Archive | 05 juin 2015

Une journée pour partager ses expériences sur l’agro-écologie

Jeudi 4 juin dernier à Beaucroissant, la Chambre d’Agriculture de l’Isère a
organisé une grande journée sur l’agro-écologie, autour de conférences et
témoignages le matin et d’ateliers thématiques l’après midi.

Après avoir rappelé l’importance de l’innovation et de la réflexion des
agriculteurs sur leurs pratiques, Jean Claude Darlet, Président de la Chambre
d’Agriculture de l’Isère, a laissé la parole à Françoise Soullier, Présidente des Jeunes
Agriculteurs et élue Chambre d’agriculture, qui a rappelé les principes clés de
l’agro-écologie. Ensuite, Bruno Locqueville, Directeur adjoint de la DRAAF1 Rhône
Alpes, a présenté le « projet agro-écologique pour la France » du Ministère de
l’Agriculture, avec ses différents axes et les moyens mis à disposition des
agriculteurs. Puis, Philippe Desnos, délégué régional Ouest de Trame2, a expliqué
comment les collectifs d’agriculteurs pouvaient être des outils pour faciliter
le changement, par les échanges d’expérience, en permettant notamment de
lever les peurs et d’aider à « sortir du troupeau » pour tester et s’approprier les
nouvelles façons de travailler des pratiques agro-écologiques.

Enfin, des témoignages de différents agriculteurs : Bruno Albert du Mottier,
Max Gros Balthazard de Rives et Jean Philippe Magnière, ancien directeur de la
ferme du lycée agricole de La Côte St André, sont venus illustrer concrètement les
pratiques agro-écologiques pouvant être mises en place : réduction des produits
phytos, désherbage mécanique, travail du sol simplifié, allongement des
rotations, implantation de couverts, …

L’après midi s’est poursuivie autour de sept ateliers thématiques animés par les
techniciens de la Chambre d’Agriculture et ses partenaires (Isère Conseil Élevage,
ADARA3), et illustrés par des témoignages d’agriculteurs, sur les sujets suivants :
• Autonomie alimentaire des élevages : concilier les ressources de
l’exploitation et les besoins du troupeau,
• Le sol : un milieu vivant qu’il faut entretenir,
• Réduction des phytos : exemple des fermes DEPHY Ecophyto
• Économie d’eau : optimisation de la conduite de l’irrigation
• préserver les insectes pollinisateurs : zoom sur l’abeille
• Agroforesterie : des systèmes productifs à découvrir
• Maîtrise des consommations d’énergie et énergies renouvelables
La journée s’est terminée par l’intervention de Pascal Denolly, Président de la
FDSEA, sur l’agriculture écologiquement intensive.

Cette journée a réuni plus de 140 participants ! avec un public varié
(étudiants, techniciens agricoles, agriculteurs ou porteurs de projets, associations
environnementales, élus, …) et chacun a pu s’enrichir des expériences des
différents acteurs du monde agricole.

Sans titre

1 Direction Régionale de l’Agriculture de l’Alimentation et de la Forêt
2 Tête de Réseau et d’Appui Méthodologique aux Entreprises
3 Association de développement de l’Apiculture en Rhône-Alpes
4 Fédérations Départementales des Syndicats d’Exploitants Agricoles

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Les plus vieux outils du monde ont 3,3 millions d’années

La découverte des plus vieux outils de pierre taillée au monde s’est faite au Kenya. Des outils de pierre taillée, vieux de 3,3 millions d’années.

Alors que la communauté scientifique a longtemps supposé que les premiers outils de pierre avaient été fabriqués par le genre Homo, cette découverte montre qu’un autre genre d’hominidé, peut-être une forme d’australopithèque beaucoup plus ancienne, avait déjà toutes les capacités nécessaires à la fabrication d’outils.

Le lac Turkana, situé au nord du Kenya, regroupe de nombreux sites archéologiques datant de 700 000 ans à plus de trois millions d’années.

Ces sites livrent des outils des plus primitifs aux plus perfectionnés. Depuis trente ans, des recherches menées dans le cadre de la Mission préhistorique au Kenya et du « West Turkana Archaeological Project », ont permis de reconstituer l’évolution technique de la taille de la pierre au cours du temps, essentielle pour mieux comprendre les capacités cognitives et motrices des premiers hominidés.

Les nouveaux vestiges trouvés par les chercheurs sur la rive occidentale du lac Turkana datent de 3,3 millions d’années et font instantanément reculer de 700 000 ans l’apparition des premiers outils de pierre taillée, les plus anciens retrouvés jusqu’à présent, en Ethiopie, datant de 2,6 millions d’années.

Ces nouveaux outils mis au jour sont en majorité des blocs de lave, lourds et volumineux, qui ont servi à produire des éclats tranchants au moyen d’une technique dite sur enclume.

Cette technique nécessite trois objets bien distincts : le bloc à tailler, un percuteur et une enclume. Le bloc est maintenu sur l’enclume par une main pendant que l’autre utilise le percuteur pour frapper et obtenir des éclats tranchants à partir du bloc.

D’autres outils ont été élaborés grâce à une technique différente, dite « sur percuteur dormant » : le bloc à tailler est directement percuté sur l’enclume. Malgré l’aspect rudimentaire de ces outils, la vaste panoplie d’objets retrouvée sur le site (éclats, enclumes, percuteurs, nucléus2), indique clairement que l’intention de ces hominidés était bien de créer des outils.

La région du Turkana étant très volcanique, la datation du site, et indirectement de ces pierres taillées, a été réalisée notamment par téphrostratigraphie, une technique qui revient à dater par des procédés physico-chimiques les couches de cendres intercalés avec les sédiments dans lesquelles sont emprisonnés les outils.

Les chercheurs ont doublé leurs mesures avec la méthode du paléomagnétisme qui consiste à prélever des sédiments autour des outils et à mesurer leur polarité (celle-ci dépend de l’orientation du champ magnétique terrestre, variable en fonction des époques).



Cette découverte, qui révolutionne nos connaissances sur l’évolution humaine, apporte la première preuve archéologique de l’existence des capacités cognitives et motrices nécessaires à la fabrication d’outils en pierre dure chez des hominidés, il y a déjà plus de 3 millions d’années.

Les conditions de l’émergence de ces outils sont à élucider : les investigations se poursuivent donc sur ce site de la rive occidentale du Turkana, qui n’a pas encore livré tous ses secrets.

CP Harmand 1


CP Harmand 2


CP Harmand 3


© MPK-WTAP Outil mis au jour lors de la fouille


CP Harmand 4

© MPK-WTAP

Vue générale des environs du site de Lomekwi, rive occidentale du lac Turkana


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