Archive | 16 août 2010

Arrachage de vignes transgéniques à Colmar: les réactions

Le 15 août, une soixantaine de  »faucheurs volontaires » ont arraché 70 porte-greffes transgéniques de vigne plantés au centre de Colmar.

Suite à cette action voici plusieurs réactions.

Celle de l’INRA:

L’Institut national de la recherche agronomique (Inra) tient à exprimer sa consternation face aux actes survenus ce dimanche 15 août au centre de Colmar (Alsace) où vers 5 heures du matin, une soixantaine d’individus sont venus y détruire un essai sur 70 porte-vignes génétiquement modifiés pour accroître leur résistance à une maladie de la vigne, le court-noué.

L’Inra estime que ces « faucheurs volontaires » contribuent, en s’attaquant à ce travail de la recherche publique, à répandre la peur en évoquant des risques environnementaux qui n’existent pas sur cet essai, alors que l’Inra essaie de déterminer, en toute indépendance, la pertinence et les risques éventuels de ce type de technologie dans la lutte contre le court-noué.

A ce titre, cet essai a été conçu, préparé et suivi par un comité local de suivi composé d’élus et de représentants du monde viticole, syndical et associatif (consommateurs, défenseurs de l’environnement).

Au global, cet essai ne présente aucun risque pour la sécurité environnementale. Des conditions strictes ont été prévues pour éviter tout risque de dissémination des gènes : les porte-greffes ne produisaient pas de fleurs et les inflorescences du greffon étaient éliminées avant floraison ; une bâche installée dans le sol retenait par ailleurs les nématodes, vers évoluant dans les racines de la vigne et qui transportent le virus du court-noué.

Autorisée en 2005 pour une période de 5 ans, cette expérimentation avait été saccagée par un individu isolé en septembre 2009, compromettant la production attendue de résultats scientifiques alors qu’elle avait permis un éclairage nouveau sur la variabilité et le fonctionnement dudit virus.

L’essai utilisant des porte-greffes OGM n’est qu’une des voies de recherche explorées, conformément aux engagements souscrits par l’Inra et le comité local de suivi. En outre, les chercheurs testent la résistance de porte-greffes non-OGM au virus du court-noué, avec un essai de lutte biologique visant à utiliser les propriétés «nématicides» de certaines plantes comme la tagète (Tagetes minuta). Il a également été mis en place en collaboration avec des viticulteurs.

L’ensemble des travaux menés vise à concevoir des moyens de lutte permettant aux viticulteurs de faire face à cette maladie, en évitant l’utilisation de produits de traitement reconnus comme hautement toxiques.

Réaction du gouvernement:

Jean-Louis BORLOO, Ministre d’État, Ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer, Valérie PÉCRESSE, Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et Bruno LE MAIRE, Ministre de l’Alimentation, de l’Agriculture et de la Pêche, condamnent fermement la destruction volontaire de pieds de vigne transgénique survenue cette nuit dans l’unité de l’Institut national de recherche agronomique de Colmar.

Les ministres sont choqués de cet acte de dégradation scandaleux contre un essai exemplaire qui a su associer, notamment dans le cadre du Haut conseil des biotechnologies, scientifiques, organisations professionnelles agricoles, collectivités locales ainsi que les organisations non gouvernementales environnementales.

Ces recherches menées dans la plus grande transparence ne représentaient aucun risque ni pour la sécurité sanitaire ni environnementale. Les expérimentations au champ sur des plants génétiquement modifiés sont strictement réglementées. Des conditions strictes ont été prévues pour éviter tout risque de dissémination des transgènes : les porte-greffes ne produisaient pas de fleurs et les inflorescences du greffon étaient éliminées avant floraison ; une bâche installée dans le sol limitait le développement des racines.

Cette expérimentation était destinée à recueillir des données scientifiques précises en matière d’environnement, et tout particulièrement sur le virus du court-noué qui touche les pieds de vigne, et pour lequel il n’existe à ce jour aucun traitement.

Jean-Louis BORLOO, Valérie PÉCRESSE et Bruno LE MAIRE insistent sur la nécessité pour les scientifiques de pouvoir effectuer leurs travaux en toute sérénité, tout particulièrement lorsque les modalités de l’essai OGM ont fait l’objet d’un large consensus. Ils continueront à soutenir la recherche en biotechnologies, indispensable à l’avenir de l’agriculture.

Celle de la FNSEA

Protégeons les fruits de notre intelligence scientifique

La destruction d’une expérimentation sur 70 plants de vigne, dimanche 15 août à Colmar, porte un coup dur à l’ensemble de la recherche publique française. La FNSEA tient à dénoncer de tels actes qui visent à priver la France d’une recherche de haut niveau dans le domaine génétique.

L’essai saccagé ruine les espoirs des viticulteurs dont les plants sont attaqués par le redoutable virus du court-noué, contre lequel il n’existe pas à ce jour de traitement efficace. Tous les vignobles sont concernés par le dépérissement mortel créé par ce virus.
Les faucheurs d’espoir de progrès scientifique veulent laisser les viticulteurs dans l’impasse. Ceci est inadmissible !

La FNSEA apporte son soutien aux chercheurs et techniciens de l’INRA. Elle appelle le gouvernement à tout mettre en œuvre pour protéger les fruits de l’intelligence scientifique française et permettre aux agriculteurs d’en bénéficier dans le respect de la législation.
Il y va du maintien de notre potentiel de production et de notre indépendance en matière de technologies et de brevets.

Celle de la confédération paysanne

La fin d’une mise en scène publicitaire ?

La Confédération Paysanne rappelle son opposition aux essais OGM en plein champ et demande l’arrêt de toute poursuite contre les faucheurs volontaires qui ont neutralisé ce matin des pieds de vigne transgénique à l’INRA de Colmar.

La poursuite de cette opération destinée à faire accepter, par les viticulteurs et les citoyens français qui n’en veulent pas, les recherches sur la mise au point de plantes transgéniques cultivées dans les champs, n’avait aucun sens. Sans fleurs ni raisins qui n’auraient pu être laissés qu’en milieu confiné, cet essai ne pouvait en effet donner aucun résultat scientifique valable sur les risques de transmission de l’OGM au raisin et au vin, ni sur son efficacité dans la lutte contre le court noué après la floraison de la vigne.

La Confédération paysanne conteste le choix de l’INRA de consacrer une telle part de son budget en amélioration des plantes aux seules manipulations génétiques brevetées et de n’attribuer que quelques miettes aux programmes de recherche alternatifs respectant l’intégrité du vivant et sa libre disposition pour tous.

Pour ce faire, la recherche publique doit s’attacher à rester indépendante des pressions de l’argent au détriment de l’éthique, tout particulièrement actuellement. La recherche agronomique doit être centrée sur les besoins réels de l’agriculture paysanne : l’INRA doit redonner à l’agronomie la place qu’elle n’aurait jamais dû abandonner, hier à la chimie, aujourd’hui à la manipulation génétique.

C’est pourquoi la Confédération paysanne travaille avec l’INRA dans d’autres cadres, notamment un comité de liaison constructif qui se réunit plusieurs fois par an. Elle y fait valoir les besoins fondamentaux pour l’agriculture et l’alimentation, les paysans et la société, centrés sur une meilleure connaissance des processus biologiques et des savoir-faire paysans pour donner du sens à une recherche publique et citoyenne.


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Les détenteurs de chevaux doivent se déclarer auprès de l’IFCE

Le décret n° 2010-865 du 23 juillet 2010 (publié au Journal Officiel du 26 juillet 2010) indique que tout détenteur d’équidé(s) a l’obligation de se déclarer auprès de l’Institut français du cheval et de l’équitation (IFCE), en précisant le(s) lieu(x) de stationnement d’équidé(s) dont il est responsable. Un arrêté en date du 26 juillet 2010 et paru le 6 août 2010 vient fixer les conditions de déclaration des détenteurs d’équidés et des lieux de stationnement. Tous ont 6 mois (soit jusqu’au 25 janvier 2011) pour se mettre en règle.

Téléchargez les textes réglementaires :
declaration_equides.pdf

Pour plus de renseignements:

www.frgdsra.fr

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Concours départemental de labour à Chélieu

Ce samedi 14 août à Chélieu a eu lieu le concours de labour, finale départementale qui allait départager les 22 candidats en vue de la finale régionale qui se tiendra les 4 et 5 septembre en Ardèche, à Desaignes plus exactement.

14 heures, tous les candidats à l’épreuve tracent leurs premiers sillons afin de délimiter leur zone de labour, ils leur faudra près de deux heures pour peaufiner la surface qui leur est dévolue.  Comme d’habitude les concurrents ont prouvé leur adresse et savoir faire. On notera l’excellente 8 ème place de la seule féminine de l’épreuve: Elodie Millon.

Durant ce temps là, le concours de « force paysanne » se déroule sur l’espace central de la manifestation ou le public encourage quelques cinq équipes de quatre personnes dans la poussée de meules de foin et le lancé de bottes de paille à la fourche.

labour 2

Les jeunes agriculteurs se montrent particulièrement volontaires et ont bien l’intention de faire la fête malgré les tracas du quotidien. L’équipe du Grand-Lemps remportera ce concours pour le moins ludique et distrayant pour un public non averti !!

labour 1

Une bonne dizaine d’exposants et de producteurs locaux feront le lien avec les vacanciers de passage par Chélieu en présentant leurs produits de la ferme: fromage de chèvre, miel, viande et produits dérivés de la famille Jayet d’Oyeu, paniers d’osier et jus de fruits, tout ceci arrosé de cidre du terroir…

Une exposition de machines agricoles et des démonstrations de taille de bois complèteront le décor d’une véritable et authentique fête agricole comme il en persiste trop peu en France.

labour 4

La traditionnelle remise des prix du concours de labour est précédée par les très attendus discours officiels. Ceux ci permettent de faire le point sur l’actualité agricole.

L’heure est plutôt grave, a en croire l’intervention de Morgan Collomb Président des JA du canton de Virieu. Il abordera plusieurs points difficiles: la taxation du foncier bâti pas suffisamment importante, la disparition du foncier agricole, le mal-être régnant dans les coopératives qui ne jouent pas toutes le jeu, le rôle des pouvoirs publics qui ont bien du mal à se faire entendre, les financements impossibles vis à vis des jeunes qui souhaitent s’installer, et bien d’autres questions d’actualité comme celle du prix du lait.

« Vivre et se nourrir de notre travail »

Jean Robin Brosse (Président FDSEA de l’Isère) prendra le relais et après avoir félicité les organisateurs et les participants au concours, reprendra point par point les différents sujets abordés avant de préciser qu’une prise de consciences des difficultés du monde agricole existe depuis 2007 mais qu’il ne faut avoir de cesse de se battre  » afin que les agriculteurs puissent vivre et se nourrir de leur travail ».

labour élus

L’ensemble des élus, dont le député Georges Colombier ont rappelé le rôle important que joue l’agriculture dans notre département.

Christian Nucci Vice-Président du Conseil Général en charge de l’agriculture qui rappellera les fondamentaux et le paradoxe du monde paysan, »ceux qui produisent et procurent de la nourriture et qui ne parviennent pas à se nourrir eux même… » en avouant qu’il se demande parfois à quoi il sert car son moral est parfois bien bas devant les constats qu’il faCAit de sa place d’élu. Il évoquera également, aux élus et responsables présents parmi lesquels Georges Colombier député, Didier Rambaud, conseiller général, Gérard Seigle-Vatte, président de la chambre d’agriculture et bien d’autres, l’importance de s’attarder et d’approfondir la rédaction des décrets d’application et de redéfinir les stratégies en matière de politique des filières agricoles….
Cette fête se terminera par un repas ou une cuisse de boeuf à la broche accompagnée de patates au lard sera au menu, manière de se rappeler que la vie, même en milieu rural, est bien belle.

Résultats du concours de labour:

CATEGORIE A PLAT

1 MACAIRE ROMAIN

2 SIMIAN SEBASTIEN

3 BENOIT GUERINDON FLORIAN

4 VACHER XAVIER

5 DREVET NICOLAS

6 VIVIER FRANCK

7 COPONAT PASCAL

8 LEFETZ GAETAN

9 MILLON ELODIE

10 MAYET BRUNO

11 GUILLOT-JEROME STEPHANE

12 ROUSSET ALEXIX

13 GUILLAUD -JEROME CLEMENT

14 GIRERD CHANET LIONEL

15 CHEVALLET NICOLAS

16 BERRUYER ALEXANDRE

17 GAUDET TRAFFIT FABIEN

18 PICOT YOHANN

18 BARBIER NICOLAS

20 BROCHIER NICOLAS

21 BOUVIER ROMAIN

CATEGORIE EN PLANCHES

1 PERRIER BAVOUSE DIDIER

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