Archive | 27 avril 2017

Collaboration européenne pour les recherches en agriculture biologique

Dans l’optique de renforcer leur partenariat existant depuis plus de 20 ans, qui a déjà permis de mener des projets de recherche – notamment dans le contexte de projets européens (41 publications cosignées) autour des thématiques de santé animale, de sélection végétale et animale, de fertilité des sols de grandes cultures, etc., l’Inra et le FiBL ont signé un protocole d’entente pour construire l’avenir des recherches en agriculture biologique autour de nouveaux projets communs sur des thématiques pluridisciplinaires.

Le FiBL et l’AB

L’institut de recherche de l’agriculture biologique, FiBL, est, à l’échelle mondiale, l’un des principaux acteurs des recherches sur l’agriculture biologique.

Ses recherches sont multidisciplinaires et l’institut dispose d’une exploitation agricole, avec un domaine viticole et ses propres chais et vergers. Les compétences du FiBL sont également recherchées hors de Suisse et l’Institut participe à de nombreux projets internationaux – tant sur le plan de la recherche que de la vulgarisation, de la formation continue ou encore de la coopération au développement.

L’Inra et l’AB

L’effort de recherche et d’expérimentation de l’Inra en faveur de l’AB est ancien et important. Il se traduit, depuis près de 15 ans, par des projets de recherche spécifiquement dédiés à l’AB portant aussi bien sur la génétique, les pratiques et les filières, que sur les attentes des consommateurs ou les politiques publiques.

Le plus souvent, ces travaux sont développés dans le cadre d’un partenariat étroit avec les acteurs de la recherche-développement. Cet engagement de l’Inra s’opère également au niveau européen. Les recherches de l’Inra en AB s’appuient notamment sur un dispositif expérimental réparti sur tout le territoire, qui couvre les principales productions animales et végétales. Un de ses dispositifs est situé sur le site de Laqueuille sur le territoire auvergnat.

A Laqueuille, cap sur l’élevage ruminant bio

Le site Inra de Laqueuille, situé entre 1000 et 1500 mètres d’altitude, conduit des expérimentations en agriculture biologique sur les systèmes d’élevage allaitant herbagers.

Avec 117 hectares de prairies, 35 bovins et 230 brebis, le projet de recherche SALAMIX vise à mettre à l’épreuve et comparer 3 systèmes d’élevage biologiques herbagers avec l’objectif de produire de manière autonome de la viande finie à l’herbe à partir de prairies permanentes.

Deux éléments stratégiques majeurs sont mis en œuvre pour cela : le croisement d’une race rustique avec une race herbagère précoce et l’association de deux espèces animales (ovin et bovin allaitant).

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Le buis français menacé de disparition

Utilisé depuis de nombreux siècles pour décorer nos jardins à la française, le buis est un élément incontournable de notre patrimoine. Aujourd’hui pourtant le buis risque de disparaitre. En cause, les attaques récurrentes de deux bio-agresseurs : la pyrale du buis et le champignon Cylindrocladium buxicola.

Une situation très préoccupante qui concerne aussi bien les buis de nos espaces verts que les buis sauvages. Alors que l’alerte est maximale en ce début de printemps, le Comité parlementaire de suivi du risque ambroisie et autres espèces invasives a sonné la mobilisation générale à l’occasion d’une visite dans les châteaux de Vertrieu.

Difficile d’imaginer le château de Versailles ou de Vaux-le-Vicomte sans leurs somptueux buis qui ornementent leurs jardins. L’enjeu dépasse largement le cas des jardins. Les buis morts entrainent des risques d’affaissement de terrain ou encore d’incendie.

Des solutions immédiates et efficaces sont donc indispensables pour lutter contre les attaques récurrentes et de grande ampleur de ces bio-agresseurs. Conscients des enjeux, l’Assemblée nationale et le Sénat ont adopté en février dernier un amendement législatif afin d’établir une dérogation à la loi Labbé, modifiée en 2015, qui interdit l’utilisation de fongicides chimiques.

Cet amendement donne la possibilité à titre dérogatoire, aux collectivités territoriales et aux gestionnaires de domaines appartenant à l’État, d’utiliser des produits phytopharmaceutiques classiques, notamment les fongicides triazoles, lorsque la survie d’une espèce végétale d’intérêt patrimonial ou biologique est en jeu et qu’aucune solution alternative n’existe. C’est le cas pour le buis.

Des chenilles voraces

Entrée sur le territoire français en 2008, la pyrale du buis est un papillon de nuit venu de l’est de l’Asie dont les chenilles se nourrissent des feuilles de buis. Les dégâts sont considérables et peuvent aller jusqu’à la défoliation totale de la plante. Considérée comme une espèce invasive, la pyrale du buis a rapidement colonisé le territoire : en 2014, pas moins de 71 départements étaient concernés.

Alors que les premières chenilles sortent d’hibernation, la vigilance doit être maximale. Pour limiter le risque, un panel de mesures préventives et curatives peut être mis en oeuvre. Destruction des cocons, mise en place de pièges à phéromones, application, si nécessaire, d’un insecticide homologué microbiologique ou chimique, etc… ces mesures reposent sur une observation minutieuse tout au long de l’année.

Un champignon destructeur

A l’origine de la « maladie du dépérissement », le champignon Cylindrocladium buxicola est responsable de dégâts très sévères depuis 2006. Très résistant, ce champignon est redoutable et peut survivre cinq ans dans les débris organiques et tissus végétaux tombés au sol. Cependant, des solutions existent.

Respect d’une bonne hygiène, arrosage adéquat, traitement fongicide triazole, etc… ces mesures préventives et curatives permettent de maitriser la maladie dans le cadre d’un programme de lutte efficace et continu. Un enjeu clef d’autant plus que les plantes infectées peuvent totalement se rétablir dans le cas d’un traitement adéquat.

Avec des conséquences économiques (coût de la lutte, du remplacement, etc.) et écologiques (risque d’incendie accru en forêt, déséquilibre de la biodiversité, etc.), ces attaques de bio-agresseurs ont également un fort impact esthétique et patrimonial. La mobilisation générale est indispensable.

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