Archive | 23 avril 2013

Proposition de loi pour lutter contre l’ambroisie

Le député de l’Isère Alain Moyne Bressand a présenté un projet de loi visant à lutter contre l’ambroisie à feuilles d’armoise,l’ambroisie trifide et l’ambroisie à épis lisses.

Voici le texte de son intervention:

Mesdames, Messieurs,

L’ambroisie à feuilles d’armoise (Ambrosia artemisiifolia L.), l’ambroisie trifide (Ambrosia trifida L.) l’ambroisie à feuilles étroites (Ambrosia tenuifolia L.) et l’ambroisie à épis lisses (Ambrosia psilostachya DC.) sont quatre espèces originaires du continent américain. Deux de ces espèces, l’ambroisie à feuilles d’armoise et l’ambroisie trifide sont des espèces annuelles et des mauvaises herbes importantes dans les cultures nord-américaines. Elles furent introduites involontairement en France, et produisent des pollens très allergisants en quantité importante.

Introduite sans doute au début du 20e siècle, l’ambroisie trifide est considérée comme une mauvaise herbe majeure dans les systèmes agricoles nord-américains, dont le développement est encore réduit au Sud-Ouest de la France (Ariège, Haute-Garonne…) où elle constitue localement des populations importantes.

Son développement doit être limité pour des raisons de santé (pollen hautement allergisant : tout le monde est susceptible de devenir allergique) et agronomique (mauvaise herbe très concurrentielle entraînant notamment d’importante baisse de rendement.)

Introduite à la fin du 19e siècle, l’ambroisie à feuilles d’armoise est aujourd’hui largement présente dans toute l’Europe, avec pour la France une occupation accrue d’abord dans le grand Sud-est : Région Rhône-Alpes, Vallée du Rhône. C’est l’ambroisie la plus répandue en France.

Elle s’étend désormais en Aquitaine, Midi-Pyrénées, Poitou-Charentes, Bourgogne et Pays de la Loire. Le pollen, responsable des allergies, est transporté par le vent sur de grandes distances (plusieurs dizaines de kms.) En revanche, les graines, responsables de la propagation de l’ambroisie, sont principalement transportées par l’homme via les engins agricoles, les transports de matériaux (terre végétale, sable, gravier) ou encore le ruissellement naturel des eaux vers les rivières.

En phase avec cette dispersion qui continue de s’accroître, de plus en plus de personnes présentent des réactions allergiques au pollen d’ambroisie (un très faible nombre de grains de pollen par m3 suffit à déclencher conjonctivites, rhinites, asthmes, dermatoses, trachéites, eczémas et autres urticaires).

En Amérique du Nord (zone dont l’ambroisie est originaire), ce pollen représente la source majeure de protéines allergènes et génère, dans certaines zones, la moitié des cas de pollinose.

En région Rhône-Alpes, 10 % à 20 % de la population est allergique au pollen d’ambroisie. Ainsi dans cette région, le phénomène a entraîné 20 millions d’euros de dépenses de santé en 2011, d’après les comptes de l’observatoire régional de santé (sécurité sociale, médication, arrêts de travail, etc…). Ce coût est en hausse de 90 % depuis 2008, tandis que la population touchée croissait de 70 % sur la même période.

Plus globalement, le RNSA (Réseau national de surveillance aérobiologique) estime que 1,2 million de Français sont allergiques aux pollens d’ambroisies (personnes sous exposition pouvant être malades) et redoute une croissance exponentielle de ce chiffre puisque selon l’AFEDA (Association française d’étude des ambroisies), l’ampleur du problème sanitaire reste largement sous-estimée : « L’allergie due à l’ambroisie n’atteint pas seulement les gens prédisposés génétiquement, comme c’est le cas avec les autres pollens », explique sa présidente, Chantal Déchamp, qui explique que 20 % de la population française vivant dans les zones infestées souffrirait de maladies liées à la plante.

L’impact de la plante pourrait être aggravé par les émissions de CO2 : de récentes études menées aux États-Unis montrent qu’un doublement de la concentration en gaz carbonique entraîne une augmentation de 30 % à 50 % de la quantité de pollens produite. En 2010, les capteurs du Réseau national de surveillance aérobiologique (RNSA) ont relevé une augmentation globale de 10 % de l’index pollinique de l’ambroisie. Cette allergie n’est pas indolore comme en témoigne la contrainte de déménagement de certaines personnes souffrantes ou de confinement lors de périodes estivales de pollinisation.

L’ambroisie à feuilles d’armoise pousse aussi bien au bord des rivières, dans les jardins ou au milieu des cultures, commence à fleurir à la mi-juillet et ces plantes peuvent produire et disperser jusque 2,5 milliards de grains de pollen par jour et par pied. Pour les personnes allergiques aux pollens, le pic de pollinisation a lieu à la fin du mois d’août ce qui rallonge considérablement la durée des traitements. Au lieu de s’arrêter en juillet après les moissons (graminées), le pic de pollinisation peut durer jusqu’en octobre. Cette mauvaise herbe pousse très vite, et présente une grande tolérance aux stress écologiques (sécheresse, salinité…).

Il y a quelques années encore, les gels précoces au début de l’automne l’empêchaient de s’étendre, mais leur disparition aujourd’hui lui permet désormais de gagner le nord de la France. Sans compter qu’une graine peut survivre de très nombreuses années dans le sol avant de germer.

L’ambroisie se développe particulièrement dans les cultures de printemps dont les tournesols. Les pertes pour les agriculteurs peuvent atteindre les deux tiers des récoltes sans désherbage et un tiers en cas de désherbage mal maîtrisé, selon une étude d’impact du Centre technique interprofessionnel des oléagineux et du chanvre.

Des variétés de tournesols résistants à une molécule herbicide permettraient donc de réduire considérablement le fléau. Bruno Chauvel (Inra, coordinateur de l’observatoire des ambroisies) insiste sur les raisons multifactorielles du développement de l’ambroisie : environnementale, climatique, agronomique. La suppression de certaines molécules d’herbicides rend plus complexe la lutte contre cette plante invasive et nécessite le développement de méthodes de lutte innovantes.

D’ailleurs, l’association Stop Ambroisie, qui représente les personnes allergiques au pollen d’ambroisie et alerte depuis douze ans l’administration et les élus, est aujourd’hui très inquiète de constater l’accroissement continu du nombre de personnes concernées et l’aggravation de leurs symptômes, ce qui la conduit à demander que des moyens à la hauteur des enjeux soient enfin mis en place.

L’absence de textes législatifs ou règlementaires spécifiques pour le combat des ambroisies annuelles freine les actions coordonnées de lutte contre ces plantes à fort impact négatif pour la santé publique, car malgré des arrêtés préfectoraux imposant cette lutte dans les départements concernés, une grande disparité existe au niveau local dans l’effectivité de la lutte contre cette plante.

Cette absence pèse particulièrement sur les municipalités, débordées d’appels parfois virulents d’administrés à bout et épuisés par les allergies. Une formation des agents municipaux pour faire face à cette colère montante est même envisagée en attendant une intervention législative.

Les dispositions de la présente proposition de loi permettent, en luttant contre sa propagation, de diminuer la population exposée et le nombre de cas d’allergies déclenchées par le pollen de ces plantes. Elles contribueront à impliquer les agriculteurs dans la lutte, à multiplier les réunions d’information, à systématiser l’envoi de courriers préventifs aux agriculteurs, propriétaires ou exploitants de parcelles et terrains, et à organiser des visites de parcelles par des agents ou référents d’ambroisie.

Ainsi, il s’agit d’accroître l’information car l’ensemble des propriétaires, publics et privés, doivent pouvoir être au courant des moyens de lutte mis à leur disposition.

La prévention et l’information sont également nécessaires dans les régions, sans aucun signe d’allergies chez les riverains malgré l’existence bien réelle d’ambroisie (en Poitou-Charentes, Côte-d’Or par exemple). Les pouvoirs publics ne s’y mobilisent pas encore alors que le risque est présent.

C’est souvent plusieurs années après l’apparition de la plante dans une région que les premiers malades apparaissent. À Angoulême par exemple, la première alerte a été donnée il y a quinze ans, on voit des tests positifs chez certains patients depuis quatre ou cinq ans mais il n’y a des malades que depuis un an.

La multiplicité des acteurs et des échelons dans la gestion de l’ambroisie est un des principaux obstacles dans cette initiative : État, collectivités territoriales, élus, propriétaires et gestionnaires de terrains, professionnels de la santé, de la recherche, du bâtiment et des travaux publics, agriculteurs, organismes environnementaux, … La mobilisation coordonnée de tous ces acteurs est fondamentale pour une gestion efficace de ce nuisible tenace.

C’est la raison pour laquelle, la responsabilité opérationnelle de la lutte contre la plante est confiée au représentant de l’État dans le département. Dans chaque commune d’implantation de la plante, un référent ambroisie est désigné pour être l’interlocuteur de tous les acteurs concernés.

Si ces dispositions de loi concernent actuellement principalement l’ambroisie à feuilles d’armoise, elles peuvent aussi permettre une régulation plus rapide des ambroisies trifide et à épis lisses et permettre de façon préventive une limitation de l’extension de ces espèces avec des conséquences qui seraient potentiellement similaires du point de vue de la santé publique et agronomique.

Tel est le sens de la présente proposition de loi que nous vous demandons, Mesdames, Messieurs, de bien vouloir adopter.

Pour découvrir la totalité de cette intervention ainsi que les différents articles cliquer ici:http://www.assemblee-nationale.fr/14/propositions/pion0964.asp

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Concours des Vins de l’Isère

Le 27 mai 2013 aura lieu la 2ème édition du Concours des Vins de l’Isère.
Cet événement a pour but de faire découvrir et promouvoir les vins du département auprès des professionnels du vin (cavistes, sommeliers , restaurateurs, …).
Les vins invités à concourir sont les suivants  :
• vins sous Indication Géographique Protégée Vins de l’Isère, avec ou sans dénominations Coteaux du Grésivaudan et Balmes Dauphinoises
• vins sous AOP Vin de Savoie et Vin de Savoie cru des Abymes pour les exploitations ayant leurs siège et parcelles en Isère
• vins sous IGP Collines Rhodaniennes du secteur Seyssuel ou ayant leur siège social en Isère
• Vins Mousseux et  Vins Mousseux de qualité pour les exploitations ayant leur siège en Isère.


Si vous souhaitez vous inscrire contactez Céline Mandin au 04 76 20 67 89 avant le 7 mai.

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« Eleveur Ovin demain »

Congrès de la FNO les 25 et 26 avril 2013 – BIARRITZ
« Eleveur Ovin demain »

Hausse générale des cours des matières premières, volatilité du prix de l’agneau, nouvelles préoccupations
environnementales des citoyens… L’élevage est confronté de plein fouet aux grandes évolutions de la société
face auxquelles il doit se positionner et qui le mettent parfois en grande difficulté. Si les pouvoirs publics
reconnaissent son rôle et son importance pour la souveraineté alimentaire, la balance du commerce
extérieur, l’emploi, l’économie des zones rurales, l’occupation du territoire et l’entretien des paysages,
aucune solution miracle ne pointe à l’horizon.

Dans un monde beaucoup plus ouvert et soumis aux aléas et tensions, pour maintenir des éleveurs ovins sur
le territoire demain, nous nous devons d’être innovants ! Les schémas d’autrefois ont fait leur temps, nous
devons les renouveler et penser différemment nos techniques d’élevage, nos formes de commercialisation, la
formation de nos jeunes et leur mode d’installation…

Les éleveurs ovins doivent être aujourd’hui de vrais chefs d’entreprise : savoir s’informer et se former toute
leur vie, avoir une vision stratégique de l’atelier ovin et de sa place dans l’exploitation, être en capacité de
prendre leurs propres décisions et aller de l’avant…

Le congrès de la Fédération Nationale Ovine, qui se tiendra les 25 et 26 avril au Casino de Biarritz, sera
l’occasion de débattre de ce changement de dimension du métier d’éleveur et de se projeter ensemble vers
l’avenir et vers un objectif commun : l’installation et le renouvellement des générations d’éleveurs ovins, un
défi vital !

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Gestion et usage de l’eau en agriculture : Non au dogmatisme, oui à l’efficacité

Communiqué de l’Association Générale de Producteurs de Maïs et Irrigants de France

Alors que le Comité Economique Social et Environnemental (CESE) rend son avis sur la gestion et l’usage de l’eau en agriculture, l’Association Générale de Producteurs de Maïs et Irrigants de France déplorent nombre de propositions empreintes de dogmatisme : redevances (engrais et phytos), interdiction pure et dure de la protection des cultures dans certaines zones et substitution du maïs.
Halte à l’écologie punitive

Création d’une taxe sur les engrais azotés, augmentation de la taxe sur les phytos, voire interdiction pure et dure des produits de protection des plantes sur les territoires « les plus sensibles »,… Si ces préconisations faciles semblent séduisantes en cette période de recherche de subsides, leur impact sur l’état des eaux est plus qu’incertain. A contrario, l’impact négatif de telles mesures sur la compétitivité des exploitations est une évidence.

Faut-il le rappeler ? Le raisonnement des engrais et des phytos est un objectif poursuivi par la profession agricole depuis des années. Les outils d’aide à la décision sont plus nombreux et plus sophistiqués et les résultats sont là. Qu’il s’agisse d’eau, de produits phytosanitaires ou de fertilisants, leur efficience à la tonne produite augmente.

Eau, agriculture et maïs : tandem et non dilemme

Entre autres propositions dans l’air du temps, l’avis prône le remplacement du maïs par « des modèles plus efficients pour l’utilisation de l’eau » : un véritable non-sens quand on sait que le maïs est la plante la plus efficiente en eau. Ne l’oublions pas, c’est bel et bien le maïs qui assure la sécurité des élevages en cas de sécheresse !

L’irrigation et l’intérêt du stockage de l’eau ont légitimement leur place : une démarche que partage Irrigants de France qui plaide pour un cadre juridique clair de nature à débloquer les projets en cours. Malheureusement, nous sommes encore loin d’une politique de stockage de l’eau à même d’inscrire l’irrigation comme enjeu stratégique. Le climat français reste délibérément un atout peu exploité !

L’Association Générale de Producteurs de Maïs et Irrigants de France en appellent à une politique cohérente à l’échelle nationale, s’appuyant sur une approche de gestion territoriale, et faisant place au pragmatisme loin de tout dogmatisme.

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