Archive | 02 février 2017

Quand les loups franchissent la lisière -

Le département Sciences pour l’action et le développement de l’Inra (UMR Selmet, Montpellier) et le le CERPAM (Centre d’Etudes et de Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée, Manosque) ont mené une enquête à Seyne-les-Alpes (Alpes de Haute Provence) sur les changements de comportement des loups vis-à-vis des humains et de leurs activités, et sur les risques, nouveaux ou croissants, de prédation des élevages de bovins.

Cette enquête, réalisée à partir d’entretiens approfondis auprès d’une large gamme d’acteurs – éleveurs, chasseurs, randonneur ou intervenants du secteur – montre la richesse des témoignages locaux dont la fertilisation croisée avec les savoirs issus des observations et constats officiels d’experts serait profitable.

Ce type de recherche, explorant les savoirs d’acteurs locaux, permet de proposer des pistes d’analyse pertinentes à une échelle plus globale, ce qui est nécessaire aux adaptations de politiques publiques.

Des loups qui « s’habitueraient » à la présence des humains

À partir du 6 juin 2015, une vague médiatique fait suite aux déclarations d’un adolescent de 16 ans, fils d’éleveurs de bovins à Seyne-les-Alpes (04), affirmant s’être fait attaquer par des loups, de nuit et sur un pré jouxtant leur habitation. La mise en doute de ces déclarations, quasi-générale, est parfois allée jusqu’à traiter l’adolescent d’affabulateur et suspecter sa famille d’une manœuvre d’alerte au sujet des loups.

Pour les auteurs, spécialistes des activités d’élevage confrontées aux loups, en France et ailleurs, ces déclarations indiscutablement originales n’étaient peut-être pas vraiment surprenantes. En effet, les prédateurs (ours, loups, tigres…) peuvent manifester une habituation, ou familiarisation, envers les humains, encouragée notamment par un statut de protection stricte.

C’est le motif de l’enquête menée à Seyne-les-Alpes, dès juillet et août. Les deux questions majeures ont porté sur les signes de changement de comportement des loups envers les humains et sur les risques nouveaux ou croissants de la prédation des loups sur les élevages bovins. L’enquête s’est adressée à toute personne habituée des lieux — éleveur, chasseur, randonneur ou intervenant du secteur — pouvant apporter un témoignage personnel de rencontres avec des loups. Vingt-deux entretiens approfondis ont été réalisés, enregistrés puis retranscrits.

Le bassin de Seyne est inséré dans des montagnes boisées et dépeuplées, mais dont les parties hautes constituent des alpages dégagés où montent l’été essentiellement des troupeaux ovins. C’est une vallée bocagère d’altitude, densément peuplée et occupée par l’élevage, principalement de bovins allaitants.

Ce paysage de prairies verdoyantes en contrebas de forêts est particulier pour les Alpes du Sud, beaucoup moins à l’échelle européenne. L’enquête a été focalisée sur la lisière entre le bocage et le versant forestier de la montagne de La Blanche.

La présence des loups diffère selon les points de vue

À ce jour, dans un paysage qui offre des habitats favorables aux ongulés sauvages : chamois, chevreuils, mouflons et quelques cerfs, Seyne-les-Alpes n’est pas répertoriée comme une zone de présence permanente de loups (ZPP), ni « à surveiller » selon les services spécialisés de l’État. Pourtant, autour de la lisière étudiée, 14 témoins adultes, dont un lieutenant de louveterie et un technicien de la Fédération départementale des chasseurs, nous ont décrit en détail leurs observations de loups.

Pour neuf d’entre eux, il s’agissait de groupes d’au moins trois loups adultes. Se sont ajoutés des signes tangibles de reproduction sur zone : louveteaux, tanière ou abri sous roche avec litière. Sur ces bases, et compte tenu de la distance aux ZPP déjà répertoriées, l’enquête propose l’hypothèse d’une meute non encore identifiée et dont le territoire couvrirait la zone étudiée.

Cette hypothèse concorde avec l’avis des chasseurs enquêtés. Leurs constats, argumentés, sont unanimes : depuis 3 à 4 ans, chamois et chevreuils ont nettement changé de comportement et se sont raréfiés ; c’est plus brutal encore pour les mouflons.

Leur mise en cause du loup, mal reçue officiellement, peut étayer des soucis pour l’attractivité de la chasse, notamment auprès des jeunes.

Quand les vaches s’affolent et deviennent ingérables

Le comportement devenu très méfiant des ongulés sauvages ainsi que leur apparente raréfaction pourraient expliquer un report de prédation sur les bovins.

Il ne s’agit plus seulement de jeunes veaux qui manquent à l’appel, mais aussi d’attaques sur des animaux plus âgés, en alpage comme sur les prés en vallée. De plus, les éleveurs constatent un changement de comportement nouveau et très préoccupant chez leurs bovins. Les chiens ne sont pas en cause : les bovins, très habitués à les voir, leur sont indifférents.

Si nécessaire, les vaches suitées les éloignent. Mais depuis quelques années, suite aux attaques avérées ou suspectées de loups, vaches, génisses ou taureaux se montrent très inquiets, voire paniqués. Certains groupes ont fui à plusieurs kilomètres après avoir brisé clôtures et barrières.

Certains animaux devenus dangereux pour leur éleveur, ou tout au moins ingérables, ont dû être réformés. De tels comportements excèdent évidemment les capacités de vigilance et d’intervention des éleveurs.

Rencontres avec les loups

Autre phénomène nouveau sur Seyne : les rencontres inopinées des humains avec des groupes de loups, et parfois de près. Pour les chasseurs, c’est en montagne, mais parfois aussi en lisière des prés et à proximité d’habitations. Un chasseur à l’arc s’est fait aborder par deux canidés sub-adultes. La présence d’un adulte, massif, peu craintif et de couleur uniformément noire, est également signalée par plusieurs témoignages, dont deux promeneurs qui l’ont vu de près.

Pour le maire de Seyne, l’afflux de témoignages devient banal et manifeste l’émergence d’un risque, serait-il accidentel, avec les loups en circulation sur sa commune.

Des loups devenus menaçants

Cette émergence d’un risque est corroborée par « l’affaire des fils Ferrand ». Leurs témoignages, au terme de l’analyse réalisée, apparaissent à la fois sincères, crédibles et cohérents. L’enquête approfondie auprès de l’adolescent de 16 ans ayant déclaré s’être fait attaquer par des loups, a entendu son frère de 20 ans également protagoniste de l’évènement, ainsi que leur père.

Une description cartographique et minutée de l’événement, ainsi que la chronique des faits antérieurs survenus sur le même lieu, permettent de comprendre les réactions des deux frères.

Cette nuit-là, il s’agissait de la 9ème rencontre en un mois avec ces loups : après 3 attaques diurnes visant des veaux que l’éleveur et ses fils avaient interrompues, après la prédation d’un veau authentifiée par l’ONCFS et suivie de l’autorisation préfectorale de tirs de défense, l’administration avait organisé 4 jours consécutifs d’affût sur ce pré, période durant laquelle les loups ne se sont pas montré ; or c’est dans la nuit du 5e au 6e jour que l’adolescent, monté dans le pré avec son frère en raison des beuglements de leurs vaches, s’est trouvé menacé.

Et demain ?

L’ensemble des résultats d’enquête fait sens à partir du moment où l’on ne considère pas « l’affaire des fils Ferrand » comme un fait isolé de son contexte. Il y a eu un processus assez long et interactif de modification des comportements de plusieurs catégories d’êtres interagissant de part et d’autre de la lisière, loups, ongulés, bétail, humains, jusqu’à une approche menaçante d’un humain vulnérable par des loups de nuit.

Ces évolutions ont des conséquences sur le territoire : une baisse d’attractivité cynégétique et récréative, si ce n’est déjà un risque en matière de sécurité civile ; une atteinte à la viabilité des élevages de bovins conduits à l’herbe, dont il est attendu aussi qu’ils contribuent à la gestion des paysages et de leurs aménités.

Télécharger le rapport complet

Garde L., Meuret M., 2017. Quand les loups franchissent la lisière : expériences d’éleveurs, chasseurs et autres résidents de Seyne-les-Alpes confrontés aux loups. Rapport d’enquête. CERPAM Manosque & INRA UMR Selmet Montpellier : 116 pages.   >>> (PDF)

Voir aussi le diaporama présenté lors de la restitution de l’enquête qui s’est tenue le 27 janvier 2017 :
> Quand les loups franchissent la lisière : Expériences d’éleveurs, chasseurs et autres résidents de Seyne-les-Alpes confrontés aux loups
Laurent Garde (Cerpam) et Michel Meuret (INRA)
Conférence/Restitution d’enquête, 27 janvier 2017, Manosque
Diaporama (43 diapositives)

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SÉCURISATION DE L’ALIMENTATION EN EAU POTABLE DE VIF, LE GUA ET VARCES

La source de l’Échaillon, alimente gravitairement en eau potable 90 % de Vif, 70 % de Le Gua et 25 habitations sur la commune de Varces-Allières et Risset (8 500 hab.) Il n’existe pas d’interconnexion de secours sur une autre ressource en cas d’incident exceptionnel sur le captage le rendant inutilisable.

Suite à l’épisode de pollution bactériologique et virale massive qui a conduit à une restriction d’usage de l’eau distribuée du 20 au 24 mars 2016 à Vif, Le Gua et à un hameau de la commune de Varces-Allières-et-Risset, les élus du Conseil Métropolitain ont décidé à l’unanimité de substituer la source de l’Échaillon par un nouveau forage créé dans la nappe du Drac, en conservant la source de
l’Échaillon en secours.

Cette décision, prise lors des Conseils métropolitains du 27 mai et du 1er juillet
2016, s’ajoute aux mesures post-crise enclenchées selon un calendrier soutenu :
- relèvement du niveau de chlore, des contrôles bactériologiques et surveillance
accrue
- renforcement des procédures de suivi de traitement pour détecter toute
variation de la qualité de l’eau et adapter la désinfection en conséquence
(monitoring)
- contrôle exhaustif l’assainissement en amont du bassin versant (réseau de
collecte, station d’épuration, assainissement non collectif).
- lancement de la prcédure de révision de la DUP (suite à l’étude de vulnérabilité
menée par le SIVIG)
Étude de faisabilité pour la sécurisation de la ressource de l’Echaillon (mai 2016)
avec plusieurs scénarios étudiés
Un projet global de sécurisation et de substitution de la ressource de
l’Echaillon :

- Création du captage de Petit Brion dans la nappe du Drac à Vif ;
- Création de 5 stations de pompage ;
- Raccordement aux réseaux d’adduction : pose de nouvelles canalisations sur un
linéaire de 3 200 m
- Modification des réservoirs existants (hors RNR) ;

- Mode de secours fonctionnel conservé depuis le captage de l’Echaillon (en cas de
casse ou de problème rencontré sur le nouveau forage).
Implantation du nouveau captage d’alimentation en eau potable :
- Implantation au sein du Périmètre de Protection Immédiat des captages de
Rochefort, autrement dit dans un périmètre déjà protégé et permettant le prélèvement d’une eau
naturellement potable sans recours au traitement
- Un travail partenarial est enclenché avec la RNR des Isles du Drac pour définir la
meilleure implantation du captage

La phase 1 du projet de sécurisation de l’alimentation en eau potable
de Vif et Le Gua

- Premiers travaux sur les avenues d’Argenson et du 8 mai 1945 : janvier – juin 2017
- Pose d’une conduite d’adduction en eau potable (Diamètre 250 mm – longueur
730 ml) avec en parallèle un renouvellement des réseaux d’eaux usées et
pluviales
- Montant des travaux : 908 000 € HT dont 160 000 € HT pour la sécurisation
- Forage d’essais et piézomètres dans la RNR des îles du drac : janvier-février 2017
- Réalisations de 6 piézomètres de 20 à 30 m de profondeur
- Réalisation d’un forage d’essai de 240 mm de diamètre à 35 m de profondeur
- Essai de pompage à 60 m3/h pendant 72 heures (capacité)

2 017 – 2018 : Calendrier global des travaux de sécurisation :
- Février – mars 2017 : études et réalisation du projet définitif des travaux
- Mars – avril 2017 : réalisation du dossier de consultation des entreprises et
lancement de la consultation des travaux,
- mai 2017 : Analyse des offres et passage en Commission d’appel d’offres
- juin 2017 : Attribution et notification des marchés de travaux
- juillet 2017 : Début de la seconde phase des travaux : pose de canalisation
d’adduction d’eau potable, forage définitif et création des stations de pompage,
modification au niveau des réservoirs
- juin 2018 : Achèvement des travaux
-juillet 2018 : Réception des travaux.

Le coût global des travaux de sécurisation : 3 610 000 € HT comprenant
- Les travaux de sécurisation,
- Les études préliminaires : géophysique, qualité des eaux brutes, topographie,
jaugeages, géotechnique, forage d’essais et piézomètres,
- Les dossiers administratifs d’autorisation,
- La maîtrise d’oeuvre et frais divers

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