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SIA 2010 : le Vercors y était

Le Parc naturel régional du Vercors a choisi le Salon de l’Agriculture 2010 (1) pour innover : c’est en effet la première fois qu’était mise en œuvre une promotion du Vercors associant l’établissement, les professionnels et  les acteurs agricoles et touristiques du territoire. Tout le monde sur le pont !

De même qu’il n’a pas été facile d’unifier en un seul territoire (2) les multiples massifs, vallées, gorges, plateaux, chaînes montagneuses, plaines suspendues, contreforts et piémonts situés de part et d’autre du 45e parallèle, la réunion de tous les acteurs avec leurs spécialités, leurs préoccupations, sous une bannière unique, celle du Vercors, exige un travail patient de concertation. Cette stratégie de territoire voit donc le jour aujourd’hui et est appelée à se reproduire.

Danièle Pic, présidente du PNR Vercors, Pierre Weck, le directeur, Alexandra Couturier, responsable de la Com, étaient donc sur le pied de guerre hier sur le stand du Vercors , dans le pavillon1 (hall des animaux) pour que l’événement soit célébré comme il devait l’être.

Il le fut et plusieurs élus avaient tenu à être présents parmi lesquels Eliane Giraud,  Christian Nucci, Didier Guillaume (3) ainsi que Gérard Seigle-Vatte, président de la Chambre d’Agriculture de l’Isère, et de Philippe Guérin son directeur, d’Yves Borel, secrétaire général de cette même Chambre et  président du CING (Comité interprofessionnel de la noix de Grenoble), de Jean-Claude Pottier, maire d’Izeron.

Avec les représentants de  l’Association de la Race Bovine « Villard de Lans » , venus avec quelques-uns de ses plus beaux specimens (nous parlons des quadrupèdes, bien sûr), du Syndicat du Bleu du Vercors Sassenage (SIVER) et de la Coopérative Vercors Lait, de l’Association pour la Promotion des Agriculteurs du Parc (APAP),  les acteurs de la promotion touristique (ADT Vercors, OTSI du Massif), inutile de préciser que le stand était bien rempli, que les cinq AOC (Picodon, Noix de Grenoble, Clairette de Die, vins de Chatillon-en-Diois, bleu du Vercors-Sassenage) y  étaient en bonne place.

la villarde

La Villarde, star du jour, mascotte du club Vertaco

Mais on peut dire, sans vouloir fâcher qui que ce soit,  que la Villarde était la star, la mascotte du club Vertaco (c’est nous qui le baptisons ainsi) réuni à Paris. Et elle le mérite amplement. N’oublions pas que cet animal qui a fait la richesse du Vercors jusqu’au début des années soixante, a failli disparaître (l’effectif des animaux de race pure est tombé à 10 dans les années 70).

L’abandon de la traction animale, l’absence de prophylaxie contre la tuberculose et la brucellose, la spécialisation des exploitations ont failli lui être fatales.

En 1976, une poignée d’éleveurs dévoués à la cause de cette vache robuste et polyvalente, avec l’aide des services du ministère de l’Agriculture, ont sauvé in extremis la « Villard-de-Lans », appelée familièrement « la Villarde ».

Pour la présidente du Parc, « cette manifestation, d’envergure internationale, constitue une vitrine exceptionnelle pour la promotion générale du Vercors au travers de ses produits agricoles et touristiques ».

SIA Bleu

Et voilà une meule de bleu du Vercors Sassenage qui a trouvé preneur

Les visiteurs ont été nombreux à goûter au bleu du Vercors-Sassenage en vente sur le stand. Et à participer également au questionnaire qui leur était proposé.

Il fallait dire en quelle année le bleu avait obtenu son AOC, en quelle année le Vercors avait accueilli trois disciplines olympiques, et de quelle couleur est la vache « Villard-de-Lans » (voir ci-dessus).

Les heureux gagnants sont repartis qui avec un kilo de fromage bleu du Vercors sassenage, qui avec une bouteille de Clairette de Die, qui avec un séjour d’une semaine à Villard-de-Lans ou un jeu de société.

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(1) Le Salon se termine le dimanche 7 mars. Il est ouvert de 9 à 19h.

(2) Le Parc naturel régional du Vercors regroupe aujourd’hui 85 communes pour plus de 40 000 habitants. C’est l’un des premiers Parcs français par son ancienneté mais aussi par la richesse de ses patrimoines et l’importance de son bilan.

(3) Le président du Conseil général de la Drôme avait fort à faire hier au Salon de l’Agriculture, entre les stands Vercors, Rhône-Alpes, Ardèche, sans oublier celui de la Drôme, sa terre natale. Nous l’y avons croisé en train d’entonner « Les montagnards sont là » avec un choeur de Drômois fidèles.

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La vente directe de lait cru fait des adeptes

Cigarettes, billets de banques, carburant, sandwiches, pizzas, œuvres d’art (ça vient de sortir !), etc, toutes ces marchandises peuvent s’acheter à toute heure du jour et de la nuit au distributeur automatique en échange de quelques pièces de monnaie.A cette liste, il  faut ajouter le lait frais.

Le distributeur automatique de lait (qui pourrait donc s’appeler le DAL), appareil né dans le sillage de la crise du lait, est en train de s’imposer sur le marché de la vente directe.  Leur nombre croît en zone rurale comme en zone urbaine.

Cette idée, qui s’inscrit dans l’évolution des circuits courts, du producteur au consommateur, semble avoir été inspirée de nos voisins transalpins : la Lombardie, pionnière dans ce domaine, comptait il y a deux ans quelque 500 points de vente directe automatique.

Ses avantages : vente directe, réduction du coût de collecte, réduction du bilan carbone, valorisation assurée.

Ses inconvénients :  le coût de l’appareil, sa maintenance (nettoyage de la cuve, entre autres), location de l’emplacement, respect du cahier des charges

lait de la fermeTout aurait commencé dans les Monts du Lyonnais en 2008. Alors que les premiers symptômes de la crise du lait se manifestaient, un agriculteur de St-Laurent-de-Chamousset (Rhône), Gérard Gayet (dont nous avons déjà parlé dans sillon38), qui avait eu l’occasion de mesurer, en Italie, le succès de cette innovation, a été l’un des premiers à  importer ce concept en France.

Dans un contexte pour le moins aléatoire, la vente directe via le distributeur lui est apparue comme la meilleure manière de valoriser le lait de ses 45 vaches  Brune des Alpes.

Son distributeur automatique de lait biologique, installé à l’Arbresle, près d’un supermarché, a été inauguré le 19 avril 2008.

Tous les jours, la cuve de la machine d’une contenance de 300L est approvisionnée en lait frais pour y être réfrigéré à 3°C. Un lait bio respectant les normes de distribution exigées par la DSV que l’on récupère en  plaçant une bouteille sous le bec verseur. L’exploitant a pensé à tout : pour ceux qui sont venus sans récipient, un autre appareil distribue des bouteilles vides.

Une innovation encouragée par certaines collectivités

laitautoLes installations de distributeurs de lait cru se sont multipliées dans l’Hexagone. Les images vues à la télévision ont donné des idées aux éleveurs. Sans être exhaustif, on en recense un à Monistrol-sur-Loire, en Haute-Loire (inauguré le 27 février 2009 par Laurent Wauquiez, secrétaire d’Etat à l’Emploi), un à Annecy-le-Vieux ainsi qu’ à Cran-Gevrier (Haute-Savoie).

Il y a six mois le GAEC Vigne, à Charpey (Drôme), qui exploite un élevage de 50 vaches laitières et 40 génisses, a fait ce choix, investissant 30 000€ dans cette innovation avec l’appui de sa banque.

Thierry Vigne, son épouse ainsi que son frère  Daniel, ne regrettent pas leur initiative. Installé en août 2009, à quelques dizaines de mètres de la ferme, en bordure de la D125, l’appareil donne toute satisfaction.

Le bouche à oreille a fonctionné. Villageois ou citadins (Bourg-de-Péage, Romans) savent désormais qu’ils peuvent aller tirer le lait frais à la machine, juste après la dernière traite, entre 18h30 et 20h. C’est pratique, rapide et on ne fait pas la queue. Et question traçabilité, pas de mystère. L’étable est à quelques mètres.

Si la tendance des 6 premiers mois se confirme, au moins  30%  des 500 000l de lait produits/an par le GAEC Vigne seront écoulés via le distributeur automatique.

En décembre 2009, leur entreprise  été récompensée par le Crédit agricole (1er prix catégorie professionnel- économie et social) « pour sa capacité à innover et à investir au bénéfice des territoires ». C’est la caisse locale de Bourg-de-Péage qui avait sélectionné ce GAEC.

A noter –comme le rapporte notre confrère Enviscope- que certains départements, comme le Rhône, ont décidé de subventionner ce procédé innovant qui permet aux producteurs de mieux valoriser leur livraison.

Après une aide exceptionnelle d’urgence d’un montant global de 2 millions d’euros en juillet 2009, le Conseil général du Rhône a voté le 12 février dernier une aide supplémentaire à des  producteurs de lait du département  de 105 000 € pour l’installation d’une quinzaine de distributeurs de lait.

Neuf producteurs envisagent l’installation d’un distributeur de lait et souhaitent engager les études économiques et de marché avant de concrétiser leur projet. Ils se situent en zone rurale (Pollionnay, Ronno, Saint-Vincent-de-Reins, Sarcey et Vernay), en zone urbaine (à Dardilly et Tassin-la-Demi-Lune) et en zone périurbaine (Tarare et Pontcharra-sur-Turdine). Le Département alloue à chacun  une subvention de 10 800 €.

Il est conseillé de venir avec sa berthe

berthe a laitEn Isère, encore aucun distributeur pour l’instant. Deux sont en projet, comme le remarque, Marie-Annick Dye, de la Chambre d’Agriculture : « L’un devrait se situer sur le parking d’une grande surface de Saint-Etienne-de-Saint-Geoirs mais le système n’a pas encore été validé par les services de contrôle. L’autre est programmé à  Veyrins-Thuellins ».

Mais  la vente directe de lait cru se fait aussi à la ferme. Plusieurs GAEC ont installé un magasin dans la cour (c’est le cas, entre autres, à Herbeys, Autrans, Saint-Clair-de-la-Tour, Brézins, Moidieu) où la clientèle de proximité peut acheter les produits de la ferme, y compris le lait.

« Il est conseillé de venir avec sa berthe, comme dans le temps. Ca évite de recourir aux bouteilles plastique », note Marie-Annick Dye.

La vente directe se pratique aussi, plus rarement, sur quelques marchés de l’agglomération grenobloise -comme celui de l’Estacade ou de Hoche- ainsi qu’à Voiron. Quelques producteurs viennent avec une fontaine froide et écoulent ainsi une partie de leur traite du matin.

« Je leur rappelle souvent , ajoute Marie-Annick Dye,  de prendre le temps de préciser aux clients qu’il s’agit de lait cru, qu’il convient de le faire bouillir rapidement et de ne pas le conserver trop longtemps au réfrigérateur. L’habitude de la brique de lait UHT  nécessite quelques précautions ».

Mais il s’agit souvent de consommateurs qui connaissent bien leurs producteurs et vice-versa.

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L’Oisans, c’est aussi l’agriculture

Si le tourisme est depuis un demi-siècle le poumon économique de l’Oisans, hiver comme été, l’agriculture, elle, était, encore très récemment (au siècle dernier, néanmoins), à bout de souffle :

« Il y a eu un gros creux, il y a une quinzaine d’années, à l’échelle du canton , époque  où le nombre d’agriculteurs est tombé à une dizaine », souligne Manuelle Glasmann, animatrice Oisans à la Chambre d’Agriculture de l’Isère. « La situation a évolué positivement  : on recense aujourd’hui approximativement 25 producteurs (1), d’ une moyenne d’âge de 40 ans, soit en dessous de la moyenne nationale, et une dizaine de projets d’installation sont à l’étude, portés par des jeunes de l’Oisans ».

Ce nouvel élan est sans aucun doute à mettre à l’actif de l’APAO (association des producteurs agricoles de l’Oisans) qui s’emploie activement à ce que l’agriculture trouve sa place en Oisans, à faire connaître ses acteurs aux habitants de ces vallées, à valoriser leur production.

miel Riche

L'apiculture à Villar-d'Arène (photo Famille Riche)

Une offre de produits de qualité comme celle-ci ne peut que trouver son public et  prendre de la valeur : les consommateurs, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs, n’ont jamais autant été demandeurs. Les produits fermiers, la cuisine de pays, les saveurs de terroir, ils aiment ! Ajoutons que tous  ces produits, il est possible de les retrouver aussi sur les tables des chambres d’hôtes et gîtes ruraux de Bourg d’Oisans et alentour, accommodés et mitonnés comme savent le faire les gens du pays. L’accueil y est à la mesure de la saveur des plats qui vous seront servis.

« La demande est là, c’est un fait, confirme Manuelle Glasman. Et les producteurs ne peuvent y répondre complètement. Près de 90% de la production sont écoulés en vente directe, sur les marchés (2), à la ferme ou via les AMAP de Grenoble ».

Outre la vente à la ferme et sur le marché, d’autres points de vente sont en projet. Pour l’été 2010, un magasin de producteurs devrait ouvrir ses portes au Sonnant d’Uriage, commune d’Uriage, en bordure de la route qui conduit à Chamrousse et Bourg d’Oisans et à 30 minutes de l’agglomération grenobloise. Une route qui connaît un trafic considérable, été comme hiver.

« Ce projet, sur lequel nous travaillons depuis deux ans, confie Olivier Hugonnard, président de l’APAO, a pu aboutir grâce à un co-financement  CDRA Alpes Sud Isère/CDRA du Grésivaudan ».

Le plus petit abattoir certifié CE

Cette année 2010 qui sera riche en projets et en actions, a démarré dans les meilleures conditions. L’abattoir de Bourg d’Oisans a obtenu l’agrément CE il y a deux mois. Ce qui fait la fierté d’Olivier : « Oui, c’est une satisfaction . C’est pour nous un équipement essentiel, pour lequel nous avons fait de gros investissements avec l’aide du SIVOM. L’abattoir, géré en SARL par les éleveurs de l’Oisans, est l’un des plus petits abattoirs de France agréé CE ».

Le troupeau d'Emilie Salvi à Ornon (photo Emilie Salvi)

Le troupeau d'Emilie Salvi à Ornon (photo Emilie Salvi)

Jusque là, l’abattoir ne pouvait vendre la viande en direct que dans un périmètre restreint. Avec l’estampille CE, il est désormais possible de vendre les bêtes abattues et découpées à des structures revendeuses comme des restaurants et des cantines. Cet agrément, donné provisoirement, devra être confirmé par la préfecture vers la fin mars.

Ajoutons que cet agrément modifie les règles de travail du personnel de l’abattoir, la mise aux normes impliquant  l’ enregistrement systématique des pratiques (méthode HACCP) dans l’objectif de garantir la sécurité sanitaire des aliments.

Valoriser, promouvoir, communiquer

La vocation agricole de l’Oisans (4) s’est peu à peu effilochée au fil des siècles et le défi de l’APAO avec le soutien des élus, est précisément de lui redonner vie, de la mettre en lumière. L’une des priorités a été la valorisation. L’APAO (3), dont les membres font partie du réseau « Bienvenue à la ferme », a élaboré une charte de qualité et une marque qui  font sa force : animaux élevés en Oisans,découpe à l’abattoir de Bourg-d’Oisans, fromages, miel, charcuterie  transformés à la ferme. 100% Oisans.

Mais le savoir-faire a besoin du faire savoir. En complément, l’association affiche la volonté d’engager une véritable communication sur ce sujet : réalisation d’un bulletin, création d’une signalétique, expo photo, etc.

« La cible, précise Manuelle Glasman, c’est avant tout les gens de l’Oisans. Il y a des jeunes à Bourg d’Oisans qui ignorent que des agriculteurs travaillent pas loin de chez eux ou un peu plus haut. L’objectif est d’ancrer l’agriculture dans la vie locale, qu’elle soit connue et reconnue par les habitants »

Pour atteindre cet objectif, il faut une mobilisation collective. C’est pourquoi l’APAO , au cours de cette année 2010, souhaite développer des partenariats et des collaborations, que ce soit avec l’Office de tourisme (création d’un document sur la route des savoir-faire »,  le Parc des Ecrins, le SIVOM, la Communauté de communes.

Une dizaine de porteurs de projets d’installation

Outre son action en faveur d’une gestion équilibrée de l’espace et de la valorisation des produits, l’APAO, en liaison avec les élus, soutient l’installation des agriculteurs. Une démarche qui n’est pas toujours simple, en Oisans comme ailleurs, en particulier pour trouver des terres agricoles.

« Des terres en friches, il y en a, dans la plaine de la Romanche. Et ce sont des terres fertiles. Mais il est extrêmement difficile d’avoir un bail, explique Olivier Hugonnard. Les propriétaires ne sont pas disposés ».

L’APAO participe à des projets  avec les élus et la profession agricole afin de faciliter l’installation sur son territoire.

« Nous avons le soutien des élus, notamment de la Com Com mais il devient nécessaire de passer du soutien à la collaboration, explique Manuelle Glasman. Il faut voir comment le territoire peut faire une place à cette agriculture. Il y a par exemple une forte demande de maraîchage. Où trouver de la place ? L’aménagement de la Romanche, qui entraîne l’interdiction de construire tout bâtiment  ne facilite pas les choses ».

Le SYMBHI, conduit ici, comme en Isère Amont, des travaux de protection contre les crues. La circulation le long des digues, entre autres, pose de gros problèmes aux agriculteurs, les barrières et portiques en place ne permettant pas aux engins agricoles de passer.

L’ADASEA  recense près de 13 candidats à l’installation , la plupart de l’ Oisans, hommes et femmes, porteurs de projets diversifiés qui vont de l’apiculture aux PPAM en passant par les vaches laitières, les ovins, caprins, les  volailles, les fromages, et la création d’une ferme équestre. L’APAO compte sur ces nouveaux arrivants pour poursuivre son défi, à savoir que l’agriculture relève la tête en Oisans. Toute nouvelle bouffée d’oxygène est la bienvenue. Mais elle compte de la même façon sur les élus pour leur faire une place.

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(1) Quelques producteurs de l’Oisans  (liste non ehxaustive)

Chantal Theysset, (Villard-Reymond)- liqueurs et apéritifs (génépi, gentiane, sureau)  confitures (framboises, cassis, groseilles) (voir la photo de une, de Chantal Theysset)

La famille Salvi, (Ornon) viande d’agneau, de veau et de bœuf

Olivier Hugonnard  (Bourg d’Oisans) fromages de chèvres,  chevreau

Emilie Salvi (Ornon) – fromages de brebis, viande d’ agneau

Marie-Anne Varreau (Venosc)- miel de montagne et haute montagne

Didier Girard (Bourg d’Oisans), viande de bison et d’ agneau d’alpage

Joël et Karine Ganot, (Bourg d’Oisans),charcuterie, viande d’agneau, de bœuf charolais et limousin, veau de lait et  porc fermier

Cécile Strauss (Allemont)-  fromages de chèvres,chevreau

Lydie Barruel  (Bourg d’Oisans) – légumes, œufs et produits de la ferme Stéphane Vieux Bourg d’Oisans) – bœuf, veau, pommes de terre)

Julien Picca (Bourg d’Oisans) -bœuf, mouton

Jérôme Fouvet et Véronique Riche  (Villar d’Arène) – miel et ses produits dérivés

Frédéric et Claudine Laperrière (Villar d’Arène) – tommes, raclette et gruyères d’alpage.

(2) Le marché de Bourg-d’Oisans a lieu le samedi matin. Certains producteurs sont aussi présents sur des marchés grenoblois comme le marché du vendredi, place aux Herbes ou le samedi, place Saint-André.

(3) L’APAO tiendra son assemblée générale lundi 8 mars à 19h30 à la mairie de Bourg d’Oisans.

(4) C’est à l’Oisans que nous devons la foire de Beaucroissant. Une catastrophe est à l’origine de ce transfert vers la Bièvre. En 1219, le lac naturel de Saint-Laurent (à l’emplacement de l’actuel Bourg d’Oisans) se rompt et inonde toute la vallée y compris Grenoble. On déplore de très nombreuses victimes.

Dès l’année suivante, le 14 septembre, sous la conduite de Pierre de Seyssins, évêque de Grenoble, la foule des survivants se rend en pèlerinage à Parménie, résidence de l’évêque. Les pèlerins viennent remercier le ciel de les avoir épargnés. Ils sont si nombreux qu’il faut construire au pied de la colline un village pour les abriter. Il est installé au lieu-dit « Le Mollard du Paul » avant de prendre le nom de Beaucroissant en 1312 par décision de Guy de Tullins, seigneur des lieux. Ce rassemblement est l’occasion de faire du commerce et les marchands suivent en nombre. La foire de Beaucroissant est née.

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Vive la truffe de l’Isère

Maximin Enjolras est un  passionné de trufficulture. Il apprécie exclusivement  la truffe de l’Isère.

Il a réussi la pari osé d’associer sa passion à son métier, pour son plus grand bonheur. Partons à sa rencontre….

Maximin Enjolras a toujours connu la vie à la campagne et à travers elle les truffes. « Très jeune j’allais déjà en ramasser. »

 » C’est vrai que j’ai toujours baigné dans la truffe et je me rappelle des Noêl ou la truffe était la reine du repas  de famille sans oublier les fameuses omelettes de ma grand mère! »

Ses parents s’installent à St Georges de Commiers et son père continue à aller à la recherche de truffes qu’il trouve sans problème. » L’Isère est une terre à truffes. »

Le frère de Maximin, Francis a lui également pris le virus » truffes ». Il fait partie des membres fondateurs du syndicat départemental des trufficulteurs. C’est dire… »

En 2003 est créée la société Enjolras trufficulture et une truffière de 5 hectares voit le jour dans le Trièves.

Sa mère, ayant élevé 8 enfants ne souhaitant pas que les épouses des garçons soient » leurs esclaves » elle leur a appris la cuisine. Très simple chez Maximin car étant gourmand et gourmet les leçons entrent vite.  » Je me rappelle des soupes maison avec de vrais légumes, ramassés dans le jardin ou achetés chez le petit producteur du coin. »

Maximin n’a donc fait aucune école hôtelière. Cela ne l’empêche pas d’ouvrir un magasin d’épicerie fine ou l’on ne retrouve que des produits du terroir, des plats préparés par lui même, bon nombre d’entre eux sont de son invention. On y trouve bien évidemment de la truffe.

« La truffe fraîche provient uniquement de l’Isère. Elle a les mêmes qualités que celle des autres régions. »

Truffes et terroir  est situé en plein centre ville de Grenoble rue de Strasbourg. « On essaie de reproduire une rue à la lyonnaise avec des commerces gastronomiques ou le terroir est mis en valeur. »

enjolras 2

Pour preuve, le magasin de Maximin Enjolras est situé en face de la fromagerie des alpages dont le patron n’est autre que Bernard Mure Ravaud, Meilleur Ouvrier de France et Champion du Monde des Fromagers.

« J’ai la chance d’associer ma passion et mon métier. C’est extraordinaire de travailler en s’amusant. »

Assurer la promotion de la truffe isèroise

Maximin enjolras est vice président du syndicat des trufficulteurs de l’Isère. « Mon emploi du temps ne me permet, hélas pas de donner autant de temps que je le souhaiterai au syndicat. Celui ci doit à mon sens apporter son soutien aux trufficulteurs et faire la promotion de notre truffe isèroise.

Je reste en effet persuadé que celle ci a sa place dans l’échiquier environnemental et économique de notre département. Quand je vois des côteaux  en friches alors qu’il pourraient servir de truffières, j’ai mal au coeur! »

Pour rassurer notre homme on peut lui dire que le message commence à être compris par nos élus.

Il était temps pour nous de déguster un boudin blanc truffé suivi d’un suprême de volaille sauce aux truffes, deux spécialités maison. Un véritable régal….

Pour en savoir plus: www.truffes-terroir.com



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Assemblée générale du groupement des sylviculteurs de Chartreuse

L’assemblée générale du groupement des sylviculteurs de Chartreuse Isère qui s’est tenue à Entre-Deux-Guiers aura permis de réaffirmer toute la place que tient la filière bois en Chartreuse et les bonnes relations qui animent les sylviculteurs et les acteurs du parc. « Nos craintes se sont envolées », a conclu le président su groupement Pierre Basso.

Il faut dire que selon le président « le départ de Sylvain Ougier est préjudiciable. Un autre technicien, Philippe Pionne assure l’intérim, de fort belle manière, mais il faut que tout rentre dans l’ordre rapidement. « D’autant plus que le groupement a une activité soutenue: séances de formation, présence aux différentes réunions concernant l’AOC  « un dossier qui avance dans le bon sens »….

Au cours de cette assemblée générale un point a été fait sur les avantages et inconvénients d’un plan de gestion collectif.   « La vente groupée peut être une solution pour constituer un volume intéressant de bois à commercialiser. » Il a été rappelé les obligations faites vis-à-vis de la filière dans le cadre de la gestion durable de la forêt à travers la certification PEFC qui a du mal à se mettre en place.

Pierre Basso a regretté que le projet de plateforme de stockage de grumes accessible de tous temps sur St Laurent-du-Pont soit bloqué, pour des raisons écologiques, par le service environnement du Conseil général. Ce dernier s’engageant à trouver un autre terrain. « On espère que ce sera promesse tenue! »

Filière renforcée

L’intervention d’Eliane Giraud, vice présidente du Conseil régional en charge de l’agriculture et de la forêt mais surtout, dans le cas présent, présidente du Parc régional de Chartreuse était très attendue.

D’entrée de jeu, elle a réussi à rassurer l’assemblée. « Le départ de Sylvain Ougier doit nous permettre de restructurer un fonctionnement qui était valable il y a quelques années mai qui devenait difficile à maîtriser aujourd’hui. Il travaillait à mi-temps pour le Parc et à mi-temps pour le CRPF. Le Parc a pris la décision d’embaucher une personne à temps plein sur la  forêt. Le recrutement est fait. Reste à le finaliser. A cela se rajoutent deux animateurs spécifiques à la filière bois et une personne sera également mise en place à mi temps par le CRPF. Reste à caler son deuxième mi-temps qui serait pris en charge par les Conseils régional et général. La trufficulture a besoin d’un animateur. Une piste à explorer… »

Eliane Giraud croit dur comme ….bois de Chartreuse au développement de la filière bois: « Une activité en plein essor, innovante, moderne, génératrice d’emplois non délocalisables. A nous tous de savoir la faire vivre. »

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Grenoble St Geoirs : « Une véritable fourmilière »

En ce samedi 20 février, les halls mais aussi le tarmac de l’aéroport Grenoblois se métamorphose en une véritable fourmilière. Pas moins de 14000 passagers sont attendus en ce jour de chassé-croisé hivernal. 49 vols vont atterrir puis redécoller à plein, juste le temps pour la plupart d’entre eux de passer par l’avitaillement, plein de carburant, menu ménage…

La majorité des vols sont des charters non réguliers, affrétés par des Tours Opérators vendant les mérites des séjours ski dans les Alpes. Ceux-ci restent au sol 30 à 35 minutes, juste le temps pour les équipes au sol d’entreprendre leurs tâches, le rythme est très soutenu. Ces hommes et femmes en « jaune » régulent de part et d’autre de l’aéroport un flux constant et tendu de passagers dont la grande majorité est originaire du Royaume Uni et de Scandinavie.

St Geoirs 1

L’enregistrement des bagages se fait sur plus de 20 guichets, de l’autre côté 3 salles de débarquement réceptionnent les arrivées. 75 personnels sont permanents, l’équipe s’étoffe en hiver pour atteindre un effectif de 300 personnes au plus haut de la saison: bagagistes, hommes de piste, accueil-renseignements… Sur le tarmac, l’activité est très régulée, badge obligatoire, passage en gendarmerie, puis contrôle averti, voire fouille corporelle, on ne plaisante pas un instant avec la sécurité.

Une fois sur les pistes, la vigilance des accompagnateurs est à son comble, les bus ne cessent leurs aller-retours, les passerelles se croisent, l’organisation à toutes épreuves reste le maître mot de tout un chacun. Les chargements et déchargements de bagages sont impressionnants, ils s’enchainent non stop. Nous découvrons un univers insolite, ou l’intervention de chacun dépend du travail de l’autre, tout ceci avec une précision surprenante.

Le pôle « opération » a la lourde charge de réguler toutes ces diverses activités au sol alors que la tour de contrôle se préoccupe de l’activité aérienne et reste inabordable pour les visiteurs que nous sommes, ne surtout pas déranger les équipes au travail. Celui-ci est très précis et nécessite beaucoup de concentration. Les pilotes et leurs équipages ne seront pas abordés non plus, ils restent à bord de l’appareil le temps de la halte. Ils ne communiquent qu’en cas de nécessité ou par gestes avec le responsable au sol, à l’arrivée et lors de la préparation au décollage.

st geoitrs 4

L’aéroport de Grenoble-Isère surprend par sa capacité à absorber un tel flux de passagers, les équipements sont régulièrement améliorés, les équipes renforcées. Cette année, une troisième salle de débarquement à vue le jour, équipée de deux tapis et donnant accès direct, après le contrôle en douane, au nouveau parking de bus assurant les navettes vers les sommets Alpins tant attendus par le touristes, amateurs de grands froids et de fortes sensations…

Plusieurs compagnies aériennes assurent ce va et vient incessant, la plupart étant des compagnies « charters low coast » ou appartenant à des tours opérators assurant des vols plus réguliers. Toute cette activité est encadrée, par les douanes bien sûr, mais aussi la gendarmerie présente en permanence ainsi que les services de sécurité et les secours avec une équipe tournante de 16 pompiers.

Cette visite guidée permet de mieux appréhender les activités aéroportuaires mais surtout de relater les compétences et la précision d’exécution de tous les personnels au sol. Cette activité, pour l’instant hivernale, cherche à se développer, c’est pourquoi à partir du mois d’avril prochain, deux lignes régulières viendront compléter celle-ci, une vers la Tunisie avec des séjours abordables, 8 jours, 7 nuits, une autre vers l’Andalousie, destination Malaga.

st geoirs abeilles

A noter : la présence de quatre ruches sur les abords des pistes, avec une menue récolte offerte aux collègues par le chef de piste, initiateur de ce projet original et fort sympathique…

Thierry Devaux

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Connaît-on vraiment le Label Rouge ?

Le Label Rouge, qu’est-ce que c’est ?

Le Label Rouge est le seul signe officiel attestant qu’un produit possède toutes les caractéristiques pour atteindre un niveau de qualité supérieure à celle d’un produit courant similaire.
Le Label Rouge est avant tout une démarche visant à assurer au consommateur des produits gustativement supérieurs. Si les goûts et les couleurs ne se discutent pas, si  tous les goûts sont dans la nature, le Label Rouge démontre par des exigences de production, des cahiers des charges rigoureux, des contrôles précis et des tests sensoriels – que le meilleur est mesurable, et formellement identifiable.

Quand le Label Rouge fait Loi :

« Le Label Rouge atteste que des denrées alimentaires ou des produits agricoles non alimentaires et non transformés possèdent des caractéristiques spécifiques établissant un niveau de qualité supérieure, résultant notamment de leurs conditions particulières de production ou de fabrication et conformes à un cahier des charges, qui les distinguent des denrées et produits similaires habituellement commercialisés »
(art L.641-1 du code rural)

Site internet

La fédération FedeLis, regroupe les producteurs engagés dans une démarche Label Rouge. Elle a pour mission d’assurer la défense et la représentation des Labels Rouge, des Indications géographiques protégées (IGP,AOC/AOP) et des spécialités traditionnelles garanties (STG) auprès des pouvoirs publics français et européens.

La FedeLis a mis en ligne un nouveau site Internet:

http://www.labelrouge.fr/

Il vous permettra de découvrir la démarche labels rouges, les produits concernés…

Nous vous conseillons également de télécharger le dossier:

Vérités dévoilées et facettes méconnues du Label Rouge

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Le dossier Isère Amont fait des vagues

Le projet d’aménagement de l’Isère Amont pour la protection contre les crues de l’Isère, de Pontcharra à Grenoble, est en chantier depuis quatre ans. Le maître d’ouvrage en est le  syndicat mixte du bassin hydraulique de l’Isère, le SYMBHI, créé en mars 2004 par le Conseil général de l’Isère.

Le projet Isère Amont (1) qui vise à assurer la protection des populations et de leurs biens contre les risques d’inondation (crue centenale) fait l’objet d’une concertation soutenue mais toujours très tendue avec la Chambre d’agriculture. Le nœud du problème et le point majeur d’achoppement est l’indemnisation des terres situées en zone inondable.

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C’est cette question de la réparation des préjudices subis par l’activité agricole en cas d’inondation qui n’est toujours pas résolue et reste dans l’impasse. D’où la mobilisation ce matin, devant la préfecture puis dans les locaux du Département, d’une centaine d’agriculteurs et de propriétaires fonciers du Haut-Grésivaudan, venus pour certains d’entre eux en tracteurs place de Verdun et avec quelques remorques chargées de bottes de foin et une citerne de purin (qui n’a pas servi).

André Mollaret, président de l’association des maraîchers de la ceinture verte de Grenoble et Elisabeth Perrot, agricultrice à Murianette, étaient aux avant-postes pour expliquer les revendications des manifestants.

Quelles sont-elles, ces revendications ?

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Occupation pacifique ce matin des locaux du Conseil général de l'Isère, avant de s'expliquer devant les conseillers généraux réunis pour débattre des orientations budgétaires 2010

Ce que réclament avant tout les agriculteurs et propriétaires fonciers, c’est la signature sans modifications du protocole prévoyant l’indemnisation des préjudices subis en cas d’inondation des « casiers » créés à cet effet tout le long de l’Isère.

Ils souhaitent également le report des travaux de réalisation d’espaces de loisirs et d’aménagement environnementaux, estimant que la priorité doit être la préservation de l’activité agricole.

La Chambre d’Agriculture de l’Isère collabore depuis 3 ans avec le SYMBHI que préside Robert Veyret, conseiller général, à la rédaction de ce protocole qui devait être signé il y a un an, en février 2009. Il ne l’a pas été.

Ce qui bloque, c’est l’une des dispositions prévues dans le protocole, à savoir l’indemnisation à hauteur de 40% des préjudices subis en cas d’inondation. Le CG38 s’y refuse. L’échange a été assez vif, au sein de l’hémicycle Aubert-Dubayet où les élus étaient en session DOB (débat d’orientations budgétaires). Les commentaires fusent :

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"Vous allez nous mettre sur la paille!"

« Vous allez mettre tous les agriculteurs sur la paille ».

« On nous dit qu’il n’y a plus d’argent pour indemniser les risques que nous courons. Pourtant, on en trouve pour créer des corridors écologiques ! ».

« Tous ces travaux sont censés nous protéger. Mais rien ne nous garantit contre le risque de rupture de la digue ».

« Nous tenons à ce que nos biens conservent leur valeur ».

Christian Nucci a souligné que « la protection des biens et des personnes est une compétence régalienne de l’Etat » (2) et que le CG38 ne peut du jour au lendemain endosser seul cette compétence. « Nous allons le 5 février, avec Robert Veyret, rencontrer la Métro et la Communauté de communes du Grésivaudan pour aborder ce sujet et tenter de mettre au point un dispositif capable de répondre à vos demandes ».

L’ambiance dans la salle est toujours houleuse.

André Mollaret interpelle le président du CG38, André Vallini. « Pourquoi n’avez-vous pas signé le protocole ? » Vallini reste muet. Puis, visiblement énervé, il répète plusieurs fois : « C’est une compétence de l’Etat, vous comprenez ? ». Il quitte l’hémicycle dans le tumulte.

Le problème est de taille et résulte en grande partie du contexte socio-économique actuel. Les recettes du Département, on le sait, ont été fortement diminuées par la crise. André Vallini le rappelait il y a quelques jours à la préfecture :

« En Isère les recettes du Département sur les droits de mutation ont chuté de 43 % depuis deux ans entraînant une perte de 60 millions d’euros pour le Conseil général. A quoi il faut ajouter la non-compensation par l’Etat des charges qu’il nous a transférées : 66 millions d’euros en 2008 et 75 millions d’euros en 2009 ». Il ajoutait :  « Les Départements sont en grande difficulté et c’est Gérard Larcher, lui- même, le président du Sénat, qui déclarait récemment qu’une quinzaine d’entre eux risquaient d’être placés sous tutelle financière. En fait ce sont tous mes collègues présidents de Conseils généraux, quelle que soit leur orientation politique qui dressent le même constat et qui sont contraints de diminuer leurs subventions et de geler, voire d’annuler certains de leurs investissements ».

Dans ces conditions, l’élaboration du budget primitif 2010 est une épreuve plus que difficile qui explique sans doute la réaction du président du CG38.

Certes, le Département, comme l’a rappelé Christian Nucci, vice-président du CG38 à l’Agriculture, n’a jamais laissé tomber l’agriculture. Avec la Savoie, l’Isère est le département qui investit le plus dans ce domaine. Ce conflit autour du projet Isère Amont est une épine d’autant plus douloureuse.

La ceinture verte et maraîchère de Grenoble est une richesse pour la région urbaine de Grenoble, une vitrine de l’agriculture périurbaine, prise en compte dans le cadre du SCOT. Les agriculteurs du Haut Grésivaudan en sont les premiers responsables et ils savent qu’en cas d’inondation, ils ne se relèveront pas. Cela,  ils ne peuvent l’admettre. C’est ce qui explique leur mobilisation aujourd’hui et leur insistance pour obtenir une signature rapide du protocole prévoyant l’indemnisation de leurs biens en cas de crue.

………………………………………………………………….

(1) Les travaux, estimés à 108 millions d’euros visent à contenir les petites crues par un dispositif de digues, et à étaler dans des zones naturelles et agricoles (2350 hectares) les crues supérieures à la crue trentenale, ne pouvant être contenues par les digues et risquant d’inonder les zones habitées.

(2) Le CG38, dans un communiqué, a tenu à le rappeler une fois de plus : « La protection des populations et des biens contre les crues est une responsabilité de l’Etat qui depuis des décennies n’a jamais été en mesure de faire aboutir les projets. Devant l’inertie de l’Etat et parce que les collectivités locales concernées ne parvenaient pas à se décider non plus, le Conseil général a décidé de créer le Symbhi pour porter le projet sur l’Isère amont qui vise à réduire un risque d’inondation, dont les conséquences sont évaluées à 500 millions d’euros de dommages sur l’agglomération grenobloise, et à préserver le développement des territoires impactés ».

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Grenoble veut une ceinture verte productive

La convention d’agglomération Grenoble-Alpes Métropole signée récemment avec la région (lire par ailleurs) comporte un volet agricole, un PSADER, qui traduit la volonté de prendre en compte le développement de l’agriculture et de la sylviculture périurbaines. Il est doté de plus de 1,3M€ dont 680 000 via le CDDRA.

Ce PSADER , un peu atypique car attaché au périurbain, n’était pas vraiment prévu dans le cadre du Contrat de développement durable Rhône-Alpes. S’il a vu le jour, c’est en grande partie parce que le  travail d’Eric Grasset et de Christophe Mayoussier (1), qui pilote le volet filière bois, a été convaincant.

Le diagnostic qu’ils ont remis en mai 2009, montrant tout l’intérêt d’intégrer l’agriculture et la forêt périurbaines dans une stratégie d’agglomération, a manifestement pesé dans la balance.

« Nous avons montré, photos et cartes à l’appui, qu’un PSADER avait toute son utilité pour l’agglomération. Un périmètre riche d’un environnement spécifique, fort en valeur agricole et forestière, d’un relief varié qui va de 178m à 2161m, comporte 25% de territoires agricoles, 46% de forêts et milieux naturels, et un tiers d’espaces artificialisés. Je dois dire que ça a été une révélation en interne ! », explique Eric Grasset

Eric Grasset

Eric Grasset

Eric Grasset  a un pied dans les trois collectivités – Ville de Grenoble en tant que conseiller municipal, Métro en tant que vice-président, Région en tant que conseiller . Ce qui lui permet d’embrasser les questions d’agriculture, d’environnement, d’énergie, d’espaces verts à différentes échelles. Nous l’avons rencontré afin d’avoir des précisions sur le contenu des projets retenus pour la métropole grenobloise, qui , avec le soutien de la Région, affiche de nouvelles ambitions en matière d’agriculture et de forêt périurbaines.

Trois projets structurants sont proposés dans le cadre du PSADER: le développement de filières courtes, l’ouverture des coteaux, le développement de la filière bois-énergie.

I- Procédons par ordre. Le premier volet consiste à améliorer la valorisation des produits agricoles locaux et  à accroître les débouchés. Quelles sont les initiatives proposées pour organiser cette redynamisation producteurs/consommateurs ?

« Toujours avec une exigence de qualité, et dans le respect de la charte Terres en ville (2) le but est de mieux organiser le contexte et l’offre de produits agricoles dans le périmètre de l’agglo. Nous souhaitons mettre en place 3 points de vente collectifs, au pied des massifs, à la disposition des producteurs de Belledonne, Chartreuse et Vercors. Ensuite, nous proposons la création d’une légumerie (NDLR : un souhait exprimé depuis longtemps par l’ADAYG) équipée pour transformer les produits locaux pour la restauration collective. N’oublions pas qu’il y a 400 000 bouches à nourrir au moins, autour de midi.

Quant au lieu d’implantation, il n’est pas arrêté. En lice, le MIN, Le Fontanil, le Voironnais (NDLR : les patates de la Bièvre pèsent dans la balance).

En complément de cette légumerie, la création d’une plateforme viande serait une aide précieuse pour l’abattoir du Fontanil. Avec une salle de découpe et de conditionnement, la viande locale devrait trouver de nouveaux débouchés dans la restauration collective. Nous allons également travailler avec les artisans-bouchers pour qu’ils fassent part de leurs attentes. La viande produite localement n’est pas assez présente à leurs étals et c’est regrettable ».

II -  Le développement d’une ceinture verte productive.  Outre les fruits et légumes, en zone de plaine, peut-on élargir l’offre de produits agricoles ?

« Cette agglomération veut une politique agricole et forestière. Notre ceinture verte n’est pas assez productive. On connaît les obstacles rencontrés : pression foncière, difficultés de transmission des exploitations, faible rentabilité.  Il faut garder des zones agricoles, j’en suis convaincu, mais pas que des champs de salades ! Nous pouvons viser l’autonomie alimentaire en ce qui concerne les feuilles vertes, le maraîchage. Je trouve, en passant, qu’il y a un peu trop de maïs dans la zone de Domène/Murianette. Et puis, nous avons des espaces de coteaux que nous devons préserver, que nous souhaitons ouvrir ».

Vous avez donc l’intention d’attribuer à ces coteaux une nouvelle vocation et d’y installer de jeunes agriculteurs. Mais peut-on associer urbanisation et activité agricole ?

« Oui, ces coteaux doivent produire de l’urbanisation et de l’agriculture. Il faut les deux. Nous avons trois projets de création de fermes intercommunales. Une par massif, en principe. Le projet sur la colline du Mûrier est le plus avancé. La Métro devrait prochainement acquérir du foncier agricole sur le territoire des communes de Gières, Poisat, Eybens, Saint-Martin-d’Hères.

Une stratégie qui entend donc favoriser l’installation de jeunes agriculteurs. Parallèlement, des appels à projets vont être lancés en matière de développement local. Le projet de jardins familiaux  est aussi dans les cartons. Je défends l’idée que l’on puisse bientôt aller cultiver son jardin en utilisant le tram»

III- La forêt périurbaine est une des composantes essentielles de l’agglomération grenobloise. Elle appartient pour les 2/3 à des propriétaires forestiers privés. Quelles initiatives pour développer la filière bois-énergie ?

Lors d'une visite de la placette forestière de Veurey-Voroize en juin 2008, avec l'ADAYG

Lors d'une visite de la placette forestière de Veurey-Voroize en juin 2008, avec l'ADAYG

« Dans les projets inventoriés par Christophe Mayoussier, la création d’une plateforme bois-énergie dans l’agglomération, en lien avec les PNR du Vercors et de Chartreuse. Le lieu d’implantation pourrait être Saint-Egrève ou Veurey-Voroize. Rien n’est tranché en l’état des choses.

bois d'iciAu programme également, la création d’un PAT (2), la mise en œuvre d actions de communication autour du bois, l’édition d’un plan forestier d’agglomération, une étude sur la part  du bois dans la commande publique. La forêt qui ne représente pas moins de 13 400 ha, est un poumon vert pour l’agglo, un espace naturel qui présente une très forte capacité d’accueil et de loisir. Nous avons tout intérêt à faciliter sa desserte et à veiller à son entretien ».

Et puis pour ajouter une touche bleue à cet éventail vert, la mise en valeur des rivières de l’agglomération, Isère et Drac, figure également inscrite dans les projets du PSADER. Eric Grasset qui préside la Régie des eaux de Grenoble tient à ce que le réseau hydrographique du territoire participe d’une façon ou d’une autre à la  stratégie de valorisation  de la métropole grenobloise.

……………………………………………………………….

(1) Christophe Mayoussier est vice-président de la Métro chargé de la filière bois et de la forêt périurbaine. Il est maire du Gua.

(2) La charte « Terres en villes», co-présidée par Bernard Poirier et Gérard Seigle-Vatte, président de la Chambre d’agriculture de l’Isère, est centrée sur le développement durable du territoire urbain et périurbain.

(3) Un plan d’approvisionnement territorial (PAT) est un outil de décision qui prend en compte l’analyse de l’ensemble de la ressource (bois forestier, agricole, produits connexes), de la demande locale et régionale et propose des scénarios d’approvisionnement.  Le PAT doit permettre d’envisager les investissements nécessaires en amont pour une mobilisation des bois accrue et une logistique optimisée.

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Des alpages sentinelles du changement climatique

Pâturer… assez, trop, pas assez ? La gestion d’un pâturage est un vrai métier… qui doit aussi faire avec des contraintes qui lui sont totalement extérieures : évolutions du climat, des politiques agricoles, des mesures et des interlocuteurs. Pour se faire une idée globale de ces interactions, le programme des «alpages sentinelles» a été créé par les partenaires de l’agriculture au sein du Parc national des Écrins.

À terme, ils formeront un réseau de 14 alpages, choisis dans les différents secteurs du Parc national des Écrins et sur lesquels plusieurs paramètres sont suivis : la ressource pastorale, les pratiques, la pluviométrie, les évènements marquants, la biodiversité, le déneigement…

Voilà trois ans, le Parc et ses partenaires (1) ont mis en place cet observatoire partagé, afin de suivre l’évolution conjointe des espaces naturels et des activités pastorales sous l’effet des conditions climatiques, en tenant compte aussi des multiples événements que connaissent, dans le même temps, les exploitations d’élevage.

L’alpage s’inscrit dans un contexte global.

Chaque partenaire du programme rassemble les informations qui relève de ses compétences. Les éleveurs et les bergers contribuent largement à ce travail. Très concrètement, par exemple, ce sont les bergers qui enregistrent les résultats des pluviomètres installés sur leur alpage. L’implication de chacun permet de construire, ensemble, une vision partagée. Avec des outils d’analyse communs, il devient plus facile de prendre des décisions mieux acceptées par tous.

Une journée de restitution des enjeux et des premiers résultats de ce programme conjuguant la recherche et la gestion des pratiques pastorales est organisée jeudi 21 janvier , de 10h30 à 16h30 à la Maison du Berger, à Champoléon.

Des outils d’analyse en commun, pour une vision partagée

C’est l’expérience du terrain, qui a permis de définir les paramètres d’un «diagnostic pastoral» en lien avec les différents protagonistes de l’alpage.

Cette méthode s’est construite voilà plus de vingt ans, sur l’alpage du Saut du Laire (haut-Champsaur), avec l’appui déterminant du berger, André Leroy. Toujours d’actualité, il s’agit d’une expertise de l’alpage pour sa gestion durable, qui intègre le fonctionnement des différents quartiers, les données géographiques (relief, végétations..), les équipements pastoraux, les parcours du troupeau… et les enjeux environnementaux.

«D’une façon générale, la réalisation d’un diagnostic pastoral favorise les échanges entre toutes les personnes concernées : la commune, l’éleveur, l’ONF, le berger, le Parc, le gardien du refuge…

C’est l’occasion pour tous de mieux comprendre et prendre en compte les préoccupations et contraintes de chacun», souligne Muriel Della-Vedova, chargée de mission « agriculture » au Parc national des Écrins.

Les tournées de fin d’estive sont nées de cette même approche partenariale.

En 2005, avec la succession d’au moins trois années de sécheresse, les agents du Parc avaient tiré la sonnette d’alarme : certains alpages semblaient surpâturés. Les mêmes partenaires ont abordé calmement le problème et  ont décidé de mettre en place un dispositif permettant d’intervenir rapidement en cas de problème soupçonné.

Depuis, les «tournées de fin d’estive» permettent une expertise concrète et contradictoire sur le terrain, avec le berger, l’éleveur, le propriétaire de la «montagne» (commune, ONF) et des agents du Parc et/ou des techniciens du CERPAM. L’analyse du couvert végétal et du niveau de «raclage» est réalisée selon une «grille d’évaluation de la consommation».

S’il y a un problème, encore faut-il savoir d’où il vient. Est-ce une question de gestion? De chargement (effectifs ou durée de pâturage) ? Une vision partagée doit permettre de repérer le problème… et d’y remédier. Ces «tournées» sont autant d’occasions de mieux se connaître… et de se parler.

Parallèlement, et selon des protocoles à 15-20 ans, le programme « Alpages sentinelles » permet de réaliser un suivi de l’évolution des estives et de l’impact des changements climatiques, notamment aux niveaux de la ressource disponible et des pratiques.

Des contrats de bonne conduite

Le Colombier

L'alpage du Colombier, dans le Valbonnais

Adapter le parcours d’un troupeau pour protéger des nichées de tétras-lyre ou la reine des Alpes, installer des parcs de nuits tournants ou pratiquer un gardiennage serré pour limiter l’extension des queyrelles (fétuque paniculée)… autant de mesures «contractualisées» qui conjuguent la gestion de l’alpage et des enjeux environnementaux. Initiées dans les années 1990, les pratiques agri-environnementales ne sont pas spécifiques à l’alpage mais elles sont un aspect reconnu de la politique de gestion des milieux, développées… et défendues par le Parc auprès des décideurs et des financeurs !

Car la fluctuation des politiques agricoles ne favorise pas la cohérence et la continuité pourtant nécessaires à l’efficacité de ces mesures. Désormais, comme les sites Natura 2000, le coeur du Parc est aussi un lieu où l’on peut prétendre aux aides mises en oeuvre dans le cadre de ces contrats.

L’impact des contrats sur la végétation est mesuré à travers des «lignes de lecture permanentes», suivies par des écologues. «Elles fournissent des résultats quantifiés très précis et permettent de dire si le résultat recherché a été atteint… et jusqu’où il ne faut pas aller trop loin !» explique Pierre Salomez, botaniste au Parc national des Écrins.

«En effet, on ne peut pas gagner sur tous les tableaux. On peut mettre une zone en défens pour protéger des nichées de tétras lyre mais si on veut lutter contre l’embroussaillement, le pâturage est nécessaire. Il faut donc alterner avec un pas de temps que la «ligne de lecture» permet de déterminer.»

Historiquement, beaucoup d’alpages ont été défrichés pour y mettre des bêtes. Et quand la pression humaine se relâche, ce qui est le cas aujourd’hui, la forêt revient. À lui seul, le pâturage n’empêche pas forcément le phénomène. L’efficacité du principe de gestion des milieux et des espèces a été mis en avant. Ce qui est bon pour la nature est souvent bon pour l’alpage… mais ce n’est pas général. Pour le vérifier, les gestionnaires des alpages et ceux des espaces naturels continuent d’avancer et d’innover ensemble.

………………………………………………….

(1) Les partenaire du programme « alpages sentinelles »: le CERPAM (Centre d’études et de réalisations pastorales Alpes Méditerranée), les éleveurs et bergers des alpages retenus dans l’étude, les chambres d’agriculture de des Hautes-Alpes et de l’Isère. la FAI (Fédération des alpages de l’Isère), la DDAF (Direction départementale de l’agriculture et de la forêt), le CEMAGREF , organisme public de recherche pour l’ingénierie de l’agriculture et de l’environnement, le LECA (Laboratoire d’écologie alpine), l’ INRA ( Institut national de recherche agronomique).

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