Archive | 19 février 2010

Le procès du loup continue…

Hier s’est tenu à Gap le procès contre le chasseur qui a avoué avoir abattu dans les Hautes-Alpes en décembre dernier une louve, espèce protégée. France Nature Environnement (FNE), l’Union Régionale Vie et Nature PACA (URVN) et la Société Alpine de Protection de la Nature (SAPN) s’étaient portées parties civiles. Le délibéré sera rendu le 25 mars prochain.

Retour sur le procès:
Les faits qui étaient jugés hier avaient trait à un acte de braconnage contre un individu d’une espèce protégée, un loup. Nos associations ont demandé et obtenu la simple application de la loi et des sanctions prévues. « Le Procureur a reconnu l’acte illégal de chasse et requis une peine justifiée dans cette situation. Ces réquisitions (retrait du permis de chasse avec une interdiction de le repasser pendant 3 ans, 4500 € d’amende dont 1500€ de ferme), nous satisfont », explique Nathalie de Stefano, qui représentait FNE et l’URVN lors du procès.

« Nos associations regrettent que cette affaire ait été utilisée par des lobbys pour affirmer leur colère face à la présence de ce prédateur, à l’occasion d’une manifestation organisée en marge du procès ».

FNE, URVN et SAPN rappellent que le loup est revenu naturellement en France depuis l’Italie il y a un peu plus d’une quinzaine d’années maintenant. La question n’est plus de se prononcer pour ou contre la présence du loup mais bien d’organiser la cohabitation avec l’espèce pour qu’elle soit acceptable par tous. Les associations, en effet, n’ont jamais nié les contraintes supplémentaires que représentait le loup pour les éleveurs et les bergers. Les associations ont d’ailleurs accepté, comme le prévoit la réglementation, des tirs en dernier recours sur les individus qui mettaient en échec la protection des troupeaux.

« Les modalités de cette cohabitation, ainsi que des tirs exceptionnels contre les loups, sont débattus dans un climat constructif au sein de groupes de concertation (Comités National et départementaux Loup, Conseil National de Protection de la nature), auxquels participent nos associations, les représentants des chasseurs et des professionnels des filières ovines ainsi que les élus », rappelle Hervé Gasdon, président de la SAPN.

Laissons donc ces instances poursuivre leur travail sereinement et réjouissons-nous que le tribunal ait su juger en toute indépendance les seuls faits qui lui étaient soumis.

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Assemblée générale des JA: « Oui aux prix, non aux primes »

L’assemblée générale annuelle des jeunes agriculteurs et toujours un temps fort danse monde agricole. Elle permet, d’une façon très ouverte, parfois haute en couleur, de débattre des problèmes liés à l’agriculture dans sa globalité.

Cette année, le débat n’a pas une fois de plus déçu l’auditoire présent à St Antoine L’Abbaye.

Voici un résumé des interventions.

C’est Fabien Ageron, président cantonnal des JA qui ouvrira la discussion: « Notre zone est propice à l’activité agricole. Celle ci pourrait se faire de façon sereine mais elle subit trop d’aléas. » Et de citer la tempête de mai 2008   » qui a couché des centaines de noyers et chacun sait qu’un noyer n’est pas une céréale, il faut attendre une dizaine d’années avant qu’il produise. Vous trouverez également des arbres couchés sur certaines parcelles. Ils le car ils sont victime de l’urbanisation à outrance. Deux  phénomènes que l’on subit. Rajoutez à cela la crise économique, les charges qui augmentent, les banques qui ne nous font plus confiance, le revenu qui est en berne… et vous comprendrez notre désarroi.  »  » Notre souhait est de vivre de notre métier, pas de primes! »

Marie Chantal Jolland, maire de la commune: « St Antoine L’Abbaye est une commune qui a une activité agricole importante et nous tenons à la préserver. Deux agriculteurs font partie du conseil municipal. Nous limitons les zones constructibles afin de laisser les terres aux dix exploitations recensées sur la commune. Notre volonté est que les jeunes maintiennent ce paysage et cette activité agricole. »

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« Halte à l’urbanisation à outrance  » réclament les JA

Yves François au nom de l’ADASEA a souligné que l’année dernière 56 installations aidées se sont concrétisées dont 4 en production laitière. Le point accueil installation a sous le coude 300 dossiers.

« Le rapprochement entre l’ADASEA et la Chambre d’agriculture porte ses fruits. »

Nicolas Traynard au nom des JA:  « La rentabilité de nos exploitation est trop fragile car elle dépend trop des aides. C’est intolérable. En 2009, crise oblige on a perdu en moyenne 40% de nos revenus. Il faut trouver des solutions d’avenir. Les JA ont fait des propositions dans ce sens, il faut les prendre en compte.

Cela passe par exemple par la régulation des marchés, la mise en place d’un système gagnant-gagnant, la mise en place d’un observatoire sur les marges, une politique d’installation offensive afin que l’on continue à nourrir les hommes. Un pays qui a faim part vite en guerre civile. Il faut également que l’ADASEA puisse poursuivre son oeuvre. Son financement ne doit pas être »grignoté »,  nous devons rester vigilants afin de garder ce qui marche … »

Avoir des projets

Dominique Despras, JA Rhône Alpes, a utilisé beaucoup d’humour pour faire passer son message basé sur l’utilité d’avoir un syndicalisme jeune, fort. Les JA doivent être bien dans leur vie professionnelle, privée et sociétale: c’est la clé de leur réussite. » Il a abordé la nouvelle loi de modernisation agricole: « Je retiens que le foncier qui partira sera taxé, j’espère que ce sera appliqué…La reconnaissance du statut de maître de stage est également une belle avancée. » Il a demandé aux jeunes d’avoir des projets: « C’est notre richesse ».

Jean Robin-Brosse, président de la FDSEA de l’Isère: » La mise en place de la trilogie: JA-FDSEA- Chambre d’agriculture, pilotée par les jeunes  pour mener la politique de l’installation est une excellente initiative. »

Il se dit révolté par le fait que les agriculteurs qui ont tous une formation sont hélas considérés « comme des bons à rien ».

Ne pas supprimer les aides

Gérard Seigle-Vatte, président de la Chambre d’agriculture: « On ne peut que se féliciter des relations que nous avons avec les collectivités territoriales, surtout en cette période de tourmente générale. Bon nombre de pays européens envient notre puissance syndicale, sachons la conserver tout comme nos structures ».

Plus que la PAC

« Nous sommes en période de reconstruction de l’agriculture. Celle ci doit se faire obligatoirement au niveau européen. Certains ne veulent plus d’aides, c’est une erreur même si nous devons aller vers des revenus plus rémunérateurs. » Il a rappelé que notre agriculture est également à un tournant au niveau des hommes.  » Le baby boom d’après guerre arrive à la retraite.  »

A propos du foncier: « Il faut diminuer cette consommation des terres qui fait plus de dégâts que la PAC » . Il s’oppose à ceux qui « veulent casser les outils agro-alimentaires en Rhône-Alpes. Sans eux, il n’y aura plus de paysans dans notre région. »

Il a également souligné l’importance de la formation, une filière ovine en difficulté: « il n’est pas normal que pour un évènement comme l’Aïd, l’Isère manque d’agneaux, la seule chance de survie de l’Oisans est l’élevage ovin », l’abattoir de Grenoble:  » comment accepter que les vaches traversent tout le département pour se faire abattre ailleurs qu’à Grenoble… » Il a soumis également l’idée de créer un genre de label régional pour les produits rhônalpins.

Les JA mais également l’ensemble des agriculteurs savent qu’ils peuvent compter sur le département et la région. C’est le message qu’ont fait passé le conseiller général Jean-Michel Revol et la vice-présidente du Conseil régional à l’agriculture,  Eliane Giraud.

Le conseiller général a souligné le dynamisme de l’Isère en ce qui concerne l’installation mais avertit: »Un tiers des chefs d’exploitation ont plus de 50 ans. » Autre souci: 456 dossiers RSA concernent des agriculteurs. »

Il se dit préoccupé par « le foncier qui part: 1000 hectares par an soit l’équivalent de 22 exploitations. » Il souhaite redynamiser « le local avec la mise en place de coopératives locales. »

Eliane Giraud: « La région mène une politique forte vis à vis de l’installation. La crise: on y est en plein dedans, l’agriculture est touchée également. La pauvreté gagne du terrain en milieu rural. L’agriculture est une activité économique essentielle Préparons la PAC de 2013 en ayant des idées à défendre, sinon on va se faire « bouffer ».

Elle a rappelé que l’un des atouts de la région est » sa population: 6 millions d’habitants, l’équivalent d’un pays. Sachons en profiter. « 

Autre dossier: l’organisation des filières,  » sans  elle rien ne marchera.  » elle a souligné enfin le rôle important que jouent les contrats régionaux d’objectifs; les projets de stratégie agricole…La mise en place de systèmes d’irrigation, le lait : sans cette production ce sont des zones entières de montagnes qui seront modifiées… » Et de conclure: Rhône Alpes est une terre de production dans laquelle l’agriculture y a toute sa place. »

Quand on vous disait que les débats ont été  à la hauteur des espérances des JA de l’Isère.

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