Archive | 13 avril 2016

Radioscopie de la filière bois rhônalpine

En Rhône-Alpes, la filière bois emploie 40 000 personnes, dont 32 000 salariés. Regroupant près de deux emplois sur cinq, la construction-menuiserie en bois est le segment le plus développé, devant les activités de sciage et travail du bois, et l’industrie du papier-carton.

Etude réalisée en 2015, uniquement sur l’ancienne région Rhône-Alpes.

Si l’emploi reste très concentré dans les grands pôles, la géographie des emplois affiche de forts contrastes selon les segments. Les établissements industriels sont de plus grande taille que les autres et appartiennent plus souvent à des groupes. Enfin, les salariés de la filière sont plutôt des ouvriers, essentiellement des hommes.

Avec une couverture de 1,5 million d’hectares de forêts, soit un tiers de son territoire, Rhône-Alpes compte la deuxième plus grande surface forestière des anciennes régions, et l’une des premières en volume de récolte (environ 2,5 millions de m³ par an). Pour comparaison, un volume similaire est récolté en Auvergne, malgré une surface boisée inférieure (720 000 hectares). Cette étude porte sur le seul territoire rhônalpin.

La filière forêt-bois désigne l’ensemble des acteurs qui participent à la réalisation de produits finis issus du bois. Fin 2012, 11 000 établissements font partie de la filière (méthodologie), leur activité étant pleinement liée au bois. Ces établissements concentrent 15 % de l’emploi salarié national de la filière, et représentent 2 % de l’emploi salarié marchand régional.

Une filière structurée autour de quatre segments-clés

La filière bois est structurée d’amont en aval en dix segments d’activité, de la production du bois aux activités de seconde transformation. En Rhône-Alpes, quatre segments se démarquent en termes de volume d’emploi ou d’établissements. Tout en amont de la filière se trouvent les activités sylvicoles, qui ont pour objet la gestion et la valorisation de la forêt, et les entreprises d’exploitation forestière, qui récoltent les bois et les livrent aux entreprises de transformation.

Ce segment d’activité constitue le coeur de métier de la filière. Il débouche sur deux autres segments : l’industrie du papier et du carton, qui inclut le processus de fabrication de pâte à papier à partir de fibres de bois jusqu’à la fabrication d’objets en papier et carton, et les activités de sciage et travail du bois, qui regroupent quant à elles l’ensemble des travaux de découpe.

En aval de ce segment se trouvent les travaux liés au bâtiment : la construction en bois (charpentes par exemple) et la menuiserie. Les autres segments (fabrication de meubles, équipements liés au bois) sont faiblement implantés sur le territoire.

Enfin, si le segment du bois-énergie connaît un réel essor, il reste difficile à appréhender dans la mesure où cette activité n’est pas identifiée en tant que telle, l’essentiel des opérateurs étant pris en compte dans l’exploitation forestière et dans le sciage.

Si les divers segments s’inter-alimentent, le fonctionnement de la filière bois dépasse toutefois les frontières rhônalpines. En effet, certains de ses acteurs producteurs régionaux travaillent avec des établissements extérieurs au territoire. De la même manière, le bois local ne représente qu’une partie du bois transformé dans la région.

Quatre segments concentrent l’essentiel des emplois de la filière

Figure 1 - Quatre segments concentrent l’essentiel des emplois de la filièreNote : les volumes d’emplois des segments « Bois-énergie » et « Autres activités en lien avec le bois » ne sont pas mesurés car difficiles à appréhender.

40 000 emplois dans la filière bois

Au total, la filière bois en Rhône-Alpes représente 40 000 emplois, dont 81 % de salariés. Le segment le plus développé est celui de la construction en bois et menuiserie : 15 000 emplois (dont 12 000 salariés) y sont répartis dans 4 700 établissements.

Viennent ensuite les activités de sciage et de travail du bois qui occupent 8 400 personnes, le plus souvent salariées, dans 1 600 établissements. Si l’industrie du papier-carton ne compte qu’un petit nombre d’établissements (400), elle concentre toutefois un emploi sur cinq, la quasi-totalité de l’emploi étant salarié.

À l’inverse, on dénombre près de 4 000 établissements dans la sylviculture et l’exploitation forestière pour seulement 5 000 emplois. Outre l’Office National des Forêts (ONF), principal employeur des salariés, les établissements de ce segment sont principalement des entreprises individuelles occupant de nombreux non-salariés. Ces derniers représentent deux travailleurs sur trois.

40 % de l’emploi salarié dans les grands pôles rhônalpins

Les grands pôles économiques du territoire concentrent les plus forts volumes d’emploi salarié de la filière. Ainsi, les zones d’emploi de Lyon, Grenoble et Saint-Étienne comptent respectivement 5 800, 4 800 et 2 800 emplois salariés, soit 40 % du total de la filière. Toutefois, ces salariés du bois pèsent peu dans l’ensemble de l’emploi salarié de ces pôles (1,6 % au maximum), très diversifiés économiquement. La filière bois a un poids économique plus important dans des zones d’emploi plus petites.

C’est le cas en particulier d’Annonay, où près de 5 % des salariés de la zone d’emploi travaillent dans le bois, et de Vienne-Roussillon. Elle est également très présente dans la zone d’emploi d’Oyonnax et le massif alpin, notamment dans le Chablais.

L’emploi salarié de la filière affiche de fortes disparités géographiques

Figure 2 - L’emploi salarié de la filière affiche de fortes disparités géographiquesNote de lecture : la zone d’emploi de Grenoble compte 4 800 emplois dans la filière bois, soit une proportion comprise entre 150 et 180 emplois pour 10 000 emplois au total.

17 % de ces emplois sont dans le segment du sciage et travail du bois.

Une géographie de l’emploi très marquée selon le segment

Les territoires se distinguent fortement selon le segment considéré. Les emplois dans la sylviculture et l’exploitation forestière sont diversement localisés selon la nature des activités.

Ainsi, la sylviculture est très développée dans la zone d’emploi de Villefranche-sur-Saône (plus de 300 emplois, principalement non salariés) et, dans une moindre mesure, dans celle de Lyon. Une spécificité de cette zone est la culture de pin Douglas, particulièrement représenté dans le Rhône (42 % du bois récolté en 2013, selon l’enquête exploitations forestières et scieries 2013 menée par le ministère de l’agriculture), alors qu’il est quasiment absent du massif alpin.

Cette essence se prête bien à la sylviculture pour ses propriétés naturelles de lutte contre les insectes et champignons. À l’opposé, les zones montagneuses abritent peu d’activités sylvicoles. Ces espaces, où le sapin et l’épicéa sont les essences reines, se prêtent en revanche aux activités d’exploitation forestière, qui consistent notamment à livrer du bois brut aux industries de transformation.

Grenoble est ainsi, avec près de 700 emplois afférents, la première zone d’emploi du territoire pour l’exploitation forestière. Viennent ensuite Saint-Étienne (500 emplois), Chambéry (400 emplois) et Annecy (300 emplois).

Les travaux de construction en bois et de menuiserie sont eux aussi bien implantés dans le massif alpin. Ainsi, Annecy et le Genevois français présentent d’importants volumes de salariés sur ce segment (respectivement 1 100 et 900 emplois), juste derrière les zones d’emploi de Lyon et Grenoble. En outre, dans les zones montagneuses, ce segment pèse dans l’emploi salarié local, même si ces activités n’y représentent qu’un volume de salariés modeste. C’est le cas dans le Mont-Blanc, avec 400 salariés mais un poids de 1,7 % dans l’emploi salarié.

L’industrie du papier et du carton est présente en divers endroits du territoire rhônalpin, à l’exception des zones montagneuses. Avec 1 900 salariés, soit le quart des salariés du segment, la zone d’emploi de Grenoble est le plus grand pourvoyeur d’emplois du territoire, devant Lyon. La part du segment papier-carton dans l’emploi salarié total est élevée dans l’ouest rhônalpin, en particulier au sud de Lyon et à Montélimar.

Dans le domaine du sciage et du travail du bois, Lyon, Saint-Étienne et Grenoble sont les principaux employeurs, suivi de Villefranche-sur-Saône. Cette zone d’emploi, de même qu’Oyonnax, Roanne et Mâcon, sont les quatre territoires où ces activités pèsent le plus dans l’emploi salarié (autour de 1 % de l’emploi total).

Un profil des établissements très dépendant du segment

Logiquement, la taille des établissements est très liée à la nature des activités exercées. Ainsi, les établissements de l’industrie du papier et du carton se situent parmi les plus grands établissements rhônalpins : parmi les 20 premiers employeurs de la filière, 12 appartiennent à ce segment. C’est le cas par exemple d’Emin Leydier à Laveyron (Drôme), des Papeteries du Léman à Publier (Haute-Savoie) ou encore d’Avery Dennison Materials à Champ-sur-Drac (Isère), qui comptent chacun plus de 250 salariés.

Ces établissements industriels appartiennent le plus souvent à des groupes (près de 9 emplois sur 10 en dépendent), qu’ils soient français (comme les Papeteries du Léman) ou étrangers (comme Avery Dennison). Cette forte dépendance à des groupes est observée aussi dans l’industrie des équipements, notamment en raison de l’implantation de l’entreprise Bobst à Villeurbanne. Cet établissement, qui dépend d’un groupe international suisse, est le plus grand de toute la filière bois rhônalpine, alimentant cette dernière en machines pour l’industrie du papier et du carton.

La construction en bois et la menuiserie présentent un profil inverse : la moitié des emplois salariés figurent dans des établissements de moins de 10 personnes. La quasi-totalité des emplois est associée à des structures indépendantes des groupes. Ceci est lié à la nature artisanale de ce segment, qui nécessite moins d’investissements.

Enfin, les salariés de la sylviculture et de l’exploitation forestière, tout comme ceux du sciage et travail du bois, dépendent souvent de groupes, pour des raisons différentes. Dans la sylviculture, deux tiers des salariés appartiennent à des groupes publics, principalement l’Office National des Forêts (ONF).

Dans l’exploitation forestière, les salariés dépendent pour moitié de groupes privés français, tels que CID ou Monnet Sève. Si les trois quarts des salariés de ces deux segments travaillent dans des établissements de plus de 10 salariés, ils comptent néanmoins une forte part de non-salariés dans des entreprises individuelles.

Des entreprises peu exportatrices

Les trois segments rhônalpins les plus riches en emplois dégagent au total un chiffre d’affaires de près de 5 milliards d’euros, soit 17 % du chiffre d’affaires national de ces segments. Si les performances financières des entreprises sont intimement liées à la nature des activités exercées, ces trois segments ont en commun un taux d’exportation assez faible.

Cela s’explique facilement pour la construction, qui regroupe des activités artisanales ne se prêtant pas par nature à l’export. Pour les deux autres segments en revanche, la part du chiffre d’affaires consacrée à l’export est sensiblement plus faible qu’au niveau national. C’est en particulier le cas des entreprises industrielles du papier-carton qui, avec un taux d’export de 22 %, sont en retrait de 10 points par rapport aux entreprises françaises du segment.

Les enjeux de la filière forêt-bois rhônalpine

La mobilisation des bois est l’enjeu majeur de la politique forestière en Rhône-Alpes. La récolte régionale reste en effet très inférieure à la production naturelle des forêts. La création de dessertes forestières et le regroupement des propriétaires pour la gestion figurent parmi les principaux leviers. La progression du bois-énergie doit être accompagnée.

Dans une région très montagneuse et soumise aux influences méditerranéennes, la prévention des risques naturels est cruciale.

La compétitivité de la filière, face à la concurrence mondiale, doit être développée : en particulier, plusieurs actions régionales visent à mieux valoriser les bois sciés localement.

La plupart de ces enjeux sont communs aux régions Auvergne et Rhône-Alpes, aujourd’hui regroupées.

La filière bois dans le massif alpin

Le développement de la filière à l’échelle de l’ensemble du massif alpin, dépassant ainsi les seules frontières de Rhône-Alpes, constitue un enjeu fort. La récente mise en place d’une certification Bois des Alpes vise en particulier à accroître le recours à du bois alpin dans la construction, segment le plus développé du massif : la construction-menuiserie y compte plus de 3 500 établissements pour près de 9 000 salariés (soit 40 % de l’emploi de la filière alpine, qui s’élève au total à près de 22 000 salariés).

Le segment de la sylviculture et de l’exploitation forestière compte autant d’établissements, mais beaucoup moins de salariés (1 700). Ces deux segments représentent 80 % des 8 800 établissements du massif. Enfin, plus d’un salarié sur cinq exerce dans le sciage et travail du bois, une proportion équivalente à l’industrie du papier-carton.

Catégorie - filière bois, A la une, région Auvergne Rhône-AlpesCommentaires fermés

23 juin: la nuit de l’agro-écologie

Stéphane LE FOLL, Ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, a salué la progression de l’agro-écologie en France en 2015 et a annoncé les chantiers  pour 2016, notamment l’adaptation des normes environnementales aux modes de production agro-écologiques. Il a également annoncé le lancement de la nuit de l’agro-écologie le 23 juin.

Le Ministre a salué les avancées concrètes du projet agro-écologique pour la France, notamment au travers de la création des 250 premiers Groupements d’intérêt économique et environnemental (GIEE), de la mise à disposition d’un outil de diagnostic agro-écologique des exploitations agricoles, ou encore de l’intégration de l’agro-écologie dans les exploitations d’enseignement agricole.

Stéphane LE FOLL s’est également félicité des résultats d’une étude de l’institut BVA qui montre que 73 % des agriculteurs sont désormais  engagés dans au moins 3 démarches relevant de l’agro-écologie. Est également à noter une augmentation de la notoriété de l’agro-écologie, concept désormais connu de 79% des agriculteurs contre 50 % il y a seulement un an.

Dans une logique pragmatique et partenariale, Stéphane LE FOLL a annoncé, à l’occasion de cette réunion, qu’il souhaitait que les pratiques agro-écologiques soient prises en compte dans l’application de la directive nitrates, et des normes qui en découlent.  Le Ministre a également indiqué qu’il souhaitait la mise en place d’une mesure agro-environnementale spécifique dédiée à l’agriculture de conservation des sols.

Afin de dépasser les oppositions entre l’agriculture et l’environnement et de valoriser les démarches vertueuses, le Ministre a annoncé le lancement de « La nuit de l’agro-écologie » le 23 juin prochain dans toutes les régions de France.

Cette soirée sera l’occasion de proposer aux citoyens de venir à la rencontre des agriculteurs dans les cafés, les maisons des associations, etc. ,ou les lycées agricoles pour leur faire découvrir les pratiques agro-écologiques et en débattre, sous une bannière commune. Déjà, plusieurs réseaux engagés dans le développement de ces pratiques se sont portés volontaires pour participer à l’organisation de ces rencontres.

Catégorie agricultureCommentaires fermés

L’IGP pour le Le Jambon d’Auvergne

Savoir-faire ancestral en Auvergne, la salaison des jambons est désormais reconnue par un signe de qualité. Depuis le 10 février 2016, le « jambon d’Auvergne » est protégé par une Indication Géographique Protégée (IGP).

1

« C’est l’aboutissement d’un processus long de 25 ans » affirme Bernard Lépinay, l’animateur du Consortium des Salaisons d’Auvergne (CSA), qui réunit les producteurs de Jambon d’Auvergne. Déjà protégée par le signe Label Rouge qui garantit la qualité des produits, l’origine géographique du Jambon d’Auvergne est maintenant reconnue par l’obtention de l’IGP.

« L’Auvergne est une région reconnue comme productrice de salaison de qualité » explique l’animateur du CSA. Historiquement, le séchage et le salage des jambons étaient réalisés, en hiver, dans les fermes pour permettre la conservation de la viande toute l’année. Ces techniques étaient particulièrement adaptées aux basses températures et aux vents rencontrés en altitude dans le Massif-Central.

Ce savoir-faire particulier se distingue, en Auvergne, par une durée de séchage longue, garantie à 8 mois minimum et l’adjonction d’ail dans le sel de salage. « Cela offre le caractère et les arômes de noisette et d’ail si particuliers au jambon d’Auvergne » explique Bernard Lépinay.

L’IGP permet l’inscription de ce savoir-faire dans son territoire d’origine en garantissant l’origine de fabrication des jambons sur une zone étendue sur toute l’Auvergne, excepté le Nord de l’Allier, plus le canton d’Ussel en Corrèze.

« On espère maintenant obtenir l’IGP pour les saucissons d’Auvergne qui sont issus de la même histoire et du même savoir-faire » annonce l’animateur du CSA. Le dossier est en cours et pourrait aboutir d’ici la fin 2016.

Catégorie agriculture, consommation, région Auvergne Rhône-AlpesCommentaires fermés


Catégories

Archives

Agenda

avril 2016
L Ma Me J V S D
« mar   mai »
 123
45678910
11121314151617
18192021222324
252627282930  

A propos

Sillon38.com est un journal qui se veut interactif, agricole et rural. C’est le premier du genre. Sur le fond, il reprend à son compte le principe, déjà utilisé par des confrères parisiens, du journal à trois voix: des journalistes, des experts (ou, si l’on péfère des hommes et femmes de l’art), des internautes.
Nous contacter
PHVsPjwvdWw+