Archive | 08 mars 2013

Bilan phytosanitaire des forêts du Rhône en 2012

BILAN DES ACTIVITÉS DES CORRESPONDANTS OBSERVATEURS DU RHÔNE EN 2012

I – Bilan climatique de 2012

Après un mois de janvier doux et sec, février a été marqué par des températures polaires (-18 °C) renforcées par des vents en rafale. Le printemps a été tout aussi contrasté avec un mois de mars chaud et sec et avril-mai excédentaires en eau, des températures encore douces et un coup de vent violent le 29 avril sur les monts du Beaujolais.

Juillet et août ont été tout aussi arrosés avec des orages réguliers et 5 jours de canicule mi août.

L’automne a également été très arrosé avec des températures au dessus de la normale. Décembre a tout d’abord été frais, puis doux dans la deuxième quinzaine avec toujours de bonnes pluies.

En conclusion, les deux faits marquants de cette année sont tout d’abord le froid intense de février qui a entraîné des pertes conséquentes de plants en pépinières et des problèmes de gel sur l’ensemble de la végétation et ensuite des précipitations excédentaires favorables à la reprise des

plantations et avec des effets contrastés sur la bonne santé générale de nos forêts dans le Rhône (voir rouille suisse).

II – Bilan des protocoles (suivis spécifiques)

Protocole plantation de l’année :

10 placettes ont été suivies, 2 fois dans l’année (fin de printemps et début d’automne), 6 placettes en douglas, 1 en mélèze et trois en feuillus. Pour ces dernières, on note une forte augmentation des dégâts (mortalité) dus à des attaques de cervidés (chevreuils) sous forme d’abroutissement ou de frottis. Pour les placettes de douglas, on note une augmentation des attaques d’hylobe (sans trop de mortalité) et une augmentation du nombre de plants frottés.

Le froid de février a également provoqué un nombre non négligeable de cimes sèches sans mortalité de plants. Pour la placette de mélèze d’Europe, 70% des plants étaient morts (gel de février, problème de plants, problème d’installation ?).

Réseau de surveillance processionnaire du pin :

la placette observée dans le département du Rhône depuis quelques années (Chamelet ) montre une augmentation à la fois du nombre de nids (trois fois plus) et de leur volume.

Défoliateurs précoces des chênes : Les 8 quadras du Rhône montrent une amélioration notable d ans le déficit foliaire. Les processionnaires du chêne, endémiques dans certaines zones et les géométrides (hivernie et chématobie, chenilles défoliatrices) ont causé peu de dommages.

Les attaques de cynips sur le châtaignier sont réparties dans les plaines du sud de la région lyonnaise et atteignent les monts du Lyonnais. Les monts du Beaujolais sont encore indemnes.

Situation inverse pour chalara fraxinea, champignon sur frêne : Le Beaujolais est contaminé (nombre important de frênes fortement défeuillés et de cimes sèches) alors que le reste de la région est indemne. Une attention particulière sera portée cette année sur l’extension de ces deux problèmes sanitaires.

On note également une diminution de cylindrosporiose (cham pignon foliaire) sur merisier, plus tardive malgré des précipitations nombreuses cette année.

Dépérissement en forêt:

Pour le douglas, quelques dépérissements diffus ont été observés dans le Beaujolais. Aucune autre cause de mortalité apparente n’es t signalée cette année (champignons, insectes…).

III Bilan de la surveillance du territoire

Missions départementales

Le violent coup de vent du 29 avril 2012 (vent du sud) a provoqué des chablis sur l’ensemble des monts du Beaujolais notamment sur leur partie sud (St Bonnet le Troncy par exemple). D’après l’ONF, 4500 m de bois sur 1800 hectares de forêts départementales ont du être prélevés. On estime à plusieurs milliers de m3 le volume de bois chablis pour les forêts privées.

La rouille suisse du douglas : présente de façon endémique sur les forêts du Beaujolais (zone confinée à humidité constante, peuplements serrés), ce champignon foliaire a véritablement explosé cette année, phénomène lié à deux épisodes météorologiques particuliers : un été 2011 pluvieux et un début d’hiver 2012 doux (mis à part février).

Ceux ci ont favorisé la dissémination du champignon et son extension à l’ensemble des peuplements de douglas, sauf en altitude et en versants nord. (Le gel de février a d’ailleurs accéléré la chute des aiguilles des années précédentes.)

Cette maladie sera particulièrement suivie en 2013 afin de s avoir si la contamination se poursuit, en effet les conséquences des importantes pertes foliaires, s ans menace sur la pérennité des arbres entraîneront des pertes de production qui pourront être significatives.

Six placettes de surveillance pour la maladie des frênes (chalara fraxinea) ont été mises en place dans le département. Le protocole confirme pour l’instant la présence du champignon pathogène uniquement dans les monts du Beaujolais.

Missions conduites à l’échelle de la région :

Parmi les organismes invasifs qui sont particulièrement surveillés dans la Région Rhône-Alpes, on peut citer le nématode du pin. 45 prélèvements ont été réalisés dans les peuplements et dans des sites sensibles (scieries, aires d’autoroutes, dépôts de stockage de bois). Tous ont donné des résultats négatifs.

Le plan de surveillance 2013 va considérablement évoluer avec une augmentation des prélèvements et la mise en place du piégeage de monochamus galloprovincis (longicorne vecteur de la propagation du nématode). Les modalités ne sont pas encore arrêtées.

Le puceron lanigère sur peuplier bénéficie d’une surveillance particulière. Depuis l’année 2007 qui était catastrophique, la situation est plutôt satisfaisante en Rhône-Alpes. Le réseau de surveillance reste maintenu en 2013.

Missions conduites à l’échelle France-Europe :

Réseau systématique de suivi des dommages forestiers, ce sont 7 placettes de 20 arbres chacune (3 de plus que les années précédentes) qui ont été notées en 2012 (entre juillet et août) suivant un protocole bien établi : pourcentage de déficit foliaire, coloration anormale des feuilles, mortalité de branches, ..

Les résultats s’apprécient plus au niveau national et européen pour chaque essence concernée.

source:

www.draaf.rhone-alpes.agriculture.gouv.fr

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Plan de relance exceptionnel pour l’élevage

Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, a présenté  le plan de relance exceptionnel pour l’élevage.

1) Les mesures d’encadrement des relations commerciales et contractuelles seront renforcées.

Le déroulement des négociations tarifaires pour l’année 2013 dans les filières agroalimentaires démontre les insuffisances des dispositifs actuels de régulation des relations commerciales résultant de la loi du 4 août 2008 de modernisation de l’économie et de la loi du 27 juillet 2010 de modernisation de l’agriculture et de la pêche.
Les groupes de travail réunissant l’administration et les représentants de la filière laitière lancés fin 2012 pour améliorer le dispositif de contractualisation prévu par la loi du 27 juillet 2010 s’achèveront courant mars. Des modifications réglementaires seront adoptées à l’issue de leurs travaux.
S’agissant de la loi du 4 août 2008, au-delà de la mise en oeuvre renforcée des dispositions existantes, des modifications seront proposées, notamment dans le projet de loi relatif à la consommation, qui sera débattu en juin à l’Assemblée nationale.
Elles prévoiront notamment :
- des mécanismes de révision des contrats lorsque la valeur de certains indicateurs définis par les parties est franchie, par exemple le prix des matières premières. L’inspection générale des finances et le Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux remettront à la fin du mois un rapport en ce sens au Gouvernement ;
- une plus grande transparence afin de parvenir à un meilleur équilibre des relations commerciales : l’ensemble des obligations auxquelles s’engagent les parties devront figurer dans les « conventions uniques » conclues au plus tard le 1er mars de chaque année ;
- des sanctions administratives : la direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes pourra sanctionner directement les manquements à cette obligation de transparence.

2) La politique agricole commune (PAC) sera réorientée au profit de l’élevage :

- la réforme de la PAC prévoit que les aides à l’hectare non liées à la production (dites « découplées ») convergent à terme vers un montant moyen, indépendamment des montants individuels perçus préalablement à la réforme de 2003. La France appliquera cette disposition de façon à rééquilibrer la répartition de ces aides au profit de l’élevage ;
- la PAC prévoit également la possibilité de maintenir des systèmes d’aides dits « couplés » pour soutenir de façon ciblée des productions vulnérables. En France, ces dispositions seront utilisées au maximum au bénéfice de l’élevage ;
- les dispositions du « verdissement » seront adaptées pour répondre aux spécificités des différents types d’élevage ;
- les outils de la PAC seront aussi mobilisés pour soutenir l’élevage à l’herbe et l’amélioration de la performance environnementale des exploitations concernées.

3) La performance économique des activités agricoles sera conciliée avec le respect des exigences environnementales fixées dans la réglementation communautaire.

Des solutions pragmatiques basées sur les pratiques agronomiques seront mises en oeuvre dans le cadre de la directive nitrates, sans pénaliser les éleveurs français par rapport aux autres éleveurs européens : possibilité de stockage au champ du fumier compact pailleux, adaptation des durées requises de capacité de stockage, relèvement des seuils de pentes autorisés pour l’épandage, conditions de recours à l’implantation de « cultures intermédiaires pièges à nitrates », et adoption d’une dérogation transitoire pour les périodes d’épandage du fumier mou. Le dispositif sera soumis prochainement à l’avis de l’autorité environnementale puis à la consultation du public.
Au sein du deuxième pilier de la PAC, les orientations proposées permettront d’accompagner l’évolution des pratiques agronomiques liée à la mise en oeuvre de la directive nitrates.

4) Le développement de la production d’énergies renouvelables créera des synergies avec les activités d’élevage.

Il permettra d’assurer aux éleveurs un revenu complémentaire stable dans un contexte de fragilité des exploitations lié à la forte volatilité des coûts de production et des prix de vente.
Un plan Energie Méthanisation Autonomie Azote sera lancé fin mars par le ministère de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt et le ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, pour permettre le développement de la méthanisation dans les exploitations agricoles.
Les procédures pour la mise en oeuvre des projets photovoltaïques sur les bâtiments d’élevage seront améliorées, dans le cadre des dispositifs de soutien existants.

5) Les éleveurs dont la situation financière est fragile seront soutenus.

Dans la continuité du plan d’action face à la hausse des prix des céréales mis en place par le Gouvernement en septembre 2012, seront mobilisés :
- les dispositifs d’aide au paiement des cotisations sociales à la Mutualité sociale agricole (MSA) et des échéances fiscales. Après évaluation des besoins, une enveloppe de prise en charge des cotisations à la MSA sera mise en place début avril pour les élevages dont la situation financière est fragilisée par la conjoncture ;
- le dispositif d’identification et de traitement des situations financières les plus difficiles, mis en place depuis l’automne dernier par les banques.

Voir les mesures sur le portail www.gouvernement.fr

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1 million d’euros supplémentaires pour le Fonds de modernisation des scieries

Mis en place dans le cadre d’un partenariat entre le Ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt et OSEO, future branche de financement de la Banque Publique d’Investissement (BPI), le Fonds de modernisation des scieries a pour objectif de soutenir l’investissement dans les PME de la filière forêt – bois aux moments clés de leur développement.

Il s’adresse ainsi aux scieries engagées dans des investissements visant à accroître leur compétitivité, en soutenant notamment le développement d’activités complémentaires à la première transformation (séchage, rabotage, …), ainsi qu’aux entreprises de travaux forestiers.

Devant le succès rencontré par le Fonds de modernisation des scieries en 2012, Stéphane Le Foll a pris la décision d’abonder le dispositif au titre de l’exercice 2013 à hauteur d’un million d’euros, pour un montant global de 3,3 M€.

Au 31 décembre 2012, le Fonds avait déjà permis le financement de 57 projets, pour un montant global de plus de 8,5 M€. Ce nouvel abondement va permettre au Fonds d’engager au minimum 50 M€ pour l’amélioration des performances de la filière forêt – bois. En 2013, il pourrait ainsi avoir consenti plus d’une centaine de prêts participatifs de développement.

Rappelons que le Conseil Général de l’Isère a également décidé d’apporter son soutien aux scieries départementales, à hauteur de 300 000 euros.

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Viticulture: Les mastics à base de goudron de pin, très bonne protection des plaies de taille face à l’agent de l’eutypiose

Les mastics à base de goudron de pin les plus performants pour protéger les plaies de taille
Les études menées par l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV) montrent la très bonne efficacité des mastics à base de goudron de pin pour protéger les plaies de taille face à l’agent de l’eutypiose.

Les mastics à base de goudron de pin assurent une très bonne protection des plaies de taille face à l’agent de l’eutypiose, lorsque les contaminations ont lieu le lendemain ou quinze jours après la protection. C’est le principal résultat d’une étude IFV menée au vignoble pendant deux années consécutives (2010, 2011), qui a porté sur la comparaison de différents badigeons vendus dans le commerce en protection des plaies de taille et de produits à protection hydrofuge comme les lasures. Les tests ont été effectués à deux périodes de taille, l’une précoce (décembre) et l’autre plus tardivement (février).

Les plaies protégées par les badigeons ont été ensuite inoculées de manière artificielle en période pluvieuse par les unités contaminatrices du champignon de l’eutypiose le lendemain ou quinze jours après la protection. Comparés au produit Escudo constitué de flusilazole et de carbendazime, qui fut interdit en raison de sa toxicité, les goudrons de pin présentent une efficacité équivalente, voire meilleure lorsque les plaies subissent des niveaux de pluie importants.

Les autres produits testés, comme les lasures ou ceux constitués d’huiles végétales et de résines, présentent des efficacités beaucoup plus faibles, voire nulles. Même si visuellement l’état de la plupart de ces différents badigeons paraît être de meilleure tenue plusieurs mois après la protection que les goudrons de pin, ils ne permettent pas cependant une protection aussi efficace.

plaies

Les goudrons de pin restent la meilleure façon de protéger les plaies de taille à l’égard du champignon de l’eutypiose

La pulvérisation, technique séduisante, mais illusoire
Cette étude fait suite aux travaux de l’IFV montrant que la protection des plaies de taille par une substance active appliquée par pulvérisation est illusoire. En effet, contrairement au badigeonnage, la pulvérisation d’un produit n’apporte jamais suffisamment de matière active sur une plaie de taille pour empêcher le développement du champignon de l’eutypiose, surtout s’il est localisé profondément dans les vaisseaux après la contamination.

Déjà en quantités insuffisantes au niveau des tissus ligneux sous-jacents à la plaie de taille, la matière active se retrouve en de plus faibles quantités encore au moment des périodes de contamination, car le produit est dilué par les pluies.

La prophylaxie, mesure indispensable pour lutter contre l’eutypiose

Le badigeonnage des plaies, notamment par les goudrons de pin, reste donc la meilleure façon de protéger les plaies de taille à l’égard du champignon de l’eutypiose. La taille tardive, plus particulièrement celle réalisée en période des pleurs, permet d’éviter également les contaminations.

Ces mesures doivent être impérativement accompagnées par une prophylaxie soignée. Effectuée avant chaque période de taille, elle consiste à éliminer tout cep mort, toute partie de la plante morte (bras, cornes) et tout cep manifestant des symptômes d’eutypiose sur la partie herbacée pendant la période végétative (rabougrissement des rameaux).

Tous ces ceps peuvent héberger le champignon qui, deux heures après le début d’une pluie, se dissémine et peut contaminer les plaies de taille environnantes.

Philippe Larignon, Chef de Projet maladies du bois, IFV, Pôle Rhône-Méditerranée
Réalisée grâce à la participation financière de FranceAgriMer et du Casdar.

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