Archive | 27 octobre 2015

Attention au monoxyde de carbone

Le monoxyde de carbone (CO) est une des principales causes d’intoxication accidentelle en milieu domestique. Chaque année en France, près de 5 000 personnes sont victimes d’une intoxication au monoxyde de carbone et environ 90 en décèdent.

90 épisodes d’intoxications au monoxyde de carbone (CO) ont été signalés à l’Agence régionale de santé Rhône-Alpes en 2014. Ils ont conduit à l’intoxication de 286 personnes dont 90 % ont été transportées vers un service d’urgence.

Qu’est-ce que le monoxyde de carbone ?

Le monoxyde de carbone est un gaz invisible, inodore et très toxique, produit par des moteurs à essence ou au fuel (véhicules, groupes électrogènes, tronçonneuses…) ou par des appareils de combustion (chaudières, poêles, inserts, cuisinières,…) lorsque la combustion est incomplète.

Quels sont les effets du monoxyde de carbone sur l’homme ?

Le monoxyde de carbone agit comme un gaz asphyxiant très toxique qui prend la place de l’oxygène dans le sang.
Il provoque deux types d’intoxication :

  • l’intoxication faible ou chronique se manifeste par des maux de tête, des nausées et de la fatigue ;
  • l’intoxication grave et rapide qui entraîne des vertiges, troubles du comportement, pertes de connaissances, coma voire décès. En moins d’une heure, ce gaz peut s’avérer mortel.

Les personnes intoxiquées peuvent selon le niveau de gravité être pris en charge par les services d’urgences, hospitalisées ou placées en caisson hyperbare pendant quelques heures.

Si vous pensez être intoxiqué au monoxyde de carbone :

  • Aérez immédiatement les locaux en ouvrant portes et fenêtres
  • Arrêtez les appareils à combustion si possible
  • Evacuez les locaux et vider les lieux de leurs occupants
  • Appelez les secours : Pompiers (le 18), SAMU (le 15)
  • Ne réintégrez les locaux qu’après le passage d’un professionnel qualifié qui recherchera la cause de l’intoxication et proposera les travaux à effectuer.
Comment peut-on s’intoxiquer au monoxyde de carbone dans son logement ?

Les intoxications au monoxyde de carbone dans les logements peuvent survenir :

  • si les appareils de chauffage et de production d’eau chaude sont mal entretenus car les combustibles (bois, charbon, gaz, essence, fuel, éthanol) y brûlent mal ;
  • s’il y a une mauvaise ventilation dans le logement, surtout dans la pièce où est installé l’appareil à combustion ;
  • si le conduit de fumée n’a pas été ramoné régulièrement : les produits de combustion ne peuvent pas s’évacuer correctement vers l’extérieur et risquent de refouler à l’intérieur du logement ;
  • si les appareils ne sont pas utilisés conformément aux prescriptions du fabricant : les chauffages d’appoint fonctionnant au bois, charbon, gaz, essence, fuel, éthanol, non raccordés à l’extérieur, ne doivent être utilisés que quelques heures consécutivement ; les cuisinières, réchauds de camping, fours, braseros ne doivent pas être utilisés pour se chauffer ; les groupes électrogènes ne doivent être utilisés qu’en extérieur.
Comment éviter les intoxications au monoxyde de carbone dans son logement ?

Avant chaque hiver :

  • Faites vérifier vos installations (chaudières, chauffe-eau, cheminées, inserts, poêle) par un professionnel qualifié ;
  • Faites effectuer un ramonage mécanique de vos conduits de cheminées.

Pendant tout l’hiver :

  • Aérez votre logement ;
  • Ne bouchez jamais les entrées d’air ;
  • Respectez les consignes d’utilisation des appareils à combustion indiquées dans le mode d’emploi par le fabriquant.

En période de grands froids ou en cas de coupure d’électricité :

  • N’utilisez jamais pour vous chauffer des appareils non destinés à cet usage : cuisinière, brasero, …
  • N’utilisez pas les chauffages d’appoint en continu. Ces appareils ne doivent fonctionner que par intermittence ;
  • Installez impérativement les groupes électrogènes à l’extérieur des bâtiments et jamais dans des lieux clos (garages, caves, buanderie…) ;
  • Ne laissez pas couver le feu de votre poêle s’il est annoncé une période de redoux.

Si vous venez d’acquérir ou d’installer un nouvel appareil de chauffage, veillez à vous assurer auprès d’un professionnel qualifié de la bonne installation et du bon fonctionnement de l’appareil avant sa mise en service.

Il existe sur le marché français des détecteurs de monoxyde de carbones à fixer ou portables (la norme européenne NF EN 50291 doit figurer sur l’emballage du produit).

Pour plus de précisions : Lire les 10 conseils pratiques pour prévenir les intoxications au monoxyde de carbone chez soi.

D’où vient le monoxyde de carbone dans les locaux collectifs ?

Dans les lieux de spectacles ou de culte une utilisation trop longue des panneaux-radiants peut provoquer des intoxications au monoxyde de carbone. Il est interdit de préchauffer les locaux équipés de panneaux-radiants avant les manifestations.
Les groupes électrogènes, souvent utilisés lors de rassemblements (fêtes, festivals, réunions, concerts,…) peuvent aussi émettre du monoxyde de carbone. Ils doivent toujours être placés à l’extérieur des locaux.

La surveillance des intoxications au monoxyde de carbone en Rhône-Alpes

Toute personne (pompiers, services d’urgence, particulier…) ayant connaissance d’une intoxication au CO suspectée ou avérée la signale dans les meilleurs délais à l’ARS par fax (04 72 34 41 27) ou par mail (ars69-alerte@ars.sante.fr) à l’aide d’un formulaire téléchargeable.
Pour les intoxications survenues dans l’habitat ou dans des établissements recevant du public, des enquêtes environnementales sont réalisées par les services environnement-santé des DD de l’ARS ou par les services communaux d’hygiène et de santé (SCHS) : ces enquêtes visent à décrire les circonstances de survenue et identifier la source de l’intoxication afin de supprimer les risques d’intoxication et d’éviter les récidives.
D’autre part, une enquête médicale est réalisée par le Centre de toxico-vigilance (CTV) de Grenoble afin de décrire les intoxiqués en termes de caractéristiques démographiques et médicales (signes cliniques et biologiques) ainsi qu’en termes de prise en charge thérapeutique.
Les renseignements collectés lors des enquêtes médico-environnementales sont saisis dans une plateforme Internet sécurisée et partagée (Siroco). La cellule de l’InVS en région Rhône-Alpes (Cire) a notamment pour mission de réaliser les analyses épidémiologiques concernant les intoxications au CO.

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Viande rouge, produits carnés transformés et cancer…

Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC), l’agence de l’Organisation mondiale de la Santé spécialisée sur le cancer, a évalué la cancérogénicité de la consommation de la viande rouge et de la viande transformée.

Viande rouge
Après avoir soigneusement examiné la littérature scientifique accumulée, un Groupe de travail de 22 experts venus de 10 pays différents, réuni par le Programme des Monographies du CIRC, a classé la consommation de la viande rouge comme probablement cancérogène pour l’homme (Groupe 2A), sur la base d’indications limitées selon lesquelles la consommation de viande rouge induit le cancer chez l’homme, soutenues par de fortes indications d’ordre mécanistique militant en faveur d’un effet cancérogène.

Cette association a principalement été observée pour ce qui concerne le cancer colorectal, mais d’autres associations ont également été observées pour les cancers du pancréas et de la prostate.

Viande transformée
La viande transformée a été classée comme cancérogène pour l’homme (Groupe 1), sur la base d’indications suffisantes selon lesquelles la consommation de viande transformée provoque le cancer colorectal chez l’homme.

La consommation de viande et ses effets

La consommation de viande varie considérablement entre les pays, de quelques pourcents de la population jusqu’à 100% des personnes consommant de la viande rouge, selon les pays, et des proportions légèrement inférieures pour ce qui est des produits carnés transformés.

Les experts ont conclu que chaque portion de 50 grammes de viande transformée consommée quotidiennement accroît le risque de cancer colorectal de 18%.

«Pour un individu, le risque de développer un cancer colorectal en raison de sa consommation de viande transformée reste faible, mais ce risque augmente avec la quantité de viande consommée», explique le Dr Kurt Straif, Chef du Programme des Monographies du CIRC. «Compte tenu du grand nombre de personnes qui consomment de la viande transformée, l’impact mondial sur l’incidence du cancer revêt une importance de santé publique.»

Le Groupe de travail du CIRC a examiné plus de 800 études qui portaient sur l’association entre plus d’une douzaine de types de cancers différents et la consommation de viande rouge ou de viande transformée dans de nombreux pays et populations aux habitudes alimentaires diverses. Les indications les plus influentes sur l’issue de cette évaluation provenaient de grandes études de cohortes prospectives menées au cours des 20 dernières années.

Santé publique

«Ces résultats confirment en outre les recommandations de santé publique actuelles appelant à limiter la consommation de viande», selon le Dr Christopher Wild, Directeur du CIRC. ”Dans le même temps, la viande rouge a une valeur nutritive. Par conséquent, ces résultats sont importants pour permettre aux gouvernements comme aux organismes de réglementation internationaux de mener des évaluations du risque, et de trouver un équilibre entre les risques et les avantages de la consommation de viande rouge et de viande transformée, et de formuler les meilleures recommandations alimentaires possibles».

En savoir plus

La viande rouge fait référence à tous les types de viande issus des tissus musculaires de mammifères comme le boeuf, le veau, le porc, l’agneau, le mouton, le cheval et la chèvre.

Les produits carnés transformés (ou viande transformée) font référence à la viande qui a été transformée par salaison, maturation, fermentation, fumaison ou d’autres processus mis en oeuvre pour rehausser sa saveur ou améliorer sa conservation. La plupart des viandes transformées contiennent du porc ou du boeuf, mais elles peuvent également contenir d’autres viandes rouges, de la volaille, des abats ou des sous-produits carnés comme le sang.

A titre d’exemples de viandes transformées, on trouvera les hot-dogs (saucisses de Francfort), le jambon, les saucisses, le corned-beef, les lanières de boeuf séché, de même que les viandes en conserve et les préparations et les sauces à base de viande.

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