Archive | 17 mai 2014

La filière forêt-bois de montagne en Isère

Une table ronde s’est tenue dans les locaux de la Société Dauphinoise Charpente Couverture, à Varces, à l’occasion de la venue de Jean-Yves Caullet, président de l’ONF, en présence des acteurs de l’ensemble de la filière bois en Isère.ONF,

Des forêts omniprésentes

La forêt couvre 34% du département isérois, soit plus de 250 000 hectares. En secteur de montagne, ce chiffre atteint près de 69%. L’Isère est le premier département de Rhône-Alpes avec 42 millions de m3 de bois sur pied. Ces chiffres expliquent qu’une commune iséroise sur deux est une commune forestière.

La forêt iséroise compte une grande variété d’essences réparties à parts égales de feuillus (châtaignier, chêne, hêtre …) et résineux (sapin, épicéa…). 10 000 emplois sont liés à l’activité bois en Isère avec 500 000 m3 de bois exploités/an dont 400 000 m3 en zone de montagne.

Des bois d’accès difficile

29% de l’accroissement des bois est exploité en Isère (52% au niveau national). « Ce qui ne signifie pas pour autant que les 71% restants soient disponibles » précise Patrick Lambouroud, directeur de Créabois Isère.

Une partie des bois est effectivement prélevée hors des circuits commerciaux, le reste ne correspond pas forcément à des produits marchands. Enfin, beaucoup de zones de production sont inaccessibles par l’altitude ou la pente des terrains.

Les investissements en forêt iséroise restent insuffisants avec une densité de desserte route de 0.9 km/100 ha ou 2km/100 ha en piste alors que le département de Savoie en compte 1.2km/100 ha et 2.2km/100 ha respectivement. « La forêt privée, comme publique, a besoin de desserte, de routes et chemins. » souligne Yvonne Coing-Belley, vice-présidente du CRPF.

Une forêt surprotégée

Des facteurs sociaux (une forêt trop idéalisée) et environnementaux freinent l’exploitation de la forêt de montagne. Elle est pénalisée par le morcellement parcellaire privé et menacée par le déséquilibre croissant sylvo-cynégétique qui réduit les possibilités de prélèvements.  460 000 personnes propriétaires forestiers en Rhône-Alpes dont 25% en Isère sont recensés.

À ce sujet, la possibilité de création des Groupements d’Intérêt Économique et Environnemental Forestier (GIEEF) prévue dans la loi d’avenir agricole et forestière est accueillie favorablement par les acteurs de la forêt privée.

Une exploitation insuffisante

Les handicaps naturels ou socio-économiques dont souffre la forêt de montagne se traduisent par un taux de prélèvement faible et en stagnation depuis 20 ans. Cela a pour conséquence une accumulation de bois sur pied et un vieillissement des peuplements avec risques de pathologies importants.

Les surfaces exploitées sont en diminution et les volumes mis en vente par parcelle diminuent. La perte de rentabilité économique à terme reste une réelle préoccupation pour les forestiers et les chefs d’entreprise manquent de visibilité sur l’évolution des cours du bois et sa réelle disponibilité.

Des acteurs en réseau

La filière bois est très satellisée avec 3 000 entreprises, à l’inverse par exemple de celle du béton. « Du coup, il faut toute la force du réseau » appuie Jean-Yves Caullet.

La FIBRA et Créabois Isère regroupent l’ensemble des acteurs de la filière bois dans le département pour impulser et accompagner son développement économique, promouvoir toutes les formes d’utilisations pertinentes du bois et valoriser le bois local dans le cadre d’un développement durable des territoires.

Des partenariats positifs

Une visite des locaux de la Société Dauphinoise Charpente Couverture montre une entreprise jeune, moderne et impliquée dans la valorisation de bois locaux dans ses différents projets. « Il faut favoriser les circuits courts d’approvisionnement, maintenir et développer le tissu économique local de nos communes forestières et faire face à la puissance commerciale étrangère en face de nos PME de 1ère et 2ème transformation en matière d’importation des bois » explique son dirigeant David Bosch.

Ainsi, 125 m3 de bois massif local ont été utilisés pour l’ossature bois, la charpente, le volige et les tasseaux de la construction de l’internat du lycée Ferdinand Buisson à Voiron. 50 autres mètres cubes de lamellé collé et panneaux OSB nécessaires pour ce bâtiment passif ont été produits en France.

Citons encore les 405 m3 de bois en provenance de la forêt de Méaudre pour la construction du Gymnase Fleming à Sassenage. Et la liste est longue ! Le fondateur de SDCC, Jean-Claude Mattio, confie que la filière bois iséroise est bien structurée et est une réelle chance pour la profession. « Il y a 10 ans, c’était très compliqué de s’approvisionner en bois. »

Des attentes fortes

Le potentiel de développement de la filière est grand du fait de la sous-exploitation partielle des forêts et de l’essor du bois construction mais son approvisionnement demeure incertain.

Charles Galvin, vice président du conseil général de l’Isère, en charge de la forêt, insiste sur l’importance de l’aménagement du territoire isérois et les acteurs soulignent la nécessité d’introduire des spécificités montagne dans la loi de modernisation.

Dynamiser la gestion et la valorisation des espaces forestiers avec plus de moyens financiers à court et moyen terme permettra d’augmenter la disponibilité de l’offre bois dans le département par la construction de dessertes et l’amplification du reboisement.

Compte rendu charlotte Reynier-Poête

Cliquer sur les photos pour les agrandir.

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Risques naturels : la forêt nous protège !

Lors de la venue du président de l’ONF, Jean-Yves Caullet, en Isère, il a été question de la restauration des terrains de montagne et le rôle important que joue la forêt dans ce domaine.

Les forêts situées sur les coteaux nous protègent des chutes de blocs rocheux, des avalanches, des crues torrentielles et des glissements de terrain. Elles forment des obstacles aux chutes de pierre, en fixant le manteau neigeux et évitant ainsi les départs d’avalanche, en atténuant les effets du ruissellement lorsque les torrents sont entretenus et en fixant les sols.

« Il y a une prise de conscience collective dans le rôle de protection de la forêt. C’est une image récente chez les élus pour lesquels la forêt représentait jusque-là plutôt des risques » explique Lilian Vargas, représentant de la METRO. Ce qui n’est pas le cas pour le service de Restauration des Terrains en Montagne, service spécialisé de l’ONF.

Ce service est un partenaire historique de nombreux acteurs publics dans les domaines de prévention et de protection contre les risques naturels en montagne. Et la forêt est pour lui un moyen de génie biologique employé en complémentarité d’autres moyens, principalement de génie civil, pour l’aménagement des bassins versants de montagne contre les risques naturels.

Le programme européen « Interreg Forêt de Protection »

Une majorité de professionnels de la forêt avait une connaissance intuitive et personnelle des fonctions de protection des peuplements forestiers vis-à-vis des aléas naturels tels que les concentrations torrentielles, les avalanches et les chutes de pierre. Au cours de la période 2003-2006, une action partenariale a été impulsée par l’Europe pour élaborer et vulgariser des outils techniques afin d’optimiser la sylviculture au regard notamment de l’aléa. Le résultat principal pour la France a été l’édition d’un guide de sylviculture de montagne pour les Alpes du Nord qui a permis d’homogénéiser et transcrire le savoir-faire.

Une seconde phase de ce projet européen a été mise en œuvre visant principalement à identifier les surfaces forestières à fonction de protection puis à proposer une planification des interventions sylvicoles qui suivront les prescriptions. 4 territoires ont été concernés en France : 2 en Haute-Savoie, 1 en Savoie et 1 en Isère.

la métro

Le territoire de la METRO

La communauté d’agglomération Grenoble-Alpes Métropole a demandé au service RTM un diagnostic sur la fonction de protection des forêts pour accompagner les communes dans leur gestion. Sur les 13 200 ha de forêts de coteaux identifiés, 4 200 ha ont été recensés en situation de fonction de protection.

Une cartographie du territoire a été éditée pour donner un nouvel éclairage aux communes sur les zones d’intervention forestière prioritaire (1 100 ha sur le territoire de la METRO) et les ruisseaux à priorité de gestion forte (1/3 des 241 km au total). En effet, le résultat de ce diagnostic a montré que les forêt entretenues sont efficaces et remplacent la réalisation d’ouvrages de protection de génie civil mais les forêts vieillissantes ont besoin d’être rajeunies pour anticiper une dégradation étendue à l’ensemble d’un versant.

Quant aux torrents, la présence de troncs dans leurs lits entraine un phénomène d’embâcles en cas de crue. Il faut donc les nettoyer.

Le chantier pilote en forêt communale de Saint-Paul-de-Varces

Plusieurs épisodes récents de chutes de blocs ont été observés sur une parcelle située autour de 600 m d’altitude en forêt communale de Saint-Paul-de-Varces. L’enjeu était la protection du village. « Autrefois on protégeait les vignes et les champs, maintenant, avec l’urbanisation grandissante, on protège les maisons » précise le responsable du service RTM de l’Isère.

Une définition technique des travaux, un repérage des trouées, la désignation et le marquage des arbres ont été effectués par l’ONF. 112 arbres ont été abattus par l’entreprise de travaux forestiers Martin Grand. L’entreprise a accompli un recépage des noisetiers existants sur la parcelle pour permettre des conditions propices à l’installation d’une régénération par semis naturel. Le coût total de ce chantier a été de 12 000 euros HT.

Une dynamique installée

Ce projet pilote achevé, la METRO continue à faire vivre cet élan.

Une centaine d’habitations de Saint-Paul-de-Varces est exposée aux risques de débordement des torrents de la Lampe et de Brise-Tourte. Depuis 4 ans, trois phases de travaux successives ont été mises en œuvre : partie intermédiaire, partie amont du torrent et actuellement partie aval.

L’entretien de la partie aval du dispositif de lutte contre les crues de ce torrent consiste à un re-jointement de plusieurs radiers de pierres sèches, la réparation des cuvettes des ouvrages et d’ailes endommagées par la mise en place d’une tranchée drainante, un confortement d’un barrage affouillé et de deux radiers par butons en béton armé, un débroussaillement des ouvrages et de l’entretien de ses accès.

Un chantier colossal réclamant des compétences techniques particulières et précises que l’ONF assure.

. « Amener cette démarche sur l’ensemble de notre territoire est un objectif maintenant. » a conclu Lilian Vargas.

Charlotte Reynier-Poête

Voici le déroulé de la visite sur le terrain en image. Cliquer sur les photos pour les agrandir..


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Du projet…. au chantier : le Lyon-Turin vraiment sur les rails

La liaison ferroviaire Lyon – Turin a franchi une étape très importante avec la signature du
marché de réalisation du tunnel de reconnaissance de Saint-Martin la Porte, en Savoie.
Cette
avancée s’inscrit dans la mise en oeuvre du calendrier annoncé lors des sommets francoitaliens
du 3 décembre 2012 à Lyon et du 20 novembre 2013 à Rome et maintenant
approuvé par les parlements des deux Etats. Cette galerie de 9 km environ, dont les travaux
commenceront début 2015, sera creusée dans l’axe et aux dimensions du tunnel définitif et
permettra de mieux connaître la géologie de ce secteur.

Jean-Jack QUEYRANNE, Président de la Région Rhône-Alpes, souligne que « c’est une
décision majeure qui marque une véritable avancée du chantier Lyon-Turin. Cette liaison
ferroviaire, fret et voyageurs, est essentielle pour l’Europe qui l’a reconnue en apportant 40%
des financements, comme pour notre pays et pour notre Région.

C’est aussi une réponse attendue par tous les milieux économiques qui, rappelons-le, aux
côtés et à la demande de la Région Rhône-Alpes, se sont fortement mobilisés pour ce
chantier. Pour mémoire, l’Italie est le 2ème partenaire économique de la France.

C’est un projet à forte valeur ajoutée écologique pour les Alpes qui s’inscrit dans un temps
long. La Région est mobilisée pour jouer un rôle conséquent dans l’animation de la
dynamique qui doit bénéficier aux territoires traversés et notamment à la Maurienne dans un
premier temps. Cette décision va dans le bon sens, celui d’une Europe qui agit pour l’emploi
et le développement de nos territoires.

C’est aussi un moment important à partager avec tous les élus et toutes les collectivités
territoriales qui se sont engagées depuis des années pour que cette liaison se réalise ».

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Les élus de la Métro

Le conseil de communauté de la Métro a élu ses vice-présidents.

Chacun se rappelle que Christophe Ferrari a succédé à la présidence de La Métro à Marc Baïetto.

Le nouveau conseil communautaire est très renouvelé. Parmi les vice-présidents on compte 6 femmes pour 12 hommes. c’est nettement mieux que l’ancienne équipe qui ne comptait qu’une seule femme: Catherine Kamowski.

Le nouveau bureau du conseil de communauté de la Métro compte donc 27 élus : outre le président, 18 vice-présidents, 4 conseillers délégués et 4 maires siégeant ès qualité.

Voici le président …

Christophe Ferrari

et les 18 vice-présidents

la métro


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