Marché de la forêt en 2010

Marché de la forêt en 2010

Le marché de la forêt a renoué en 2010 avec le dynamisme des années antérieures, la stabilisation des prix de transactions constatée en 2009, se confirme par ailleurs en 2010.
Les surfaces échangées progressent de 9 %, le nombre de transactions et la valeur du marché augmentent respectivement de 4 % et 11 %. Le prix du bois, après une forte dépréciation en 2009, retrouve pratiquement son niveau de 2008. Tels sont les constats que révèle l’étude réalisée par la Fédération Nationale des Safer et Terres d’Europe-Scafr, conjointement avec la Société Forestière.
« Sur la base de l’analyse du marché mondial du bois (présentée par Pierre-Marie Desclos, expert international des marchés des produits forestiers), nous sommes d’autant plus confiants dans la reprise du marché forestier », a commenté Laurent Piermont, Président directeur général de la Société Forestière.
André Barbaroux, directeur général de la Fédération Nationale des Safer précise : « Les Safer, qui restructurent le parcellaire forestier en intervenant notamment sur 5 % des ventes de forêts, entendent bien poursuivre leurs efforts, en collaboration avec les syndicats de propriétaires, les professionnels de la filière forestière et les collectivités locales ».

Un net rebond des transactions, en surface, en nombre et en valeur

Après avoir connu une contraction de 21 % en 2009, les surfaces échangées en 2010 atteignent 101 600 ha, soit une progression de 9 %, concentrée en grande partie sur le deuxième semestre.
Les transactions, au nombre de 13 600, augmentent également de 4 %, à l’instar de la valeur du marché qui
progresse de 11 %, atteignant 960 millions d’euros.
Parallèlement, la stabilisation du prix moyen des forêts se confirme, l’indice biennal progressant de 0,4 % en
euros courants en 2009-2010 contre 0,9 % en 2008-2009.

Une progression plus marquée pour les grands massifs et les biens bâtis

Les transactions concernant les biens de plus de 50 ha, particulièrement touchées par la contraction du marché
en 2009, connaissent une reprise plus vive, avec une progression de 13 %, contre seulement 7 % pour les lots
de moins de 50 ha.
De même, le nombre de transactions sur des biens bâtis augmente de 15 % et les surfaces de 18 %, alors que
l’on enregistre seulement 2 % de transactions supplémentaires sur les biens non bâtis, pour une surface en
hausse de 7 %.

Les personnes morales restent les premiers acquéreurs

Les données 2010 viennent conforter la tendance déjà observée en 2009 : les personnes morales – dont les
groupements forestiers – prennent le pas sur les personnes physiques non agricoles en termes de surfaces
acquises. Elles sont par ailleurs les premiers acquéreurs de biens de plus de 100 ha depuis plusieurs années. Elles ont acquis 38 000 ha en 2010 et augmenté ainsi leur patrimoine de 17 000 ha.
Les personnes physiques non agricoles reviennent activement sur le marché des forêts : premiers acquéreurs des surfaces de moins de 100 ha, elles ont réalisé 6 700 acquisitions en 2010 et ont vendu 37 700 ha.
A contrario, l’activité des agriculteurs s’est réduite. Les surfaces de leurs acquisitions restent néanmoins
supérieures de 7 000 ha à leurs ventes. Ces dernières ont en effet baissé de 19 % en 2010.
Les surfaces mises en vente par les indivisaires, qui correspondent généralement à des biens reçus en héritage, progressent de 39 % en 2010, venant contrebalancer l’importante baisse de 2009. Il apparaît que cette
population a préféré différer ses ventes en 2010 compte tenu de la morosité du marché l’année précédente.

La reprise mondiale du marché du bois, une opportunité à saisir pour les acteurs européens du marché de la forêt

Pierre-Marie Desclos, spécialiste de l’analyse et de la prospective des marchés et des flux des produits forestiers au niveau mondial, a souligné le rôle prépondérant joué par la filière bois européenne sur le marché international, tant à l’import qu’à l’export. Si la forêt européenne ne couvre que 5 % du total du couvert forestier mondial, sa filière bois est importante, voire la première du monde dans de nombreux domaines. Ainsi, les pays européens sont de loin les premiers exportateurs de produits forestiers du monde. Il a également rappelé que les variations du marché international du bois étaient tributaires de facteurs imprévisibles, tels que les événements climatiques ou politiques.
Pour cet expert, la crise actuelle ne sera qu’un épiphénomène pour le commerce international des produits
forestiers. Si les spectaculaires taux de croissance appartiennent au passé, le matériau bois a le vent en poupe
sur tous les continents et la croissance des échanges reprendra.
La forêt européenne est le seul massif régional en expansion. Elle bénéficie d’une bonne gestion et dispose d’une substantielle capacité supplémentaire de production. Dans un environnement au sein duquel les clients, les concurrents et les fournisseurs évoluent très rapidement, la filière européenne se doit néanmoins d’être
particulièrement attentive et réactive.
Sur fond de mondialisation et d’un perpétuel renouveau des utilisations du bois, la solide filière sur laquelle
s’appuie la forêt européenne peut légitimement espérer assurer l’approvisionnement de ses marchés locaux tout en s’imposant aussi sur les marchés intercontinentaux actuellement en plein développement.

L’Union Européenne invitée à se mobiliser aux côtés des acteurs de la filière forestière

L’activité forestière a dû faire face à de nombreuses évolutions ces dernières années : elle fait désormais l’objet
de réglementations internationales notamment environnementales, la diversité des acteurs impliqués dans ce
secteur étant à la hauteur de la multiplicité des fonctionnalités offertes par la forêt.

Pour Olivier Bertrand, membre du Comité directeur de la Confédération Européenne des Propriétaires Forestiers et vice-président de la Fédération Française de la Forêt Privée, la redéfinition actuelle de la stratégie forestière en Europe donne l’opportunité de faire reconnaître la forêt comme une source de matière première stratégique dans le cadre des perspectives définies par l’Union Européenne ces dix prochaines années.

Toutefois, cela implique le lancement de programmes d’investissement des secteurs pour assurer la pérennité
d’une forêt de qualité sur l’ensemble des territoires de l’Union.

Cet article a été écrit par:

Gilbert - qui a écrit 8615 articles sur Sillon 38 – Le journal du monde rural – (38) Isère.


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