Risques naturels : la forêt nous protège !

Risques naturels : la forêt nous protège !

Lors de la venue du président de l’ONF, Jean-Yves Caullet, en Isère, il a été question de la restauration des terrains de montagne et le rôle important que joue la forêt dans ce domaine.

Les forêts situées sur les coteaux nous protègent des chutes de blocs rocheux, des avalanches, des crues torrentielles et des glissements de terrain. Elles forment des obstacles aux chutes de pierre, en fixant le manteau neigeux et évitant ainsi les départs d’avalanche, en atténuant les effets du ruissellement lorsque les torrents sont entretenus et en fixant les sols.

« Il y a une prise de conscience collective dans le rôle de protection de la forêt. C’est une image récente chez les élus pour lesquels la forêt représentait jusque-là plutôt des risques » explique Lilian Vargas, représentant de la METRO. Ce qui n’est pas le cas pour le service de Restauration des Terrains en Montagne, service spécialisé de l’ONF.

Ce service est un partenaire historique de nombreux acteurs publics dans les domaines de prévention et de protection contre les risques naturels en montagne. Et la forêt est pour lui un moyen de génie biologique employé en complémentarité d’autres moyens, principalement de génie civil, pour l’aménagement des bassins versants de montagne contre les risques naturels.

Le programme européen « Interreg Forêt de Protection »

Une majorité de professionnels de la forêt avait une connaissance intuitive et personnelle des fonctions de protection des peuplements forestiers vis-à-vis des aléas naturels tels que les concentrations torrentielles, les avalanches et les chutes de pierre. Au cours de la période 2003-2006, une action partenariale a été impulsée par l’Europe pour élaborer et vulgariser des outils techniques afin d’optimiser la sylviculture au regard notamment de l’aléa. Le résultat principal pour la France a été l’édition d’un guide de sylviculture de montagne pour les Alpes du Nord qui a permis d’homogénéiser et transcrire le savoir-faire.

Une seconde phase de ce projet européen a été mise en œuvre visant principalement à identifier les surfaces forestières à fonction de protection puis à proposer une planification des interventions sylvicoles qui suivront les prescriptions. 4 territoires ont été concernés en France : 2 en Haute-Savoie, 1 en Savoie et 1 en Isère.

la métro

Le territoire de la METRO

La communauté d’agglomération Grenoble-Alpes Métropole a demandé au service RTM un diagnostic sur la fonction de protection des forêts pour accompagner les communes dans leur gestion. Sur les 13 200 ha de forêts de coteaux identifiés, 4 200 ha ont été recensés en situation de fonction de protection.

Une cartographie du territoire a été éditée pour donner un nouvel éclairage aux communes sur les zones d’intervention forestière prioritaire (1 100 ha sur le territoire de la METRO) et les ruisseaux à priorité de gestion forte (1/3 des 241 km au total). En effet, le résultat de ce diagnostic a montré que les forêt entretenues sont efficaces et remplacent la réalisation d’ouvrages de protection de génie civil mais les forêts vieillissantes ont besoin d’être rajeunies pour anticiper une dégradation étendue à l’ensemble d’un versant.

Quant aux torrents, la présence de troncs dans leurs lits entraine un phénomène d’embâcles en cas de crue. Il faut donc les nettoyer.

Le chantier pilote en forêt communale de Saint-Paul-de-Varces

Plusieurs épisodes récents de chutes de blocs ont été observés sur une parcelle située autour de 600 m d’altitude en forêt communale de Saint-Paul-de-Varces. L’enjeu était la protection du village. « Autrefois on protégeait les vignes et les champs, maintenant, avec l’urbanisation grandissante, on protège les maisons » précise le responsable du service RTM de l’Isère.

Une définition technique des travaux, un repérage des trouées, la désignation et le marquage des arbres ont été effectués par l’ONF. 112 arbres ont été abattus par l’entreprise de travaux forestiers Martin Grand. L’entreprise a accompli un recépage des noisetiers existants sur la parcelle pour permettre des conditions propices à l’installation d’une régénération par semis naturel. Le coût total de ce chantier a été de 12 000 euros HT.

Une dynamique installée

Ce projet pilote achevé, la METRO continue à faire vivre cet élan.

Une centaine d’habitations de Saint-Paul-de-Varces est exposée aux risques de débordement des torrents de la Lampe et de Brise-Tourte. Depuis 4 ans, trois phases de travaux successives ont été mises en œuvre : partie intermédiaire, partie amont du torrent et actuellement partie aval.

L’entretien de la partie aval du dispositif de lutte contre les crues de ce torrent consiste à un re-jointement de plusieurs radiers de pierres sèches, la réparation des cuvettes des ouvrages et d’ailes endommagées par la mise en place d’une tranchée drainante, un confortement d’un barrage affouillé et de deux radiers par butons en béton armé, un débroussaillement des ouvrages et de l’entretien de ses accès.

Un chantier colossal réclamant des compétences techniques particulières et précises que l’ONF assure.

. « Amener cette démarche sur l’ensemble de notre territoire est un objectif maintenant. » a conclu Lilian Vargas.

Charlotte Reynier-Poête

Voici le déroulé de la visite sur le terrain en image. Cliquer sur les photos pour les agrandir..


Cet article a été écrit par:

Gilbert - qui a écrit 8643 articles sur Sillon 38 – Le journal du monde rural – (38) Isère.


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