Archive | mars, 2010

Ne jetez plus vos transats!

botanic

Jusqu’au 15 août, les clients pourront rapporter leur ancienne toile de transats Transatube Lafuma pour la recycler dans l’un des 59 magasins botanic®. En botanicéchange de ce geste, ils recevront une remise de 20 % sur l’achat d’une toile neuve Transatube Lafuma (soit un prix de vente de 15,20 € au lieu de 19 €).

Une occasion unique d’allier un geste en faveur de l’environnement tout en changeant la décoration dans son jardin ou sur sa terrasse.
Lafuma a réalisé une Analyse de Cycle de Vie (ACV) du Transatube avec une toile en Batyline® (Groupe Ferrari), l’un de ses produits les plus vendus. Cette analyse a permis de démontrer que la majeure partie des impacts environnementaux provient des matériaux utilisés et de la fin de vie du produit (mise en décharge ou incinération).


LAFUMA

L’armature du Transatube Lafuma est composée d’acier à Haute Limite Elastique, composé de 50% d’acier recyclé. Il a été choisi pour sa résistance, sa durabilité et ses qualités environnementales. La toile s’use avant l’armature ou l’utilisateur se lasse du coloris au bout de quelques années.
L’objectif de cette opération est donc d’inciter les clients à garder l’armature du Transatube plus longtemps et de ne changer que la toile. Ainsi, ils augmentent la durée de vie de leur produit et permettent de diminuer son impact environnemental en limitant la consommation de ressources naturelles.


A titre d’exemple, si trois ans après avoir acheté un Transatube, les consommateurs décident de remplacer leur toile usagée en la rapportant plutôt que de racheter un nouveau Transat, ils permettent une diminution de 75 % des impacts du produit sur l’environnement et une réduction de l’impact carbone de 26,6 kg éq. CO2 à 14,3 kg eq. CO2 .


Les toiles collectées sont recyclées dans l’usine italienne Texyloop du groupe Ferrari. Ferrari a développé et mis en œuvre à l’échelle industrielle un procédé de recyclage en circuit fermé : broyage, dissolution sélective, séparation des fibres, précipitation du PVC, régénération du solvant.

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Filière bois énergie locale : ne pas brûler les étapes

Les émissions de particules fines  constituent un problème sanitaire majeur, notamment à l’échelle de l’agglomération grenobloise où les taux enregistrés se situent 2 fois et demi au-dessus des seuils fixés par les directives européennes (1). Ces particules fines sont nocives car susceptibles de franchir la barrière pulmonaire et donc affecter la santé humaine.

Les données et les études de l’ASCOPARG, notamment (association pour le  contrôle et la préservation de l’air  de la région grenobloise, créée en 1976) montrent que parmi les sources d’émission de PM10 sur l’Y grenoblois, le chauffage individuel au bois représente 19%, à égalité avec le trafic routier et qu’en hiver ce pourcentage passe presque du simple au double.

Ce qui ressort notamment de ces observations est que le bois bûche utilisé dans des installations d’ancienne génération (cheminées ouvertes, poêles anciens, cuisinières) en période hivernale, ainsi que les feux en plein air (brûlage en forêt, écobuage, brûlage de déchets verts), constitue une source de pollution clairement identifiée.

Cette problématique apparue dans le débat public il y a 3 ans environ (voir les articles de sillon38) a incité l’ADAYG qui vient de lancer, avec Bois d’ici, une démarche de valorisation du bois énergie (bûches et plaquettes) à ne pas brûler les étapes, à prendre en compte ces exigences sanitaires et les inscrire dans le développement de cette filière bois périurbaine.

Ce que l’on brûle et comment

Une conférence était organisée hier soir, mardi 30 mars,  à la Maison des agriculteurs sur le thème « Bois énergie et qualité de l’air »  dans l’objectif d’identifier les moyens visant à concilier le développement d’une filière bois locale et la maîtrise des enjeux sanitaires et climatiques liés à la combustion du bois.

Plusieurs élus et spécialistes de la question (2) étaient là , autour de Roland Revil, co-président de l’ADAYG, parmi lesquels Alain Bromm, responsable du bureau Romand-Energie Bois Suisse, qui contribua largement à animer ce débat.

cheminéeEn effet, la Suisse semble avoir une longueur d’avance dans ce domaine depuis 2004, année où a été lancée une campagne d’information à destination du grand public.

Comme cela a été dit au fil des échanges,  la combustion du bois est quelque chose de complexe et il est indispensable de communiquer sur ce sujet et de proposer des formations à l’ensemble de la filière bois, notamment.

Chacun s’accorde sur ce point : la nocivité de la combustion dépend de ce que l’on brûle (qualité du bois) et comment on le brûle  (qualité de l’appareil utilisé).

La Confédération helvétique, outre l’information et la formation, a franchi l’étape de l’interdiction. M.Bromm a  mentionné une liste de mesures coercitives prises afin de lutter contre l’émission de particules :

-       interdiction de créer des cheminées ouvertes dans les nouvelles constructions

-       interdiction des feux en forêt destinés à l’incinération de déchets forestiers

-       interdiction de brûler du bois de palette, des caisses, du parquet, du carton, dans des chauffages à bois

En France, on n’en est pas encore là mais on s’en approche. Des outils sont en place. Un Schéma régional air énergie climat (SCRAEC) est en gestation (Grenelle II), un PPA (plan protection atmosphère) est appliqué dans l’Y grenoblois (3) depuis plus de 3 ans (arrêté préfectoral du 27/12/2006) et son périmètre devrait être étendu à celui du SCOT (Schéma de cohérence territoriale). L’objectif affiché en 2006: « Ramener à l’horizon 2010 les niveaux de pollution atmosphérique au-dessous des valeurs limites de qualité de l’air grâce à la mise en oeuvre de mesures concrètes ».

Ce PPA n’a manifestement pas réussi son objectif. On peut s’attendre en 2011 à des mesures préfectorales concernant le chauffage au bois.

La fin du bois bûche ?

bois d'iciSi la combustion du bois bûche de mauvaise qualité dans des appareils ouverts ou vétustes représente une source avérée de pollution de l’atmosphère, nocive, de l’avis général on ne peut pas pour autant condamner ce combustible.

Les responsables de l’ADAYG ont souligné qu’il ne fallait pas se tromper de message. La bûche, qui fait partie de l’économie du monde rural (c’est un complément de revenu pour les agriculteurs) , est une énergie renouvelable qui s’inscrit dans le développement durable (produit sur place, consommé sur place), et  doit conserver sa place parmi les autres combustibles (plaquettes et granulés). Mais chacun convient que la filière doit se montrer toujours plus exigeante sur la qualité, le degré d’humidité du bois, le respect des certifications, marques et labels, pour livrer du bois garantissant une combustion optimale.

Parallèlement , les particuliers seront incités à acquérir de nouveaux appareils de chauffage, à équiper leurs cheminées d’un  filtre à particules , à isoler leur habitation si ce n’est pas encore fait.

Charles Galvin, chargé de la filière bois et de la montagne au CG38 : « Le Conseil général et la Métro doivent  inciter la filière dans le sens d’une production de qualité et orienter les financements de façon à ce que les particuliers s’équipent en conséquence. Le Conseil général a décidé , il y a quelques jours (lors du vote du BP 2010 – NDLR) d’appliquer le principe d’éco-conditionnalité sur le bois d’œuvre. La réflexion doit se poursuivre sur le bois énergie ».

Cette réunion instructive aura permis de découvrir une innovation venue de Suisse qui a fait beaucoup d’effet sur les participants : l’allumage du feu par le haut.

Alain Bromm a exposé cette nouvelle méthode d’allumage qui permet de réduire sensiblement les émissions de polluants durant la combustion. Le bois brûle progressivement du haut vers le bas, comme une bougie. Par rapport à l’allumage par le bas, cette combustion est plus lente, ne dégage pas de fumée et peut être mieux contrôlée durant toute la durée du processus. Les gaz résiduels se retrouvent dans la flamme incandescente et sont presque entièrement brûlés. Ceux qui sont intéressés peuvent aller sur le site www.energie-bois.ch

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(1)  En vertu de la directive, les  Etats membres seront tenus de réduire, d ‘ici  2020, l’exposition aux PM2.5 en zone urbaine de 20 % en moyenne par rapport aux chiffres de 2010. Elle leur impose de ramener les niveaux d ‘exposition au-dessous de 20 microgrammes/m3 d ‘ici 2015 dans ces zones. Sur l’ensemble de leur territoire, les Etats membres devront respecter le plafond de 25 microgrammes/m3 fixé pour les PM2.5. Cette valeur cible doit être atteinte en 2015 ou, dans la mesure du possible, dès 2010. Les particules fines sont classées en fonction de leur taille : PM25, PM10, PM2,5

(2)  Participaient à cette conférence-débat:  Roland Revil (ADAYG), Agnès Vukovic (DREAL Rhône-Alpes) , Yvonne Coing-Belley (ADAYG), Dominique Jacques (Rhônalpénergie), Julien Allirot (Ageden), Christophe Mayoussier (Métro38), Alain Bromm (Energie Bois Suisse), Frédéric Bouvier (Atmo-Rhône-Alpes), Michel Cochet (Créabois 38),Charles Galvin (CG38).

(3)  La démarche a été lancée fin 2002 par le préfet Michel Morin

Catégorie - filière bois, A la une, La Métro, Y grenoblois, pollutionCommentaires fermés

Passez au bio grâce à CA’BIO!

Le Crédit Agricole Sud Rhône Alpes s’engage, à travers l’opération CA’BIO, pour un monde plus vert en proposant des produits et services »responsables », plus respectueux de l’environnement.

Il faut dire que dans notre région, le bio interpelle. La Drôme et le premier département bio de France. L’Ardèche se classant 5ème. Le Grenelle de l’environnement préconise un repas bio par semaine dans les cantines, c’est fait chez nous!

Il est prouvé qu’en temps de crise les agriculteurs bio s’en sortent mieux que les autres: moins de charges, plus de qualité implique plus de marges.

Les installations en bio ou les reconversions ont donc le vent en poupe et le  » Crédit Agricole Sud Rhône Alpes apporte des solutions exclusives, innovantes afin d’accompagner chaque porteur de projet, étape par étape dans sa nouvelle activité » a précisé Jean Pierre Gaillard, président lors de la conférence de presse précédant l’AG de la banque.

Pour en savoir plus, cliquer sur l’illustration ci dessous:

cabio

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Refus de vaccination contre la FCO: premiers procès

La vaccination contre la FCO (fièvre catarrhale) est obligatoire pour les ovins et les bovins depuis novembre 2008. Certains éleveurs s’y refusent.
Le 19 Mars dernier, un éleveur a été jugé au tribunal de proximité à Sélestat dans le Bas-Rhin pour avoir refusé de vacciner contre la Fièvre Catarrhale Ovine. Malgré le « prix de gros » fait par le ministère public en retenant une amende totale de 750 euros (l’amende pourrait s’élever à 750 euros par animal, soit 13 500 euros), la Confédération Paysanne dénonce une décision qui criminaliserait les éleveurs qui cherchent à développer des méthodes alternatives de soins, sans avoir recours à la vaccination.

Les procès font leur apparition un peu partout en France : dans le Gers, le procès initialement prévu pour le 16 Mars, est reporté par le parquet et en Indre une audience est prévue pour un éleveur le 27 Avril. En même temps, une série d’ordonnances et compositions pénales sont prononcées. Comme le souligne le préfet du Gers « ce n’est que le début des procédures, donc des procès ».

La Confédération Paysanne tient à affirmer sa ferme opposition à l’obligation de vacciner et à la répression. « Doit-on rappeler que la FCO n’est pas contagieuse et qu’elle n’est pas classée comme telle par l’Organisme International des Epizooties ? Doit-on rappeler, que la vaccination peut provoquer des effets secondaires conséquents dans certains élevages ? Ou bien, doit-on souligner que cette obligation vaccinale est une spécificité franco-française, caractérisée plus par des contraintes administratives qu’un souci sanitaire ? », souligne le syndicat dans un communiqué.

La Confédération Paysanne s’oppose à cette gestion sanitaire : elle ne permet pas l’éradication de la maladie (rêvée par le ministère), elle promeut une prise en charge uniquement pharmaceutique motivée entre autres par des intérêts commerciaux, et surtout elle ne répond pas aux problèmes des éleveurs (car elle est parsemée de contradictions). La Confédération Paysanne exprime sa solidarité avec les éleveurs poursuivis et réitère un appel à la mobilisation nationale pour les soutenir.

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Prix du lait: pour la Confédération paysanne, la crise continue

La Confédération paysanne rappelle qu’elle n’a jamais été favorable à l’accord interprofessionnel du 3 juin 2009 sur l’évolution du prix du lait, car celui-ci ne couvre nullement les coûts de production des éleveurs.
Au 2ème trimestre 2010, même avec une augmentation de 9 à 10 % par rapport à la même période de 2009, le prix restera trop bas pour permettre la rémunération du travail des paysans.

Les producteurs de lait ne peuvent pas se satisfaire de la négociation de ce jour au ministère, à laquelle une seule organisation agricole était invitée à participer.
On évoque déjà trois nouveaux indicateurs pour le mois de juillet 2010. Tenir compte des coûts de production n’aura de sens que si l’on considère les données conjoncturelles effectives. Cela sera pertinent à condition que d’autres indicateurs éventuels comme la « compétitivité France-Allemagne » ou encore les cours mondiaux du beurre et de la poudre, ne viennent pas provoquer un impact négatif.
Les producteurs ne sont pas dupes. Ils ont compris que compte tenu du contexte, le prix moyen 2010 ne pourra être supérieur à celui de 2009. N’en déplaise à ceux qui considèrent qu’il n’y a plus de raison de manifester, ou que le compromis de ce jour doit calmer les producteurs.

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Indicateurs du prix du lait: accord de l’interprofession

Réunis à l’initiative de Bruno Le Maire, Ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche, les présidents des trois familles de l’interprofession laitière sont parvenus à un accord sur l’évolution des indicateurs de tendance du prix du lait pour le 2ème trimestre 2010.
Henri Brichart, Président de l’interprofession laitière – le CNIEL – et Président de la Fédération nationale des producteurs de lait (FNPL), Gérard Budin, Président de la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL), et Olivier Picot, Président de la Fédération nationale des Industriels laitiers (FNIL), ont trouvé un accord afin de poursuivre, au 2ème trimestre 2010, l’application des indicateurs issus de l’accord du 3 juin 2009.

En outre, l’interprofession laitière s’est engagée à aménager trois nouveaux indices avant le 31 mai 2010, qui entreront en vigueur le 1er juillet prochain :
- un indice sur l’évolution comparée du prix du lait entre l’Allemagne et la France,
- un indice sur les coûts de production du lait,
- un indice relatif à la valorisation des produits laitiers.

Les pouvoirs publics veilleront à la stricte application de ce calendrier afin de conserver notre compétitivité et l’excellence de la filière laitière française.
Enfin, Bruno Le Maire a rappelé sa mobilisation et son engagement pour développer une stratégie de performance au bénéfice de tous les acteurs de la filière laitière française à moyen terme. Cette stratégie passe par :
- la mise en place de relations contractuelles écrites entre producteurs et industriels afin de donner de la visibilité à chaque partenaire, notamment sur les volumes et les prix ; une expérimentation débutera dans les régions Basse-Normandie et Bretagne, en parallèle de la discussion du projet de loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche qui débutera le 17 mai au Sénat;
- le renforcement du rôle de l’interprofession notamment pour élaborer des indicateurs de prix : les conclusions de la Présidence espagnole lors du Conseil des Ministres hier à Bruxelles ont confirmé qu’une évolution du droit européen de la concurrence est engagée ;
- un maintien et un renforcement des outils communautaires d’intervention afin de réduire la volatilité des marchés ainsi que la mise en place d’un observatoire communautaire sur les volumes, les prix et les marges dans la filière laitière.

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La truffe noire du Périgord n’a plus de secret

Un consortium franco-italien, coordonné par une équipe du Centre INRA de Nancy et impliquant le Genoscope, le CNRS, et les Universités de Lorraine et de Méditerranée publie aujourd’hui un article sur le séquençage et le décryptage du génome de la très réputée truffe noire du Périgord (Tuber melanosporum).

Cette avancée permet de mieux comprendre la biologie de cette espèce, la formation de ce précieux champignon et l’évolution de la symbiose entre arbres et champignons. La truffe noire du Périgord a été choisie du fait de son importance agronomique et culturelle. Le détail de ces résultats est publié dans l’édition avancée en ligne de Nature du 28 mars 2010.

Fruit de 5 années de travail, le premier décryptage du génome d’un champignon comestible, la truffe, est achevé. Conduit par un consortium franco-italien de 50 scientifiques, coordonné par l’INRA, le séquençage du génome de T. melanosporum a été réalisé en 2007 au Genoscope à partir d’une lignée issue d’une truffe récoltée en Provence.

Les étapes complémentaires de mise en forme du séquençage brut initial se sont poursuivies pendant deux ans par une analyse fine et détaillée du génome de ce champignon par des laboratoires français de l’INRA, du CNRS, du CEA, des universités de Lorraine et de la Méditerranée et leurs collègues italiens de Turin, Parme, Pérouge, Urbino, Rome et l’Aquila. Ces travaux sont complétés par l’étude des gènes exprimés lors de la formation de la truffe et de la symbiose mycorhizienne2 au niveau des racines de l’arbre.

La truffe est le fruit du mariage entre des filaments souterrains de T. melanosporum et des ramifications de la racine de certains arbres, comme les chênes. De cette relation naissent des mycorhizes, organes symbiotiques mi-champignon, mi-racine. Le génome de la truffe, le plus grand connu chez les champignons, comprend 125 millions de paires de bases. Cette taille remarquable s’explique par la présence de séquences répétées (58%) dont l’impact sur la diversité de l’espèce est en cours d’étude. Le génome contient 7 500 gènes codant pour des protéines dont environ 6 000 sont similaires aux gènes d’autres champignons.

Toutefois, plusieurs centaines de gènes sont uniques à la truffe et jouent un rôle fondamental dans la mise en place de la formation du champignon et de la symbiose avec la plante-hôte. Leur étude nous renseignera sur les mécanismes conduisant à la formation de cette étrange fructification souterraine

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PEZMA : un programme en voie d’abandon

L’ADABEL qui milite depuis 25 ans pour le développement de l’agriculture de Belledonne, a tenu aujourd’hui son assemblée générale à Sainte-Agnès. Thème central de cette réunion : comment faire face à l’avenir compromis du programme PEZMA (Programme d’entretien des zones menacées d’abandon) dont  les contrats en cours (signés en 2005), courent jusqu’au 1e mai de cette année. Reste la PHAE (prime à l’herbe agro-environnementale) (1).

Bref, les zones en question se trouvent doublement menacées d’abandon. Une source d’inquiétude supplémentaire pour les communes et agriculteurs de montagne pour qui la lutte contre la friche est un impératif, mais un impératif qui coûte cher. Le PEZMA (2) contribuait jusque-là au financement de cet entretien. Et maintenant ?

On oublie facilement, lorsqu’on est citadin, que l’entretien des espaces, en zone de montagne particulièrement, est d’ utilité publique. Ce travail éreintant de débroussaillage (il faut tenir compte de la pente) à l’actif des agriculteurs contribue à ouvrir le paysage,  attirer les promeneurs,  favoriser la biodiversité, prévenir des incendies, des avalanches.

Depuis 1989, grâce au PEZMA, le Conseil général de l’Isère participe au maintien d’un espace montagnard ouvert, en rémunérant le travail d’intérêt collectif effectué par les agriculteurs qui exploitent des terrains dans des zones particulièrement difficiles. Le CG38 a voté il y a trois jours, dans le cadre de son budget primitif 2010 une somme de 300 000€ affectée aux zones menacées d’abandon.

L’ADABEL, pour sa part, tient à entretenir pour le mieux les balcons de Belledonne.  La lutte contre la friche est une des composantes de cet engagement.  Avec l’Espace Belledonne, l’association a élaboré un guide méthodologique de lutte contre la fermeture de l’espace, à la demande des communes de La Ferrière et de Pinsot. C’est un outil à la disposition des agriculteurs de Belledonne et d’ailleurs.(3)

Préparer l’après-PEZMA

Gérard Arnaud, membre du bureau de l’ADABEL, en introduction à la discussion, a exposé les tenants et aboutissants de cette nouvelle donne et affiché le volontarisme de l’association pour s’y préparer: « Le PEZMA a vécu. Mais sa mort était annoncée. C’était un programme qui avait certes des mérites – il a contribué à freiner l’avancée de la friche et de la forêt- mais aussi ses limites, surtout du fait que l’aide était personnalisée ».

Sur Belledonne, l’ADABEL a recensé 206 dossiers PEZMA représentant 1372 ha, soit 32% des surfaces agricoles utilisées. La question que tout le monde se pose : retrouvera t-on une contribution comparable à la précédente ?

Stéphane Vaussenat, président de l'ADABEL et maire de Pinsot,Michel Savin, Christian Nucci, vice-président du CG38, Jean Picchioni, président d'Espace Belledonne, Claude Blanc-Cocand, maire de Sainte-Agnès

Stéphane Vaussenat, président de l'ADABEL et maire de Pinsot, Aimée Gros (ADABEL), Michel Savin, conseiller général, Christian Nucci, vice-président du CG38, Jean Picchioni, président d'Espace Belledonne, Claude Blanc-Coquand, maire de Sainte-Agnès, Gérard Arnaud, membre du bureau de l'ADABEL

La présence de Christian Nucci, vice-président du CG38,  à cette AG a permis d’avoir une réponse sur ce point, soulevé quelques jours auparavant en session budgétaire par Michel Savin, conseiller général, présent à cette AG :

« La PAC stipule que le PEZMA est terminé. En Isère, nous allons passer de 600 ayants droits à 300. Le CG38 est prêt à prendre en charge 300 contrats mais les autres ? Nous avons besoin de réfléchir ensemble sur ce point. Mais inscrire des aides en sachant que la Commission nous demandera plus tard de rembourser n’est pas la  bonne solution ».

Pour Gérard Arnaud, « il faut aller vers une stratégie de gestion d’espace concertée. Pour cela, une volonté politique ferme et soutenue dans la durée est nécessaire. Communes, Communauté de communes, Conseil général doivent aller dans le même sens, celui d’un projet agricole de territoire ».

Au hameau de La Perrière, à sainte-Agnès

Au hameau de La Perrière, à Sainte-Agnès

L’ADABEL a donc anticipé et réfléchi à l’après-PEZMA depuis 2005, année où ce programme menaçait déjà de disparaître. Elle propose que les communes concernées aient un rôle moteur en matière de gestion de l’espace, en concertation avec les agriculteurs, sylviculteurs et associations locales. Les communes ont d’ailleurs adhéré majoritairement  (16 sur 22) à cette proposition, se disant prêtes à s’engager financièrement.

Cette réflexion collective pourrait déboucher sur un projet élaboré sur 5 ans, un plan quinquennal de gestion de l’espace précisant les enjeux, définissant le zonage, spécifiant les modes d’intervention, inventoriant les prestataires de services. Le plan d’action pourrait être expérimenté sur une commune pilote, pour montrer l’exemple.

Une première évaluation financière a été faite : au moins 25 000€ par commune sur 5 ans. « L’équivalent d’un gros rond-point paysager », entend-on dans la salle.

Claude Blanc-Coquand, agriculteur et maire de Sainte-Agnès, membre du bureau de l’ADABEL, défend depuis toujours le fait qu’en matière d’entretien de l’espace, « l’agriculteur doit être considéré comme un entrepreneur et rétribué comme tel ». D’aides, il ne veut pas entendre parler mais de salaire. Ce salaire, il l’attend toujours.

« La nature va plus vite que nous, poursuit le maire de Sainte-Agnès. Nous parlons de futur depuis 25 ans et nous sommes sans cesse rattrapés par l’immédiat. La montagne doit maintenir des espaces ouverts comme c’est le cas en Suisse et en Autriche. Et cela a un coût ».

Une jeune agricultrice de Revel, Anne-Sophie Cosson, souligne le maigre rendement obtenu avec sa débroussailleuse sur son terrain. Passer à un matériel plus performant n’est pas à la portée de tous : le prix d’un broyeur est de l’ordre de 85 000€.

Un schéma volontariste et innovant

Payer les agriculteurs pour préserver l’environnement, c’est une possibilité qu’envisageait la FAO dans son rapport annuel 2007 (voir notre article) sur la situation mondiale de l’alimentation et de l’agriculture. « Une rétribution des agriculteurs judicieusement ciblée contribuerait à la protection de l’environnement et à affronter les préoccupations croissantes liées aux changements climatiques, à la perte de biodiversité et aux ressources en eau,  indiquait la FAO, à l’occasion de la publication de son rapport.

Mais la prise en charge de la gestion de l’espace par les communes de montagne elles-mêmes, comme le défend l’ADABEL, propose aux collectivités territoriales (CG38, Communauté de communes du Grésivaudan) un schéma volontariste et innovant pour encadrer de nouveaux financements sur ce thème.

…………………………

(1) Le montant unitaire de la PHAE est de 76 € par hectare engagé, chaque année, pendant une durée de 5 ans. Dans les cas de surfaces peu productives, ce montant peut être fixé à un niveau inférieur localement. Cette aide est financée par l’État et fait l’objet d’un cofinancement de l’Union européenne par le FEADER.

(2) Le montant est de 65,55 €/ha/an pour un contrat « d’entretien »  (mesure 1903A11), 122,55€/ha/an pour un contrat « d’entretien » cumulé avec la PHAE 19.3 (mesure 1903A15). Les contrats sont co-financés par l’Union Européenne. Certains prévoient aussi une intervention de l’Etat dans la mesure où les terrains étaient engagés en prime herbagère agro-environnementale (PHAE).

La convention engage le bénéficiaire à respecter le cahier des charges fixant les modalités d’entretien et tenir un calendrier annuel de fauche et pâturage, déclarer les parcelles à la PAC.

Seules les parcelles agricoles non-mécanisables avec un tracteur 2 roues motrices standard, du fait de leur pente, de la présence d’enrochements ou de leur difficulté d’accès sont éligibles au PEZMA.

Ces parcelles sont recensées dans une cartographie validée par les commissions communales et consultable en Mairie ou au Conseil général.

(3) Contacts ADABEL au 04 76 20 68 45

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Des projets pour la cave coopérative de Saint-Ismier

Un appel à projets a été lancé à tous les agriculteurs, à la suite de la mise en liquidation de la cave coopérative de Saint-Ismier. Les coopérateurs, la commune et la Communauté de communes ont émis le souhait de conserver ce bâtiment spacieux et de lui donner une nouvelle vocation où la vigne et le vin auront leur place.

Sept porteurs de projets individuels, un groupe de 10 producteurs, le lycée horticole de St Ismier, la Dauphinoise et la commune, tous intéressés par l’émergence d’un projet, se sont réunis à l’initiative de la Communauté de communes du Grésivaudan et de l’ADAYG, pour proposer aux coopérateurs un nouveau projet agricole dans le bâtiment de la cave coopérative de St-Ismier.
Les nouveaux projets implantés, organisés au sein d’une nouvelle structure collective, pourraient se répartir en point de vente collectif, caveau viticole, ateliers de transformation, avec éventuellement un espace dédié à la place et au rôle de la viticulture dans le Grésivaudan.
La liste n’est pas close, et les producteurs locaux intéressés peuvent encore se manifester auprès de l’ADAYG (1). Il faut maintenant approfondir les idées pour relever le défi de recréer pour ce lieu emblématique, une vocation agricole moderne.

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(1) On peut joindre l’ADAYG au 04 76 20 68 29

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Congrès FDSEA: hommage à René Blanchet

La FDSEA de l’Isère a tenu à rendre un hommage appuyé à René Blanchet récemment décédé (voir nos articles précédents). Pour ce, elle a organisé son congrès annuel à la Murette, commune où a vécu René Blanchet, où il  a travaillé comme « paysan », commune dont il a été maire durant de nombreuses années. Les adhérents présents lors de ce congrès ont observé une minute de silence en sa mémoire.

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