Archive | 24 juin 2009

Déchets: le tri est entré dans les habitudes

L’ADEME a donné hier les résultats de la campagne MODECOM (Méthode de caractérisation des ordures ménagères), réalisée à la demande du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire dans le cadre du plan national de prévention des déchets. Couplés aux données issues de l’Enquête nationale 2007 sur la collecte des déchets par le service public en France, ces résultats mettent en avant les progrès réalisés depuis 1993, date de la dernière campagne MODECOM, mais aussi les points d’amélioration à prendre en compte pour alléger nos poubelles et améliorer leur gestion.

Ce qu’il faut retenir…

De 2005 à 2007, la quantité d’ordures ménagères collectées reste stable, mais les apports en déchetteries continuent d’augmenter. Au total 37,77 millions de tonnes de déchets ont été collectés par les collectivités en 2007, dont 24,82 millions de tonnes (soit 391 kilos par habitant contre 396 en 2005) par les collectes d’ordures ménagères résiduelles et les collectes sélectives et 10,82 millions de tonnes apportés en déchetteries (soit 170 kilos par habitant contre 151 en 2005)

Le recyclage continue sa progression
Sur ces 37,77 millions de tonnes, 33,5% sont orientés vers du recyclage matière ou organique contre 31% en 2005. Ces données sont à rapprocher des objectifs fixés par le Grenelle : atteindre 35% en 2012 puis 45% en 2015.

La composition des ordures ménagères n’a pas fondamentalement changé depuis 15 ans.
En 2007, la répartition entre les différents matériaux est assez proche de celle de 1993, à l’exception des textiles sanitaires, en très forte augmentation. Les emballages eux ont un peu diminué, passant de 39 % en 1993 à 32 % en 2007.

Le tri est entré dans les habitudes des Français. La collecte sélective des journaux, magazines, revues et emballages a permis de capter 50 % de ce type de déchets.

Des progrès sont encore possibles en matière de prévention et de tri, notamment du verre.
Environ 150 kilos/habitant/an pourraient faire l’objet de gestes de prévention tels que le compostage domestique, l’évitement du gaspillage de produits alimentaires, la limitation des impressions bureautiques et les photocopies…
Nos poubelles « grises » (celles de déchets résiduels) contiennent encore jusqu’à 100 kilos/habitant/an de déchets potentiellement recyclables : papiers, cartons, plastiques, métaux et surtout verre : c’est en effet encore près de 20 kilos/habitant/an de verre qui ne sont pas orientés vers les collectes sélectives.

Catégorie déchetsCommentaires fermés

Aides aux JA: le matériel d’occasion est-il exclu?

Dans sa question écrite publiée dans le JO Sénat du 09/04/2009, Mme Bernadette Bourzai (Corrèze- SOC) attire l’attention de M. le ministre de l’agriculture et de la pêche sur les conséquences que pourrait avoir le projet de circulaire régissant les aides à l’installation des jeunes agriculteurs : DJA (dotation jeunes agriculteurs) et prêts bonifiés MTS-JA (moyens termes spéciaux – jeunes agriculteurs).

En effet, il semblerait que l’achat de matériel d’occasion ne puisse plus se faire grâce à ce type de prêts et que la part de prêt MTS-JA destinée à financer le fond de roulement soit plafonnée à 10 %. L’application de cette circulaire freinerait à coup sûr l’installation de jeunes agriculteurs. Dans nos régions du Massif central (Auvergne et Limousin), plus de 25 % de jeunes agriculteurs ont recours à l’achat de machines agricoles avec les prêts MTS-JA, et plus de 50 % des installations de jeunes dépassent le plafond de 10 % de subvention qui serait dédié au fond de roulement.

Face à ce projet, les jeunes agriculteurs expriment leur désaccord et demandent, d’une part, le maintien de la possibilité de financer le matériel agricole d’occasion par les prêts MTS-JA et, d’autre part, la mise en place de dérogations ou le relèvement du plafond à hauteur de 25 % afin de sécuriser leur installation. Aussi, elle lui demande de préciser la réponse qu’il entend formuler aux demandes des jeunes agriculteurs et quelles suites il entend y réserver.

Réponse du Ministère de l’agriculture et de la pêche publiée dans le JO Sénat du 18/06/2009
Concernant les prêts MTS-JA, le matériel d’occasion est autorisé seulement dans le cadre de la reprise stricte du matériel du cédant par le jeune qui s’installe, si et seulement si ce matériel reste compétitif. Tous les jeunes agriculteurs installés ou en cours d’installation, qui avaient prévu dans leur plan un financement du matériel d’occasion avant le 1er avril 2009 en dehors de la reprise globale d’exploitation, ne verront cependant pas leur plan remis en cause suite à cette décision.

Il est apparu nécessaire de plafonner le besoin en fonds de roulement (BFR) à la suite d’un contrôle des comptes 2008 du CNASEA par la commission de certification des comptes des organismes payeurs (C3OP). Il existait en 2002 un plafond de BFR à 10 % du montant des prêts MTS-JA réalisés au cours de la première année et plafonné à 4 600 euros. Cette notion avait été abandonnée à partir de 2005 pour tous les jeunes s’installant à partir du 1er décembre 2004. La C3OP a souhaité qu’un plafond soit instauré à nouveau.

En effet, elle a pu démontrer qu’un fort pourcentage de prêts en première année d’installation utilisait de fait le montant total des droits à prêts pour le financement de BFR. Cette aide à la trésorerie ne pouvait pas faire l’objet d’un contrôle suffisant. Aussi, il a été décidé de fixer par arrêté un plafond en montant de subvention équivalente du jeune agriculteur demandeur d’un prêt en BFR. Ce plafond initialement envisagé à 10 % a été finalement porté à 20 % après concertation avec les organisations professionnelles. L’arrêté fixant ce plafond a été publié au Journal officiel le 21 mai 2009.

Catégorie installationCommentaires fermés

Michel Mercier, ministre de l’Espace rural

Michel Mercier, Président du Conseil général du Rhône et Président du groupe sénatorial Union centriste a été nommé Ministre de l’Espace rural et de l’Aménagement du Territoire. A la veille d’une réforme territoriale, ce poste vise à mieux prendre en compte les territoires ruraux.

Michel Mercier, né le 7 mars 1947 à Bourg-de-Thizy (Rhône), sera donc un interlocuteur du monde rural.

Catégorie monde ruralCommentaires fermés

Forêt de montagne: un colloque qui a posé les vraies questions

Une salle pleine pour le colloque de la XIe Fête de la forêt de montagne, à Chichilianne

Afin d’introduire le sujet, un court-métrage réalisé par Francis Helgorsky mettant en scène un agent de l’ONF à la retraite, un bûcheron et un menuisier a été projeté en avant première.

Il a été rappelé que  Rhône-Alpes est classée en deuxième position des régions forestières, derrière l’Aquitaine mais suite à la tempête de cet hiver, ce classement peut être inversé. L’Isère est le premier département de notre région en ce qui concerne les surfaces, l’exploitation et les emplois forestiers.

Le colloque, animé par Mireille Hotzer,  a abordé plusieurs thèmes. Une pléiade de spécialistes avaient été invitée pour répondre aux questions. Parmi eux, Michel de Galbert, directeur du CRPF Rhône-Alpes, Yann Tracol, docteur en écologie végétale, Jean-Noël Drogue, président du GETEF du Vercors, Laurent Descroix, spécialiste du débardage par câble à l’ONF, Nicolas Agresti, chef de service Isère à la SAFER, Gilbert Magnat, administrateur à la Fédération des chasseurs de l’Isère, Jean-François Veille, chargé de mission Bois-énergie à la COFOR, Marie-Blanche Personnaz, directrice de l’ASCOPARG. Ajoutons-y Jacques Sardat, alias Cléd’12, spécialiste du crayon et des feutres, qui commentait en direct, par écran interposé, les thèmes abordés.

Le réchauffement climatique. Difficile de le contester. Une étude INRA-CNRS publiée dans la revue Science du 27 juin 2008 met en évidence une remontée générale des espèces, de l’ordre de 29m en altitude par décennie. Les plantes sont en train de migrer pour conserver les températures nécessaires à leur survie. C’est scientifiquement démontré. Il faudra donc s’adapter car des essences vont disparaître au contraire d’autres qui vont se développer sur nos sols. Il a été convenu de rester mobilisés mais surtout de ne pas faire n’importe quoi, trop hâtivement.

Au niveau de l’exploitation forestière, chacun en a convenu, l’isère est un département phare.Des emplois dans la filière peuvent être créés. Le hic, les difficultés d’exploitation liées aux terrains bien souvent très pentus et la pénurie de main d’oeuvre. Il faut dire que les métiers de la forêt ont mauvaise presse.

« Vous vous imaginez un gosse dire à l’école que son père est bûcheron! » a t-on entendu dans la salle. Il est certain qu’il faut redonner leurs lettres de noblesse à ces métiers du bois et de la forêt. C’est le moment ou jamais -à l’heure où la mobilisation du bois devient une priorité nationale- d’organiser une campagne de communication sur ce sujet, notamment auprès des jeunes. Ce sont pour la plupart des métiers qualifiés, qui doivent être valorisés, mieux rémunérés et les formations mieux adaptées. Des métiers qui ont l’avantage d’être non délocalisables. Ont également été évoqués les outils plus fonctionnels et de meilleures conditions de travail .

L’utilisation de câbles mobiles en est l’exemple type. Des emplois peuvent être créés surtout grâce au bois énergie, en pleine expansion.

Comme cela a été rappelé au fil des débats, chaque année en Isère 700 hectares de terres quittent le monde agricole. 600 sont consacrés à l’urbanisation et 100 ne sont plus exploités car difficiles d’accès. Ils se transforment en forêt. Un cadeau empoisonné car impossible à valoriser.

Autre problème récurrent: le morcellement de la forêt. Comment exploiter une parcelle de 2000 m2? Comment ouvrir une piste forestière quand le tracé concerne près de cent propriétaires? Des remembrements calqués sur l’agriculture sont réalisés comme en Bonnevaux- Chambarans. C’est une solution, mais longue et coûteuse.

Foncier et territoire. La forêt est devenue au fil des ans un espace ou l’on rencontre une multitude d’activités: chasseurs, randonneurs, promeneurs, ramasseurs de champignons, passionnés d’engins à moteur. Tout ce petit monde doit, certes respecter la forêt, mais également cohabiter. Et bien souvent ce n’est pas évident.

Autre sujet abordé, le bois énergie et la pollution qu’il provoquerait.

Une chose est certaine, notre région, notre département et des agglomérations  comme celle de Grenoble souffrent très souvent l’hiver d’excès de particules polluantes émises dans l’atmosphère par la biomasse et le bois. La faute n’est pas due aux chaudières modernes, adaptées, bien réglées, comme le sont les chaudières à granulés automatiques.

Non, la faute vient des particuliers qui brûlent des bois de mauvaise qualité dans des cheminées traditionnelles ou des inserts de médiocre qualité.

C’est en direction de ces particuliers qu’il faut axer les efforts de communication afin que soit limité au maximum l’émission de particules polluantes. C’est une demande forte de l’Europe, comme l’a souligné Mme Personnaz.

Il faut savoir que 30000 personnes meurent en France suite à des pathologies dues à la pollution….

Le débat n’a pas tout réglé loin de là mais il a posé les questions clés.

gilbertp@sillon38.com

Catégorie forêt, montagneCommentaires fermés


edf.png

Catégories

Archives

Agenda

juin 2009
L Ma Me J V S D
« mai   juil »
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930  

A propos

Sillon38.com est un journal qui se veut interactif, agricole et rural. C’est le premier du genre. Sur le fond, il reprend à son compte le principe, déjà utilisé par des confrères parisiens, du journal à trois voix: des journalistes, des experts (ou, si l’on péfère des hommes et femmes de l’art), des internautes.
Nous contacter
PHVsPjwvdWw+