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Isère : l’attractivité au ralenti

Isère : l’attractivité au ralenti

La croissance de la population de l’Isère, de + 0,8 % par an depuis 2006, est un peu moins élevée que la moyenne de Rhône-Alpes (+ 0,9 %). Sa structure d’âge, jeune, induit un excédent naturel important qui s’accroît légèrement sur la période récente.
En revanche, le solde migratoire, de + 0,1 % par an, est l’un des plus faibles de la région. Si la partie iséroise du périurbain lyonnais reste attractive, les échanges migratoires de l’aire urbaine de Grenoble laissent apparaître un déficit.

Avec 1 215 000 habitants en 2011, l’Isère se classe au second rang des départements de Rhône-Alpes, et au seizième de la France métropolitaine. Il représente environ le cinquième de la population régionale. Il est le plus vaste des départements rhônalpins, et s’étend sur près de 7 900 km2.

Sa densité, de 164 habitants au km2, moins forte que celles du Rhône (538 habitants/km2) et de la Haute-Savoie (170 habitants/km2), est supérieure à la moyenne régionale (144 habitants/km2).

La population s’accroît moins fortement qu’en moyenne dans la région

L’Isère compte 45 700 habitants supplémentaires entre 2006 et 2011, soit 17 % seulement du surplus rhônalpin, contre 23 % sur la période 1982-2006. Cela situe l’Isère en troisième position, après le Rhône (30 %) et la Haute-Savoie (19 %). Sur la dernière période, l’augmentation annuelle moyenne du nombre d’habitants (+ 0,8 %) a été légèrement moins importante que dans la région (+ 0,9 %), tout en restant plus soutenue qu’en France métropolitaine (+ 0,5 %).

Sur la période 1982-2006, le rythme de croissance de la population était un peu plus fort (+ 0,9 %) et un peu supérieur au rythme régional (+ 0,8 %).

C’est l’excédent naturel qui explique l’accroissement de la population entre 2006 et 2011 (+ 0,7 % chaque année en moyenne). Le département est, pour cet indicateur, au second rang ex æquo avec la Haute-Savoie, le Rhône se trouvant à la première place (+ 0,8 %). La jeunesse de la population iséroise explique cette situation, d’ailleurs légèrement plus prononcée qu’elle ne l’était entre 1982 et 2006 (+ 0,6 %).

En revanche, sur les 5 dernières années (2006-2011), la variation de population due aux échanges avec l’extérieur du département est faible (+ 0,1 % par an) et place l’Isère à l’avant-dernier rang des départements rhônalpins, devant la Loire. Entre 1982 et 2006, les entrées étaient nettement plus nombreuses que les sorties (+ 0,3 % par an).

Le territoire est fortement marqué par la périurbanisation

En 2011, l’aire urbaine de Grenoble, au centre du département, rassemble 56 % de la population iséroise, tandis qu’au nord 23 % des habitants vivent dans la couronne de l’aire urbaine de Lyon. À l’ouest, l’aire urbaine de Vienne abrite 8 % de la population.

Sous l’influence conjuguée des métropoles lyonnaise et grenobloise, la périurbanisation s’est fortement développée au cours des dernières décennies. Malgré cela, le poids des grands pôles urbains (48 % de la population), formés essentiellement des agglomérations de Grenoble (41 %) et de Vienne (6 %), reste proche de celui de la France de Province (51 %).

Les couronnes de grands pôles urbains abritent 39 % de la population du département, contre 23 % dans la région. Seul le département de l’Ain, sous l’influence de Lyon et de Genève, est davantage concerné par la périurbanisation. 54 % de sa population vit dans un espace périurbain contre 45 % en Isère.

Le déficit des échanges migratoires s’accroît dans le pôle urbain grenoblois

Entre 2006 et 2011, le ralentissement de la croissance de l’aire urbaine de Grenoble se trouve à l’origine de la légère baisse de la dynamique départementale : l’augmentation annuelle sur longue période était de + 0,7 % entre 1982 et 2006, elle est de + 0,5 % entre 2006 et 2011. Au contraire, au niveau régional, l’augmentation de la population des grandes aires urbaines s’est accélérée, passant de + 0,8 % à + 0,9 %.

L’aire urbaine de Grenoble abrite 675 000 habitants en 2011 (501 000 dans le pôle et 174 000 dans la couronne). Depuis 2006, les 15 900 habitants supplémentaires comptent pour seulement un tiers de l’accroissement départemental.

Si l’excédent naturel s’est maintenu par rapport à la période longue (+ 0,7 % par an), le solde des entrées-sorties est maintenant négatif (- 0,2 % par an) alors qu’il avait été, en moyenne, stable entre 1982 et 2006. Le moindre dynamisme de l’aire urbaine est plus précisément dû au déficit migratoire au sein du pôle urbain (- 0,4 %) conjugué à une moindre attractivité de la couronne (+ 0,5 % par an contre + 1,3 % entre 1982 et 2006). Au total, le surplus de population sur la période récente se répartit entre le pôle, + 0,3 % (1 400 habitants par an), et la couronne, + 1,1 % (1 800 habitants par an).

Dans le pôle, la ville de Grenoble gagne 300 habitants par an entre 2006 et 2011. Sassenage, au nord-ouest et en bordure du massif du Vercors, connaît une croissance régulière (100 habitants par an). Deux communes sont en retournement, Saint-Martin-d’Hères et Saint-Égrève. Leur population s’accroit respectivement de 400 habitants et 100 habitants par an après une stagnation.

En revanche deux autres communes, limitrophes de Grenoble, accentuent leurs pertes, Fontaine (- 150 habitants par an) et Seyssinet-Pariset (- 100). Au nord-ouest, la commune de Voiron, ville-centre du Pays Voironnais intégrée au pôle urbain grenoblois, connaît une baisse annuelle de population de 200 personnes sur la période 2006-2011. C’est là une tendance nouvelle.

Les principales communes de la couronne de l’aire urbaine grenobloise ne sont pas celles où la croissance est la plus nette sur la dernière période. La croissance décélère, au sud, dans la ville de Vif, mais aussi dans celle de Tullins à l’ouest et dans celle de Saint-Laurent-du-Pont, au nord, au sein du parc naturel régional de Chartreuse. La ville de Crolles, au nord-est, après une faible augmentation, connaît une légère baisse. En revanche, la modeste croissance de la ville de Vizille, au débouché de la vallée de la Romanche, est plus régulière.

Le ralentissement démographique concerne aussi la partie iséroise du périurbain lyonnais

La partie iséroise de la couronne de l’aire urbaine de Lyon (290 000 habitants) est également concernée par le ralentissement démographique. D’une moyenne de + 1,7 % par an entre 1982 et 2006, le rythme de croissance passe à + 1,3 % entre 2006 et 2011.

Si l’excédent naturel est en hausse sensible par rapport à la moyenne sur longue période (+ 0,8 % au lieu de + 0,6 %), le solde des entrées-sorties se contracte, passant de + 1,0 % par an à + 0,5 %. La partie rhodanienne de la couronne lyonnaise (au nord et à l’ouest, principalement) ne connaît pas le même phénomène : la croissance semble au contraire s’y accélérer sur la période récente (+ 1,6 % par an après + 1,4 % sur 1982-2006).

À l’intérieur de ce territoire, la croissance reste soutenue dans la ville de Bourgoin-Jallieu, par rapport à la période précédente. Elle décélère tout en restant élevée à la Tour-du-Pin et à Morestel. En revanche, elle s’accélère dans des villes plus petites comme Tignieu-Jameyzieu ou Les Avenières.

L’évolution démographique de l’aire urbaine de Vienne est proche de celle de Grenoble

La population de l’aire urbaine de Vienne (76 000 habitants) évolue parallèlement à celle de Grenoble. L’augmentation annuelle décroît, passant de + 0,7 % par an sur la période 1982-2006 à + 0,3 % sur la période récente. La stabilité de l’excédent naturel (+ 0,6 % par an) s’accompagne de l’apparition d’un solde des échanges migratoires négatif (- 0,3 % contre + 0,1 % sur la longue période).

Pour le pôle urbain de Vienne lui-même, le déficit de ses échanges s’accentue sur la période récente (- 0,5 % contre - 0,1 %), alors que l’attractivité de sa couronne est en nette diminution (+ 1,0 % par an contre + 1,4 %). Entre 2006 et 2011, la ville-centre de Vienne (28 800 habitants) enregistre une baisse significative de sa population, d’environ 1 300 habitants (- 0,9 % par an).

Légère baisse de population à La Mure et à Villard-de-Lans

D’autres pôles, plus petits, étendent également leur influence sur leurs communes voisines. L’aire de Beaurepaire (5 600 habitants), peu éloignée des couronnes viennoise et lyonnaise, est en forte croissance sur la période récente (+ 1,5 % par an).

Celle de Saint-Marcellin (24 900 habitants), dont le pôle est plus important et plus proche de Grenoble, connaît un accroissement plus mesuré (+ 0,9 % par an). En revanche, la population est en légère baisse dans les petites aires alpines de La Mure (7 100 habitants) et de Villard-de-Lans (4 000 habitants).

La situation démographique reste favorable dans les communes sous l’influence de plusieurs pôles

La démographie reste dynamique dans les communes multipolarisées des grandes aires urbaines : leur rythme d’accroissement s’accélère sur la période récente (+ 1,7 % par an contre + 1,2 % en moyenne entre 1982 et 2006).

Ces communes, où l’influence des grands pôles urbains est faible mais simultanée, profitent du desserrement urbain. Représentant 6 % de la population de l’Isère, elles accueillent 5 900 personnes supplémentaires, soit 13 % du surplus départemental entre 2006 et 2011.

Enfin, dans les « communes isolées » (17 000 habitants, soit 1,4 % de l’ensemble de la population iséroise), situées hors de l’influence des pôles urbains, l’augmentation de population s’accélère très légèrement sur la période récente (+ 0,4 % par an). Cette amélioration provient essentiellement des communes touristiques de montagne (en hausse de + 0,6 % par an contre + 0,2 %).

Source Insee Rhône-Alpes

Cet article a été écrit par:

Gilbert - qui a écrit 8511 articles sur Sillon 38 – Le journal du monde rural – (38) Isère.


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