Archive | 21 mai 2010

L’aviculture rhônalpine en souffrance

Dans son bulletin de conjoncture de mai, Agreste signale qu’entre 2004 et 2008, un quart des producteurs de volailles de chair ont disparu. Les moyens de production (main d’oeuvre, nombre et surface des bâtiments) et la production elle-même suivent le même déclin. En particulier, l’effondrement des productions de dindes et pintades, amorçé en 2004, se poursuit. La production totale de poulets se maintient au prix d’un recentrage sur les catégories « standard » au détriment des poulets « certifiés » et « de qualité » (label, AOC…). Seul le bio tire un peu son épingle du jeu.

En Rhône-Alpes, la part des poulets certifiés et de qualité (45 %) reste néanmoins très supérieure à la moyenne nationale (25 %).
La filière oeufs de consommation résiste mieux. Malgré la baisse du nombre de producteurs, la production d’oeufs se maintient en effet entre 2004 et 2008. La production d’oeufs bio progresse de façon spectaculaire, et représente désormais 15 % de la production nationale. Mais la part du bio dans la production régionale reste faible (7 %).

La production d’oeufs issus de poules élevées en cages baisse. Les nouvelles normes européennes relatives au bien-être animal, applicables à compter de 2012, imposent un aménagement des cages traditionnelles. Plus de la moitié des pondeuses rhônalpines sont actuellement hébergées dans des cages qui ne sont pas, ou pas encore, aux normes 2012.

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Le miel français concurrencé par le miel chinois ?

orateurM. Roland Courteau (Aude-SOC), dans sa question écrite publiée dans le JO Sénat du 11/03/2010 , attire l’attention de M. le ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche sur les plus vives inquiétudes des apiculteurs professionnels suite à la baisse du prix du miel, notamment en raison des importations de miel de Chine, ainsi qu’aux mortalités importantes observées dans les ruchers.

Il lui indique, qu’en deux ans, le prix du miel payé au producteur a chuté de près de 15 %, passant de 3,50 euros à 3 euros le kg et que, même à ce tarif, les apiculteurs ne parviennent pas à écouler leurs stocks.

Pour le Syndicat des producteurs de miel, ce sont surtout les importations en provenance de Chine qui pèsent sur le marché. Le miel chinois, vendu 1,35 euro, représente, avec ses 24 000 tonnes, 10 % des quantités importées pour une production française annuelle de 20 000 tonnes environ.

Il lui précise que les producteurs déplorent de surcroît un taux de mortalité des abeilles de l’ordre de 30 %, ce qui ne peut qu’accroitre les difficultés rencontrées. Il lui demande de bien vouloir lui faire connaitre son sentiment par rapport à une telle situation, et les mesures susceptibles d’être prises pour la corriger.

Réponse du ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture publiée dans le JO Sénat du 13/05/2010

La production française de miel est estimée à 20 000 tonnes et la consommation domestique est évaluée à environ 38 000 tonnes. L’industrie, cosmétique et agroalimentaire, est également consommatrice, essentiellement de miel d’importation. Compte tenu du déficit de la production française, le recours aux importations de miel s’est élevé à 23 510 tonnes en 2009.

Les principaux fournisseurs de la France sont l’Espagne (26 %), l’Argentine (20 %), la Hongrie (13 %), l’Allemagne (9 %) et la Chine (9 %). Les importations en provenance de Chine ont nettement augmenté, passant de 613 tonnes en 2007 à 2 235 tonnes en 2009. Les droits de douane et les accords commerciaux avec les pays tiers sont négociés au niveau de l’Union européenne. Pour ce qui est de la Chine, le droit de douane est de 17,3 %.

S’agissant du contrôle des prix du miel, il convient de rappeler que, pour les produits agricoles couverts par une organisation commune des marchés, comme c’est le cas pour le miel, la réglementation des prix à la production relève de la compétence exclusive de l’Union européenne.

Dans ce contexte, le règlement (CE) n° 1234/2007 du Conseil du 22 octobre 2007 « OCM unique » ne prévoit pas de mesures de soutien de marché pour le miel. En revanche, ce règlement autorise les États membres à établir un programme d’aide afin d’améliorer les conditions de production et de commercialisation des produits de l’apiculture.

Ce programme triennal, dénommé « programme apicole », est financé à hauteur de 50 % par des fonds publics de l’État membre concerné et à hauteur de 50 % par le fonds européen (FEAGA).

Au titre du programme apicole sont versées, notamment, des aides à l’assistance technique aux apiculteurs et groupement d’apiculteurs, des aides aux apiculteurs pour le soutien au repeuplement du cheptel apicole ainsi que des aides aux organismes de recherche pour la réalisation de programmes de recherche appliquée dans le domaine de l’apiculture et des produits issus de l’apiculture.

Pour la période 2008-2010, le montant du programme pour France est de 5,5 M€ par an.

Le programme triennal pour la période 2011-2013 est élaboré en concertation avec les représentants de la filière apicole. Il comporte des actions de recherche appliquée, des mesures d’assistance technique et des aides directes aux apiculteurs. Il a été adressé à la Commission européenne, qui doit l’approuver et déterminer les montants alloués à chaque État membre.

Enfin les pouvoirs publics soutiennent la filière apicole dans le processus d’organisation qu’elle a entamée. Ils ont ainsi favorisé la création de l’Institut technique et scientifique de l’apiculture et de la pollinisation (ITSAP). Cet institut bénéficiera de fonds du programme apicole dès 2010. Les pouvoirs publics soutiendront également la mise en place d’une interprofession de la filière en vue de mieux structurer la profession apicole.

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Apprenez à utiliser un chien de troupeau

Vous êtes agricultrices, agriculteurs, chefs d’exploitations, conjoints collaborateurs, aide familial, personne engagée dans une démarche d’installation (sur présentation d’une attestation du point info installation). La Fédération des Alpages de l’Isère vous propose les 30 septembre, 2 novembre et 19 novembre une formation « Dressage et utilisation du chien de troupeau » à la  Côte-St-André (Isère).

Les objectifs de cette formation sont de savoir choisir un chiot, connaître les règles pour éduquer et dresser son chien dans le but de l’utiliser efficacement et dans des conditions de sécurité, lors des manipulations de troupeau, y compris lors de chargement en bétaillère.

Le tarif de cette formation est de 60 euros par participant (pour les 3 journées). Pensez à vous inscrire dès maintenant.

A prévoir: une laisse, une chaine et gamelle d’eau pour votre chien,

- Les équipements nécessaire pour vous, pour l’intervention sur troupeaux

- Environ 12 euros par repas pour ceux qui souhaitent manger au restaurant à midi.

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Pour plus d’information, vous pouvez contacter la Fédération des Alpages de l’Isère

Adresse : La Grange, 38190 Les Adrets – Tel : 04 76 71 10 20 – Fax : 04 76 71 10 29 –

Email : federation@alpages38.org

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Le bâti agricole se fait une place dans le paysage

Depuis son lancement en juillet 2006, les élus qui pilotent le CDRA, contrat de développement de territoire programmé sur 10 ans, en concertation avec les différents acteurs, ont  orienté leurs actions dans un premier temps sur le patrimoine bâti agricole.

En effet les bâtiments de polyculture élevage, dont les volumes sont importants, ne sont pas toujours sans impact sur les paysages de montagne qu’offrent le Trièves, l’Oisans, la Matheysine. Il était donc utile de préserver  le paysage autant que le patrimoine rural bâti. Cette préoccupation est apparue comme un enjeu décisif dès 1999 dans le Trièves où la dynamique d’installation est sensiblement plus forte qu’ailleurs. La répartition géographique des projets d’accompagnement CDRA traduit clairement cette tendance : sur les 32 projets accompagnés, 22 se situent dans le Trièves. L’amélioration du bâti agricole est financée par la Région, via le  CDRA, à hauteur de 80% de l’accompagnement et 40% des investissements pour les aménagements des abords.

La modernisation du bâti engagée au GAEC de Longueville, à Saint-Baudille-et-Pipet, illustre bien cette volonté d’intégrer au mieux les bâtiments dans l’environnement et d’améliorer leur performance énergétique.

CDRA visite1

La visite organisée par le CDRA le 19 mai, en présence de tous ceux qui ont accompagné le projet (1), a permis de mesurer la qualité du travail accompli. Marc Blais qui exploite cette ferme de polyculture/élevage laitier (2) avec son épouse Marielle et son fils Yann (que l’on n’a pas vu car il était en train de semer du maïs) a su expliquer les tenants et aboutissants de ce projet consistant à moderniser le bloc-traite, agrandir la stabulation des génisses et augmenter la surface couverte par le stockage de fourrage et de paille :

Gilles Strappazzon, André Villard, Marc Blais

Gilles Strappazzon, André Villard, Marc Blais

« C’est un projet de 5 ans, raconte t-il. J’y pensais  jour et nuit ». Son entourage témoigne en effet l’avoir parfois surpris vers 2h du matin à sa table de travail, à  faire ou refaire des plans. Il faut dire que Marc Blais a la fibre de l’inventeur. Autoconstructeur, comme beaucoup d’agriculteurs, il est aussi passionné d’ingénierie et passe pas mal de temps à éplucher des revues techniques et de génie agricole. Ses 22 années de métier, la crise que connaît l’agriculture, toutes productions confondues,  le retard pris par la mise à l’herbe, n’ont pas réussi, semble t-il, à le décourager.

Quant à l’accompagnement du projet, il a pu l’apprécier pleinement, tenant à remercier ceux qui l’ont épaulé, Fabienne, Marie et les autres : « L’accompagnement du CDRA m’a notamment permis de gagner du temps en ce qui concerne le dépôt des permis de construire, qui reste toujours une épreuve compliquée », souligne Marc Blais.

De meilleures conditions de travail

La réunion du CDRA s’est déroulée dans le nouveau bâtiment agricole (l’ancien a été rasé, il y a tout juste un an, le 26 mai dernier) qui va servir au stockage du fourrage et de matériel. Les aménagements réalisés ont permis au GAEC de Longueville de passer un cap en améliorant la fonctionnalité de l’exploitation et simultanément les conditions de travail. « Je me souviens que je passais plus de 5h à la traite, il n’y a pas si longtemps, alors que maintenant je n’en passe pas plus de 2, nettoyage compris ».

Ils ont également contribué –c’est un point essentiel- à assurer l’installation d’un jeune agriculteur, Yann, le fils de Marc et Marielle, dans de bonnes conditions. Le GAEC qui réunit les trois membres de la famille Blais a vu le jour en 2008.

La redéfinition du bloc-traite va en outre permettre au GAEC d’avoir un bureau, ce qu’apprécie particulièrement Marielle Blais qui va pouvoir travailler au calme la gestion et la comptabilité.

CDRAvisite3Tout cela n’a pas été sans quelques inquiétudes. Mais le projet est aujourd’hui abouti. L’exploitation a un autre visage. Marc Blais, qui est manifestement un perfectionniste, s’estime « assez satisfait du résultat ».

Il n’a pas pour autant cessé de faire des plans. Ainsi, il a mis au point un procédé permettant, grâce à un système d’échanges thermiques, de diminuer la température du lait issu de la traite avant qu’il n’arrive dans le tank. Cette régulation de la température permet de conserver les qualités nutritives du lait (en évitant le choc thermique dû au fait que le lait passe rapidement de la salle de traite à la cuve réfrigérée) et de réduire la consommation électrique du tank.

Marc Blais envisage t-il de déposer un brevet ? Faudrait trouver le temps. En tout cas, l’inventeur a pu vérifier en consultant notamment la revue Production laitière moderne, que son procédé ne figurait nulle part.

Pour Gilles Strappazzon, conseiller général, chef de projet CDRA Alpes Sud-Isère, cette visite a été concluante et l’action 28 (consacrée au  bâti agricole) doit être poursuivie : « Le quart des sommes allouée au CDRA , soit 1,7 M€, vont à l’agriculture. Cela traduit la volonté qui est la nôtre de prendre en compte l’agriculture de montagne qui contribue à façonner nos territoires ».

Le CDRA Alpes Sud Isère arrive à son terme en juillet 2011. Il sera suivi d’un second (2011-2016). André Villard, président de Sitadel (Sud Isère territoire agricole et développement local) pense déjà à l’avenir : « C’est une action qui remplit ses objectifs. Nous devons travailler en prévision du prochain CDRA et agir pour qu’il soit encore plus complet que celui-là ».

La visite s’est poursuivie chez Benoit Vallier, à Grisail (commune de Saint-Guillaume)  dont le bâtiment d’élevage (photo de la une) est aujourd’hui terminé. Sillon38 avait présenté le projet de ce jeune agriculteur, installé depuis le 1er janvier 2009.

Le PPE maintenu par le ministre
Il est à noter que Bruno Le Maire, Ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, a décidé de maintenir en 2010 le plan de performance énergétique (PPE).  Conformément aux objectifs de la loi de programme relative à la mise en œuvre du Grenelle de l’environnement, le plan vise « à accroître la maîtrise énergétique des exploitations afin d’atteindre un taux de 30% d’exploitations agricoles à faible dépendance énergétique d’ici 2013 ». Doté de 29,2 millions d’euros en 2010, il comprend trois volets :
- un appel à projet national en faveur de la méthanisation agricole ;
- des subventions au niveau régional en faveur des investissements économes en énergie au niveau de l’exploitation agricole ;
- des soutiens aux diagnostics énergétiques des exploitations agricoles.
La liste des investissements éligibles, les conditions d’accès pour les agriculteurs et les dossiers de demande seront disponibles dans les prochains jours dans les directions départementales des territoires (DDT/DDTM).

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(1) Chambre d’agriculture, Sitadel , CAUE, AGEDEN, DDAF, DDE, étaient présents lors de cette visite d’exploitation ainsi que plusieurs maires (Cholonge, Beaufin, La Salette). La Région était représentée par Corine Bernard, conseillère régionale Europe Ecologie, rapporteur du CDRA Alpes sud Isère,  et chef(fe) de gare à Clelles.

(2) Caractéristiques de l’exploitation : 62 vaches laitières, 510 000 l de quota laitier, 15 vaches allaitantes (tendance à la diminution du troupeau). Exploitation en agriculture classique. 129 ha de SAU (prairies naturelles, prairies temporaires, maïs ensilage, céréales autoconsommées, céréales vente).

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