Archive | 01 mars 2010

Benoît Lourdel, palefrenier

benoit Lourdel

Benoît Lourdel: "J'ai passé dix ans de ma vie dans le monde des courses de trot"

Dans la série « Les métiers du cheval » que sillon38 vient d’inaugurer, nous avons rencontré Benoît Lourdel, palefrenier aux Ecuries de Crossey, à Saint-Etienne-de-Crossey (Isère) depuis novembre 2009.

Responsable d’écurie, Benoît veille sur les 80 chevaux du centre, à leur nourriture, à leur santé, s’occupe de l’entretien des boxes, assure régulièrement la sortie des chevaux au pré, à l’occasion remet un fer, vérifie l’état des paddocks et se charge de l’entretien des extérieurs. Un travail qui occupe son homme. C’est peu de le dire.

Ce jeune homme, natif de la région parisienne, a fait ses armes très tôt  dans le milieu des courses hippiques.

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« J’ai passé dix ans de ma vie dans le monde des courses de trot, explique t-il. Comme palefrenier, comme premier garçon d’écurie, mais aussi comme jockey. Ce fut la meilleure période de ma vie ! J’ai débourré 3 à 4000 chevaux en dix ans. Y compris le crack Meaulnes du Corta qui gagna le Grand prix d’Amérique en 2009. J’ai fait les ventes de Deauville pendant 8 ans. J’ai fait du dressage aussi ».

Je suppose que c’était un travail exigeant où vous ne comptiez pas les heures ?

« Un travail de fou. De 4h du matin à 22h plus les nocturnes ! La nuit, je veillais sur les juments, le jour je m’occupais des chevaux ».

Mais un travail qui vous a beaucoup apporté au plan professionnel ?

« Oui, j’ai appris beaucoup en étant au cœur du monde de la course. J’ai tout retenu, tout inscrit et je me suis fait ma propre méthode. Ce qui m’a marqué, c’est que le trotteur a un mental comme on ne l’imagine pas ! D’une gentillesse ! Il donnerait son cœur pour celui qui le soigne, qui est à ses côtés en permanence. Il y a vraiment une relation intime qui se noue avec le cheval. Et c’est très fort ».

Vous avez commencé tout jeune. Vous vous êtes formé sur le tas ?

« Oui, en fait je me suis fait tout seul. J’ai suivi un CAP de palefrenier-soigneur que je n’ai pas pu terminer. Je n’ai jamais pris un cours de manège. Et pourtant, j’ai fait des courses de trot. Mon expérience –17 ans de métier quand même !- fait qu’aujourd’hui je me débrouille bien dans ce métier ».

Benoit Lourdel, à la suite d’un accident, a pris un jour la décision de prendre le large, de quitter la région parisienne pour revenir dans la région de son enfance, les Entremonts. Un coin de Chartreuse cher à son cœur. Saint-Pierre-d’Entremont est désormais son port d’attache et la Chartreuse son pays. Infatigable, il souhaite s’investir pour son village à ses heures de loisirs. Il a dans l’idée de proposer pour l’hiver prochain une activité de ski-joering (un skieur tracté par un cheval) . C’est sa façon à lui de se reposer le  week-end. Comme quoi, pour Benoît Lourdel, plus qu’un métier, le cheval est une véritable passion.

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Bruno Le Maire et Dacian Ciolos ont inauguré le Salon

SIA Le MaireLe ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche a parcouru les allées du Salon de l’agriculture ce samedi matin. Il a été rejoint par le nouveau Commissaire européen à l’agriculture Dacian Ciolos au cours de sa visite.

Lors d’un point presse, Bruno Le Maire a ensuite adressé un message de soutien à tous les agriculteurs français, témoignant de la fierté qu’il ressent pour eux.

« Les agriculteurs peuvent être fiers du travail qu’ils font au service de tous les français. Nous avons besoin d’eux et nous sommes tous mobilisés pour leur permettre de vivre mieux de leur production. Il nous revient de les défendre et de leur offrir de vraies perspectives d’avenir » a déclaré Bruno Le Maire en terminant sa première matinée passée au Salon.

Après avoir rendu visite à Aïda, la vache de race Salers emblème des affiches publicitaires de l’événement, il a rencontré des professionnels de toutes les filières, goûtant au passage de multiples produits du terroir. Après avoir discuté avec de nombreux exploitants et producteurs, le ministre français s’est réjoui du caractère ouvert et constructif des échanges que Dacian Ciolos et lui ont eu durant leur visite.

L’ancien ministre roumain de l’agriculture, désormais Commissaire européen a répondu présent à l’invitation de Bruno Le Maire car c’était pour lui « l’opportunité d’avoir un contact direct avec les agriculteurs, et avec une des agricultures les plus importantes de l’Union européenne ».

Soucieux de saisir les problématiques des différents pays sur le terrain, il s’est déjà rendu en Espagne, et fera un voyage la semaine prochaine en Allemagne. Au moment où s’ouvre la discussion sur la réforme de la PAC, qui durera jusqu’en 2013, Dacian Ciolos a préconisé de travailler en priorité sur les instruments à mettre en place plutôt que de se concentrer uniquement sur le budget de cette politique. Il souhaite lancer au printemps un débat public sur la politique agricole européenne : « La société doit comprendre quels sont les apports de la PAC » a-t-il précisé. Bruno Le Maire pour sa part a déclaré que la venue du Commissaire européen représentait « un signe fort du soutien que la France peut espérer de l’Union Européenne et de la Commission en particulier. »
Le ministre s’est également félicité du « bon déroulé » du Salon dont les allées se sont remplies dès son ouverture. Il souhaite que cet événement soit un lieu de rencontre entre la société française et son agriculture. Dacian Ciolos s’est par ailleurs déclaré « très agréablement surpris » de voir une foule si nombreuse « curieuse du monde agricole ».

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L’Oisans, c’est aussi l’agriculture

Si le tourisme est depuis un demi-siècle le poumon économique de l’Oisans, hiver comme été, l’agriculture, elle, était, encore très récemment (au siècle dernier, néanmoins), à bout de souffle :

« Il y a eu un gros creux, il y a une quinzaine d’années, à l’échelle du canton , époque  où le nombre d’agriculteurs est tombé à une dizaine », souligne Manuelle Glasmann, animatrice Oisans à la Chambre d’Agriculture de l’Isère. « La situation a évolué positivement  : on recense aujourd’hui approximativement 25 producteurs (1), d’ une moyenne d’âge de 40 ans, soit en dessous de la moyenne nationale, et une dizaine de projets d’installation sont à l’étude, portés par des jeunes de l’Oisans ».

Ce nouvel élan est sans aucun doute à mettre à l’actif de l’APAO (association des producteurs agricoles de l’Oisans) qui s’emploie activement à ce que l’agriculture trouve sa place en Oisans, à faire connaître ses acteurs aux habitants de ces vallées, à valoriser leur production.

miel Riche

L'apiculture à Villar-d'Arène (photo Famille Riche)

Une offre de produits de qualité comme celle-ci ne peut que trouver son public et  prendre de la valeur : les consommateurs, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, n’ont jamais autant été demandeurs. Les produits fermiers, la cuisine de pays, les saveurs de terroir, ils aiment ! Ajoutons que tous  ces produits, il est possible de les retrouver aussi sur les tables des chambres d’hôtes et gîtes ruraux de Bourg d’Oisans et alentour, accommodés et mitonnés comme savent le faire les gens du pays. L’accueil y est à la mesure de la saveur des plats qui vous seront servis.

« La demande est là, c’est un fait, confirme Manuelle Glasman. Et les producteurs ne peuvent y répondre complètement. Près de 90% de la production sont écoulés en vente directe, sur les marchés (2), à la ferme ou via les AMAP de Grenoble ».

Outre la vente à la ferme et sur le marché, d’autres points de vente sont en projet. Pour l’été 2010, un magasin de producteurs devrait ouvrir ses portes au Sonnant d’Uriage, commune d’Uriage, en bordure de la route qui conduit à Chamrousse et Bourg d’Oisans et à 30 minutes de l’agglomération grenobloise. Une route qui connaît un trafic considérable, été comme hiver.

« Ce projet, sur lequel nous travaillons depuis deux ans, confie Olivier Hugonnard, président de l’APAO, a pu aboutir grâce à un co-financement  CDRA Alpes Sud Isère/CDRA du Grésivaudan ».

Le plus petit abattoir certifié CE

Cette année 2010 qui sera riche en projets et en actions, a démarré dans les meilleures conditions. L’abattoir de Bourg d’Oisans a obtenu l’agrément CE il y a deux mois. Ce qui fait la fierté d’Olivier : « Oui, c’est une satisfaction . C’est pour nous un équipement essentiel, pour lequel nous avons fait de gros investissements avec l’aide du SIVOM. L’abattoir, géré en SARL par les éleveurs de l’Oisans, est l’un des plus petits abattoirs de France agréé CE ».

Le troupeau d'Emilie Salvi à Ornon (photo Emilie Salvi)

Le troupeau d'Emilie Salvi à Ornon (photo Emilie Salvi)

Jusque là, l’abattoir ne pouvait vendre la viande en direct que dans un périmètre restreint. Avec l’estampille CE, il est désormais possible de vendre les bêtes abattues et découpées à des structures revendeuses comme des restaurants et des cantines. Cet agrément, donné provisoirement, devra être confirmé par la préfecture vers la fin mars.

Ajoutons que cet agrément modifie les règles de travail du personnel de l’abattoir, la mise aux normes impliquant  l’ enregistrement systématique des pratiques (méthode HACCP) dans l’objectif de garantir la sécurité sanitaire des aliments.

Valoriser, promouvoir, communiquer

La vocation agricole de l’Oisans (4) s’est peu à peu effilochée au fil des siècles et le défi de l’APAO avec le soutien des élus, est précisément de lui redonner vie, de la mettre en lumière. L’une des priorités a été la valorisation. L’APAO (3), dont les membres font partie du réseau « Bienvenue à la ferme », a élaboré une charte de qualité et une marque qui  font sa force : animaux élevés en Oisans,découpe à l’abattoir de Bourg-d’Oisans, fromages, miel, charcuterie  transformés à la ferme. 100% Oisans.

Mais le savoir-faire a besoin du faire savoir. En complément, l’association affiche la volonté d’engager une véritable communication sur ce sujet : réalisation d’un bulletin, création d’une signalétique, expo photo, etc.

« La cible, précise Manuelle Glasman, c’est avant tout les gens de l’Oisans. Il y a des jeunes à Bourg d’Oisans qui ignorent que des agriculteurs travaillent pas loin de chez eux ou un peu plus haut. L’objectif est d’ancrer l’agriculture dans la vie locale, qu’elle soit connue et reconnue par les habitants »

Pour atteindre cet objectif, il faut une mobilisation collective. C’est pourquoi l’APAO , au cours de cette année 2010, souhaite développer des partenariats et des collaborations, que ce soit avec l’Office de tourisme (création d’un document sur la route des savoir-faire »,  le Parc des Ecrins, le SIVOM, la Communauté de communes.

Une dizaine de porteurs de projets d’installation

Outre son action en faveur d’une gestion équilibrée de l’espace et de la valorisation des produits, l’APAO, en liaison avec les élus, soutient l’installation des agriculteurs. Une démarche qui n’est pas toujours simple, en Oisans comme ailleurs, en particulier pour trouver des terres agricoles.

« Des terres en friches, il y en a, dans la plaine de la Romanche. Et ce sont des terres fertiles. Mais il est extrêmement difficile d’avoir un bail, explique Olivier Hugonnard. Les propriétaires ne sont pas disposés ».

L’APAO participe à des projets  avec les élus et la profession agricole afin de faciliter l’installation sur son territoire.

« Nous avons le soutien des élus, notamment de la Com Com mais il devient nécessaire de passer du soutien à la collaboration, explique Manuelle Glasman. Il faut voir comment le territoire peut faire une place à cette agriculture. Il y a par exemple une forte demande de maraîchage. Où trouver de la place ? L’aménagement de la Romanche, qui entraîne l’interdiction de construire tout bâtiment  ne facilite pas les choses ».

Le SYMBHI, conduit ici, comme en Isère Amont, des travaux de protection contre les crues. La circulation le long des digues, entre autres, pose de gros problèmes aux agriculteurs, les barrières et portiques en place ne permettant pas aux engins agricoles de passer.

L’ADASEA  recense près de 13 candidats à l’installation , la plupart de l’ Oisans, hommes et femmes, porteurs de projets diversifiés qui vont de l’apiculture aux PPAM en passant par les vaches laitières, les ovins, caprins, les  volailles, les fromages, et la création d’une ferme équestre. L’APAO compte sur ces nouveaux arrivants pour poursuivre son défi, à savoir que l’agriculture relève la tête en Oisans. Toute nouvelle bouffée d’oxygène est la bienvenue. Mais elle compte de la même façon sur les élus pour leur faire une place.

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(1) Quelques producteurs de l’Oisans  (liste non ehxaustive)

Chantal Theysset, (Villard-Reymond)- liqueurs et apéritifs (génépi, gentiane, sureau)  confitures (framboises, cassis, groseilles) (voir la photo de une, de Chantal Theysset)

La famille Salvi, (Ornon) viande d’agneau, de veau et de bœuf

Olivier Hugonnard  (Bourg d’Oisans) fromages de chèvres,  chevreau

Emilie Salvi (Ornon) – fromages de brebis, viande d’ agneau

Marie-Anne Varreau (Venosc)- miel de montagne et haute montagne

Didier Girard (Bourg d’Oisans), viande de bison et d’ agneau d’alpage

Joël et Karine Ganot, (Bourg d’Oisans),charcuterie, viande d’agneau, de bœuf charolais et limousin, veau de lait et  porc fermier

Cécile Strauss (Allemont)-  fromages de chèvres,chevreau

Lydie Barruel  (Bourg d’Oisans) – légumes, œufs et produits de la ferme Stéphane Vieux Bourg d’Oisans) – bœuf, veau, pommes de terre)

Julien Picca (Bourg d’Oisans) -bœuf, mouton

Jérôme Fouvet et Véronique Riche  (Villar d’Arène) – miel et ses produits dérivés

Frédéric et Claudine Laperrière (Villar d’Arène) – tommes, raclette et gruyères d’alpage.

(2) Le marché de Bourg-d’Oisans a lieu le samedi matin. Certains producteurs sont aussi présents sur des marchés grenoblois comme le marché du vendredi, place aux Herbes ou le samedi, place Saint-André.

(3) L’APAO tiendra son assemblée générale lundi 8 mars à 19h30 à la mairie de Bourg d’Oisans.

(4) C’est à l’Oisans que nous devons la foire de Beaucroissant. Une catastrophe est à l’origine de ce transfert vers la Bièvre. En 1219, le lac naturel de Saint-Laurent (à l’emplacement de l’actuel Bourg d’Oisans) se rompt et inonde toute la vallée y compris Grenoble. On déplore de très nombreuses victimes.

Dès l’année suivante, le 14 septembre, sous la conduite de Pierre de Seyssins, évêque de Grenoble, la foule des survivants se rend en pèlerinage à Parménie, résidence de l’évêque. Les pèlerins viennent remercier le ciel de les avoir épargnés. Ils sont si nombreux qu’il faut construire au pied de la colline un village pour les abriter. Il est installé au lieu-dit « Le Mollard du Paul » avant de prendre le nom de Beaucroissant en 1312 par décision de Guy de Tullins, seigneur des lieux. Ce rassemblement est l’occasion de faire du commerce et les marchands suivent en nombre. La foire de Beaucroissant est née.

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Les jeunes bergers irlandais trustent la victoire

OvinpiadesDimanche 28 février, sur le grand ring du Salon de l’Agriculture, avait lieu le concours européen des jeunes bergers. Les  trois vainqueurs de la finale nationale (voir notre article précédent) se sont affrontés aux candidats européens venus spécialement d’Irlande, de Grande-Bretagne, d’Allemagne, d’Espagne et des Pays-Bas. Leur objectif : décrocher le titre de meilleur jeune berger d’Europe.

Ces jeunes concurrents ont été évalués et notés par un jury professionnel sur 5 épreuves : tri de brebis avec boucles électroniques, parage ou taille des onglons, quizz, note sur l’état corporel des animaux et maniabilité d’un quad.

Bilan de cette compétition: les jeunes Irlandais ont raflé la mise, trustant les trois premières places. Toutes nos félicitations.

Le palmarès est le suivant:
1 – BRENNAN Niall – IRELAND   66 points
2 – ARMITAGE Leslie – IRELAND   63 points
3 – O’CONNOR Sean – IRELAND   62 points
4 – MACKELVEY Jonathan – UNITED KINGDOM (Northern Ireland)   61 points
5 – MACCOMBIE Charles – UNITED KINGDOM (Scotland)   60 points
6 – BRAULT Benoit – FRANCE   59 points
6 – PESCHET Félix – FRANCE   59 points
8 – COUSIN Guillaume – FRANCE   57,5 points
9 – JONES Iwan – UNITED KINGDOM (Wales)   57 points
10 – KOPCKE Jan – GERMANY   56,5 points
11 – GARTH Antony – UNITED KINGDOM (England)   54 points
12 – JOHNSTON Edwin – UNITED KINGDOM (England)   53 points
13 – EICHHORN Gesa – GERMANY   51,5 points
14 – BENNEN Jan Lucas – NETHERLANDS   49,5 points
15 – GIBSON Thomas – UNITED KINGDOM (Northern Ireland)   46,5 points
15 – JAHNKE Verena – GERMANY   46,5 points
17 – DRIEZEN Henrian – NETHERLANDS   46 points

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Des friches agricoles qui nuisent au voisinage

orateurM. Gérard Bailly (Jura- UMP) appelle l’attention de M. le ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche sur les difficultés auxquelles se heurtent les communes confrontées à des propriétaires laissant leurs terrains agricoles en friche (question écrite publiée au JO Sénat du 03/12/2009) .

Les nuisances à l’égard des propriétaires des parcelles voisines sont avérées et la plupart des mesures en vigueur n’offrent pas les moyens appropriés pour remédier à ce type de nuisances.

En effet, les obligations de débroussaillement prévues par le code forestier ne s’appliquent qu’à proximité des habitations et non en zone agricole. Le code général des collectivités territoriales permet au maire d’obliger un propriétaire à exécuter à ses frais les travaux de remise en état de son terrain, mais seulement en zone d’habitation.

Il semble que, lorsque la friche n’est pas urbaine, mais agricole, les moyens dont disposent les maires soient beaucoup plus complexes à mettre en oeuvre.

Il lui demande de lui préciser si les arrêtés préfectoraux de destruction des « nuisibles » (tant animaux que végétaux et notamment les chardons qui se sèment partout) ne devraient pas systématiquement prévoir qu’en cas de carence des propriétaires, les maires peuvent faire exécuter les destructions nécessaires aux frais de ceux-ci.

En outre, il lui demande si la législation prévue par le code rural pour « les terres incultes ou manifestement sous-exploitées » ne devrait pas être modernisée afin, en ces temps de déprise agricole, de permettre au maire de résoudre le problème des friches agricoles dont les effets peuvent être dévastateurs pour les cultures des agriculteurs voisins.

Réponse du ministère de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche publiée au JO Sénat du 25/02/2010

L’application des dispositions de l’article L. 2213-25 du code général des collectivités territoriales (CGCT), relatives à l’obligation faite au propriétaire ou à ses ayants droit d’entretenir un terrain non bâti situé à l’intérieur d’une zone d’habitation ou à une distance maximale de 50 mètres des habitations, dépendances, chantiers, ateliers ou usines lui appartenant, soulève des problèmes juridiques importants.

Cette application doit en effet être compatible avec le droit de propriété et, en conséquence, les prérogatives du maire liées à des motifs environnementaux doivent être insérées dans un cadre procédural permettant d’assurer cette compatibilité. Se posent également des questions relatives, d’une part au champ d’application de l’article L. 2213-25 du CGCT aux seules zones urbaines ou également aux zones rurales, d’autre part, à la définition des notions de « terrain non bâti » et de « motifs d’environnement » utilisées dans les dispositions législatives.

La réponse à ces interrogations nécessite une expertise approfondie ainsi qu’une concertation très large entre les différents départements ministériels concernés, qui s’attachent actuellement à résoudre les problèmes soulevés par le texte.

Dans l’attente de l’aboutissement de ces travaux, des textes autorisent d’ores et déjà le maire à intervenir sur un terrain privé non entretenu, soit au titre des pouvoirs de police générale qu’il tient de l’article 2212-1 du CGCT, soit dans le cadre de textes spéciaux, tels que la procédure de déclaration de parcelle en état d’abandon de l’article L. 2243-2 du même code ou l’obligation de débroussaillement prévue par les articles L. 322-3 et L. 322-4 du code forestier.

Par ailleurs, les mesures de protection contre les organismes nuisibles pour les animaux et les végétaux figurent dans le code rural. L’article L. 251-10 prévoit notamment que le coût de destruction des végétaux peut être recouvré à l’encontre du propriétaire qui a refusé d’effectuer les travaux dans les délais impartis. Des dispositions pénales spécifiques impliquent notamment des condamnations possibles à des amendes.

Enfin, la procédure de mise en valeur des terres incultes ou manifestement sous-exploitées, qui figure aux articles L. 125-1 à L. 125-15 du code rural, a été modifiée par la loi n° 2005-157 du 23 février 2005 relative au développement des territoires ruraux. Depuis la date d’entrée en vigueur de cette dernière, le ministère de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche n’a pas été informé de difficultés d’application pouvant justifier une modification des textes.

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