Archive | recherche scientifique

Une plante et une mouche éclairent la fonction d’un gène associé au cancer


Drosophile et fleur d’Arabidopsis thaliana. Le gène TCTP, commun à ces deux organismes, est important pour la division cellulaire au cours de leur développement  © Florian Brioudes

Le gène TCTP est présent chez tous les animaux et les végétaux. Des travaux associant l’INRA, le CNRS, l’Université de Lyon 1 et l’ENS Lyon viennent de révéler que ce gène a exactement la même fonction chez deux organismes très éloignés, une plante, Arabidopsis, et une mouche, la drosophile : il participe à la régulation de la multiplication cellulaire. Ce gène est ainsi impliqué aussi bien dans la formation des organes chez l’embryon que dans la prolifération des tumeurs, cancéreuses ou non. Ces résultats, qui pourraient ouvrir des voies nouvelles de lutte contre le cancer, sont publiés dans la revue PNAS.


Le rôle du gène TCTP dans la croissance cellulaire

Les recherches sur le cancer chez l’homme ont permis d’identifier le gène TCTP (il permet la production de « Translationally Controlled Tumor Protein », la protéine TCTP). Elles ont montré que ce gène est fortement surexprimé dans de nombreuses cellules cancéreuses. Il représente donc une cible potentielle dans les traitements contre le cancer car il serait impliqué dans les mécanismes de développement des cellules et de prolifération cellulaire.
Une réversion tumorale, c’est-à-dire une diminution du développement des tumeurs (massif cellulaire à multiplication non contrôlée), a d’ailleurs été observée lorsque l’expression de TCTP est inhibée.

TCTP est un gène présent chez les animaux et chez les végétaux, qui cependant ne développent pas de cancer à proprement parler. Chez les animaux tout comme chez les végétaux, lorsque ce gène est supprimé ou désactivé, les organismes ne croissent pas et meurent au stade de l’embryon, preuve que TCTP est un gène essentiel pour le développement de l’embryon et de l’organisme.

Des fonctions communes aux animaux et aux végétaux

Les équipes de Mohammed Bendahmane, chercheur à l’INRA, et de Bertrand Mollereau, professeur à l’ENS Lyon, ont utilisé en parallèle la plante Arabidopsis thaliana et la mouche du vinaigre Drosophila melanogaster (la drosophile) pour préciser le rôle exact de TCTP lors du développement animal et végétal.

Afin d’obtenir des plantes adultes mutées pour le gène TCTP (c’est-à-dire avec ce gène désactivé), l’équipe a dû procéder à des « sauvetages » d’embryons de plantes en récupérant des graines par dissection microscopique puis en leur fournissant des nutriments indispensables à leur croissance. L’équipe a ainsi pu produire le premier organisme adulte mutant pour TCTP.

L’utilisation de ces plantes mutantes a permis de montrer que TCTP est impliqué dans la régulation du cycle cellulaire, et donc dans la division cellulaire. Il intervient ainsi dans la formation des organes.

De plus, des travaux de complémentation inter-espèces entre drosophile et Arabidopsis (il s’agit de faire produire la protéine TCTP de plante par une drosophile mutante ne produisant pas TCTP ou faire produire la protéine TCTP de drosophile par une Arabidopsis mutante ne produisant pas TCTP) montrent que ces fonctions sont communes aux animaux et aux végétaux.

En effet, le gène TCTP de plante est capable de restaurer presque complètement les défauts de développement des cellules induits par l’inhibition de TCTP chez la mouche du vinaigre. D’une manière similaire, le gène TCTP de la drosophile est capable de restaurer presque complètement les défauts de développement induits par la mutation de TCTP chez Arabidopsis thaliana.

Cette avancée dans la compréhension des fonctions de TCTP au sein des plantes devrait apporter de nouvelles pistes permettant de mieux comprendre comment les organes se développent depuis l’embryon et aussi de faire progresser la recherche contre le cancer.

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Référence:
Translationally controlled tumor protein is a conserved mitotic growth integrator in animals and plants.- Florian Brioudesa, Anne-Marie Thierrya, Pierre Chambriera, Bertrand Mollereaub, and Mohammed Bendahmanea, Proc. Natl. Acad. Sci. USA, (2010) 14 septembre, vol. 107, no. 37, pp. 16384-16389.

a. Laboratoire « Reproduction et Développement des Plantes » (Institut National de la Recherche Agronomique, Centre National de la Recherche Scientifique, Ecole Normale Supérieure de Lyon, Université de Lyon).

b.Laboratoire de Biologie Moléculaire et Cellulaire (Centre National de la Recherche Scientifique, Ecole Normale Supérieure de Lyon, Université de Lyon).

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Sécurité sanitaire: naissance de l’ANSES

L’Agence nationale chargée de la sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail devient juridiquement opérationnelle au 1er juillet 2010, suite à la parution du décret d’application de l’ordonnance du 8 janvier 2010 instituant sa création.

Le nouvel établissement de santé, qui sera désigné par l’acronyme Anses (prononcer « An’sès »), reprend les missions, les moyens et le personnel de l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) et de l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset). Il en reprend également les acquis et les valeurs – compétence scientifique, indépendance dans l’évaluation des risques, ouverture de l’expertise – pour les mettre au service d’une lecture plus globale et transversale des questions sanitaires.

La fusion de l’Afssa et de l’Afsset est née d’un long travail de concertation. L’Anses travaille aujourd’hui activement à la mise en place des instances nécessaires à son mode innovant de gouvernance, et à la consolidation de son programme de travail. Il s’agit à la fois d’assurer la continuité des travaux engagés sous l’égide de l’Afssa et de l’Afsset et de tirer tout le bénéfice des synergies nouvelles.

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Le sanglier ne ménage pas les alpages

Sus crofa (c’est son nom latin) ne se contente pas de labourer les cultures de plaine. Il s’aventure également dans les étages supérieurs pour retourner les pelouses d’alpages, à 1500m et au-delà. Cet intrus constitue une contrainte supplémentaire à la fois pour les agriculteurs de montagne et les gestionnaires de ces espaces.

Une étude réalisée par un étudiant du Cemagref Grenoble,Jean-François Gatel, sous la direction de Grégory Loucougaray et François Véron, au sein de l’unité de recherche Ecosystèmes montagnards (UR EMGR) analyse précisément l’impact des dégâts  (que l’on appelle des boutis) de ces mammifères sur la végétation en alpage (festuçaie et nardaie, principalement) et leurs conséquences.

Ce minutieux travail scientifique, qui a démarré en 2006 s’est étalé sur quatre ans pour s’achever en avril dernier. Les deux premières années ont été financées par le programme LIFE Nature et Territoire en région Rhône-Alpes (Programme n°000079), piloté par l’Office National des Forêts. Initialement basée sur un seul site d’étude  (alpage de la Molière, massif du Vercors), l’étude a ensuite été étendue à deux autres alpages (Charmant Som et col du Coq, massif de la Chartreuse) afin de compléter  l’échantillonnage et pour valider les résultats obtenus à la Molière (1).

Les deux dernières  années ont été financées par le Conseil Général de l’Isère (Pôle Départemental de Recherche  sur la Biodiversité), dans le cadre d’un appel à projet 2008 (contrat DAT/SENV 2008-0040).

L’étude  comporte quatre axes pour l’évaluation de l’impact des dégâts de sanglier :

- L’estimation des surfaces retournées ;

- L’étude de la résilience de la végétation ;

- L’étude de l’impact des boutis sur différentes caractéristiques de la végétation ;

- L’analyse potentielle de l’impact des boutis sur certaines populations d’animaux sauvages.

cemagref2

(photos Jean-François Gatel)

La dégradation des écosystèmes prairiaux naturels ou semi-naturels résultant des activités des mammifères et micro-mammifères sauvages (sangliers, campagnols terrestres, taupes, marmottes…) ne constitue pas un phénomène nouveau. Les sangliers, notamment, peuvent impacter de façon conséquente prairies et cultures par leurs activités de fouissage liées à la recherche de nourriture. L’importance des surfaces touchées a ainsi justifié des études parfois à de grandes échelles pour estimer les options de gestion des populations et leurs implications.

Préserver les espaces pastoraux

Les alpages- et sillon38 qui y consacre une part importante s‘efforce de le démontrer- ont un rôle socio-économique essentiel, à la fois comme espace de travail  (agriculture, pastoralisme, hébergement touristique) et comme espace patrimonial et de loisir. Les enjeux agro-pastoraux et environnementaux (paysage, biodiversité, stockage CO2) qui se jouent à ces étages sont suffisamment forts pour que leur préservation soit un objectif partagé.

Or la fréquence des perturbations dues aux sangliers augmente dans les alpages du fait de  l’expansion démographique et territoriale de l’espèce. L’impact de ces perturbations  appelées  boutis  sur les communautés végétales n’a pas été étudié dans ce contexte particulier d’alpage. Ce rapport fournit  des éléments de réponse aux questions posées sur l’impact des dégâts de sanglier pour la gestion conservatoire des alpages et leur utilisation agro-pastorale.

Les résultats montrent, notamment, que la gestion pastorale et agricole de ces alpages est directement impactée, soit par une diminution de la quantité de fourrage disponible, soit parce que la création de zones de terre nue peut faciliter le développement d’espèces envahissantes.

Jean-François Gatel note que :

- la présence de boutis entraîne une perte moyenne de 30% de la biomasse disponible

-l’amélioration de la qualité nutritionnelle de la végétation ne compense pas la perte quantitative

- le rôle facilitant des boutis de sanglier pour le développement du cirse laineux est localement avéré.

Des dégâts en forte augmentation depuis 15 ans

Depuis quelques années, l’emprise des dégâts due aux activités de fouissage des sangliers a connu une recrudescence importante sur l’ensemble du territoire français. Un phénomène préjudiciable à ceux qui cultivent la terre, une calamité  qui attise les conflits, notamment entre agriculteurs et chasseurs (voir nos précédents articles sur ce sujet).

Une des conséquences de cette augmentation rapide des effectifs nationaux a été l’installation de populations sur des milieux d’altitude, populations qui se sont rapidement acclimatées du fait de capacités d’adaptation remarquables et d’un potentiel reproducteur élevé chez cette espèce.

Cela s’est traduit par une très forte augmentation des dégâts dus aux sangliers sur les prairies d’alpage au cours des 15 dernières années, pouvant conduire à de fortes modifications aussi bien sur la faune que sur la flore.

Ce rapport scientifique du Cemagref Grenoble  permet une interprétation globale et synthétique de l’effet des dégâts de sangliers sur la végétation d’alpage par une analyse synchronique s’appuyant sur un protocole permettant la comparaison de boutis d’âges différents sur un gradient de recolonisation. Les travaux de Jean-François Gatel devraient permettre d’anticiper les effets probables d’impacts de sangliers sur d’autres sites ou communautés végétales prairiales d’altitude en intégrant à la fois la variabilité spatiale et temporelle de réponse de la végétation ainsi que les pratiques pastorales.

—–   Trois questions à Jean-François Gatel    —–

L’impact de ces boutis sur la biomasse fourragère est-il préoccupant ?

« De façon générale la végétation d’alpage présente une résilience rapide (NDLR : la résilience est la capacité pour un écosystème de retrouver un état et un fonctionnement écologique similaire à celui précédant la perturbation)  aux perturbations dues aux sangliers (3 ans) et, sur des alpages à l’utilisation plutôt extensive, n’entraîne pas encore de limitation significative de la ressource fourragère. Cependant l’étude montre que cet impact peut être localement important, aussi bien du point de vue de la gestion conservatoire en favorisant la disparition progressive d’un milieu d’intérêt patrimonial (la nardaie), que de la gestion pastorale en limitant de façon importante sur certaines zones la biomasse fourragère disponible et en favorisant des espèces peu appétentes ».

Comment sortir de cette situation qui empoisonne la vie des agriculteurs de montagne ?

« La restauration des surfaces dégradées est une solution parfois envisagée mais très coûteuse et finalement peu judicieuse au vu de la résilience rapide du couvert et des fortes probabilités de retour des sangliers sur les mêmes zones. Tout au plus elle favorisera l’acceptation du problème. Il convient plutôt de chercher à limiter l’intensité des dégâts. La présence de boutis est une contrainte pour le milieu agricole et pour les gestionnaires (destruction d’espèces protégées ou d’habitats remarquables) et s’en affranchir passe par un effort partagé de concertation entre les acteurs afin de réduire la pression des sangliers sur ces milieux ».

Des moyens de prévention peuvent-ils être envisagés compte tenu des résultats de votre étude ?

« Cette étude ne répond  pas à la question, car ce n’est pas la compétence des auteurs. Les moyens de prévention à mettre en place (augmentation de la pression de chasse, remboursement des dégâts notamment) sont du ressort des gestionnaires de ces espaces (ONF, CG 38), et sont déjà largement mis en place en fonction du cadre législatif en vigueur.. Cette étude est donc élément pour les aider à prendre leurs décisions afin de mieux gérer les éventuels conflits entre les acteurs ».

Au musée de la faune et des minéraux de Bourg-d'Oisans

Au musée de la faune et des minéraux de Bourg-d'Oisans

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(1) A noter que les informations collectées auprès de Vincent Charrière, berger sur l’alpage de la Molière depuis 1982, ont été d’une aide précieuse pour le chercheur. Cet alpage  a été l’ un des derniers gros alpages ovins transhumants du Nord-Vercors.

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Pesticides : risque élevé pour les agriculteurs

orateurDans sa question écrite publiée dans le JO sénat du 04/03/2010, Mme Marie-Thérèse Hermange (Paris-UMP) attire l’attention de M. le ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche sur les risques pour la santé des agriculteurs exposés aux pesticides.

Selon les résultats de l’étude Agrican, il existe un lien entre l’exposition des agriculteurs aux pesticides et des anomalies du génome pouvant faire se développer un cancer.

Des chercheurs du centre d’immunologie de Marseille-Luminy ont ainsi présenté des travaux montrant un risque plus élevé de cancers lymphatiques chez les agriculteurs. Leur idée était de trouver des biomarqueurs prédictifs, car tous les individus exposés aux pesticides ne développent pas un lymphome.

Ils ont détecté dans les prélèvements sanguins de plusieurs dizaines de participants des cellules qui en sont normalement absentes et qui représentent les précurseurs des cellules tumorales constituant un lymphome de type folliculaire. Ils ont ainsi mis en évidence des biomarqueurs qui témoignent d’un lien moléculaire entre l’exposition des agriculteurs aux pesticides, l’anomalie génétique et la prolifération de ces cellules qui sont des précurseurs de cancer. Cet effet serait fonction de la dose et du temps d’exposition, même s’il existe d’autres anomalies comme une instabilité générale du génome.

Au regard de ces travaux inquiétants pour les ouvriers agricoles qui sont quotidiennement au contact de pesticides, elle souhaiterait savoir si des mesures sont prises afin de protéger leur santé.

Réponse du ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture publiée dans le JO sénat du 03/06/2010

Les conséquences potentielles pour l’homme et l’environnement de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques utilisés en agriculture ainsi qu’en zones non agricoles représentent aujourd’hui un enjeu important de société.

Le Gouvernement a engagé un plan massif de réduction de 50 % de l’usage des pesticides, si possible, dans un délai de dix ans au travers du plan Ecophyto 2018.

Ce plan prévoit le renforcement de la qualification des professionnels utilisant des produits phytopharmaceutiques, mais aussi des distributeurs et des organismes de conseil, dans le but de sécuriser l’usage de ces produits, notamment pour protéger la santé des applicateurs.

Ce dispositif, appelé Certiphyto, est en cours de mise en place dès cette année, en liaison étroite avec les établissements en charge de la formation professionnelle agricole et les services de prévention de la mutualité sociale agricole.

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La truffe noire du Périgord n’a plus de secret

Un consortium franco-italien, coordonné par une équipe du Centre INRA de Nancy et impliquant le Genoscope, le CNRS, et les Universités de Lorraine et de Méditerranée publie aujourd’hui un article sur le séquençage et le décryptage du génome de la très réputée truffe noire du Périgord (Tuber melanosporum).

Cette avancée permet de mieux comprendre la biologie de cette espèce, la formation de ce précieux champignon et l’évolution de la symbiose entre arbres et champignons. La truffe noire du Périgord a été choisie du fait de son importance agronomique et culturelle. Le détail de ces résultats est publié dans l’édition avancée en ligne de Nature du 28 mars 2010.

Fruit de 5 années de travail, le premier décryptage du génome d’un champignon comestible, la truffe, est achevé. Conduit par un consortium franco-italien de 50 scientifiques, coordonné par l’INRA, le séquençage du génome de T. melanosporum a été réalisé en 2007 au Genoscope à partir d’une lignée issue d’une truffe récoltée en Provence.

Les étapes complémentaires de mise en forme du séquençage brut initial se sont poursuivies pendant deux ans par une analyse fine et détaillée du génome de ce champignon par des laboratoires français de l’INRA, du CNRS, du CEA, des universités de Lorraine et de la Méditerranée et leurs collègues italiens de Turin, Parme, Pérouge, Urbino, Rome et l’Aquila. Ces travaux sont complétés par l’étude des gènes exprimés lors de la formation de la truffe et de la symbiose mycorhizienne2 au niveau des racines de l’arbre.

La truffe est le fruit du mariage entre des filaments souterrains de T. melanosporum et des ramifications de la racine de certains arbres, comme les chênes. De cette relation naissent des mycorhizes, organes symbiotiques mi-champignon, mi-racine. Le génome de la truffe, le plus grand connu chez les champignons, comprend 125 millions de paires de bases. Cette taille remarquable s’explique par la présence de séquences répétées (58%) dont l’impact sur la diversité de l’espèce est en cours d’étude. Le génome contient 7 500 gènes codant pour des protéines dont environ 6 000 sont similaires aux gènes d’autres champignons.

Toutefois, plusieurs centaines de gènes sont uniques à la truffe et jouent un rôle fondamental dans la mise en place de la formation du champignon et de la symbiose avec la plante-hôte. Leur étude nous renseignera sur les mécanismes conduisant à la formation de cette étrange fructification souterraine

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Biocore: transformer la biomasse en biocarburants

INRA au SIAGuy Riba, vice-président de l’INRA, Michael O’Donohue, directeur de recherche à l’INRA et coordinateur du projet BIOCORE, Bruno Schmitz et Philippe Schild, de la direction générale de la Recherche (Commission européenne) et Andreas Redl, directeur de la société Syral ont annoncé aujourd’hui au Salon de l’agriculture le lancement du projet européen BIOCORE qui vise à transformer la biomasse en biocarburants de deuxième génération et en divers produits industriels.

Aujourd’hui, les menaces du changement climatique et de la dépendance excessive à l’égard du pétrole obligent l’Europe à diversifier ses ressources énergétiques et en carbone renouvelable.

A ce titre, la biomasse est unique, car c’est la seule ressource naturelle qui peut répondre à la fois aux deux besoins, en fournissant la matière nécessaire à la production de biocarburants de 2ème génération (1) et aussi de molécules de synthèse, de polymères et de matériaux.

Le projet européen BIOCORE (BIOCOmmodity REfinery), coordonné par l’INRA, vise à concevoir et à analyser la faisabilité industrielle d’une bioraffinerie permettant de convertir les résidus agricoles et forestiers en biocarburants de 2ème génération, en molécules chimiques et en polymères plastiques biodégradables. BIOCORE couvrira ainsi une palette de polymères qui représentent plus de 70% du marché mondial de ces produits utilisés dans l’industrie textile, l’emballage, la construction, les peintures, etc.

BIOCORE rassemblera pendant 4 ans 23 partenaires européens et 1 partenaire indien : dix entreprises dont cinq PME, une ONG et 13 universités ou organismes de recherche publics spécialisés. Le projet, dont le budget total s’élève à 20,3 millions d’euros, recevra un financement de l’Union Européenne de 13,9 millions d’euros dans le cadre du 7ème Programme-cadre de Recherche et développement (PCRD).
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(1) Pour la fabrication de biocarburants de la deuxième génération, on utilise des sous-produits et déchets agricoles ou encore des plantes qui ne servent pas à l’alimentation humaine.

Catégorie foire, recherche scientifique, énergiesCommentaires fermés

Revenir à une bonne qualité écologique des cours d’eau

La concurrence plus vive pour l’utilisation des ressources en eau dans les régions a conduit les décideurs à passer d’une politique de l’offre à une logique d’ajustement des prélèvements aux ressources disponibles. Dans le même temps, la montée des préoccupations vis-à-vis de la qualité de l’eau et des milieux, et l’objectif fixé par la Directive européenne de l’eau de revenir à une « bonne qualité écologique » des cours d’eau en 2015, posent la question d’un contrôle de l’impact des activités humaines, agricoles ou non, sur la qualité des milieux et de l’eau les parcourant.

L’intensification de l’agriculture liée à l’augmentation de la demande internationale de produits alimentaires, le développement de productions agricoles à usages « énergétiques », la forte croissance attendue de la population mondiale et le changement climatique annoncé, en particulier concernant les températures et la pluviosité, renforcent l’acuité de cette question. L’Inra mobilise sa capacité de recherche, d’expertise et d’anticipation, en partenariat avec le monde socio-économique pour y répondre.
Cinq types d’objectifs:

Les travaux menés sur l’eau au sein de l’Institut répondent de ce fait à cinq grands types d’objectifs de recherche finalisée:

- connaître le rôle et le devenir de l’eau dans le système nappe, sol, plante et atmosphère en présence de couverts végétaux naturels et cultivés ;

- optimiser le fonctionnement des écosystèmes agricoles et forestiers quant à leur production et leur pérennité dans les situations de sécheresse ou d’excès d’eau par des méthodes agronomiques et génétiques ;

- étudier l’incidence de la composition et de la dynamique des paysages sur la genèse de la ressource en eau, en quantité comme en qualité.

- maîtriser les impacts des activités rurales et de l’usage des terres sur le milieu tant sur la qualité des ressources en eau superficielles, souterraines, et des milieux aquatiques, que sur la disponibilité en eau dans un contexte de compétition entre usages ;

- contribuer au développement de dispositifs et d’outils de la gestion de la ressource et de suivi de la qualité de l’eau.

L’Inra dispose pour ce faire d’un savoir faire particulier dans la mise en œuvre des études couplant la question de la production à celles des impacts environnementaux. L’Institut possède en effet une communauté de chercheurs ayant une double culture, physicochimique et biologique, indispensable à l’appréhension de phénomènes physiques faisant intervenir des régulations biologiques, à l’étude des cycles de l’eau, du carbone, de l’azote… ainsi qu’à l’élaboration d’une modélisation du fonctionnement des couverts végétaux avec la double vocation agronomique et environnementale. L’Institut est ainsi un spécialiste de la connaissance des sols, de l’usage des terres et de ses conséquences sur les flux d’eau et de matière concernant les milieux cultivés et les forêts qui représentent une partie importante des surfaces continentales.
Un deuxième point fort de l’Inra tient à ses capacités en biologie intégrative pour associer biologie moléculaire, physiologie végétale, analyse des ressources génétiques, phénotypage et modélisation. Cette compétence permet une approche originale de la tolérance des plantes à la sécheresse et à la salure.
L’Institut est ensuite en mesure de traduire de façon explicite des gestes techniques dans des modèles de fonctionnement et, par là, de pouvoir mettre en œuvre une approche d’ingénierie agri-environnementale. L’articulation de travaux dans le domaine biotechnique avec ceux conduits dans le domaine socio-économique permet aujourd’hui de construire des modèles bioéconomiques d’évaluation de la ressource en eau en conditions limitées.
En tant qu’institut de recherches finalisées, l’Inra est enfin à même d’articuler des travaux de recherche sur le fonctionnement biologique des cultures et la gestion de l’eau pour la production avec des instituts techniques, des chambres d’agriculture ou des entreprises, afin d’atteindre les acteurs concernés.

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Huîtres: les souris ne décideront plus de leur vente

Depuis plusieurs années, les méthodes de surveillance sanitaire des coquillages font l’objet de difficultés soulignées par les professionnels conchylicoles.
Dès sa prise de fonction comme ministre de l’alimentation, de l’agriculture et de la pêche, Bruno Le Maire a rencontré les ostréiculteurs du Bassin d’Arcachon, le 11 juillet dernier. Il s’est alors engagé à mobiliser l’ensemble des experts scientifiques concernés pour faire évoluer les moyens de cette surveillance, dans des conditions qui assurent un niveau de sécurité sanitaire optimal pour les consommateurs.

Après plusieurs réunions scientifiques européennes qui se sont tenues depuis septembre 2009, un avis favorable a été donné pour que le bio-essai sur souris ne soit plus utilisé comme méthode officielle de surveillance des zones conchylicoles. L’ouverture ou la fermeture des bassins conchylicoles sera donc, dorénavant, décidée à partir des nouvelles méthodes chimiques (CL-SM/SM) établies au niveau communautaire.


Les laboratoires(1) français ont été équipés du matériel nécessaire pour que ce changement de méthode soit opérationnel sur l’ensemble du territoire national, dès le 1er janvier 2010.
Auparavant il s’agissait d’injecter des extraits d’huître aux rongeurs afin de déceler la présence de micro-algues toxiques pour l’homme.
Si deux souris sur trois mouraient dans les 24 heures, les coquillages étaient interdits à la vente! Méthode critiquée par l’ensemble de la profession ostréicole.

Le premier test chimique sera organisé le 18 janvier sur le bassin d’Arcachon.

Parallèlement à cette nouvelle méthode officielle de surveillance, un dispositif de vigilance vis-à-vis des toxines inconnues ou émergentes sera mis en place conformément à l’avis de l’AFSSA en date du 4 décembre 2009. Les observations de ce réseau de vigilance permettront d’orienter les travaux de recherche et d’affiner les techniques de laboratoire utilisées dans le suivi des toxines marines susceptibles de contaminer les coquillages.

1- Le Laboratoire National de Référence pour le contrôle des biotoxines marines (AFSSA-LERQAP) et le laboratoire Phycotoxines (PHYC) de l’IFREMER de Nantes sont chargés de la mise en en œuvre de ces analyses chimiques.

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L’INRA recrute plus de 50 chercheurs

Quelle que soit leur discipline de formation, les chercheurs s’appuient sur des activités de laboratoire ou de « terrain ». Ils sont fortement impliqués dans des réseaux scientifiques, répondent à des questions environnementales, économiques, sociales. En visant l’excellence ils découvrent et font naître des applications concrètes, utiles à la société.

Recherche personnelle et projet collectif s’imbriquent alors étroitement pour faire progresser les connaissances et pour participer au développement de l’innovation, qu’il s’agisse de produire durablement, de préserver l’environnement ou d’améliorer l’alimentation humaine. Cette année, l’Inra propose à plus de 50 chargé(e)s de recherche de venir renforcer les équipes en place. Les recrutements seront ouverts du 19 janvier 2010 au 26 février 2010.

Les recrutements seront ouverts dans de nombreuses thématiques scientifiques telles la biochimie, la biologie moléculaire, la génomique, la génétique, la nutrition humaine et animale, la microbiologie, l’écologie, l’agronomie, la biologie cellulaire, la physiologie, la modélisation, les mathématiques, l’économie, la sociologie, l’immunologie, les milieux naturels…

Le calendrier ci-après est donné sous réserve de la publication au Journal Officiel, en temps utiles, de l’arrêté d’ouverture des concours de Chargés de recherche :

- Ouverture des inscriptions : 19 janvier 2010
- Date limite de dépôt des dossiers : 26 février 2010
- Admissibilité : avril-mai 2010
- Admission : mai-juin 2010
- Prise de fonction : à compter du 1er juillet 2010

Les profils et toutes les informations nécessaires pour postuler seront disponibles, à compter de l’ouverture des inscriptions.

Pour toute question sur les concours CR, vous pouvez écrire à l’adresse électronique suivante : concours_chercheurs@paris.inra.fr

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Les nanotechnologies entraînent-elles des risques?

Une réunion publique autour des nanotechnologies se déroulera le mardi 1er décembre à 19h30 à Alpexpo Grenoble, amphithéâtre Dauphine .

Y sera abordé le thème des nanotechnologies associé à la question du développement durable et aux problématiques éthiques et sociétale, en relation avec les activités de la région grenobloise.

Cet événement, gratuit et ouvert à tous, est l’occasion pour l’ensemble des citoyens et acteurs locaux de s’informer et de s’exprimer sur les nanotechnologies, ces techniques qui permettent de créer des objets 500 000 fois plus petits qu’un cheveu. A cette échelle les propriétés de la matière changent, permettant de nouvelles applications (santé, électronique, transports, etc.), mais produisant aussi des risques potentiels.

Cette réunion aura lieu dans le cadre du débat public autour des nanotechnologies, qui a lieu du 15 octobre 2009 au 24 février 2010. Des réunions publiques se tiendront en effet dans 17 villes durant cette période, et le débat a également lieu en continu sur le site qui lui est consacré : http://www.debatpublic-nano.org/

Chacun peut dès aujourd’hui s’informer au sujet des nanotechnologies sur ce site, et poser ses questions ainsi que d’y proposer ses contributions.

Le débat sur les nanotechnologies a été demandé par le Gouvernement en application des engagements du Grenelle de l’environnement. La Commission Particulière du Débat Public (CPDP) conduit ce débat depuis sa conception jusqu’à sa clôture.

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