Catégorie | environnement, nature

PLAN de Lutte contre l’Ambroisie

L’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia L.) est une plante invasive dont le pollen émis en fin d’été est particulièrement allergisant.

ambroisie

Il suffit de quelques grains de pollen par mètre cube d’air pour que les manifestations allergiques apparaissent chez les sujets sensibles. Les plus courantes sont des rhinites survenant en août-septembre, conjonctivites, symptômes respiratoires tels que trachéite, toux, et parfois urticaire ou eczéma.

Dans 50% des cas, l’allergie à l’ambroisie peut entraîner l’apparition de l’asthme ou provoquer son aggravation. Selon la zone infestée par cette « mauvaise herbe » envahissante, 6 à 12 % de la population exposée est allergique.

La région Rhône-Alpes est la région française la plus affectée par la présence d’ambroisie et par la diffusion de son pollen.

Il a été estimé qu’en 2011, en Rhône-Alpes, entre 194 481 et 258 714 personnes ont bénéficié de soins en rapport avec l’allergie à l’ambroisie, ce qui correspond à des coûts évalués entre 14,2 et 20 millions d’euros .

Où prospère l’ambroisie ?

Partout où ses graines peuvent trouver des conditions favorables à son cycle annuel.

C’est une mauvaise herbe annuelle qui colonise une grande variété de terrains non végétalisés ou remaniés (espaces agricoles principalement, bords de voies de communication, chantiers de construction, terres à l’abandon…).

Comment lutter contre l’ambroisie ?

Au mois de juin, la pollinisation de l’ambroisie n’a pas débuté. Néanmoins, des gants de jardinage sont nécessaires en cas d’arrachage. Par précaution, les personnes allergiques et notamment les personnes très sensibles au pollen doivent s’abstenir de tout contact avec la plante, même non fleurie.

Suivant la taille de la surface infestée et le type de milieu concerné (surface agricole, bords de route, zone de chantier…), la destruction peut se faire par arrachage, tontes ou fauchages répétés menés sur les seules zones contaminées par l’ambroisie, ou par le déchaumage de parcelles de céréales envahies, ou d’autres techniques culturales appropriées.

En dernier recours, la lutte chimique peut être utilisée de façon raisonnée, au moyen de produits homologués et en respectant les modes d’emploi.

Les terrains ne doivent pas être laissés nus ou en friche, mais doivent être couverts systématiquement (couvert végétal dense à base de plantes vivaces, protection du sol avec des matériaux bloquant la végétation tels que le paillage ou des copeaux de bois…). La durée de vie dans les sols des semences d’ambroisie étant de plusieurs années, les actions de lutte doivent être menées sur le long terme et être coordonnées.

Quand lutter contre l’ambroisie ?

Pour ne pas disséminer les graines d’ambroisie dans des secteurs qu’elle n’a pas colonisés, éviter de les transporter avec des roues de véhicules souillées et contrôler l’origine des terres rapportées ou déplacées à l’occasion de chantiers et travaux de BTP.

La dispersion des semences est principalement assurée par les engins agricoles, les engins de fauchage des bords de route et les transports de terres lors des chantiers de BTP. La contribution des oiseaux reste marginale.

Pour prévenir l’émission de pollens allergisants, les interventions (arrachage, fauche, déchaumage, désherbage, …) sur les plants d’ambroisie de l’année doivent avoir lieu avant la floraison, qui débute à partir de la fin juillet – début août.

Qui est chargé de la lutte contre l’ambroisie ?

En Isère, un arrêté préfectoral du 07 mars 2000 fixe le caractère obligatoire de la lutte contre la prolifération et la dissémination de l’ambroisie qui incombe à tout propriétaire/gestionnaire de terrain, rappelle la nécessité d’intervenir préventivement avant la période de floraison et de pollinisation (fin juillet à septembre) et confie au maire le volet répressif du dispositif auquel il peut être nécessaire de recourir (mise en demeure, procès verbal, voire travaux d’office).

Un plan départemental de lutte contre l’ambroisie

De nombreuses actions sont engagées depuis plus de dix ans dans le département de l’Isère, afin de réduire l’impact de l’ambroisie.

En cohérence avec les orientations du Plan Régional Santé Environnement qui réaffirment que seule une action territoriale coordonnée, multi-partenariale et inscrite dans la durée pourrait relever le défi de la lutte contre la prolifération de l’ambroisie et ses impacts sanitaires, l’Isère s’engage en 2012 dans un plan départemental de lutte contre l’ambroisie qui associe les services de l’Etat, l’ARS, les collectivités locales, la profession agricole, les gestionnaires de voieries, les associations.

La désignation de référents ambroisie à l’échelle communale et communautaire, appelés à travailler en réseau est identifiée comme le cœur du dispositif.

Un comité départemental a été mis en place par l’Etat et s’est réuni le 21 mars dernier.

A la veille de la période de pollinisation de l’ambroisie, une campagne de sensibilisation de l’ensemble des partenaires est renouvelée, au premier rang desquels les collectivités territoriales.

Dispositif de surveillance des pollens – Qualité de l’air

Les pollens d’ambroisie doivent être considérés comme des polluants de l’air et font l’objet d’une surveillance (réseau de capteurs).

Des informations sur le risque allergique sont disponibles sur le site www.ambroisie.info et celui de Air-Rhonalpes (www.air-rhonalpes.fr) qui diffusent des indices polliniques prévisionnels et territorialisés.

En raison de la capacité de transport à longue distance de ces pollens en fonction des conditions météorologiques, les populations exposées au risque allergique ne sont pas nécessairement riveraines des zones de prolifération de l’ambroisie.

En savoir plus :

Observatoire de l’ambroisie : www.ambroisie.info

Cet article a été écrit par:

Gilbert - qui a écrit 8366 articles sur Sillon 38 – Le journal du monde rural – (38) Isère.


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