Archive | 24 septembre 2009

Après le lait, les céréales?

La situation des grandes cultures est préoccupante. Les prix des céréales, des oléagineux et protéagineux, ne cessent de baisser et de nombreux producteurs vendent aujourd’hui leurs grains en dessous de leur coût de revient.

La coordination rurale et l’Organisation des producteurs de grains (OPG) n’excluent pas une grève européenne des semis…

Voici leur communiqué:

« Les céréaliers s’associent aux revendications des éleveurs laitiers et les soutiennent dans leur combat pour obtenir un prix décent de leur production.

La situation des grandes cultures est tout aussi préoccupante. Les prix des céréales, des oléagineux et protéagineux, ne cessent de baisser et de nombreux producteurs vendent aujourd’hui leurs grains en dessous de leur coût de revient.

Les systèmes de soutien des marchés, comme l’intervention et les restitutions, qui assuraient une protection – insuffisante certes – à nos marchés, ont été quasiment abandonnés au profit d’un libéralisme débridé. Par des autorisations d’OGM, interdits de culture sur nos territoires, Bruxelles a ouvert les portes à des maïs sud américains et des colzas canadiens qui, sous la pression des consommateurs, n’étaient pas autorisés en Europe.

En prévoyant au printemps une bien hypothétique hausse des marchés céréaliers qui ne s’est pas produite, Monsieur Barnier et ses experts économistes ont projeté de transférer 25 % des aides du secteur grandes cultures à l’élevage pour la campagne 2010. Une bien mauvaise décision qui va encore aggraver le déficit des producteurs de grains.

Dans toutes les régions de France, le mécontentement s’installe.

A l’image de leurs collègues laitiers, les céréaliers se posent la question d’engager une grève européenne des semis si la Commission ne revient pas sur ses mauvais choix de dérégulation généralisée. »

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Fruits et légumes: avancées insuffisantes

Bruno Le Maire, Ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche et Hervé Novelli, Secrétaire d’État chargé du commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme, des services et de la consommation ont reçu ce matin, à l’occasion de la table ronde sur la compétitivité des entreprises annoncée au cours de l’été, l’ensemble des représentants de la filière des fruits et légumes.

Connaissant une crise d’une ampleur exceptionnelle, les producteurs de fruits et légumes attendaient de cette rencontre des mesures importantes pour améliorer leur compétitivité, mesures au premier rang desquelles un allégement significatif du coût du travail.

Pour la FNSEA « les propositions présentées ne concernent qu’une exonération supplémentaire sur les charges patronales, les travailleurs occasionnels. Un premier pas nécessaire mais insuffisant. Comme tous les exploitants en crise, les producteurs de fruits et légumes attendent une année blanche. Le 16 octobre prochain, ils exprimeront leurs revendications et leur désarroi. »

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Crise du lait: « Le feu si on est déçu le 5 octobre… »

Sébastien Luyat, producteur de lait à Nantes-en-Rattier est satisfait de reprendre le « boulot ». Il attend beaucoup de la réunion des ministre européens de l’agriculture, le 5 octobre mais prévient: si on obtient pas satisfaction, il y aura le feu dans nos campagnes ».

 » La grève est suspendue provisoirement, jusqu’au 5 octobre. On attend de cette rencontre que les ministres de l’agriculture remettent en place une régulation de la production avec une baisse de 5% des quotas afin de faire remonter les cours. »

Il se dit confiant  » il y a des avancées car il y a encore quinze jours certains ne voulaient pas entendre parler de régulation. Aujourd’hui ils acceptent de se mettre autour d’une table. Nous sommes donc sereins mais… »

Il ne faudra cependant pas trahir cette confiance: » nous avons fait grève pendant quinze jours, certains éleveurs ont leur trésorerie à sec, il n’ont plus rien à perdre. Si le 5 , il n’y a aucune avancée notoire on repartira au combat encore plus mobilisés, avec des actions plus fortes, ce sera le feu dans nos campagnes » prévient il.

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Crise du lait: grève suspendue jusqu’au 5 octobre

La grève du lait est suspendue jusqu’au 5 octobre. Voici le communiqué de l’EMB

Une rencontre extraordinaire des Ministres européens de l’agriculture prévue pour le 5 octobre. Promesse par ailleurs de Sarkozy, Merkel et Barroso de s’occuper de la situation catastrophique du marché laitier. Reprise de la grève en cas de promesse non tenue

« La classe politique bouge. Nous allons pour l’instant suspendre un des éléments de notre révolte, la grève du lait, mais nous la reprendrons immédiatement si aucune décision politique n’est clairement prise pour venir à bout de la situation insupportable du marché laitier. » déclare Pascal Massol, président de l’organisation des producteurs laitiers indépendants APLI, en ajoutant « Une agriculture contractuelle ne saurait être une solution acceptable. »

Le président de l’EMB, Romuald Schaber, réaffirme la nécessité d’une régulation politique européenne : « Le marché laitier a besoin d’une régulation souple de la production à l’échelle européenne », un équilibrage entre l’offre et la demande car le prix doit être équitable pour les producteurs laitiers comme pour les consommateurs. » Aux vues des promesses politiques faites sur le plan national et international, les producteurs laitiers se sont du moins pour l’instant remis à livrer du lait dans en Allemagne, Belgique, Luxembourg, Pays-Bas, Autriche et Italie. « Le lait est certes de nouveau livré mais les actions de protestation continuent sans relâche dans tous les pays » souligne Daniel Condat de la fédération française OPL.

Aux vues de la grève du lait qui s’étendait à huit pays et des fortes actions de protestation des producteurs laitiers, différents chefs de gouvernements européens (entre autres la Chancelière Angela Merkel et le Président français Nicolas Sarkozy) de même que le Président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, avaient ces derniers jours déclaré leur volonté de s’investir pour trouver une solution efficace du problème laitier à l’échelle européenne. Sarkozy avait déclaré publiquement qu’une régulation du marché laitier et des autres marchés agricoles était nécessaire. Une réunion extraordinaire des Ministres européens de l’agriculture sur le thème du lait a été convoquée pour le 5 octobre.

Ces deux dernières semaines, ce sont 500 millions de litres de lait que les producteurs laitiers européens n’ont pas livrés aux laiteries. Le marché du lait y a réagi. Sur le marché comptant, les prix ont monté. Certaines laiteries ont commencé à payer des prix plus élevés aux producteurs. L’assainissement du marché des dernières semaines que l’on doit aux producteurs laitiers devrait faire remonter les prix payés aux producteurs sur un large front.

Ce qu’il faut maintenant, ce sont des décisions politiques qui aillent dans le sens d’une régulation souple de la production telle que la demande l’EMB. « Nous le répétons encore clairement : les entretiens des prochains jours doivent donner des résultats sans équivoques. Si ce n’est pas le cas, la révolte des producteurs se poursuivra inébranlablement. » explique Pascal Massol pour réaffirmer la position des producteurs laitiers européens.

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St Aupre: il n’y aura pas que des chèvres!

C’est l’évènement de l’année sur le Voironnais, on l’appelle la petite Beaucroissant
Cette année, c’est la 404ème édition et comme à l’accoutumée le village multipliera sa population par 10, au minimum, lors de ces deux jours.
Elle a été Instaurée sous Henri IV en 1606, le jour de la Saint-Mathieu, le 21 septembre. Elle restera figée au 21 septembre pendant des décennies et elle se déroulera durant toute cette période au hameau de la Rossetière.
En 1979, le comité des fêtes décide de transporter cette foire qui se meure au fil des années au centre du village à Saint-Aupre le Bas et de la décaler au week end le plus près de la Saint-Mathieu.
La règlementation des foires impose que ce soit obligatoirement le WE après le 21. Voilà pourquoi cette année, cette foire se déroulera les 26 et 27 septembre.
Près de 120 brocanteurs de tous métiers sont attendus pour ce week end. Commerçants en vêtements, alimentation, pompes à chaleurs, maroquinerie etc…..seront également présents.

Des forains seront installés sur le champ de foire tout comme les chevriers et leur troupeau répartis aux 4 coins du village.
Une exposition de peintures de l’association Croq ‘art du village sera présentée à la mairie ainsi qu’une exposition d’objets en bois tournés appartenant à l’association La passion du Bois.
Des tourneurs de cette association feront tout au long de la foire des démonstrations. On appréciera également la présence de Sylvain le sculpteur.
Une machine à vapeur de 1893 sera en action et un four à pain sera allumé avec une quinzaine de miches cuites sur les deux jours avec dégustation samedi à 17 h et dimanche à 11h.

Un marché d’artisans d’art sera également ouvert avec de nombreux artisans et artistes locaux. artisans01.jpg

La particularité de cette foire, c’est non seulement les chèvres mais aussi une seule et unique buvette tenue tour à tour par toutes les associations du village et située sous le tilleul.
La poule au pot selon Henri IV ainsi que la tarte à la bouillie (ou tarte au flan) seront servis le samedi. Le dimanche ce sera le sauté forestier, gratin dauphinois.
Rendez vous donc a St Aupre pour cette manifestation haut en couleur!

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Mortalité anormale de poissons dans la Romanche

La préfecture de l’Isère nous informe qu’une pollution de l’eau de la Romanche a été constatée cet après-midi, suite à une mortalité anormale de poissons en surface et en profondeur.

Le service départemental d’incendie et de secours (SDIS), la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL) ainsi que la direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS) se sont rendus sur place afin de faire des prélèvements et de sécuriser la zone.

Les analyses immédiates ont permis de constater l’absence de nitrates et de cyanure.

La DDASS confirme que pour l’instant, cette pollution n’a pas de conséquence sur le réseau d’eau potable de Grenoble.

A l’heure actuelle, l’origine de cette pollution reste inconnue. Une enquête sera effectuée par la gendarmerie pour en déterminer l’origine. Une société de pêche s’occupe de la récupération des 500 à 600 poissons morts.

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Embellie à Grisail: un jeune agriculteur s’installe

Oui, par les temps qui courent, l’installation d’un jeune agriculteur peut faire figure d’événement. Alors que ça ne devrait pas l’être. Développement durable, autonomie alimentaire et énergétique des territoires, vont en effet de pair avec le maintien d’une agriculture vivace, diversifiée, innovante. Et il n’est pas inutile de rappeler que le métier d’agriculteur en Isère reste attractif comme en témoignent les nombreux candidats, de mieux en mieux formés,  reçus chaque année au Point accueil installation de la Chambre d’Agriculture (150 porteurs de projets reçus en 2008).

Benoît Vallier, jeune diplômé de l’ENESAD, établissement national d’enseignement supérieur agronomique de Dijon  (Côte-d’Or) a fait le choix de rentrer à la maison, à Grisail, commune de Saint-Guillaume, pour y créer un élevage ovin viande de 250 brebis et 15 vaches allaitantes.

Grisail2

Il a eu l’occasion d’exposer son projet en détail mercredi 23 septembre lors d’une visite organisée par le CDRA Alpes Sud Isère (1) qui l’a aidé, avec la Chambre d’Agriculture et le CAUE, à mener à bien la première étape de son projet, à savoir la réalisation d’un bâtiment de 14,5m de large/55m de long destiné à abriter l’élevage ovin (y compris les agneaux), quelques bovins (pendant deux ans) et le stockage du fourrage et des engins.

Ses parents sont agriculteurs et, comme le confiait Mme Vallier, sa mère, « on n’était pas du tout sûrs, compte tenu de son métier, qu’il vienne un jour s’installer ici ».

(ci-dessus, Benoît Vallier et Gérard Leras)

C’est fait. Le fils est revenu au pays. Pour l’instant, il développe son projet. La transmission de l’exploitation de son père est prévue pour 2011.

Eliane Paquet, Mme le maire de Saint-Guillaume, a dit également sa joie d’accueillir ce nouvel administré : « Un agriculteur qui s’installe, c’est une vie de plus à Grisail. Cela s’apprécie ! Et avec Benoît, on n’est pas inquiets. Il sait peser les choses. La commune est heureuse de l’aider. Le propriétaire du terrain a demandé  que les réseaux soient enfouis. Pas de problème. Nous allons le faire ! ».

Benoît s’est installé en janvier 2009. C’est un garçon qui sait où il va. Son projet, son bâtiment, son troupeau étaient déjà dans sa tête il y a longtemps. « J’ai dix vaches Salers et je vais acheter 30 agnelles à mes parents ». Pourquoi des Salers, race pas commune dans nos régions alpines? « Tout simplement parce que j’aime ces bêtes », répond Benoît Vallier. « Et puis ça fait de la très bonne viande persillée ».

On apprend qu’il a suffi d’un stage de six mois à Clermond-Ferrand pour que le jeune ingénieur agronome prenne fait et cause pour la race Salers. Il y aura donc des Salers à Grisail. Il y a bien des bisons à Bourg-d’Oisans !

Grisail1

Commencé le 18 juin, le bâtiment agricole devrait être terminé début novembre

Depuis son installation, le parcours a été soutenu. Dans l’ordre, Benoît Vallier a acheté la parcelle convoitée (42ha) au propriétaire, étudié l’implantation du bâtiment agricole avec la Chambre et le CAUE. Les travaux ont commencé le 18 juin et devraient s’achever début novembre. Tout a été fait pour limiter l’impact du bâtiment vis-à-vis du hameau (projet d’une transition végétale d’arbres fruitiers).

Un regret, cependant, en ce qui concerne cette réalisation : le bois utilisé (charpente en kit, bardage) n’est pas du bois local. Il  vient des départements voisins du Rhône et de la Savoie. Mais il pouvait difficilement en être autrement. La plateforme bois du Trièves (à Saint-Michel-les-Portes) n’est pas encore en mesure de fournir un produit fini répondant aux exigences du constructeur. Gérard Leras reconnaît que c’est dommage mais qu’il s’emploie, avec la Région, à ce que l’on puisse prochainement  se rapprocher de cet objectif.

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(1) Parmi les personnes participant à la visite, Gilles Strappazzon, qui préside le comité de pilotage du CDRA Alpes Sud Isère, Gérard Leras, conseiller régional Rhône-Alpes, Eliane Paquet, maire de Saint-Guillaume, Didier Girard, éleveur à Bourg d’Oisans, Jacky Roy (DDAF) et plusieurs élus vizillois.

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L’agriculture de montagne survivra t-elle à l’après-quotas?

L’agriculture de montagne comme le pastoralisme tiennent un rôle de premier plan dans les nouveaux enjeux agri-environnementaux.

Pourtant, avec la crise que traverse actuellement le monde agricole, victime d’une dérégulation du marché, c’est cette économie, cette culture, ces paysages et ces traditions gastronomiques dont l’avenir se trouve hypothéqué. L’après-quotas, annoncé pour 2015, pourrait être fatal à cette agriculture montagnarde qui est une véritable marque de fabrique dans les Alpes.

Le département de l’Isère est attentif à cette situation. Christian Nucci, vice président du G38 chargé de l’Agriculture, avait tiré l’alarme à l’occasion de la foire de Beaucroissant, 790e du nom. Il y a eu ce que l’on a appelé « l’appel de Beaucroissant » pour que vive l’agriculture en Isère et Rhône-Alpes. Un appel qui ne fait que relayer le SOS lancé par les éleveurs d’ici et d’ailleurs (le mouvement est européen), réunis dans une grève du lait aussi inédite que désolante mais à la mesure du désarroi dans lequel se trouve la profession.

Dans le courrier envoyé le 28 juillet dernier à Bruno Le Maire, le tout nouveau ministre de l’Agriculture, Charles Galvin, conseiller général du canton de La Mure, exploitant agricole, et Annette Pellegrin, conseillère générale du canton de Mens, alertaient déjà Bruno Le Maire sur ce point :

« Nous sommes stupéfaits que rien ne soit prévu pour atténuer les conséquences de la suppression de la maîtrise de la production pour les régions de montagne. En effet, cette politique a eu le mérite de maintenir un prix correct et d’éviter la délocalisation de la production, que la contractualisation avec les entreprises ne pourra éviter ; celles-ci devant résister à la concurrence réduisent leur coût de ramassage, la production laitière se concentrera alors sur les bassins laitiers les plus performants ».

Les deux conseillers généraux demandaient au ministre « de ne pas céder au vent de libéralisme qui veut tout mettre en concurrence », estimant que négliger la politique montagne en général et laitière en particulier, c’est d’une certaine façon mettre à mal  à l’identité française : « L’alignement sur les pays dont les coûts de production sont les plus bas constitue t-il un avenir motivant pour les Français, producteurs de lait et ouvriers ? Et que restera t-il de la France telle qu’elle est aujourd’hui ? »

alpage sénépi

Sur l’alpage du Sénépi, lors de la descente des génisses

Une étude prospective récente de l’Institut de l’élevage, signée par Christophe Perrot, Dominique Caillaud et Anne-Charlotte Dockès, intitulée « La France laitière à l’horizon 2015 » estime que le nombre d’exploitations laitières passera de 88 000 en 2007 à 62 000 en 2014, année qui précède la disparition annoncée des quotas. « Ces projections montrent que nous entrons dans une phase de dégradation progressive par rapport aux années 2000, avec un déficit en jeunes chefs d’exploitation dû au fort recul des installations », écrivent les auteurs.

Pour ce qui est de la montagne, l’étude évoque un « danger de décrochage structurel, lequel risque d’aggraver le différentiel de productivité et de rémunération du travail ». En termes élégants, cela veut dire que l’agriculture de montagne ou ce qu’il en restera ne sera pas viable. On pourrait appeler ça un arrêt de mort.

En guise de plaidoyer

A l’heure où les éleveurs laitiers, par désespoir, jettent leur lait à l’égout, où les troupeaux se réduisent, où les alpages collectifs sont dans le rouge, il n’est pas inutile de rappeler les atouts que représente l’élevage des herbivores en France. La prairie, le pâturage, outre leur fonction économique (emploi agricole, production alimentaire) et sociale (maintien de la vie sociale en milieu rural, tourisme vert) ont une fonction environnementale essentielle (protection des sols contre l’érosion, prévention des incendies et des risques naturels, stockage de carbone, biodiversité).

Or, en trente ans, les paysages français ont perdu 5 millions d’ha de prairies soit 30% de leur surface, principalement au profit de l’urbanisation et de la forêt.

En Isère, on recense environ 70 000 ha d’alpages lesquels accueillent bon an mal an quelque 115 000 animaux (100 000 moutons, 12 000 bovins, le reste étant des chevaux, des ânes et des chèvres). Et chaque année, ce sont environ 1000 ha de foncier agricole qui disparaissent.

A l’échelle du pays, les prairies permanentes –qui ne sont jamais labourées et représentent environ 8 millions ha- sont les principaux réservoirs de biodiversité, grâce notamment à la présence des troupeaux. En broutant, les animaux créent des hauteurs d’herbe différentes qui sont autant d’habitats variés pour les petits insectes et animaux (voir le livre sur les petites bêtes des Ecrins).

En outre, les prairies bien gérées sont essentielles à l’équilibre écologique des territoires. Ce sont à la fois des filtres naturels et des puits de carbone. L’herbe ainsi que les haies limitent l’érosion et filtrent les eaux qui pourraient être polluées. Grâce à la photosynthèse et à l’accumulation de matière organique dans le sol, les prairies sont considérées comme des puits de carbone aussi importants que les forêts. Elles participent donc à la compensation des gaz à effet de serre émis par l’activité d’élevage ruminant (méthane, notamment).

Pour ce qui est de la fonction économique, on ne peut que souligner la qualité des produits de l’élevage extensif, sur ces prairies. Sur les alpages, les méthodes d’élevage sont parfaitement saines et respectent le bien-être animal. Les troupeaux évoluent en liberté, participent à l’entretien de la montagne sans en modifier l’équilibre naturel. Autant de pratiques qui s’inscrivent dans le développement durable et qui répondent aux attentes des consommateurs et des citoyens.

Arrêtez le pâturage et le paysage se referme, la forêt avance, la friche envahit la prairie, réduit la biodiversité et alimente d’ éventuels incendies.

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Données Institut de l’élevage, IFEN, GEB, CIV, Fédération des alpages de l’Isère

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