Archive | 15 janvier 2010

Rappel: DDAF + DDE = DDT

(GIF)

Depuis le 1° janvier 2010, la DDAF a rejoint la DDE et le service environnement de la préfecture pour former la direction départementale des territoires (DDT).

Pour le moment la DDT se trouve sur 2 sites, avenue Marcelin Berthelot pour le service agricole et celui de l’environnement, boulevard Joseph Vallier pour la direction et les autres services.

Adresse postale : DDT 17 boulevard Joseph Vallier – BP 45 – 38040 Grenoble cedex 9

Horaires d’ouverture au public:

  • lundi au jeudi : 08h30 – 12h00 et 13h30 – 16h30
  • vendredi : 08h30 – 12h00 et 13h30 – 16h00
  • téléphone : 04 76 33 45 45 – fax : 04 76 40 46 82
  • adresse : 42 av Marcelin Berthelot – 38000 Grenoble

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Décès de René Blanchet

Nous venons d’apprendre le décès de René Blanchet, ancien président de la Chambre d’agriculture de l’Isère.

René Blanchet laissera le souvenir d’un homme qui a voué sa vie à l’agriculture, occupant de multiples fonctions. Difficile de toutes les citer. On retiendra celles de secrétaire général de la FDSEA, secrétaire général de la Chambre d’agriculture puis président de 1985 à 2000.

Avec Jean Richard, le directeur, ils formèrent alors un tandem d’une osmose rare, appréciée, très constructive. Un tandem qui s’est brisé sèchement et qui a meurtri les deux hommes au plus profond de leur chair. René Blanchet a également occupé la fonction de président du GDS de l’Isère.

Il est fondateur de la Fédération régionale du GDS Rhône Alpes. Un homme que côtoyait René Blanchet l’avait surnommé le « bulldozer. » Il faut dire que l’on gardera de ce dernier l’image d’un homme impulsif, on dira même colérique mais oh combien efficace et tenace.

Les difficultés ne le rebutaient pas, bien au contraire. « Plus il y a de problèmes, plus je suis motivé à les résoudre », se plaisait- il à dire. Et il en a résolu beaucoup!

René Blanchet était, pour moi, un homme attachant, de dialogue, qui avait horreur de l’injustice. Avec ses amis dont le regretté Joseph Drevon, il fait partie des responsables professionnels qui m’ont mis l’agriculture iséroise dans le sang….

Ses obsèques se dérouleront ce samedi à 15 heures dans son village de La Murette dont il a été maire pendant quatre mandats. Personnellement j’ai une très forte pensée pour ses enfants, Gabrielle, Monique et Thierry à qui j’adresse toute mon amitié.

Gilbert Precz

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Grenoble veut une ceinture verte productive

La convention d’agglomération Grenoble-Alpes Métropole signée récemment avec la région (lire par ailleurs) comporte un volet agricole, un PSADER, qui traduit la volonté de prendre en compte le développement de l’agriculture et de la sylviculture périurbaines. Il est doté de plus de 1,3M€ dont 680 000 via le CDDRA.

Ce PSADER , un peu atypique car attaché au périurbain, n’était pas vraiment prévu dans le cadre du Contrat de développement durable Rhône-Alpes. S’il a vu le jour, c’est en grande partie parce que le  travail d’Eric Grasset et de Christophe Mayoussier (1), qui pilote le volet filière bois, a été convaincant.

Le diagnostic qu’ils ont remis en mai 2009, montrant tout l’intérêt d’intégrer l’agriculture et la forêt périurbaines dans une stratégie d’agglomération, a manifestement pesé dans la balance.

« Nous avons montré, photos et cartes à l’appui, qu’un PSADER avait toute son utilité pour l’agglomération. Un périmètre riche d’un environnement spécifique, fort en valeur agricole et forestière, d’un relief varié qui va de 178m à 2161m, comporte 25% de territoires agricoles, 46% de forêts et milieux naturels, et un tiers d’espaces artificialisés. Je dois dire que ça a été une révélation en interne ! », explique Eric Grasset

Eric Grasset

Eric Grasset

Eric Grasset  a un pied dans les trois collectivités – Ville de Grenoble en tant que conseiller municipal, Métro en tant que vice-président, Région en tant que conseiller . Ce qui lui permet d’embrasser les questions d’agriculture, d’environnement, d’énergie, d’espaces verts à différentes échelles. Nous l’avons rencontré afin d’avoir des précisions sur le contenu des projets retenus pour la métropole grenobloise, qui , avec le soutien de la Région, affiche de nouvelles ambitions en matière d’agriculture et de forêt périurbaines.

Trois projets structurants sont proposés dans le cadre du PSADER: le développement de filières courtes, l’ouverture des coteaux, le développement de la filière bois-énergie.

I- Procédons par ordre. Le premier volet consiste à améliorer la valorisation des produits agricoles locaux et  à accroître les débouchés. Quelles sont les initiatives proposées pour organiser cette redynamisation producteurs/consommateurs ?

« Toujours avec une exigence de qualité, et dans le respect de la charte Terres en ville (2) le but est de mieux organiser le contexte et l’offre de produits agricoles dans le périmètre de l’agglo. Nous souhaitons mettre en place 3 points de vente collectifs, au pied des massifs, à la disposition des producteurs de Belledonne, Chartreuse et Vercors. Ensuite, nous proposons la création d’une légumerie (NDLR : un souhait exprimé depuis longtemps par l’ADAYG) équipée pour transformer les produits locaux pour la restauration collective. N’oublions pas qu’il y a 400 000 bouches à nourrir au moins, autour de midi.

Quant au lieu d’implantation, il n’est pas arrêté. En lice, le MIN, Le Fontanil, le Voironnais (NDLR : les patates de la Bièvre pèsent dans la balance).

En complément de cette légumerie, la création d’une plateforme viande serait une aide précieuse pour l’abattoir du Fontanil. Avec une salle de découpe et de conditionnement, la viande locale devrait trouver de nouveaux débouchés dans la restauration collective. Nous allons également travailler avec les artisans-bouchers pour qu’ils fassent part de leurs attentes. La viande produite localement n’est pas assez présente à leurs étals et c’est regrettable ».

II -  Le développement d’une ceinture verte productive.  Outre les fruits et légumes, en zone de plaine, peut-on élargir l’offre de produits agricoles ?

« Cette agglomération veut une politique agricole et forestière. Notre ceinture verte n’est pas assez productive. On connaît les obstacles rencontrés : pression foncière, difficultés de transmission des exploitations, faible rentabilité.  Il faut garder des zones agricoles, j’en suis convaincu, mais pas que des champs de salades ! Nous pouvons viser l’autonomie alimentaire en ce qui concerne les feuilles vertes, le maraîchage. Je trouve, en passant, qu’il y a un peu trop de maïs dans la zone de Domène/Murianette. Et puis, nous avons des espaces de coteaux que nous devons préserver, que nous souhaitons ouvrir ».

Vous avez donc l’intention d’attribuer à ces coteaux une nouvelle vocation et d’y installer de jeunes agriculteurs. Mais peut-on associer urbanisation et activité agricole ?

« Oui, ces coteaux doivent produire de l’urbanisation et de l’agriculture. Il faut les deux. Nous avons trois projets de création de fermes intercommunales. Une par massif, en principe. Le projet sur la colline du Mûrier est le plus avancé. La Métro devrait prochainement acquérir du foncier agricole sur le territoire des communes de Gières, Poisat, Eybens, Saint-Martin-d’Hères.

Une stratégie qui entend donc favoriser l’installation de jeunes agriculteurs. Parallèlement, des appels à projets vont être lancés en matière de développement local. Le projet de jardins familiaux  est aussi dans les cartons. Je défends l’idée que l’on puisse bientôt aller cultiver son jardin en utilisant le tram»

III- La forêt périurbaine est une des composantes essentielles de l’agglomération grenobloise. Elle appartient pour les 2/3 à des propriétaires forestiers privés. Quelles initiatives pour développer la filière bois-énergie ?

Lors d'une visite de la placette forestière de Veurey-Voroize en juin 2008, avec l'ADAYG

Lors d'une visite de la placette forestière de Veurey-Voroize en juin 2008, avec l'ADAYG

« Dans les projets inventoriés par Christophe Mayoussier, la création d’une plateforme bois-énergie dans l’agglomération, en lien avec les PNR du Vercors et de Chartreuse. Le lieu d’implantation pourrait être Saint-Egrève ou Veurey-Voroize. Rien n’est tranché en l’état des choses.

bois d'iciAu programme également, la création d’un PAT (2), la mise en œuvre d actions de communication autour du bois, l’édition d’un plan forestier d’agglomération, une étude sur la part  du bois dans la commande publique. La forêt qui ne représente pas moins de 13 400 ha, est un poumon vert pour l’agglo, un espace naturel qui présente une très forte capacité d’accueil et de loisir. Nous avons tout intérêt à faciliter sa desserte et à veiller à son entretien ».

Et puis pour ajouter une touche bleue à cet éventail vert, la mise en valeur des rivières de l’agglomération, Isère et Drac, figure également inscrite dans les projets du PSADER. Eric Grasset qui préside la Régie des eaux de Grenoble tient à ce que le réseau hydrographique du territoire participe d’une façon ou d’une autre à la  stratégie de valorisation  de la métropole grenobloise.

……………………………………………………………….

(1) Christophe Mayoussier est vice-président de la Métro chargé de la filière bois et de la forêt périurbaine. Il est maire du Gua.

(2) La charte « Terres en villes», co-présidée par Bernard Poirier et Gérard Seigle-Vatte, président de la Chambre d’agriculture de l’Isère, est centrée sur le développement durable du territoire urbain et périurbain.

(3) Un plan d’approvisionnement territorial (PAT) est un outil de décision qui prend en compte l’analyse de l’ensemble de la ressource (bois forestier, agricole, produits connexes), de la demande locale et régionale et propose des scénarios d’approvisionnement.  Le PAT doit permettre d’envisager les investissements nécessaires en amont pour une mobilisation des bois accrue et une logistique optimisée.

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Des alpages sentinelles du changement climatique

Pâturer… assez, trop, pas assez ? La gestion d’un pâturage est un vrai métier… qui doit aussi faire avec des contraintes qui lui sont totalement extérieures : évolutions du climat, des politiques agricoles, des mesures et des interlocuteurs. Pour se faire une idée globale de ces interactions, le programme des «alpages sentinelles» a été créé par les partenaires de l’agriculture au sein du Parc national des Écrins.

À terme, ils formeront un réseau de 14 alpages, choisis dans les différents secteurs du Parc national des Écrins et sur lesquels plusieurs paramètres sont suivis : la ressource pastorale, les pratiques, la pluviométrie, les évènements marquants, la biodiversité, le déneigement…

Voilà trois ans, le Parc et ses partenaires (1) ont mis en place cet observatoire partagé, afin de suivre l’évolution conjointe des espaces naturels et des activités pastorales sous l’effet des conditions climatiques, en tenant compte aussi des multiples événements que connaissent, dans le même temps, les exploitations d’élevage.

L’alpage s’inscrit dans un contexte global.

Chaque partenaire du programme rassemble les informations qui relève de ses compétences. Les éleveurs et les bergers contribuent largement à ce travail. Très concrètement, par exemple, ce sont les bergers qui enregistrent les résultats des pluviomètres installés sur leur alpage. L’implication de chacun permet de construire, ensemble, une vision partagée. Avec des outils d’analyse communs, il devient plus facile de prendre des décisions mieux acceptées par tous.

Une journée de restitution des enjeux et des premiers résultats de ce programme conjuguant la recherche et la gestion des pratiques pastorales est organisée jeudi 21 janvier , de 10h30 à 16h30 à la Maison du Berger, à Champoléon.

Des outils d’analyse en commun, pour une vision partagée

C’est l’expérience du terrain, qui a permis de définir les paramètres d’un «diagnostic pastoral» en lien avec les différents protagonistes de l’alpage.

Cette méthode s’est construite voilà plus de vingt ans, sur l’alpage du Saut du Laire (haut-Champsaur), avec l’appui déterminant du berger, André Leroy. Toujours d’actualité, il s’agit d’une expertise de l’alpage pour sa gestion durable, qui intègre le fonctionnement des différents quartiers, les données géographiques (relief, végétations..), les équipements pastoraux, les parcours du troupeau… et les enjeux environnementaux.

«D’une façon générale, la réalisation d’un diagnostic pastoral favorise les échanges entre toutes les personnes concernées : la commune, l’éleveur, l’ONF, le berger, le Parc, le gardien du refuge…

C’est l’occasion pour tous de mieux comprendre et prendre en compte les préoccupations et contraintes de chacun», souligne Muriel Della-Vedova, chargée de mission « agriculture » au Parc national des Écrins.

Les tournées de fin d’estive sont nées de cette même approche partenariale.

En 2005, avec la succession d’au moins trois années de sécheresse, les agents du Parc avaient tiré la sonnette d’alarme : certains alpages semblaient surpâturés. Les mêmes partenaires ont abordé calmement le problème et  ont décidé de mettre en place un dispositif permettant d’intervenir rapidement en cas de problème soupçonné.

Depuis, les «tournées de fin d’estive» permettent une expertise concrète et contradictoire sur le terrain, avec le berger, l’éleveur, le propriétaire de la «montagne» (commune, ONF) et des agents du Parc et/ou des techniciens du CERPAM. L’analyse du couvert végétal et du niveau de «raclage» est réalisée selon une «grille d’évaluation de la consommation».

S’il y a un problème, encore faut-il savoir d’où il vient. Est-ce une question de gestion? De chargement (effectifs ou durée de pâturage) ? Une vision partagée doit permettre de repérer le problème… et d’y remédier. Ces «tournées» sont autant d’occasions de mieux se connaître… et de se parler.

Parallèlement, et selon des protocoles à 15-20 ans, le programme « Alpages sentinelles » permet de réaliser un suivi de l’évolution des estives et de l’impact des changements climatiques, notamment aux niveaux de la ressource disponible et des pratiques.

Des contrats de bonne conduite

Le Colombier

L'alpage du Colombier, dans le Valbonnais

Adapter le parcours d’un troupeau pour protéger des nichées de tétras-lyre ou la reine des Alpes, installer des parcs de nuits tournants ou pratiquer un gardiennage serré pour limiter l’extension des queyrelles (fétuque paniculée)… autant de mesures «contractualisées» qui conjuguent la gestion de l’alpage et des enjeux environnementaux. Initiées dans les années 1990, les pratiques agri-environnementales ne sont pas spécifiques à l’alpage mais elles sont un aspect reconnu de la politique de gestion des milieux, développées… et défendues par le Parc auprès des décideurs et des financeurs !

Car la fluctuation des politiques agricoles ne favorise pas la cohérence et la continuité pourtant nécessaires à l’efficacité de ces mesures. Désormais, comme les sites Natura 2000, le coeur du Parc est aussi un lieu où l’on peut prétendre aux aides mises en oeuvre dans le cadre de ces contrats.

L’impact des contrats sur la végétation est mesuré à travers des «lignes de lecture permanentes», suivies par des écologues. «Elles fournissent des résultats quantifiés très précis et permettent de dire si le résultat recherché a été atteint… et jusqu’où il ne faut pas aller trop loin !» explique Pierre Salomez, botaniste au Parc national des Écrins.

«En effet, on ne peut pas gagner sur tous les tableaux. On peut mettre une zone en défens pour protéger des nichées de tétras lyre mais si on veut lutter contre l’embroussaillement, le pâturage est nécessaire. Il faut donc alterner avec un pas de temps que la «ligne de lecture» permet de déterminer.»

Historiquement, beaucoup d’alpages ont été défrichés pour y mettre des bêtes. Et quand la pression humaine se relâche, ce qui est le cas aujourd’hui, la forêt revient. À lui seul, le pâturage n’empêche pas forcément le phénomène. L’efficacité du principe de gestion des milieux et des espèces a été mis en avant. Ce qui est bon pour la nature est souvent bon pour l’alpage… mais ce n’est pas général. Pour le vérifier, les gestionnaires des alpages et ceux des espaces naturels continuent d’avancer et d’innover ensemble.

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(1) Les partenaire du programme « alpages sentinelles »: le CERPAM (Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes Méditerranée), les éleveurs et bergers des alpages retenus dans l’étude, les chambres d’agriculture de des Hautes-Alpes et de l’Isère. la FAI (Fédération des alpages de l’Isère), la DDAF (Direction départementale de l’agriculture et de la forêt), le CEMAGREF , organisme public de recherche pour l’ingénierie de l’agriculture et de l’environnement, le LECA (Laboratoire d’écologie alpine), l’ INRA ( Institut national de recherche agronomique).

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