Archive | 30 juin 2009

Tout savoir sur les grands prédateurs en Isère

Le département de l’Isère accueille deux espèces de grands carnivores, le loup et le lynx, espèces protégées par la convention de Berne du 19 septembre 1979 relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel de l’Europe et par la directive européenne dite Habitat du 21 mai 1992 relative à la conservation des habitats naturels ainsi que de la flore et de la faune sauvages.

La présence du lynx a été affirmée en Chartreuse au cours de l’hiver 1989-90. Le retour du loup a quant à lui été mis en évidence au cours de l’été 1998 dans le département de l’Isère, d’abord dans les massifs de Belledonne et du Vercors puis celui du Taillefer. Il s’accompagne depuis 2004 d’un plan d’action national.

Ce plan fait le point sur la situation biologique de l’espèce, sur les interactions avec le pastoralisme, la chasse et le tourisme et fixe les objectifs consistant en particulier d’une part à réduire l’impact du prédateur en accompagnant les éleveurs, d’autre part à gérer les populations et assurer le suivi biologique.

Réseau de suivi

Dans chaque département, des correspondants issus de divers milieux professionnels ou associatifs ont été formés à la reconnaissance des indices de présence des deux espèces. La récolte de ces informations est indispensable pour mieux appréhender la situation et apporter une aide aux éleveurs.

Votre témoignage nous intéresse. Contactez-nous au 04 76 33 45 81 en laissant éventuellement vos coordonnées sur le répondeur afin que l’on puisse vous rappeler.

Pour en savoir plus sur le suivi, cliquer sur loup ou lynx.

Protection des troupeaux

Un dispositif d’aide à la protection des troupeaux financé par l’Etat et l’Europe (mesure 323 C du Plan de Développement Rural Hexagonal) permet de prendre en charge une partie des dépenses relatives au gardiennage renforcé, au regroupement nocturne des troupeaux et à l’utilisation de chiens de protection.

Tous les éleveurs ovins ou caprins possédant au moins 50 animaux dans le cas général et les faisant pâturer plus d’un mois en zone d’éligibilité de la mesure (cercles 1 et 2 – voir la carte), peuvent avoir accès à cette aide qui se décline par catégorie de taille du troupeau.

Contact : Jérôme PATROUILLER – 04 76 33 45 72.

Constats de dommages

Un éleveur victime d’une attaque sur son cheptel peut demander une expertise par un agent assermenté.

Consultez la procédure d’alerte

Si la responsabilité du prédateur ne peut être écartée en zone de présence avérée de l’espèce, une indemnisation peut être versée selon application d’un barème national prenant en compte la valeur vénale des animaux expertisés, augmentée d’un forfait pour les animaux disparus et les pertes indirectes.

Protocole d’intervention

Des dérogations à l’interdiction de capture ou de destruction peuvent être accordées pour prévenir des dommages importants, à condition qu’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante et que la dérogation ne nuise pas au maintien de l’espèce dans un état de conservation favorable.

L’arrêté ministériel du 3 juin 2009 fixe le cadre des interventions pour 2009-2010.

Statistiques

Consultez l’évolution départementale des constats de dommages et du montant des aides.

Voir aussi :
- Site « spécial loup » du ministère de l’écologie
- Evaluation des actions menées par l’Etat dans le cadre du plan d’action sur le loup 2004-2008 (mars 2008)
- Cartes de l’Observatoire des Espaces Naturels, Agricoles et Forestiers de l’Isère

Contact : Laurent BLIN

Source DDAF de l’Isère

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Feu vert pour le concombre courbe

La rigueur normative de l’UE n’est plus ce qu’elle était! Le concombre courbe fait en effet son retour sur les étals: les fruits et légumes «hors normes» de nouveau en vente à compter du 1 er juillet. Les normes de l’Union européenne relatives à la taille et à la forme de nombreux fruits et légumes cesseront de s’appliquer demain, date de l’abrogation des normes de commercialisation applicables à 26 types de fruits et légumes.

L’initiative de la Commission visant à éliminer lesdites normes constitue un élément majeur dans ses efforts de rationalisation et de simplification des règles de l’UE ainsi que de réduction des lourdeurs administratives. Pour dix types de fruits et légumes, notamment pour les pommes, les fraises et les tomates, les normes de commercialisation seront maintenues.

Mais même pour ces dix fruits et légumes, les États membres pourront autoriser la vente au détail des spécimens ne correspondant pas aux normes, pour autant qu’ils soient étiquetés de manière à les distinguer des produits relevant des catégories «Extra», «I» et «II» . En d’autres termes, en vertu des nouvelles règles, les autorités nationales seront autorisées à permettre la vente au détail de tous les fruits et légumes, indépendamment de leur taille et de leur forme.

«Le 1 er juillet marque le retour sur nos étals des concombres courbes et des carottes noueuses» a déclaré à ce propos Mme Mariann Fischer Boel, membre de la Commission chargé de l’agriculture et du développement rural. «Plus sérieusement, cette initiative concrétise notre volonté de réduire les lourdeurs administratives inutiles. Nous n’avons pas besoin de légiférer sur ces questions au niveau de l’UE. Il est de loin préférable de laisser cela à l’appréciation des opérateurs économiques concernés. Grâce à ces changements, les consommateurs auront également la possibilité de choisir parmi une gamme de produits la plus large possible. Il est absurde de jeter des produits parfaitement comestibles au simple motif qu’ils sont de taille et de forme irrégulières».

Lors des négociations menées en 2007 dans le cadre de la réforme de l’organisation commune des marchés dans le secteur des fruits et légumes, la Commission s’était engagée à réduire les lourdeurs administratives inutiles en supprimant une série de normes de commercialisation applicables aux fruits et légumes. Le changement qui entrera en vigueur demain aura pour conséquence d’abroger les normes de commercialisation applicables à 26 produits: abricots, artichauts, asperges, aubergines, avocats, haricots, choux de Bruxelles, carottes, choux-fleurs, cerises, courgettes, concombres, champignons de couche, aulx, noisettes en coque, choux pommés, poireaux, melons, oignons, pois, prunes, céleris à côtes, épinards, noix en coque, pastèques et chicorées Witloof.

Des normes de commercialisation spécifiques seront maintenues pour dix produits qui représentent à eux seuls 75 % de la valeur des échanges de l’Union européenne: pommes, agrumes, kiwis, laitues, pêches et nectarines, poires, fraises, poivrons, raisins de table et tomates. Toutefois, les États membres pourront exempter lesdits produits de l’application des normes s’ils sont commercialisés avec une étiquette spéciale. Concrètement, cela signifie qu’une pomme qui n’est pas conforme à la norme pourra être vendue dans le commerce de détail, pour autant qu’elle soit pourvue d’une étiquette portant la mention «produit destiné à la transformation» ou une mention équivalente.

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Insectes et autres petites bêtes des Ecrins

Le Parc national des Ecrins vient de réaliser un guide de découverte des insectes et autres petites bêtes de montagne, publié aux Éditions Glénat.

Après le succès des ouvrages sur les fleurs des Alpes et sur tous les arbres et arbustes de montagne, toute l’équipe du Parc national des Écrins s’est relancée dans cette aventure collective en assurant de façon originale l’écriture, la photographie et l’illustration d’un guide organisé autour des paysages et des milieux naturels et présentant quelque 330 espèces sur les 40 000 que compte le monde formidablement complexe des invertébrés en montagne.

Mais le livre c’est beaucoup plus encore, c’est toute la variété des présentations par plus de 60 rédacteurs, tous agents du Parc qui ont aussi assuré tout le travail photographique, la recherche documentaire et l’interview de témoins par delà les notations de leurs observations de terrain.
Le résulat, c’est ce guide totalement nouveau dans le concept et riche d’une infinité de trouvailles pour intéresser et accompagner tous les publics dans le mondes des petites bêtes, qu’on les admire ou les redoute.

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L’ Isère veut sécuriser les productions agricoles

Le Département de l’Isère, plutôt bien doté avec ces châteaux d’eau naturels que sont les montagnes, n’en est pas pour autant à l’abri d’une raréfaction de la ressource qui pourrait  affecter l’économie (l’industrie utilise 60% de l’eau, l’agriculture entre 13 et 15%) et la consommation d’eau potable. Le recul quasi généralisé des glaciers, l’enneigement désormais irrégulier, la hausse  significative des températures, sont autant d’indicateurs (étudiés par le Centre National de Recherche Météorologique -CNRM)  qui annoncent des changements à venir dans la répartition des ressources en eau du massif alpin.

Les années 2003, 2004, 2005, 2006 ont montré que les périodes de canicule pouvaient avoir des conséquences non négligeables dans certains secteurs du département et générer des conflits d’usages. Ces aléas climatiques persistants ont conduit le Département , à l’initiative de Christian Nucci -qui vient d’être fait Chevalier dans l’Ordre du Mérite agricole- à s’ engager en 2005 dans un Schéma directeur départemental d’irrigation (SDDI). Le Conseil général de l’Isère mobilise en moyenne 8M€ par an pour l’eau.
Ce document qui fait le constat des besoins et des ressources, met en avant les secteurs en déséquilibre et propose des solutions pour le court, moyen et long terme (horizon 2020), dans une logique de protection de la ressource.
Le schéma départemental d’irrigation a donc vocation à sécuriser les productions agricoles en période de sécheresse en tenant  compte de quatre objectifs :
- La gestion raisonnée de l’eau
- La priorité aux besoins en eau potable
- Un débit minimal des cours d’eau pour protéger la faune et la flore
- La préservation de la qualité de l’eau grâce à des pratiques agricoles respectueuses de la nature.
Une enquête datant de 2007 du CG38 sur la récupération des coûts de l’eau en Isère fait état d‘un volume de 56 millions de m3 utilisés pour l’irrigation en Isère, soit 13% des prélèvements en eau du département. Le coût de l’irrigation est d’environ 300€/ha pour l’irrigation collective en ASA soit 0,14€/m3 d’eau, avec des frais financiers représentant 2/3 du prix environ. L’étude chiffre les différents types d’irrigation. L’irrigation en réseaux gravitaires est la moins chère. Mais elle ne concerne que 285 ha (sur environ 23 000ha irrigués).
Le poids des investissements est cependant important : ils représentent environ 24% du chiffre d’affaires des agriculteurs interrogés.
Quant aux avantages :  l’irrigation permet non seulement de se prémunir en partie des aléas climatiques mais d’avoir des rendements plus élevés, plus stables et des produits de qualité plus homogène.

L’irrigation en territoire AOC Noix de Grenoble : un exemple à suivre

A l’occasion de l’inauguration du réseau collectif Izeron/Saint-Pierre-de-Chérennes (c’était jeudi 25 juin), Eliane Giraud a rappelé tout l’intérêt pour l’agriculture de ce schéma départemental d’irrigation initié par Christian Nucci : « Les dossiers d’irrigation étaient toujours extrêmement conflictuels, souligne Eliane Giraud. Ce schéma a permis de modifier la donne et il a fait école. A l’échelle de la Région, tous les départements se sont mis à travailler sur ce modèle qui permet d’avoir l’unanimité. C’est un bon exemple de politique intelligente, menée collectivement ».

Le réseau d’irrigation collective de l’ASA dessert 136 ha sur Izeron, 73ha sur Saint-Pierre-de-Chérennes et 29ha sur Cognin-les-Gorges

Le réseau d’irrigation collectif –desservant 3 communes (St Pierre-de-Chérennes, Izeron et Cognin-les-Gorges) mis en œuvre par l’association syndicale autorisée d’irrigation (ASA) démontre que ce type de projet, naguère considéré comme une folie, fait partie des choses possibles, y compris en rive gauche de l’Isère, comme le soulignait Jean Bith qui a piloté ce projet de main de maître, en tant que président de l’ASA,comme chaque orateur a tenu à le rappeler. On notera au passage la petite allusion aux rivalités de l’une et l’autre rive de l’Isère. Mais c’est de bonne guerre. Qu’on soit de l’un ou l’autre bord, la nuciculture est un trait d’union solide. Quant à l’Isère, sur laquelle flottent bon nombre de coquilles de noix, dans ce secteur, elle permet d’irriguer aussi bien la rive gauche que la droite.

« C’est après la sécheresse de 2003 que l’on a commencé à discuter sérieusement d’un réseau d’irrigation », relate Jean Bith. Les collectivités locales et territoriales ont suivi (Région, CG38, Communauté de communes de la Bourne Isère), l’ASA a vu le jour en novembre 2007, les travaux se sont achevés en avril 2009. Un dossier qui n’a pas suscité de conflits majeurs (un quart des propriétaires n’ont pas adhéré au projet) et qui a été mené dans une démarche de développement durable. « Avant, poursuit Jean Bith, on prélevait la ressource dans les petits ruisseaux. Maintenant, c’est dans l’Isère ».

85% des périmètres irrigués sont des vergers de noyers
le reste concerne des cultures de : tabac, maïs, framboisiers

Le directeur départemental de l’Agriculture et de la Forêt,  M.Lestoille, a souligné l’exemplarité de cette démarche, non seulement parce qu’elle est collective mais aussi parce qu’elle a contribué à la préservation du foncier agricole en créant une ZAP (zone agricole prioritaire).

Hier, lors de la visite du réseau, sur les hauteurs de Saint-Pierre-de-Chérennes, à 142m au-dessus de la station de production d’Izeron

Quant à André Vallini, qui ne se sent jamais aussi bien qu’en territoire AOC Noix de Grenoble,  sa terre natale (et sa circonscription), il est convaincu « que l’avenir de la noyeraie est dans l’irrigation ». Il ne manque d’ailleurs jamais une occasion d’affirmer haut et fort « qu’il faut produire plus et qu’il faut planter ». Ce qu’il fit à Izeron. Personne ne l’a contredit sur ce point, comme on l’imagine.

Il est vrai que la noix de Grenoble, dont l’AOC remonte à 1938 (André Vallini est né 18 ans plus tard), fait sans aucun doute partie des plus beaux fleurons de l’Isère et que sa réputation mérite, elle aussi, d’avoir un rayon d’action plus large.  Le CING, par la voix de son président Yves Borel,qui avait accepté de changer de rive pour l’occasion, a d’ailleurs  annoncé que l’interprofession allait mener à l’automne une campagne de communication visant à différencier ce fruit de sa concurrente périgourdine (qui lui mène la vie dure), à regagner des consommateurs et, au bout du compte des parts de marché. Bref, tout ou presque vise le superlatif :  production, plantation, notoriété.

Les prélèvements d’eau agricoles en Isère

Selon la base de données MISE38, année 2007, le département de l’Isère compte 1 606 exploitations équipées pour l’irrigation, ce qui représente un total de 28 299 ha irrigables (par aspersion). Sur ce nombre d’exploitations potentiellement irrigantes, seules 1 555 irriguent réellement, représentant ainsi une surface de 23 506 ha irrigués sur le territoire isérois.

60% des surfaces irriguées concernent le maïs (photo Frédérick Pattou)
Sur les 1 555 exploitations « irrigantes » du département, 669 irriguent à partir de prélèvements individuels et 886 à partir d’un réseau collectif. Le département compte 56 réseaux collectifs d’irrigation (.36 Associations Syndicales Autorisées (ASA) ou Association Syndicale Libre (ASL), 2 structures communales ou intercommunales, 16 CUMA.
L’ensemble des prélèvements représente un total de 1 654 points de prélèvements :

- 652 en eau souterraine

-1 000 en eau superficielle dont 371 sur Rhône, Isère, Drac.

.60% des surfaces irriguées concernent le maïs ; La très grosse majorité des prélèvements se fait sur la partie Nord-Ouest du département avec des zones très concentrées en irrigation sur la Plaine de Bièvre, les 4 Vallées, le Haut-Rhône, la Vallée de l’Isère et la Vallée du Rhône. Quelques prélèvements plus parsemés s’observent dans la zone de Montagne (Beaumont, Trièves, Matheysine) et dans le Voironnais.

- besoins effectifs en eau pour une culture de maïs : 1 700 m3/ha en année moyenne et 2 600 m3/ha en année quinquennale sèche
- besoins effectifs en eau pour une culture de vergers : 2 000 m3/ha en année moyenne et 2 900 m3/ha en année quinquennale sèche

Les études de 2000 ont révélé que 15 sous-bassins versants étaient jugés sensibles et faisaient l’objet de préconisations particulières. Pour ces petits cours d’eau, il était nécessaire de mettre en place une surveillance accrue, de développer le pilotage de l’irrigation et de définir des calendriers de pompage permettant d’échelonner les prélèvements dans le temps et dans l’espace. Ces actions permettraient de réduire la pression de prélèvement instantanée.

Les 15 sites sensibles identifiés :
Haut-Rhône : Save-Braille (partie ruisseau de Valencet), Catelan, Chogne
4 vallées : Véga amont, Gervonde-Bielle, Ambalon
Bas-Rhône : Varèze, Sanne
Bièvre-Liers-Valloire : Rival amont
Montagne : Ebron
Chambaran : Vézy, Lèze, Galaure, Joyeuse
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site à consulter: ode38.fr

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