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France : bilan climatique de l’année 2012

France : bilan climatique de l’année 2012

L’année 2012 s’est terminée comme elle a commencé : en douceur. Une année assez atypique qui a souvent connu des périodes climatiques très tranchées en raison de conditions soit largement anticycloniques, soit au contraire franchement dépressionnaires, d’après Frédéric Decker de MeteoNews.

Seuls quatre mois sur douze auront connu un déficit thermique faible à modéré : février, avril (-0,7 degré), juillet (- 1,0 degré) et septembre (-0,2 degré), la palme revenant évidemment à février (-3,6 degrés d’écart à la normale) et sa vague de froid qui a duré deux semaines. Les huit autres mois ont été doux à chauds, notamment mars avec un excédent de 1,7 degrés.

Rappelez-vous : la grande douceur de l’hiver 2011/12 a connu un arrêt brutal entre le 31 janvier et le 13 février, alors qu’une importante masse d’air froid envahissait la France. Bien qu’elle ne fut pas exceptionnelle, une vague de froid de cette ampleur ne s’était plus vue depuis février 1991, voire janvier 1987. Mais la douceur est rapidement revenue fin février pour atteindre son paroxysme durant cet «été marsien» qui a fait tomber les records de chaleur mi-mars puis durant toute la troisième décade, exceptionnellement chaude et ensoleillée.

Douche écossaise en avril ! Finis la chaleur et le soleil, mais aussi la sécheresse bien installée durant les trois premiers mois de l’année : pluies, vents forts et giboulées (et tornade à Toulouse en fin de mois!) défilent rapidement sur la France, débordant même largement sur la première moitié de mai. Une pause bienvenue dans ce contexte de sécheresse, mais qui complique les travaux agricoles.

Une période estivale concerne la France fin mai avec un temps chaud pour la saison, mais parfois orageux. Des violents orages inondent notamment la région nancéenne lors d’un phénomène qui donnera plus de 100 mm en quelques heures !

L’anticyclone s’efface ensuite pendant un mois et demi, laissant les passages pluvieux s’enchaîner à un rythme infernal, pour le plus grand malheur du monde agricole qui piétine dans la boue en attendant une fenêtre sèche pour les fenaisons, et pour les potagers qui voient le mildiou et l’oïdium anéantir les plants.

Après un 14 juillet sous l’eau, l’anticyclone des Açores revient enfin et assure des conditions météo estivales jusqu’en septembre. Août est même très sec (reprise de la sécheresse malgré les mois précédents sous l’eau) et très chaud. Un épisode caniculaire remarquablement tardif se produit notamment les 18 et 19 août avec des
pointes à 40 degrés relevés du sud-ouest au Bassin Parisien.
Il faudra ensuite attendre la fin septembre pour retrouver des conditions météo perturbées et pluvieuses… conditions qui s’imposeront ainsi tout le mois d’octobre avec des quantités de précipitations remarquables sur le tiers nord (records et inondations entre la Normandie et le Nord-Pas-de-Calais) et dans une moindre mesure en novembre (plus sec toutefois au sud de la Loire).
Pas d’hiver en décembre malgré un froid modéré en début de mois jusqu’au 13, beaucoup de neige tout de même en montagne et un bref épisode neigeux le 7 : c’est encore et toujours la douceur qui s’impose dans une ambiance à nouveau très pluvieuse, favorisant ainsi les inondations et, bonne nouvelle, un bon rechargement des nappes phréatiques.
D’un point de vue thermique, l’année 2012 est donc à l’équilibre (excédent insignifiant de 0,1 degré) par rapport à la normale 1981-2010 (+0,8 degré par rapport à la précédente normale 1971-2000).

L’important déficit de février a en effet été assez long à combler malgré 8 mois sur 12 au-dessus des moyennes saisonnières, mais sans excès importants. 2012 a ainsi été plus fraîche que 2011 (année la plus chaude en France, devant 2003), mais plus chaude que 2010 (année la plus fraîche entre 1997 et 2012).

bilan météà

Alternant le très sec (premier trimestre, période du 15 juillet à fin septembre) et le très arrosé (avril au 15 juillet, et dernier trimestre), cette année 2012 est conforme aux chiffres habituels en terme de précipitations (excédent moyen national insignifiant de 2%).

Des conditions qui auront franchement compliqué les travaux agricoles cette année : un hiver et un mois de mars trop secs, suivis d’une longue période trop pluvieuse d’avril à mi-juillet… suivie elle-même d’une nouvelle période trop sèche d’un peu plus de deux mois.

Et la pluie a à nouveau été trop présente entre fin septembre et le 31 décembre. Bref, des précipitations qui auront toujours connu des excès, dans un sens ou dans l’autre ! 2012 aura été une année très peu neigeuse, en plaine comme en montagne.

La vague de froid de février a en effet été accompagnée d’air très sec, et donc globalement de peu de neige. On notera simplement l’épisode neigeux remarquable de fin octobre à Grenoble où les 20 cm et plus avaient provoqués de nombreux dégâts (et la violente tempête de mistral dans le même temps en Provence).
Une année assez orageuse en revanche dès le mois d’avril jusque tard dans la saison, puisque les derniers coups de foudre ont frappé en plein coeur de décembre. Ces orages auront provoqué la formation de plusieurs tornades cette année, avec pour les plus remarquables celles de Toulouse en avril, Plan-en-Campagne et Vendée en octobre et quelques cas plus mineurs cet été, en novembre et décembre.

Très légèrement excédentaire à l’échelon national cette année, l’ensoleillement n’a pas présenté de caractéristique particulière. Trois mois ont été très ensoleillés (février, mars et août) et trois très sombres (avril, juin et octobre).

Cet article a été écrit par:

Gilbert - qui a écrit 8512 articles sur Sillon 38 – Le journal du monde rural – (38) Isère.


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