Archive | 17 juillet 2011

Agriculture, sécurité alimentaire et changement climatique: lancement d’une action pilote

L’Initiative de programmation conjointe « Agriculture, sécurité alimentaire et changement climatique », conjointement dirigée par la France (INRA) et le Royaume-Uni (BBSRC), lance sa première action pilote. 17 pays européens vont coordonner leurs efforts pour mieux évaluer les impacts du changement climatique sur l’agriculture et l’alimentation.

La population mondiale atteindra 9 milliards d’individus d’ici 2050. Les besoins en produits issus de l’agriculture (nourriture, fibres, biocarburants) augmenteront, et l’agriculture sera soumise à des risques liés au changement climatique et à la nécessité de préserver l’environnement et la biodiversité.

Dans ce contexte, l’Initiative de programmation conjointe « Agriculture, sécurité alimentaire et changement climatique » (FACCE-JPI), qui a été approuvée en octobre 2010 par le Conseil Européen et qui implique 20 pays européens, vise à relever le défi de fournir une alimentation de qualité et en quantité suffisante grâce à une agriculture durable.

La programmation conjointe offre une nouvelle dimension à la recherche européenne grâce au rapprochement des programmes nationaux autour des grands défis sociétaux.

Les Etats membres et associés travailleront ensemble autour d’une même vision et d’un même plan stratégique de recherche, et apporteront une contribution significative à la recherche en évitant les doublons, en comblant les manques et en créant une masse critique.

Aujourd’hui, la FACCE-JPI lance une action pilote intitulée « Etude détaillée des risques liés au changement climatique pour l’agriculture et la sécurité alimentaire en Europe », en collaboration avec des projets internationaux.
Cette première action portera sur la modélisation des impacts du changement climatique et la réduction des incertitudes face aux divers scénarios de changement climatique.
Elle sera menée par le biais d’un réseau d’excellence1 qui rassemblera des groupes de recherche européens provenant de 17 pays, privilégiant les interactions et la synergie entre des modélisateurs européens des cultures, des élevages et des échanges économiques afin d’analyser comment le changement climatique modifiera l’agriculture et la sécurité alimentaire mondiale.
La durée du réseau d’excellence sera de trois ans dans la première phase, suivie par une évaluation avec la perspective d’une prolongation de deux ans, après examen favorable et financements suffisants.
Dans une première étape, les groupes de recherche intéressés enverront une lettre d’intention en anglais, exprimant leur volonté d’intégrer le réseau d’excellence.
Les lettres d’intention doivent être envoyées avant le 7 septembre 2011 (01 :00 pm CET) à travers le serveur de soumission en ligne.
Texte de l’appel à propositions disponible
Site web du FACCE-JPI : http://www.faccejpi.com
Pour plus d’information :
Site web de la Commission Européenne
http://ec.europa.eu/research/era/areas/programming/joint_programming_fr.htm

1 Le « FACCE Knowledge Hub » a été mis en place par la FACCE-JPI pour favoriser les coopérations transnationales, la collaboration et la communication entre les communautés de recherche dans les domaines de FACCE et contribue à optimiser les résultats de recherche en facilitant la mise en réseau et le partage d’information entre les différents acteurs. Un Knowledge Hub est un réseau constitué de groupes de recherche sélectionnés parmi les pays membres du JPI dans un domaine de recherche défini.

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La mérule démasquée

 Mérule pleureuse

Des équipes de l’INRA et du CNRS ont caractérisé le mécanisme de dégradation du bois d’un des champignons les plus dévastateurs, Serpula lacrymans, communément appelé la mérule pleureuse. Cette découverte ouvre la voie à l’élaboration de nouvelles techniques de lutte contre ce parasite et pourrait fortement intéresser le secteur de la bioénergie. Ces résultats sont publiés dans la revue Science du 14 juillet 2011.


La mérule est un champignon lignivore très répandu mais discret en forêt où il détruit les souches de feuillus comme de conifères. C’est cependant un redoutable colonisateur du bois œuvré. Il touche préférentiellement les charpentes, les escaliers et le bois d’œuvre de manière générale. Lorsque le champignon est visible cela signifie en général qu’il est trop tard. En effet, son développement se fait dans des conditions d’obscurité et de faible ventilation, ce qui rend souvent sa détection précoce difficile.
La pourriture apparaît dans l’ultime phase de dégradation et les dégâts sont alors considérables, voire irréversibles.

Dans le cadre d’un vaste projet de séquençage d’une cinquantaine de génomes de champignons forestiers, mené par le Joint Genome Institute, des chercheurs de l’unité Inra/Université de Nancy « Interactions Arbres/Microorganismes»associés à des équipes de l’unité CNRS/Universités Aix-Marseille 1&2 « Architecture et Fonctions des Macromolécules » et des Universités de Swansea et Oxford, ont analysé la séquence génomique de S. lacrymans.


En comparant le répertoire de gènes de plusieurs champignons dégradant le bois, les scientifiques ont pu caractériser le mécanisme de dépolymérisation de la lignine chez la mérule.
La plupart des champignons utilisent des enzymes pour dégrader le bois. Par contre, les pourritures brunes, dont fait partie la mérule, produisent dans les premières étapes de la destruction du bois de grandes quantités de radicaux libres hydroxyles.
Ces derniers provoquent une réaction très puissante qui permet de casser la couche de lignine et d’atteindre la cellulose, dont se nourrit le champignon.

Ces résultats apportent également une meilleure compréhension de l’évolution des champignons forestiers et de leur l’écologie. La connaissance du mécanisme d’action en jeu dans la dégradation du bois par la mérule favorisera la mise au point de moyens de lutte contre ce champignon, véritable fléau du bâtiment.

Ces résultats ont aussi un intérêt pour le secteur des bioénergies, la dégradation des polymères du bois étant un processus important dans la fabrication de biocarburant.

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Pathogènes et insecticides: un cocktail mortel pour les abeilles

L’infection par Nosema ceranae, un parasite responsable de la nosémose (1), entraîne une plus forte mortalité des abeilles lorsque celles-ci sont exposées à de faibles doses d’insecticides. C’est ce que viennent de mettre en évidence des chercheurs du Laboratoire Microorganismes : Génome et Environnement (LMGE, CNRS/Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand 2) et du Laboratoire de Toxicologie Environnementale (LTE, INRA Avignon). Ces résultats sont publiés dans la revue PLoS ONE.

En France, les abeilles domestiques de l’espèce Apis mellifera représentent l’outil de travail d’environ 70 000 apiculteurs professionnels et amateurs. Leur influence directe sur la qualité et la quantité des récoltes, ainsi que sur le maintien de la biodiversité florale, est aujourd’hui largement reconnue et souligne le rôle prépondérant des abeilles, domestiques et sauvages, dans le fonctionnement des écosystèmes.

Cependant, depuis plus de 15 ans, les colonies d’abeilles sont en proie à un mal étrange et peu compris des apiculteurs et des scientifiques, avec chaque année, des milliers de colonies qui disparaissent.

Pour expliquer ce phénomène, observé principalement par les apiculteurs européens et américains, de nombreuses pistes sont avancées : l’appauvrissement de la diversité et de la qualité des ressources alimentaires (en lien avec les changements climatiques), l’intensification des monocultures et la modification des paysages, l’action d’agents pathogènes responsables de maladies comme la varroase (2), les loques (3) et la nosémose, le stress chimique provoqué par l’exposition des abeilles aux produits phytosanitaires et vétérinaires ou encore certains prédateurs tels que le frelon asiatique.

Bien que de nombreuses données soient disponibles sur l’influence des stress nutritionnel, parasitaire et chimique sur la santé des abeilles, aucun d’entre eux n’a pu être isolé comme unique responsable du déclin des populations d’abeilles. Aujourd’hui, les spécialistes du domaine s’accordent pour orienter les recherches sur les effets combinés de plusieurs de ces facteurs.

C’est dans ce contexte que des équipes de recherche du CNRS, de l’INRA et de l’Université Blaise Pascal ont associé leurs compétences respectives en parasitologie et en toxicologie pour évaluer l’influence des interactions pathogène-toxique sur la santé des abeilles.

En laboratoire, les chercheurs ont exposé de façon chronique des abeilles naissantes saines et d’autres contaminées par Nosema ceranae à de faibles doses d’insecticides. Résultat : les abeilles infectées par Nosema ceranae puis exposées de façon chronique aux insecticides succombent, même à des doses se situant en dessous du seuil entrainant la mort, ce qui n’est pas le cas de leurs congénères non infectées.

Cet effet combiné sur la mortalité des abeilles apparaît pour une exposition quotidienne à des doses pourtant très faibles (plus de 100 fois inférieures à la DL50 (4) de chaque insecticide). La synergie observée ne dépend pas de la famille d’insecticides puisque les deux molécules étudiées, le fipronil et le thiaclopride (5), appartiennent à des familles différentes. Le mode d’action responsable de cette synergie n’a cependant pas été encore identifié.

Cette étude montre donc que l’interaction entre nosémose et insecticides constitue un risque significatif supplémentaire pour les populations d’abeilles et pourrait expliquer certains cas de surmortalité.

Ce travail indique également que des doses d’insecticides considérées comme ne pouvant entrainer la mort expriment pourtant un potentiel toxique létal pour des organismes parasités et donc fragilisés.

Par conséquent ces résultats montrent la nécessité d’améliorer la gestion et la protection du cheptel apicole face au danger que représentent les pollutions environnementales et les pathogènes (seuls ou en combinaison) sur la santé de l’abeille. L’équipe « Interactions Hôtes-Parasites » du Laboratoire Microorganismes : Génome et Environnement (LMGE, CNRS/Université Blaise Pascal Clermont-Ferrand 2) travaille justement à rechercher de nouveaux moyens de lutte contre cet agent pathogène.

mort abeillr



© Philippe Poirier et Cyril Vidau.

Notes :

(1) La nosémose est une maladie transmise par Nosema ceranae, un champignon microscopique colonisant l’intestin des abeilles.
(2) La varroase est une maladie due à un acarien (Varroa jacobsoni) qui se nourrit de l’hémolymphe des abeilles.
(3) Les loques sont des maladies du couvain transmises par des bactéries.
(4) Dose létale 50 = dose induisant 50% de mortalité dans la population.
(5) Ces deux molécules appartiennent respectivement aux familles des Phénylpyrazoles et des Néonicotinoïdes.

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A la découverte de la forêt privée

La fédération des syndicats Forestiers Privés de France vient d’éditer 6 fiches d’information à télécharger:

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Elections des conseillers du Centre régional de la propriété forestière:

Les élections des conseillers du Centre régional de la propriété forestière se sont déroulés les 7 juin et 7 juillet. Les résultats viennent d’être entérinés par les préfets de région. Pour prendre connaissance des résultats de notre région Rhône-Alpes et les élus de chaque département de notre région cliquer sur:

Scrutins du 7 juin et 7 juillet 2011

Nos partenaires:

MFR vif

UGDFI:

40 avenue Marcellin Berthelot

BP 2608-  38036 Grenoble cedex 2

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Sécheresse 2011 : la télédéclaration ouverte à compter du 18 juillet

Les premiers dossiers de demande de reconnaissance du caractère de calamité agricole pour la sécheresse 2011 ont été examinés au cours du Comité national de l’assurance en agriculture (CNAA) du 12 juillet 2011. D’autres dossiers seront validés au cours des CNAA des 28 juillet et et 25 août 2011.


Voici la carte provisoire des départements qui, au 12 juillet 2011, font l’objet d’une reconnaissance au titre des calamités agricoles pour des pertes de récolte (cliquez pour agrandir)

Dans ces départements, les exploitants peuvent dès à présent faire parvenir leur dossier de demande d’indemnisation. Pour ce faire, dans les départements où la possibilité est offerte, ils sont invités à privilégier la voie de télédéclaration qui permet un dépôt simplifié et un traitement accéléré de leur demande. Cet outil sera accessible à compter du 18 juillet 2011.


A la même date, un dispositif d’assistance téléphonique sera accessible aux usagers en composant le numéro ci-dessous ; Les appels sont gratuits depuis un poste fixe.

Pour effectuer une déclaration par papier, les exploitants agricoles des départements concernés peuvent prendre contact avec leur direction départementale des territoires ou direction départementale des territoires et de la mer.

Pour trouver les coordonnées d’une DDT, sélectionnez le département dans la liste suivante :

Retrouvez aussi toutes les téléprocédures et les téléservices du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation, de la Pêche, de la Ruralité et de l’Aménagement du territoire sur le portail « Mes démarches en ligne« 

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Le tour dans la Drôme: repos puis départ de St Paul Trois Châteaux

Le tour arrive dans notre région de Alpes, la caravane du Tour fait une halte en Drôme ce lundi 18 juillet. C’est en effet une journée de repos qui est proposée aux rescapés de la grande boucle. Un repos bien mérité. Les coureurs reprendront des forces dans des lieux situés tout au long du Rhône, de Bourg les Valence à Orange.

Dès le lendemain, ils s’élanceront de St Paul Trois Châteaux pour rejoindre Gap,  traversant la Drôme provençale. Une étape, la 16ème, réservée aux baroudeurs…

le tour St Paul

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