Archive | 04 juin 2009

La Région vote 2,3M€ pour soutenir la filière

Ce matin en Commission permanente, les élus régionaux ont voté un nouveau Contrat régional d’Objectifs de Filière (CROF) pour l’ensemble des acteurs de la filière lait en Rhône-Alpes.

Doté d’une enveloppe de 2,3 M€, ce CROF présente une force inédite : il fédère tous les professionnels de la filière, tant les éleveurs de plaine affiliés au Centre régional interprofessionnel de l’économie laitière (CRIEL), que ceux des deux Savoie qui, en raison du relief montagneux, ont des problématiques différentes.

Ce résultat est le fruit de plusieurs années de travail et de concertation avec tous les acteurs de la filière. Ce CROF d’envergure régionale devrait permettre aux éleveurs d’être mieux équipés pour affronter la crise du prix du lait, et de rendre la filière plus compétitive et plus forte face à la concurrence.

En fédérant toutes les initiatives régionales, il tient compte des particularités de chaque territoire. Ainsi pour la collecte, des équipements spécifiques sont prévus en zones de montagne, plus difficiles d’accès. Pour la valorisation du lait, on tient compte également des écarts existant entre plaine, où l’on produit plutôt du lait de consommation, et montagne où le lait fait plutôt l’objet de transformation en fromage AOC.

Le CROF comprend également un volet biologique incitatif : sensibilisation des agriculteurs conventionnels, accompagnement technique pour ceux qui souhaitent faire le saut, équipements spécifiques comme, par exemple, des citernes compartimentées. Le volet de promotion a été détaillé selon les cibles : scolaires, prescripteurs (médecins, journalistes,…), grand public.

En plus de cette action structurante sur la filière, la Région Rhône-Alpes soutient des projets territorialisés, en production sous signe officiel de qualité, via les Programmes Intégrés de Développement Agricole (PIDA). Pour la filière lait, les PIDA déjà votés portent actuellement sur la Fourme de Montbrison et le Reblochon. Les PIDA mis à l’étude portent sur le Beaufort, la crème et le beurre de Bresse et la Rigotte de Condrieu.

Cette politique prend tout son sens en Rhône-Alpes où l’avenir de la filière lait semble passer par la valorisation de la production en produits à forte valeur ajoutée comme les fromages ou le lait biologique.

En plus des aides indirectes, la Région Rhône-Alpes apporte des aides directes aux agriculteurs qui, dans la filière lait, passent par le Plan de modernisation des bâtiments d’élevage : c’est 1,5 M€ chaque année. Dans ce cadre-là, le CROF voté ce matin bénéficiera en plus d’une aide régionale de 900 000 € sur 3 ans.

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L’ADAYG tient à sa légumerie

Dans son rapport d’activité, Serge Bonnefoy, directeur de l’ADAYG a souligné hier soir, à l’occasion de l’AG de l’association, le contexte budgétaire difficile de cet exercice, exprimant la crainte que le suivant se trouve confronté à la même situation. Il déplore « le manque de moyens pour la gestion des espaces naturels et agricoles ».

Une situation qui amène Roland Revil  à lancer un appel à la mobilisation des énergies et des bonnes volontés : « L’ADAYG, qui a de grands projets, compte sur ses partenaires pour les soutenir. »

Roland Revil présidait pour la première fois hier l’assemblée générale de l’ADAYG, à la Maison des agriculteurs, au côté de Gérard Seigle-Vatte, co-président, Serge Bonnefoy, directeur et Charles Bazus, trésorier

Parmi les projets de l’ADAYG : la légumerie , considérée comme un outil de transformation indispensable pour valoriser les légumes de l’Y grenoblois en restauration collective. « Nous souhaitons tous, à cette AG, a souligné Roland Revil, que cette légumerie voit le jour ».
Mais le dossier patine. Ce sont les cheveux que l’on coupe en quatre, pas les légumes. Au grand dam des co-présidents de l’ADAYG.
Alors que l’investissement était prévu pour le deuxième semestre 2009, le porteur du projet –un traiteur de Gillonay- n’a pas obtenu le feu vert de sa banque pour sa mise en oeuvre. Encore une preuve, s’il en fallait une, que les temps sont durs. Des temps  de vaches maigres qui ne sont  pas de nature à faire s’épanouir les projets de développement, durables ou non.
Gérard Seigle-Vatte a exprimé son impatience face à ces contretemps :
« Le dossier est techniquement prêt. Un dossier qui est dans la droite ligne du Grenelle de l’Environnement. Alors, ou les collectivités locales nous aident, ou on arrête de parler de développement durable. Il nous faut une décision avant la fin de l’année ».
Le côut de cette légumerie, avancé par Marijke Pols, responsable du Pôle Economie de  l’ADAYG, serait de 500 000€.
Beaucoup de candidats pour accueillir la plateforme (Voironnais, Le Fontanil, Grenoble, entre autres) mais rares sont ceux qui, selon l’ADAYG, se montrent prêts à participer financièrement à l’implantation.
Pour ce qui est de l’abattoir de Grenoble-Le Fontanil dont l’ADAYG est actionnaire de la société d’exploitation- l’ABAG- on sait que des travaux importants de modernisation sont en projet. Gérard Seigle-Vatte les a évoqués : « Nous avons un plan de financement de 1,4 M€ pour la modernisation de l’abattoir. Nous en sommes encore à la phase étude/conception. Les travaux pourraient débuter en octobre, notamment avec la réalisation d’un tunnel du froid ».
En ce qui concerne l’activité de l’abattoir, Gérard Seigle-Vatte affiche une certaine satisfaction : « Nous avons un tonnage en augmentation. Deux à trois cents tonnes de plus que prévu. C’est bon signe même si rien n’est gagné, malgré tout ».
L’ADAYG entend apporter son appui au développement d’une plateforme viande locale pour regrouper l’offre et améliorer la distribution des différents produits (boucheries, restauration collective, vente à la ferme, points de vente collectifs).
Autre projet en cours: Bois d’ici. En lançant cette marque dès  l’automne prochain, l’ADAYG entend faire la promotion du bois local (la ressource en feuillus est plus abondante qu’on l’imagine dans l’Y) et développer d’une part une production de plaquettes forestières à destination des chaufferies bois collectives, d’autre part la production de bois-bûche  à destination des particuliers (sillon38 abordera ce sujet dans un prochain article).

A noter qu’à l’issue de l’AG, une table ronde s’est tenue sur le thème « La Pac et ses relations aux politiques territoriales »,  avec la participation de Gilles Martin, Chef du Service Développement Rural  de la Direction Régionale de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Forêt  (DRAAF) Rhône-Alpes, de Michel Villevieille, chef du Service Economie Agricole DDA Isère , de Bruno Genoulas, agriculteur grandes cultures à Crolles, Laurent Vial, éleveur laitier à Montferrat , Etienne Manzoni, arboriculteur « Terres d’ici » à Saint Maximin, Frédéric Delattre, chargé de mission agriculture et forêt du Pays Voironnais

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Canis lupus retiré de la liste des espèces menacées d’extinction

Le loup figurait sur l’arrêté du 9 juillet 1999 qui fixe la liste des espèces dont le statut de conservation précaire nécessite une attention particulière. L’arrêté publié en ce 27 mai 2009 retire le loup de cette liste. Quelles conséquences pour sa protection ? FNE s’interroge.

Les espèces listées à l’arrêté du 9 juillet 1999 sont des espèces menacées au niveau national, comme les chauves-souris, le loup, la loutre, l’ours ou encore le grand hamster. Ceci signifie que l’autorisation de déroger aux interdictions de leur destruction, de leur transport ou encore de la perturbation de leur habitat (par exemple pour la construction d’une autoroute ou dans le cas de l’ours pour sa capture en vue de l’équiper d’un collier émetteur) est examinée au niveau national et requiert l’avis de Comité National de la Protection de la Nature (CNPN). Le CNPN est une instance consultative qui donne au ministre chargé de l’écologie des avis concernant entre autres, les milieux et les espèces protégés, les réserves naturelles et les parcs naturels régionaux.

Le retrait du loup (Canis lupus) de cette liste des espèces menacées d’extinction par l’arrêté du 27 mai 2009 a pour effet de transférer l’examen des dérogations aux préfets de départements, et notamment pour ce qui est des tirs officiels de l’espèce. En clair, la gestion du loup ne sera plus décidée au niveau national mais au niveau départemental.

Si cette déconcentration devrait être bien encadrée cette année par le protocole national de tir qui devrait être publié dans les jours à venir, que ce passera-t-il lorsque cet arrêté sera arrivé à échéance, c’est-à-dire après le 30 avril 2010 ?

Deux hypothèses :
Sans l’avis du CNPN, le ministère de l’écologie et de l’agriculture continuent de définir un protocole national qui encadrera les tirs, avec un quota de loup fixé nationalement et des conditions de tir strictes, que les préfets seront tenus de respecter. Dans ce cas, les associations et les divers acteurs concernés n’auront plus la possibilité de faire part de leurs observations sur les tirs du loup.
Le ministère de l’écologie et de l’agriculture ne fixent plus de cadre national. Dans ce cas, les préfets de départements pourront définir eux-mêmes, selon les situations et la pression locales, non seulement les conditions de tirs mais également le quota de loup pouvant être détruit dans leurs départements. Par ailleurs, ils ne seraient pas obligés de coordonner les opérations de tir et ni le quota de loups à abattre avec celui des départements voisins si l’espèce y est présente. Enfin, par cette disposition, l’on pourrait également envisager que le préfet puisse déclencher une destruction de loup dans un département nouvellement colonisé par l’espèce, organisant ainsi en quelque sorte, au mieux le cantonnement de l’espèce, au pire son exclusion en abattant systématiquement tout nouveau loup qui s’installerait.

Lors de l’examen du projet d’arrêté au CNPN du 21 avril 2009, FNE a exposé ses craintes. Le CNPN a d’ailleurs suivi en donnant un avis défavorable. Malheureusement, son avis n’a pas été entendu. Le ministère est passé outre en publiant cet arrêté.

FNE étudie les suites à donner à cette publication.

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Un accord interprofessionnel conclu

A la suite d’une longue et difficile négociation, les médiateurs, Philippe de Guenin, et Pierre Lepetit, nommés par Michel Barnier et Luc Chatel, font part de la signature, ce soir, d’un accord interprofessionnel par le centre national interprofessionnel de l’économie laitière (CNIEL).

Le dialogue avait pu être renoué le 28 mai dernier entre les différentes familles du secteur laitier, éleveurs, coopératives et industriels, et ne s’était pas interrompu depuis.

Cet accord intervient dans un cadre totalement renouvelé et juridiquement sécurisé, proposé par Michel Barnier, Ministre de l’agriculture et de la pêche, le 28 mai.

Ce nouveau cadre repose sur le rôle central de l’interprofession laitière, le CNIEL, tel qu’il a été défini en décembre dans la loi de finances pour 2009. Il donne à l’interprofession les moyens de construire de nouvelles relations contractuelles durables, portant notamment sur la définition des prix, les engagements sur les volumes et les calendriers de livraison, les modalités de règlement, les modalités de renégociation ou de résiliation des contrats.

L’accord conclu hier soir prévoit :
- une élaboration des indices de tendance des marchés laitiers par le CNIEL et publiés trimestriellement, à partir de 2010 ;
- un engagement des trois familles à négocier un accord interprofessionnel d’ici la fin de l’année pour définir un encadrement interprofessionnel qui définira les futures relations contractuelles entre producteurs et transformateurs ;
- une analyse des marchés pour l’année 2009 qui conduit à une tendance de prix du lait moyen sur l’année de 280 €/1000L pour la meilleure valorisation.
Cet accord inscrit les relations producteurs et industriels dans un cadre contractuel. C’est l’opportunité d’assurer la visibilité et la stabilité dont l’ensemble de la filière a besoin.

Michel Barnier souligne l’attitude responsable de chacun, producteurs, coopératives et entreprises privées, qui ont su répondre à la nécessité d’aboutir à un accord en dépit d’une situation conjoncturelle difficile pour tous.
Par ailleurs, le Gouvernement a pris la pleine mesure des difficultés rencontrées par les éleveurs laitiers du fait de l’effondrement des prix. Sur proposition de Michel Barnier, il a décidé de mettre en place un plan d’accompagnement pour les exploitations laitières fragilisées, à travers un allègement des charges financières et sociales et un renforcement du dispositif de modernisation des bâtiments d’élevage. Au total, ce plan mobilisera 30 millions d’euros en 2009. Ses modalités de mise en œuvre feront l’objet d’une concertation avec les organisations professionnelles dans les jours qui viennent.

Le Gouvernement a également décidé, pour faire la pleine transparence sur les prix et les marges, de lancer une enquête auprès des entreprises et des centrales de grande distribution. Ces données seront communiquées à l’observatoire des prix et des marges que le Gouvernement a installé en mars 2008.

Le Premier Ministre, François Fillon, a annoncé que la France versera dès le 16 octobre prochain, par anticipation, 70% du montant des aides directes communautaires.
Enfin, cet accord s’inscrit dans la volonté du Gouvernement de préserver les outils de régulation des marchés au niveau communautaire.

Ainsi, à la suite des démarches de la France soutenues par plusieurs de ses partenaires, la Commission a décidé de consolider les mesures de gestion des marchés (stockage privé, restitutions à l’exportation et intervention publique) et de les utiliser tant que les marchés l’exigeront.

Au niveau communautaire, dès 2010, la réflexion sur l’évolution des marchés laitiers sera ouverte dans le cadre du rapport prévu par le bilan de santé. L’objectif est de construire une véritable stratégie européenne dans la perspective de 2013.

Au niveau national, l’augmentation de 1% du quota sera gelée pour la campagne 2009/2010.

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