Archive | 25 septembre 2009

Crise du lait: l’Isère entend jouer tout son rôle

Tous les acteurs de la filière lait étaient réunis ce matin à la préfecture pour une table ronde autour du préfet Albert Dupuis , de Christian Nucci, vice-président du CG38 chargé de l’agriculture, des parlementaires isérois (1) et de la DDAF. Les quatre organisations syndicales étaient représentées : Jean Robin-Brosse et Sylvie Fanjat pour la FDSEA, Aurélien Clavel et Emmanuel Berthier pour les JA, Marie Clavel pour la Confédération paysanne, François Ferrand, Pierre Mongellaz et Jean-Louis Ogier pour la Coordination rurale.

Ce premier tour d’horizon sera suivi d’un second qui se déroulera mardi 29 septembre au Conseil général de l’Isère à partir de 10h.

NucciA l’issue de cette réunion, le préfet Philip a souligné « la mobilisation de l’ensemble des acteurs, qui se sont exprimé avec beaucoup de force et de conviction ».

Il ajoute : « Nous avons exprimé le souhait et la volonté de faire part de la position de l’Isère dans ce débat. C’est un signe fort de la part des pouvoirs publics quant à la prise de conscience de la situation. L’Isère entend jouer tout son rôle dans cette réflexion. Nous prendrons nos responsabilités, chacun dans sa sphère de compétences ».

Le débat est donc amené à se poursuivre mardi prochain au CG38. Christian Nucci, à l’occasion de la foire de Beaucroissant, avait lancé l’idée d’un diagnostic de l’agriculture iséroise et d’une motion affichant clairement les ambitions de l’Isère dans ce domaine. La réunion du 29 septembre en sera l’occasion.

« Nous allons rédiger la copie de l’Isère pour l’agriculture, confirme Christian Nucci. Ce matin, c’est dans un climat de grande tristesse et de grande franchise qu’une détermination unanime s’est exprimée pour faire des propositions au ministre de l’Agriculture, lui donner du grain à moudre en vue de la prochaine réunion de Bruxelles. Si nous n’intervenons pas, ce sont des pans entiers de la politique d’aménagement du territoire que nous allons perdre. Sur le fond, c’est une nécessité d’introduire de la régulation et, peut-être, de sortir l’agriculture de l’OMC .».

L’agriculture de montagne (lire notre article) risque, avant les autres, de faire les frais de la déréglementation du marché qui frappe pratiquement toutes les productions. L’Isère , qui ne pourrait accepter que sa spécificité montagnarde soit ainsi mise à mal, aura à cœur de souligner l’urgence qu’il y a à renverser la vapeur, d’une façon ou d’une autre.

Pour leur part, les leaders de la Coordination rurale, Jean-Louis Ogier et François Ferrand, tout en ironisant sur « la réunionite » actuelle, estiment que leur action de grève lancée le 11 septembre (suspendue jusqu’au 5 octobre, date de la réunion de Bruxelles) a été positive : « Notre action a porté ses fruits. Nous avons infléchi la position gouvernementale, 20 pays se sont ralliés à notre cause. Et cela, malgré l’opposition de l’organisation majoritaire qui a tout fait pour casser le mouvement ».

Pendant la trève, quelques flèches volent encore ici et là. Ces 13 jours de grève du lait ont mis les esprits en ébullition. Poursuite des échanges le 29 dans l’hémicycle Aubert-Dubayet. où le climat est d’habitude tempéré.

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(1) Participaient à la réunion Didier Migaud, François Brottes, Gérard Colombier, Alain Pilaud, Jean Faure.

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L’abeille se meurt…il faut réagir!

Le congrès Apimondia, qui vient de s’achever à Montpellier, a rassemblé 10 000 apiculteurs venus du monde entier. Partout l’inquiétude est grande, les abeilles sont en danger de disparition. A la question « pourquoi ? », qui revient dans tous les débats, la réponse est toujours la même : « c’est multifactoriel ».

Pour France Nature Environnement, l’heure n’est plus à la discussion mais à l’action !

« Pour de nombreux scientifiques, la disparition des abeilles s’explique par de multiples causes :

- la dégradation générale de la biodiversité et donc de la ressource alimentaire disponible pour les abeilles (carences alimentaires) ;
- l’apparition de nouvelles pathologies et de nouveaux agresseurs liés aux échanges internationaux ;
- l’utilisation d’abeilles hyperproductives mais plus fragiles ;
- le rôle des pesticides répandus dans l’environnement ;
- la mauvaise maîtrise technique des apiculteurs confrontés à ces nouvelles données.

L’essentiel de la discussion tourne autour de la prépondérance de l’un ou de l’autre des facteurs. Pour FNE, il n’est plus temps de discuter.

Claudine Joly, responsable du dossier pour FNE, explique : «La disparition des abeilles et des pollinisateurs entraînerait une catastrophe écologique, économique et alimentaire que nul ne peut évaluer. Les données officielles prévoient une diminution de 35 % du tonnage mondial d’aliments végétaux (fruits, légumes, café…). Cette diminution, plus que préoccupante, ne sera pas la seule conséquence dramatique de la disparition des pollinisateurs.»

Face à cette situation dramatique, FNE demande de passer à l’action :

- réduire les pratiques défavorables à la biodiversité (monoculture, désherbage, broyage, disparition des haies et des milieux épargnés du labour…), en milieu agricole et non agricole ;
- mettre en application le plan écophyto 2018 pour restreindre considérablement l’usage des pesticides, et en particulier retirer ceux qui sont reconnus dangereux pour les abeilles tels que le Cruiser ;
- recréer, sur chaque exploitation agricole, des espaces de biodiversité en quantité suffisante pour stopper la dégradation de la biodiversité.

Il y a urgence à mettre en route la révolution verte promise lors du Grenelle de l’environnement. La préservation de la biodiversité est un enjeu aussi crucial que le changement climatique. Il serait temps de le comprendre et de réagir! »

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Crise du lait : la HVE devient incontournable

La crise laitière plonge tout un secteur de l’agriculture dans le désarroi. Si des mesures immédiates doivent être prises pour parer à l’urgence, elles ne doivent pas dispenser d’une réflexion pour apporter des solutions de fond. La Haute Valeur Environnementale (HVE) en fait partie.

Face à la crise, le développement d’une agriculture moins dépendante des importations favorisera l’émergence d’une production de qualité, ancrée dans les territoires et moins néfaste pour l’environnement. Cette agriculture, moins productiviste, permettra de mieux surmonter le problème des excédents. L’intérêt est autant économique qu’écologique.

Pour Jean-Claude Bévillard, chargé des questions agricoles à FNE : « Aujourd’hui 60% de l’alimentation du bétail français est importée. La France et l’Europe sont devenues des usines qui transforment le soja brésilien en lait et en viande. C’est une impasse environnementale mais aussi économique et sociale. »

Dans le cadre de la loi de modernisation agricole, FNE demande un soutien financier aux exploitations HVE. Ce soutien pourra, dans un premier temps, prendre la forme d’un crédit d’impôts et, à plus long terme, devra relever d’une réorientation des aides de la PAC.

FNEPour plus de renseignements: http://www.fne.asso.fr/fr/index.html

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