Forêt: comment favoriser la biodiversité sans rien faire

La curiosité, à défaut de provocation, cet intitulé a rassemblé de nombreux propriétaires forestiers – privés et publics – pour découvrir l’intérêt de laisser des forêts en libre évolution.

Mercredi 14 septembre dernier avait lieu, à l’initiative de l’Association des Communes Forestières de l’Isère ainsi que du CRPF Rhône-Alpes, une journée de formation sur le thème de la biodiversité en forêt.

Le contexte de cette formation prend racine dans la signature par les associations de protection de la nature, les gestionnaires et propriétaires forestiers privés et public et l’Etat, d’un plan d’action régional pour la constitution d’un réseau de forêts en évolution naturelle. Ce plan prévoyant la mise en place de 10% des surfaces forestières rhônalpine en évolution naturelle, l’objectif de la formation était que les propriétaires soit en mesure de comprendre l’intérêt de laisser en libre évolution leur forêt.

La biodiversité en forêt, c’est l’ensemble des formes de vie qui constituent l’écosystème forestier, tous les végétaux, les animaux, les micro-organismes et les milieux naturels dans leur évolution.

La matinée, réservée aux propriétaires publics a réuni une vingtaine d’élus et a permis de faire le point sur les raisons de prise en compte de la biodiversité ainsi que les outils règlementaires  à la disposition des élus.

Ainsi, il a été expliqué que 25% de la biodiversité forestière est associée aux vieux bois et aux bois morts et que la préservation de cette diversité est garante du bon fonctionnement de l’écosystème et de sa résistance aux maladies. Les recycleurs de bois morts influençant directement la fertilité des sols et leur productivité.

Le témoignage de la commune savoyarde de la Motte-Servolex a ensuite permis d’illustrer la méthode d’action en faveur de la biodiversité dont peut disposer une collectivité.

Cette dernière a ainsi profité de la révision de son document de gestion forestière (l’aménagement) pour mettre en place une mosaïque de milieux naturels, dans laquelle l’homme n’intervient plus. Ces zones rendues à la naturalité sont appelés « ilots de sénescence ». Ils sont interconnectés grâce au maintien d’arbres morts ou dépérissant dans le reste de la forêt. Toute une faune et une flore spécialisée en profitent.

Plus d’information sur le site : www.territoiresforestiers-rhonealpes.eu/actualites.php

L’après-midi, les propriétaires privés ont rejoint les élus pour une tournée en forêt afin d’appréhender de manière concrète les enjeux de biodiversité. Plusieurs parcelles ont ainsi été visitées dans le but d’évaluer leur degré de biodiversité. Les critères ayant été retenu pour en juger rapidement sont les suivants : la diversité en essences forestières, la présence de gros bois morts ou debout, l’étagement de la végétation (diversité des âges), la présence de cavités dans les arbres où les oiseaux et insectes peuvent trouver nourriture et refuge, et enfin la présence de lierre.

Les discussions et échanges fructueux qui sont ressortis de cette journée permettront aux propriétaires forestiers de faire l’arbitrage dans leurs choix de gestion et de concilier les aspects multifonctionnels de la forêt.

En résumé, comment favoriser cette biodiversité sans rien faire de particulier dans nos forêts, même de petites superficies ? Analyse d’un participant à cette rencontre sur le terrain.

- Favoriser les peuplements mélangés : au moins deux espèces adaptées à la station, les espèces pionnières, d’origine locale – attention aux espèces « exotiques » souvent envahissantes.

- Préserver les sols contre le compactage et ses effets pervers – dessertes répertoriées, le débardage sur des sols gorgés d’eau.

- Conserver les rémanents et leur bienfaits (« une forêt propre » est souvent mal gérée…), les vieux arbres, le bois mort favorisent le cycle de vie de nombreux végétaux, champignons, insectes…

- Adapter le calendrier des coupes et travaux pour permettre aux animaux et à la flore de se reproduire.

- Protéger les milieux ouverts, clairières, lisières, les zones humides, mares, ruisseaux, qui sont des lieux de vie privilégiés pour la faune, flore…organiser les franchissements des cours d’eau…

Le cycle de vie d’un arbre ne s’arrête pas à sa cueillette une fois mûr mais à son vieillissement, à sa mort, son retour au sol pour se transformer et participer à nouveau au cycle de la vie.

Il n’est pas nécessaire de devenir une réserve biologique pour favoriser la biodiversité, mais chacun dans sa gestion forestière peut-être attentif à tous ces points que l’on vient d’évoquer, à l’échelle de son territoire.
Pour ceux qui désireraient aller plus loin dans cette démarche de biodiversité, un « Plan d’actions pour la constitution d’un réseau de forêts en évolution naturelle en Rhône-Alpes » est à l’étude.

Plusieurs questions légitimes ont été posées par les propriétaires forestiers au cours de cette réunion, concernant ce réseau.

  • Pourquoi créer un réseau de forêt en libre évolution, alors que beaucoup de forêts souffrent d’un déficit d’exploitation ?
  • Quelle est la responsabilité du propriétaire, si il laisse une partie de sa forêt sans entretien ?
  • Une forêt « mal entretenue » souffre-t-elle d’un déficit d’image ?
  • Un propriétaire qui participe au réseau, pourra-t-il bénéficier de la connaissance des naturalistes sur les espèces animales et végétales présentes sur sa forêt ?
  • Quelle compensation financière pourrait-on proposer au propriétaire pour l’encourager dans cette démarche ?
  • Une forêt « sans entretien » présente-t-elle un risque sanitaire pour les forêts voisines ?

Ces questions seront les pistes de travail de demain.

Tous renseignements pour participer au « réseau de forêts en libre évolution » auprès des organisateurs :

- CRPF Rhône-Alpes – Bruno Rolland

- Communes Forestières en Rhône-Alpes – Julien Crosaz

- Communes Forestières de l’Isère – Olivier Chirpaz

- ONF – Yvan Orecchioni

Rapporteurs de cette rencontre:

Olivier Chirpaz Communes Forestières de l’Isère – Daniel Bonnet Conseiller au CRPF Rhône-Alpes

Voici quelques clichés de cette journée.

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bio 9Nos partenaires

UGD+FI

L’union des Groupements pour le développement forestier en Isère est l’instance qui apporte son aide, à tous niveaux, aux propriétaires forestiers de notre département. A ce jour, l’UGDFI compte plus de 1500 Adhérents. Pour contacter l’un des huit groupements locaux…

Association des Producteurs et Utilisateurs de Bois en Valdaine

Paul PIOTIN
Le Vernay
38690 OYEU

Tel : 04-76-55-65-36

F : 04-76-55-62-28

cloture-piotin@wanadoo.fr

Association Forêts Trièves Beaumont Matheysine

Patrick CHION

Le Mas
38650 St GUILLAUME

Tel: 04-76-34-16-89

Patrick.chion@aftbm.org

Association pour le développement des Bonnevaux-Chambarans

Paul ROSTAING
Les Guillauds –38440 Savas Mepin

Tel: 04-74-58-64-93

Groupement des sylviculteurs de Belledonne Nord

Henri GRAS
Les Près Communaux 38190 LES ADRETS

Tel: 04-76-71-17-96

Groupement des sylviculteurs de Belledonne Sud

Roger GIRAUD

38190 LA COMBE DE LANCEY

Tel: 04-76-71-54-50

Groupement des Sylviculteurs du Vercors 4 Montagnes

Daniel BONNET
6, grande rue – 38120 Le FONTANIL CORNILLON

Tel: 04-76-75-68-31

daniel.bonnet38@orange.fr

Groupement des Sylviculteurs de Chartreuse

Pierre Basso

Tel: 09 63 63 82 55

pierre.basso-de-marco@orange.fr

Association VALFOR

Bertrand de GERMINY – 46 rue de la Charité – 69002 LYON

Tel: Dom : 04-78-42-01-35
Camp:04-74-80-16-11

Pour contacter le Groupement départemental:

UGDFI:

40 avenue Marcellin Berthelot

BP 2608-  38036 Grenoble cedex 2

VIF

Cet article a été écrit par:

Gilbert - qui a écrit 8512 articles sur Sillon 38 – Le journal du monde rural – (38) Isère.


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