Archive | 24 août 2012

Scierie Barthalay: une jeune centenaire!

Le Trièves, grâce à sa forêt importante a vu de nombreuses scieries s’installer au bord des torrents qui le traversent. Des scieries qui ont peu à peu disparu.

Parmi celles qui sont encore en activité on citera la scierie Barthalay située à Tréminis. Celle ci vient de fêter ses 100 ans d’existence en présence de plus de 200 invités parmi lesquels Charles Galvin, vice président du Conseil Général de l’Isère en charge de la forêt.

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Cette scierie familiale, nous en sommes à la quatrième génération transforme 10 000 m3 environ de résineux par an. Ses clients sont principalement des négociants en bois.

C’est Simone Barthalay qui retrace l’historique de la scierie.

Les BARTHALAY étaient une famille dont le grand-père, né en 1835 était charpentier, père de 3 enfants. Son fils Léon né en 1868 travaillait dans une scierie communale avec ses frères. Il était marchand de bois (à l’état civil).

Il décida en 1910 de construire sa propre scierie sur des terrains lui appartenant.

Après quelques retards, la scierie démarra en 1912 : située au bord de la rivière Goirand, la force motrice était l’eau du torrent, avec roues à aubes, améliorée plus tard par un barrage en amont et conduite forcée arrivant à une turbine PELTON (toujours en place). Tout ce matériel faisait fonctionner une scie battante.

Malheureusement, en période estivale, du fait du manque d’eau dans la rivière, la seule activité était consacrée à la fenaison pour nourrir les chevaux qui faisaient le débardage des bois en forêt.

La scierie a fonctionné avec le père et ses deux fils jusqu’en 1930, date à laquelle son fils aîné Louis a ouvert un dépôt de bois à Manosque. La transmission de la scierie à Léon son 2ème fils, a eu lieu en 1936. Le père est décédé en 1939.

Les deux frères Louis et Léon travaillaient de façon à s’entraider l’un pour la fabrication, l’autre pour la vente.

La clientèle à l’époque était constituée de charpentiers, de menuisiers locaux et de revendeurs sur Gap, Marseille, Toulon, Manosque et l’Algérie jusqu’en 1958.

Tout cela fonctionne avec bien des améliorations jusqu’en 1952, date de l’électrification de cette partie de Tréminis ainsi que le transfert de la scierie dans le bâtiment construit à cet effet.Une scie à ruban  remplaçe la battante ainsi qu’une scie à chariot libre !

De 1950 à 1960, Georges, fils de Louis BARTHALAY  est venu travailler avec son oncle puis est retourné à Manosque et a favorisé le négoce avec l’entreprise pour laquelle il travaillait.

Hélas, deux incendies en 1962 et 1966 ont détruit cet outil performant.

Suite au dernier incendie, eut lieu le décès de son patron, Léon, mon mari en janvier 1967. L’outil de travail étant neuf, il fallait continuer. Ce fut difficile pour moi, car il fallait apprendre le métier et le cumuler avec la vie familiale.

Mon fils Jean-Louis, est revenu définitivement en juillet, et Pierre, trois ans plus tard, à la fin de ses études. Ce dernier passait ses vacances à débarder du bois en forêt avec le tracteur, ce qui nous aida beaucoup. Il fallait aussi continuer la modernisation de la scierie petit à petit.

En 1969, l ‘adhésion au Groupement des Scieries de l’Isère (GSI)  a facilité l’achat des grumes et a permis d’agrandir la zone d’approvisionnement sur tout le département.

En 1973, Jean-Louis a eu l’opportunité de travailler dans une scierie importante du département : Pierre le remplace jusqu’en 1989, date à laquelle il créa la SARL avec son frère Jean-Louis.

De nombreux achats, améliorations se succèderont au fil des années avec par exemple en 1991 : installation de la scie a grumes et bétonnage du sol : modification de l’installation électrique; en 1992 : installation du broyeur et construction des silos; 1993 : installation du chariot de tronçonnage et de l’écorceuse à fraise.

A partir de cette date, les bois n’ont plus été écorcés en forêt par les bûcherons.

Des investissements plus récents on retiendra:

- 2000 : achat du premier camion qui nous a rendu indépendants

- 2004 : installation du Slabber et modification du circuit à déchets

2005 : installation de la déligneuse avec le Canter, ce qui permet de ne plus avoir de délignures dans la scierie. Il s’en est suivi une augmentation de la production et plus de sécurité.

Dans le même temps, à l’affûtage, une planeuse automatique pour les lames, a permis d’améliorer les qualités du sciage.

- 2007 – 2008 : installation de l’écorceuse et cubage automatique des bois.

Depuis 2011, la scierie est dirigée par Thomas, le fils de Pierre.

A noter que l’entreprise est certifiée PEFC.

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