du sol, y compris le règlement de la zone si le terrain est couvert par un document d’urbanisme.

Enfin, le projet de loi du Gouvernement portant engagement national pour l’environnement, qui doit être prochainement soumis au Parlement, prévoit dans son article 4 qu’aucune disposition d’urbanisme contraire ne pourra être opposée à l’installation de systèmes solaires photovoltaïques. Ce principe est assorti d’exceptions limitativement énumérées, liées à des régimes de protection particuliers (périmètres protégés, secteurs sauvegardés).

Catégorie énergiesCommentaires fermés

La vache de A à Z: son génome a été décrypté

La vache est le troisième animal domestique dont le génome est entièrement séquencé, après celui du poulet et du chien. Conduit par un consortium international, le séquençage du génome bovin a nécessité 6 années de travail et a impliqué plus de 300 scientifiques issus de 25 pays, pour le séquençage proprement dit mais surtout pour l’assemblage, l’annotation et l’analyse des résultats.

Ces travaux sont publiés dans  la revue « Science » de ce 24 avril. Il s’agit de la première analyse détaillée de la séquence du génome bovin, à laquelle a contribué l’INRA de Jouy-en-Josas. Des informations considérables sur la biologie de cette espèce et sur l’évolution et l’analyse comparée des mammifères. Un consortium international conduit par le Centre de séquençage du Baylor College of Medicine à Houston (USA) publie dans la revue « SCIENCE » la première analyse détaillée de la séquence du génome bovin, à laquelle a contribué l’INRA de Jouy-en-Josas. Ce travail apporte des informations considérables sur la biologie de cette espèce et sur l’évolution et l’analyse comparée des mammifères. Il aura des applications nombreuses pour les filières bovines, en élargissant les outils et les critères pour la sélection des animaux. Le détail de ces résultats est publié dans Science du 24 avril 2009.

Outre la séquence d’une vache femelle de race Hereford parue dans un premier article, un second portant sur la structure des populations bovines décrit plus spécifiquement le projet HapMap bovin, visant à produire une cartographie de la diversité génétique dans les différentes populations, entre grands rameaux taurins et zébus, et ce jusque dans les différentes races bovines.

Des résultats déterminants pour comprendre l’évolution des espèces

Conclusion importante issue de ce séquençage, le génome bovin est beaucoup plus proche de celui de l’homme que peut l’être celui de la souris ou du rat. Il comprend au moins 22 000 gènes, dont la plupart se retrouvent chez l’homme. La majorité des chromosomes bovins correspondent à de grands fragments de chromosomes humains, parfois des chromosomes entiers. La grande conservation du génome entre ces deux espèces est expliquée par l’existence d’un ancêtre commun à l’homme et au bovin remontant à environ 95 millions d’années. Les réarrangements survenus ultérieurement sont principalement localisés dans les gènes impliqués dans l’immunité, le métabolisme et la digestion. Ces changements pourraient expliquer l’efficacité des ruminants à convertir des fourrages pauvres énergétiquement en viande et lait.
En parallèle du séquençage, le projet HapMap bovin, a dessiné une cartographie de la diversité génétique dans les différentes populations bovines. L’analyse de près de 500 animaux de 17 populations, y compris la race française Limousine, montre que les bovins constituaient une population originelle très diverse qui s’est structurée sous l’effet de la domestication, la formation des races et la sélection. La diversité globale reste cependant aujourd’hui considérable sur l’ensemble de l’espèce bovine. Depuis la domestication il y a 8000 à 10 000 ans, la conduite des populations de bovins par l’homme a débouché aujourd’hui sur plus de 800 races d’aptitudes variées. Les zébus sont plus diversifiés que les taurins, ce qui est cohérent avec l’hypothèse de foyers de domestication distincts et d’une base initiale plus large pour les zébus.

Améliorer les processus de sélection des populations bovines

Les connaissances acquises par ce séquençage ont des implications considérables pour les filières bovines tant pour le lait que pour la viande mais aussi en matière de reproduction ou d’adaptation des espèces (robustesse, bien-être), de techniques d’élevage et d’impacts environnementaux. La sélection génomique des meilleures populations pratiquée par les éleveurs sera ainsi optimisée. Elle consiste à sélectionner des reproducteurs sur la base de leur valeur génétique prédite à partir de marqueurs génétiques répartis sur tout le génome. Cette approche est rendue possible par la disponibilité, pour un nombre croissant d’espèces, de puces à ADN constituées de 50 000 à 60 000 marqueurs.

Les données issues du séquençage permettent le développement d’un très grand nombre de marqueurs génétiques et d’outils de génotypage à haut débit, renouvelant complètement les méthodes de gestion des populations pour une sélection de nouveaux caractères. Ainsi les méthodes d’élevage pourront être plus justement adaptées à la physiologie des animaux et de fait plus durables.
La connaissance du génome va aussi faciliter l’identification des mutations responsables de pathologies chez les bovins.

L’ensemble de ces résultats est entièrement disponible pour les scientifiques de tous pays par l’intermédiaire de bases de données publiques. Le consortium international a permis l’accès à la séquence de la vache, depuis août 2006, par l’intermédiaire de plusieurs sites internet qui ont déjà été utilisés par les chercheurs, notamment pour la sélection génomique.
Les chercheurs vont désormais continuer à explorer en profondeur cette séquence.

Le Consortium international conduit par différentes institutions nord-américaines (Baylor College, USDA, Universités) a été financé principalement par des fonds nord-américains (NHGRI, USDA, Etat du Texas, Genome Canada) ainsi que par quelques autres Etats (Australie, Nouvelle Zélande, Norvège). Les associations de race, dont France Limousin Sélection, ont participé au financement du programme HapMap. L’INRA a contribué par ses réalisations préalables au séquençage, en particulier une carte physique complète du génome, par des cartes d’irradiation de haute densité, par la production de marqueurs génétiques et par son travail d’annotation. Ces données sont le fruit d’un long travail de cartographie débuté dans les années 80 et qui a mobilisé de nombreux chercheurs.

Catégorie recherche scientifiqueCommentaires fermés

Enrayer le commerce de bois illégal en Europe: oui, mais…

Les députés européens ont voté mercredi midi un renforcement considérable de la proposition initiale de règlement visant à enrayer les importations de bois illégal en Europe. Les associations de protection de l’environnement les Amis de la Terre, France Nature Environnement (FNE), Greenpeace, Sherpa et WWF saluent ce vote mais regrettent l’opposition surprenante de la France : dans une note que les associations ont pu se procurer, la France demandait aux députés européens français de voter contre le principe d’une traçabilité des produits bois, des forêts de productions aux consommateurs finaux.

L’Union européenne est l’un des principaux importateurs mondial de bois dont une partie importante provient de l’exploitation illégale des forêts. Jusqu’à ce jour, il n’existe aucun cadre juridique au niveau européen permettant d’enrayer ce commerce. Lancé en 2003, le plan d’action européen pour lutter contre les importations de bois illégal et améliorer la gouvernance dans les pays producteurs (FLEGT) entre – enfin ! – dans sa phase finale : l’adoption d’un règlement, c’est-à-dire d’une loi européenne, contre le commerce de bois illégal.

Les associations de protection de l’environnement considèrent que ce vote des députés européens pour une loi sanctionnant le commerce de bois illégal est une victoire d’étape cruciale. « Les députés ont suivi l’opinion majoritaire des citoyens européens dont 92% souhaitent une loi garantissant que seul du bois d’origine légale soit commercialisé dans l’Union européenne et que des sanctions plus fortes soient prisent pour les entreprises commercialisant du bois illégal », déclarent les cinq ONG.

Il ne reste donc plus aujourd’hui qu’une seule étape : l’adoption de ce règlement au Conseil de l’Agriculture. Malheureusement, les Etats membres tergiversent. Premier importateur de bois exotique en Europe, la France ne souhaite pas un règlement trop contraignant qu’elle juge, sans avoir mener les expertises nécessaires, pénalisant pour les entreprises, malgré les enjeux climatiques, environnementaux et sociaux de la déforestation. Hors, il faut rappeler que c’est la concurrence déloyale du bois d’origine illégale qui pénalise toute la filière bois et récompense les mauvaises pratiques au détriment du bois d’origine légale et durable. Ce vote satisfait aussi les entreprises ayant déjà développé des systèmes vertueux répondant aux obligations que présente ce texte.

« Alors que depuis plusieurs mois, nous demandons en vain la position officielle de la France, nous avons été très surpris d’apprendre que les services du Premier Ministre avaient ainsi envoyé une note aux députés européens leur demandant de ne pas voter « un dispositif trop lourd », « totalement prohibitif » et au contraire de reconnaitre les chartes et autres opérations de verdissement de façade des opérateurs », s’insurgent les associations.

Ce manque de volonté de la France est contraire à sa volonté affichée – du Président et du gouvernement – de lutter contre la déforestation, les changements climatiques et la perte de biodiversité. Le Président de la République s’était prononcé lors de son discours de clôture du Grenelle de l’Environnement pour que la France soit dorénavant « à la tête de la politique environnementale européenne, avec la Commission et le Parlement européens…».

De son coté, Mr. Barnier s’est récemment présenté dans la presse comme le candidat de l’éco croissance et d’un grenelle à 27 tandis que Mr. Borloo s’engageait pour la protection des forêts tropicales et avait soutenu sur ce dossier le principe d’une traçabilité totale pour les produits bois, du premier importateur jusqu’au consommateur.
« Nous demandons au gouvernement d’adopter dans les jours qui viennent une position officielle à la hauteur de ses ambitions publiques et sans double discours, qui confirme le vote du parlement, seule à même de mettre réellement un terme au scandale du bois illégal en Europe ».
par Christian

Catégorie forêtCommentaires fermés


Catégories

Archives

Agenda

avril 2009
L Ma Me J V S D
« mar   mai »
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930  

A propos

Sillon38.com est un journal qui se veut interactif, agricole et rural. C’est le premier du genre. Sur le fond, il reprend à son compte le principe, déjà utilisé par des confrères parisiens, du journal à trois voix: des journalistes, des experts (ou, si l’on péfère des hommes et femmes de l’art), des internautes.
Nous contacter
PHVsPjwvdWw+