Archive | 12 juin 2009

Le bison rejoint la faune de l’Oisans

Didier Girard est éleveur de bisons à Rochetaillée, porte de l’Oisans, au pied des réserves d’or blanc et dans l’ombre des montagnes qui les abritent. « Un lieu que les anciens ont baptisé la petite Sibérie », remarque t-il. « On ne voit pas le soleil pendant au moins trois mois, ici ».

Ce jeune agriculteur  fait partie de la trentaine d’éleveurs français qui ont choisi le bison d’Amérique. Au sein de l’exploitation familiale (qui comprend un gîte-auberge, un camping, un centre équestre), il veille sur un cheptel de 16 bêtes , au pré en permanence, contenues dans un parc plus hermétique qu’un parc pour ruminants ordinaires. Ces bêtes-là sont sauvages, faut-il le préciser, pèsent entre 600kg et une tonne, et mieux vaut qu’elles ne s’échappent pas trop souvent de l’enclos.
Comme on s’en doute, surtout en les voyant de près, la manipulation de ces espèces non domestiques  volumineuses (principalement pour le déparasitage et la prophylaxie) est toujours une opération délicate. Mais, en dehors de ça, le bison est un animal qui reste au pâturage toute sa vie. Une bonne chose pour l’éleveur quand on sait que le poids d’un mâle approche de la tonne.

Questionné sur ce qui l’a motivé à opter pour cet élevage, Didier Girard, raconte son cheminement : « J’ai d’abord eu une activité équestre, à côté de l’auberge que tient mon père.  J’ai également des moutons, que je vais d’ailleurs monter à l’ estive prochainement, au Soreiller (commune de Saint-Christophe-en-Oisans). Elles y passeront quatre mois. Mais, pour être autonome, je cherchais une activité de diversification. J’ai pensé au daim et je suis allé visiter l’élevage de Mont-Saint-Martin (lire notre article sur ce sujet). Mais en repartant, l’image de bambi a été la plus forte. Je me suis alors intéressé au bison et suis allé visiter six ou sept élevages français –il y en a peu en zone de montagne- puis j’ai enchaîné avec un petit voyage au Québec ».

C’est ainsi que le jeune agriculteur a pris sa décision en connaissance de cause. Cet animal rustique, authentique, lui plaît. Un animal peu exigeant, et tout bien pesé, un ruminant assez raisonnable: il ne mange que la quantité de céréales dont il a besoin (de 4 à 6kg/jours) . Ce qui autorise l’éleveur à laisser un nourrisseur en libre service sans risques d’indigestion. Le cheptel s’est bien adapté à son environnement et son effectif  va prendre de l’importance dans un futur proche  (2 ans, en principe) car 9 bisonnes ont vu le jour récemment.

C’est à l’initiative du CDRA Sud-Isère (1) que la visite de l’élevage était organisée jeudi, avant la réunion du comité de pilotage à Bourg d’Oisans. Le CDRA  a aidé l’éleveur à acquérir différents instruments et équipements intervenant dans la partie commercialisation de la viande, laquelle se fait entièrement en direct, sur l’exploitation. Gilles Strappazzon, conseiller général et chef de projet du CDRA Sud-Isère était sur place avec une douzaine de personnes.

En quittant l’exploitation de Didier Girard (2), on ne peut s’empêcher de penser qu’à la fin du XIXe siècle, le bison d’Amérique était pratiquement en voie d’extinction, exterminé par les colons qui y voyaient le meilleur moyen de tarir la principale ressource du peuple indien.

Sans la volonté de quelques éleveurs de sauver cette espèce, cet animal n’aurait jamais eu la chance de goûter aux pâturages de  l’Oisans et de découvrir le pays de Gaspard.

Il en ferait une tête, le père Gaspard, en voyant ces bêtes à Rochetaillée ! On l’imagine en train de se gratter la barbe !

Fiche signalétique du bison

Maturité sexuelle : environ 26 à 30 mois pour les femelles et 2 ans pour les mâles  Durée de gestation : 275 à 290 jours
Premier vêlage : à partir de 2 ans
Poids à la naissance : 18 à 25 Kg
Sevrage : 8 mois
Poids au sevrage : 150 à 220 Kg
Pourcentage des vêlages : 85 à 95%
Maturité physique : mâles: 6 à 9 ans- femelles : 5 à 6 ans
Poids adulte : mâles 800 à 1000 Kg
Femelles : 500 à 700 Kg
Age d’abattage : entre 18 mois et 6 ans

Poids carcasse : 200 à 450 Kg

______________________________________________

(1) Rappelons que le programme agricole et forêt du CDRA Alpes Sud Isère permet au territoire de bénéficier d’un soutien de l’ordre de 2 millions d’euros de la Région Rhône-Alpes et du Conseil Général de l’Isère, pour le développement rural et l’agriculture des 108 communes du territoire Alpes Sud Isère.
(2) Didier Girard est toujours prêt à faire visiter son élevage aux groupes que cela intéresse. Il faut lui passer un coup de fil pour convenir d’un rendez-vous. L’adresse est : gîte-auberge La libellule, chemin du Bouthéon, Rochetaillée- 38250 Bourg d’Oisans.Tel : 04.76.79.15.57

Catégorie filière viande, élevageCommentaires fermés

Espaces naturels sensibles: laissez-vous guider!

Serge Revel, conseiller général de l’Isère délégué à l’Environnement, vient de lancer la campagne d’été sur les ENS (espaces naturels sensibles). Une campagne qui vise à faire découvrir au plus grand nombre les espaces préservés de l’Isère. En adaptant les sites pour une découverte privilégiés de la nature privilégiés (observatoire, sentier d’interprétation, mare pédagogique,…), mais surtout en recrutant 18 guides nature, qui seront présents sur les sites à partir du 15  juin jusqu’au 27 août.

Le marais de Montfort, l’un des 11 ENS de l’Isère

Ces guides « nature » seront présents pour répondre à vos questions et vous aider à saisir les instants de nature. Ils vous attendront à des points d’observation ou viendront à votre rencontre pour répondre à votre curiosité, si vous le souhaitez.  Ils vous feront découvrir la floraison d’une  fleur,  la présence de tel oiseau ou des indices de présence de mammifères, vous expliqueront l’intérêt du site et les actions de sauvegarde et de gestions, qui sont menés toute l’année.

Cette campagne d’animation se renouvelle pour la quatrième année consécutive. Cette campagne  a rencontré un vif succès en 2004 puisque plus de 10 000 personnes se sont rendus sur les 10 sites proposés.

11 sites départementaux ENS

- les Ecouges (St Gervais, La Rivière),
- le Col du Coq (St Pierre de Chartreuse),
- le Bois de la Bâtie (St Ismier),
- le Marais de Montfort (Crolles),
- les Tourbières de l’Herretang (St Laurent du Pont),
- le Marais de Chirens (Chirens),
- l’Etang de Lemps (Optevoz),
- le Méandre du Saugey (Brangues),
- le Méandre des Oves (Péage de Roussillon),
- l’Etang de Montjoux (St Jean de Bournay)
- la Tourbière du Peuil (Claix).

Quand et comment ?

Du 15 juin au 27 août

- Des rendez-vous thématiques (gratuits).
- Des rendez-vous thématiques (écoute nocturne des chouettes, les chants d’oiseaux, découverte des traces, …) seront annoncées dans la presse et indiqués sur le site internet du Conseil général
Quelques exemples de thèmes :
- Ecoute des chants d’oiseaux,
- Exploration de la mare et les insectes aquatiques,
- Identification des papillons et des libellules
- Observation du chevreuil ou des Guêpiers Découverte des traces et indices

Une inscription auprès des offices de tourisme, maisons du tourisme, syndicats d’initiative, est obligatoire.

Catégorie natureCommentaires fermés

Dernier lâcher de gypaètes dans les Alpes

C’est aujourd’hui qu’a lieu, dans le Parc du Mercantour, le dernier lâcher de gypaètes barbus dans les Alpes françaises ! Un événement qui se déroule dans le cadre de la Journée Mondiale de l’Environnement,  sur la commune de Roubion. Il  clôture avec succès le programme de réintroduction de ces oiseaux dans les Alpes du Sud, entamé en 1993 dans le Parc national du Mercantour et en alternance avec le Parco Naturale Alpi Marittime.

Ce lâcher, historique, puisqu’il s’agit du dernier pour les Alpes françaises, se déroule en présence de S.A.S. le Prince Albert II de Monaco et de Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, accompagnés de la direction des deux parcs.

La Famille Princière de Monaco a soutenu le Parc national du Mercantour lors de sa création en 1979 et durant ses 25 premières années d’existence. La Fondation Prince Albert II de Monaco, de son côté, s’est engagée dès sa création dans ce programme, dans le cadre de ses activités dédiées à la préservation de la diversité biologique. Cette collaboration consiste en l’acquisition de deux poussins par an durant trois ans (2007 – 2008 – 2009), leur lâcher ainsi que leur suivi par balises Argos et GPS (www.mercantour.eu/gypaete). Le lâcher de gypaètes de 2007 était symbolique puisqu’il s’agissait de la toute première réalisation concrète de cette jeune fondation.

Le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire s’engage de son côté fortement aux côtés des Parcs nationaux de France et dans la lutte contre l’érosion de la biodiversité. La présence de Chantal Jouanno dans un parc national à l’occasion de la Journée Mondiale de l’Environnement est une réaffirmation de leur rôle prééminent dans la protection de la biodiversité de notre pays.

Cette présence sera aussi vécue comme une reconnaissance de la réussite de ce programme international de réintroduction du Gypaète par toutes les personnes qui s’y sont impliqués depuis 1993 dans le Mercantour : il est en effet bon de rappeler que la première naissance en milieu naturel d’un poussin de Gypaète dans les Alpes du sud a eu lieu en 2008, et ce pour la première fois depuis plus d’un siècle !

Enfin, le Parc national du Mercantour et le Parco Naturale delle Alpi Marittime se sont récemment lancés dans une exploration unique en Europe : un inventaire exhaustif du vivant a récemment débuté sur leur territoire (2007), soit environ 2500km², probablement le plus ambitieux à l’échelle de la planète. Il s’agira de recenser les espèces vivantes encore mal connues, des plus grosses aux plus petites, les premières devant leur existence aux secondes.

La réintroduction d’une espèce aussi emblématique que le Gypaète barbu est l’occasion de rappeler que notre connaissance du vivant, et notamment des espèces les moins « nobles », reste encore à parfaire. C’est précisément l’objectif de cet inventaire qui permettra également de mesurer si la biodiversité disparaît dans le Mercantour, et si oui à quelle vitesse (www.mercantour.eu).

Catégorie parcsCommentaires fermés

Gypaètes barbus: un lâcher prévu l’an prochain dans le Vercors

Le parc naturel régional du Vercors, qui tient à la biodieversité de son territoire, poursuit avec succès son programme de réintroduction des vautours fauves dans le Diois et procédera l’an prochain à un lâcher de gypaètes barbus dans le cirque d’Archiane.

Récemment, c’était le 5 juin dans le Parc national du Mercantour,  à l’occasion de la Journée mondiale de l’Environnement, Chantal Jouanno, secrétaire d’Etat à l’Ecolgie, a assisté à ce qui était présenté comme le dernier lâcher de gypaètes barbus dans les Alpes. Cet événement clôturait le programme de réintroduction de ces oiseaux, entamé en 1993 dans le Parc national du Mercantour et en alternance avec le Parco Naturale Alpi Marittime.

Rappelons que cet oiseau figure sur la liste des 8 espèces les plus menacées en Europe. Il s’agit du plus grand rapace du vieux continent (près de 3m d’envergure). Il subsiste 120 couples de gypaètes dans l’Union Européenne (bilan 2006) dont 26 dans les Pyrénées, 5 dans les Alpes et 10 couples en Corse. Ces nouvelles réintroductions dans le Parc National du Mercantour ont pour but de renforcer la population autochtone de Corse déficitaire et faire ainsi le lien avec le reste de l’arc Alpin et de permettre l’aboutissement d’un programme international de sauvegarde d’une espèce emblématique du milieu montagnard.

En fait, comme l’a indiqué hier Danièle Pic, présidente du Parc naturel régional du Vercors, au cours d’une conférence de presse, le programme national de réintroduction connaîtra une prolongation l’an prochain, avec un lâcher de gypaètes barbus dans le  cirque d’Archiane. Le PNR Vercors poursuit par ailleurs son programme de réintroduction de vautours fauves dans le Diois, avec succès. La présidente a annoncé hier que l’on venait d’enregistrer la naissance d’une dizaine de poussins.

Catégorie parcsCommentaires fermés


Catégories

Archives

Agenda

juin 2009
L Ma Me J V S D
« mai   juil »
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930  

A propos

Sillon38.com est un journal qui se veut interactif, agricole et rural. C’est le premier du genre. Sur le fond, il reprend à son compte le principe, déjà utilisé par des confrères parisiens, du journal à trois voix: des journalistes, des experts (ou, si l’on péfère des hommes et femmes de l’art), des internautes.
Nous contacter
PHVsPjwvdWw+